Le saint Sacrement désigne le pain et le vin consacrés dans l’eucharistie. Dans la plupart des églises catholiques, on conserve le Saint-Sacrement dans une petite armoire appelée "tabernacle".

L'adoration eucharistique est l'acte par lequel les fidèles vénèrent le Christ réellement présent dans l’hostie consacrée au cours la messe, qu’elle soit déposée dans le tabernacle ou exposée dans l’ostensoir. La contemplation, l’adoration devant le Saint Sacrement ne remplacent pas l’Eucharistie, elle en est le prolongement.

Aujourd’hui, quel sens pouvons-nous donner à l’adoration eucharistique ?

Reconnaissons que l’attitude d’adoration est fondamentale pour un croyant : « Tu adoreras le Seigneur ton Dieu ». Et parce que nous avons un corps, cette adoration s’exprime non seulement à travers la pensée, mais également à travers des gestes.
L’acte d’adoration par excellence est la messe elle même, la célébration eucharistique dans son ensemble :
elle nous permet de nous unir à l’action de grâce du Christ qui s’offre à son Père pour le salut du monde, et de nous offrir avec Lui avec la force de l’Esprit Saint.
Ainsi, l’adoration eucharistique, qu’elle soit solennelle ou silencieuse, collective ou individuelle, est relative et n’a de sens que si elle renvoie à la messe : elle vise à prolonger en nous la démarche eucharistique.
L’hostie nous invite à un double mouvement : à la fois rejoindre et adorer le Christ Ressuscité, glorieux près du Père, mais aussi rejoindre l’ensemble de l’humanité pour laquelle le Christ s’est offert. L’adoration eucharistique, même dans la solitude d’une chapelle, ne peut pas se limiter à un acte individuel : par le pain eucharistique, je rejoins le corps tout entier de mes frères humains, pour lequel le Christ est mort.

L’adoration eucharistique ne doit pas nous faire oublier les autres formes de présence du Christ : à travers sa Parole « celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le » ; dans la vie quotidienne « quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux » ; au coeur de chaque être humain « ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites ». Mais comme nous le rappelle le concile Vatican II, l’Eucharistie est « source et sommet de toute vie chrétienne ».

Cf. eglise.catholique.fr

Dans la liturgie, il est des gestes simples, comme le signe de croix, qui nous parlent de la Trinité et nous mettent "en présence des Trois". 
Comment peut-on vraiment expliquer la Trinité ? N'est-ce pas ce qui est le cœur de la foi chrétienne, dans la découverte radicale d'une divinité du Père, du Fils et du Saint-Esprit ?

A notre baptême, nous devenons fils ou filles de Dieu, frères (sœurs) du Christ, enveloppé(e)s de l'Esprit de sainteté. Dans l’Évangile, le baptême du Christ manifeste la présence du Père, du Fils et de l'Esprit Saint. 

La Trinité (ou Sainte Trinité) est le Dieu unique en trois personnes : le Père, le Fils et le Saint-Esprit, égaux, participant d'une même essence divine et pourtant fondamentalement distincts. Les chrétiens sont baptisés « au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ». Quand ils commencent leur prière, ils se marquent du signe de la croix sur le front, le cœur et les épaules en invoquant Dieu : Au Nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit : c’est la Trinité.

L’homme n’est pas capable d’imaginer un Dieu unique qui existe en trois personnes. C’est Dieu qui nous a révélé ce mystère de son amour par l’envoi de son Fils et du Saint-Esprit. Jésus nous a révélé que Dieu est « Père », en nous montrant d’une façon unique et originale, que Lui-même n’existe que par son Père. Jésus est un seul Dieu avec le Père (Jn 10,30). Jésus a promis à ses apôtres – les douze hommes qu’Il a choisis et envoyés – le don de l’Esprit Saint. Il sera avec eux et en eux pour les instruire et les conduire « vers la vérité tout entière » (Jean 16, 13). Ainsi, Jésus nous le fait connaître comme une autre personne divine.

La Trinité est Une : nous ne croyons pas en trois dieux, mais en un seul Dieu en trois personnes : le Père, le Fils et l’Esprit Saint. Chacune des trois personnes est Dieu tout entier. Chacune des trois personnes n’existe qu’en union avec les deux autres dans une parfaite relation d’amour. Ainsi toute l’œuvre de Dieu est l’œuvre commune des trois personnes et toute notre vie de chrétiens est une communion avec chacune des trois personnes. 

Chacune fait preuve de volonté, d’amour et parle en disant (Je) et (Tu).  Le Père est une personne différente du Fils, qui est lui-même une personne différente du Saint-Esprit, qui est lui-même une personne différente du Père.  Chaque personne est divine, pourtant il n’y a pas trois dieux mais un seul Dieu.  Il existe trois subsistances ou personnes individuelles.  Le mot subsistance désigne quelque chose qui existe réellement. Le mot personne désigne l’individualité et la conscience de soi.  Trois d’entre elles forment la Trinité, même si (personne) est devenu le terme le plus utilisé pour décrire les aspects individuels de Dieu que sont le Père, le Fils et le Saint-Esprit.

