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Les rameaux à la lumière de Pâques

À l'entrée de Jérusalem, qui s'avance pour que "beaucoup de gens" manifestent bruyamment leur joie ? Est-ce un prince aimé ou un général triomphant? par le père Marc Sevin, bibliste. Publié le 22 février 2016.

ciric_186514.jpg le dimanche des Rameaux  ouvre la Semaine sainte © Jérémie Jung/Ciric

 "HOSANNA !" Qui s'avance pour que "beaucoup de gens" manifestent bruyamment leur joie ? Est-ce un prince aimé ou un général triomphant ? A-t-on disposé pour lui sur la route des tapis couverts de fleurs ? Non. Il s'agit de Jésus. Et pourtant Jésus est le plus grand de tous les grands de ce monde puisqu'il "vient au nom de Dieu" afin d'établir le "Règne de David". Il est le Messie attendu par tous depuis si longtemps pour relever le peuple. Le cortège qui l'entoure n'a paradoxalement rien de royal. Les "manteaux" des participants et des "feuillages coupés" se substituent aux tapis et aux fleurs des victoires officielles. Et puis Jésus avance sur un "petit âne" dont il avait dit aux deux disciples : "le Seigneur en a besoin" (Luc 19,32). Pourquoi donc lui, le Seigneur, aurait-il besoin d'un "petit âne" ?

À la lumière de Pâques, les chrétiens relisent la scène comme une parabole. Le "petit âne" vient leur rappeler que la royauté de Jésus ne ressemble pas à celle de David qui s'est imposée par les armes. Jésus ne vient pas établir le Royaume de Dieu par la force, mais par le don de sa vie. Il est venu pour servir et non pas être servi. Pour les chrétiens l'entrée de Jésus à Jérusalem devient une parabole. Le "petit âne" évoque à l'avance l'abaissement de Jésus : "Il s'est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu'à mourir, à mourir sur une croix. C'est pourquoi Dieu l'a élevé au-dessus de tout" (Philippiens 2,8). Au cours de la semaine qui vient, gardons dans un coin de notre prière la parabole du petit âne des Rameaux.

Père Marc Sevin, bibliste.
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