La doctrine de la Trinité implique un monothéisme strict selon lequel un être connu sous le nom de Dieu existe de lui-même dans tout l’univers et ne change jamais (Ésaïe 43:10 ; 44:6,8).  Il est donc important de souligner que la doctrine de la Trinité n’est pas polythéiste comme l’affirment certains de ses détracteurs. Un autre aspect notable de la Trinité est que le concept peut être difficile à saisir.  Mais cela ne nous force pas pour autant à conclure qu’il n’est pas valable.  Au contraire, sa difficulté même plaide en faveur de sa véracité.  La Bible est la révélation par lui-même d’un Dieu infini.  Il est donc inévitable que nous rencontrions des concepts difficiles à comprendre, notamment lorsqu’il s’agit d’un Dieu que l’on ne peut pas totalement cerner et qui existe en tout lieu, en tout temps (sans tomber dans le panthéisme de Spinoza).  Ainsi, un examen des descriptions et attributs de Dieu manifestés dans le Père, le Fils et le Saint-Esprit nous montre qu’il est impossible d’obtenir une explication tout à fait exhaustive et compréhensible de l’essence et de la nature de Dieu.  En revanche, un tel examen nous permet d’extraire des Écritures les vérités que nous pouvons saisir et les rassembler en une doctrine que nous appelons Trinité.  Dans une large mesure, la Trinité est un mystère. Après tout, il s’agit de Dieu Lui-même.

Il est caractéristique que les sectes réduisent la vérité biblique pour rendre Dieu pleinement accessible et compréhensible par l’esprit des gens qui les composent.  C’est dans ce dessein qu’ils soumettent la parole de Dieu à leur propre raisonnement et finissent dans l’erreur.  Les versets qui suivent servent couramment de référence pour démontrer que la doctrine de la Trinité est bel et bien biblique : Mt 28,19; 1 Co 12,4-6 ; 2 Co 13,14 ; Eph 4,4-7 ; 1 Pi 1,2 ; Jn 3,16 ; 1 Jn 4,10 ; Jn 14, 26 ; Jn 15,26 ; Is 44,6-8.

Dans la liturgie

Les prières liturgiques sont conclues de manière trinitaire : "Gloire au Père et au Fils et Saint-Esprit !" ou bien "Père, nous te prions par Jésus, dans l'unité du Saint-Esprit". 
 
C'est la prière eucharistique qui manifeste le mieux toute l'inspiration trinitaire de la liturgie : nous nous adressons au Père, en nous associant à l'action de grâce de Jésus et à son sacrifice de louange, pour demander l'effusion de l'Esprit Saint sur les offrandes eucharistiques et sur l'assemblée.

Au moment de la proclamation de l’Évangile à la messe, les fidèles tracent un triple petit signe de croix sur le front, la bouche et la poitrine. C'est l'une des marques de la vénération de l’Évangile.

Cette manière de se signer trois fois remonterait au IXe siècle ; elle exprime le désir qu'a le fidèle d'accueillir cette Parole, d'en garder toute la bénédiction et de l'annoncer autour de lui. En effet, le front est le siège de l'intelligence, la bouche est l'organe du témoignage, et le cœur est le siège de l'amour. Par ce triple signe de croix, nous demandons au Seigneur de bénir et sanctifier ces trois endroits de notre corps qui symbolisent l'engagement de tout notre être au service de la Bonne Nouvelle du Verbe qui a dressé sa tente parmi nous.

Au moment du Credo, nous proclamons notre foi en Dieu, Père tout puissant, en Jésus-Christ, Fils unique du Père, en l'Esprit Saint...

Laissons-nous toucher par cette hymne liturgique et poétique qui chante si bien la délicatesse de ce mystère :

Nul n´a jamais vu Dieu.  
Nul ne sait qu´il est Père, 
Mais Jésus nous l´a révélé. 
Et l´homme apprend qu´il est aimé.

Nul ne connaît le Fils,
Nul n´en sait le mystère,
Mais Jésus nous l'a révélé
Et l´homme apprend qu´il est aimé.

Nul ne connaît son cœur,
Nul n´en sait la misère.
Si l´Esprit vient pour l´habiter,
Et l´homme apprend qu´il est aimé.

Nul ne saurait unir
Les enfants de la terre.
Si l´amour veut tout rassembler,
Et l´homme apprend qu´il est aimé.

Le Carême commence le Mercredi des Cendres, mercredi 14 février 2018, et s’achève le Jeudi Saint, avant la célébration de la Cène du Seigneur. La Semaine Sainte, qui commence avec le dimanche des Rameaux 25 mars 2018, commémore la Cène, la Passion et la mort du Christ sur la Croix. Le Samedi Saint au soir et le dimanche de Pâques, le 1er avril 2018, les chrétiens célèbrent la résurrection du Christ.

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La durée du Carême – quarante jours sans compter les dimanches – fait en particulier référence aux quarante années passées au désert par le peuple d’Israël entre sa sortie d’Égypte et son entrée en terre promise ; elle renvoie aussi aux quarante jours passés par le Christ au désert entre son baptême et le début de sa vie publique. Ce chiffre de quarante symbolise les temps de préparation à de nouveaux commencements.

Un temps de conversion

Au désert, le Christ a mené un combat spirituel dont il est sorti victorieux. À sa suite, il ne s’agit pas de faire des efforts par nos propres forces humaines mais de laisser le Christ nous habiter pour faire sa volonté et nous laisser guider par l’Esprit.

Durant le temps du Carême, nous sommes invités à nous donner des moyens concrets, dans la prière, la pénitence et l’aumône pour nous aider à discerner les priorités de notre vie. Le temps du Carême est un temps autre qui incite à une mise à l’écart pour faire silence et être ainsi réceptif à la Parole de Dieu.

Retrouvez le texte intégral du pape François pour le Carême 2018, qui débutera le 14 février avec la célébration du Mercredi des Cendres. «À cause de l’ampleur du mal, la charité de la plupart des hommes se refroidira» (Mt 24, 12)

15 mars 2013 : Pour sa première audience, le pape François réunit les cardinaux dans la Salle Clémentine au Vatican. Rome, Italie. DIFFUSION PRESSE UNIQUEMENT EDITORIAL USE ONLY. NOT FOR SALE FOR MARKETING OR ADVERTISING CAMPAIGNS. March 15,2013: Pope Francis meets the Cardinals in audience in the Clementine Hall of the Vatican Apostolic Palace. Rome, Italy.
 

Chers Frères et Sœurs,

La Pâque du Seigneur vient une fois encore jusqu’à nous ! Chaque année, pour nous y préparer, la Providence de Dieu nous offre le temps du Carême. Il est le « signe sacramentel de notre conversion » [1], qui annonce et nous offre la possibilité de revenir au Seigneur de tout notre cœur et par toute notre vie.

Cette année encore, à travers ce message, je souhaite inviter l’Église entière à vivre ce temps de grâce dans la joie et en vérité ; et je le fais en me laissant inspirer par une expression de Jésus dans l’Évangile de Matthieu : « À cause de l’ampleur du mal, la charité de la plupart des hommes se refroidira » (24, 12). Cette phrase fait partie du discours sur la fin des temps prononcé à Jérusalem, au Mont des Oliviers, précisément là où commencera la Passion du Seigneur. Jésus, dans sa réponse à l’un de ses disciples, annonce une grande tribulation et il décrit la situation dans laquelle la communauté des croyants pourrait se retrouver : face à des évènements douloureux, certains faux prophètes tromperont beaucoup de personnes, presqu’au point d’éteindre dans les cœurs la charité qui est le centre de tout l’Évangile.

Les faux prophètes

Mettons-nous à l’écoute de ce passage et demandons-nous : sous quels traits ces faux prophètes se présentent-ils ? Ils sont comme des « charmeurs de serpents », c’est-à-dire qu’ils utilisent les émotions humaines pour réduire les personnes en esclavage et les mener à leur gré. Que d’enfants de Dieu se laissent séduire par l’attraction des plaisirs fugaces confondus avec le bonheur ! Combien d’hommes et de femmes vivent comme charmés par l’illusion de l’argent, qui en réalité les rend esclaves du profit ou d’intérêts mesquins ! Que de personnes vivent en pensant se suffire à elles-mêmes et tombent en proie à la solitude !

D’autres faux prophètes sont ces « charlatans » qui offrent des solutions simples et immédiates aux souffrances, des remèdes qui se révèlent cependant totalement inefficaces : à combien de jeunes a-t-on proposé le faux remède de la drogue, des relations « use et jette », des gains faciles mais malhonnêtes ! Combien d’autres encore se sont immergés dans une vie complètement virtuelle où les relations semblent plus faciles et plus rapides pour se révéler ensuite tragiquement privées de sens ! Ces escrocs, qui offrent des choses sans valeur, privent par contre de ce qui est le plus précieux : la dignité, la liberté et la capacité d’aimer. C’est la duperie de la vanité, qui nous conduit à faire le paon…. pour finir dans le ridicule ; et du ridicule, on ne se relève pas. Ce n’est pas étonnant : depuis toujours le démon, qui est « menteur et père du mensonge » (Jn 8, 44), présente le mal comme bien, et le faux comme vrai, afin de troubler le coeur de l’homme. C’est pourquoi chacun de nous est appelé à discerner en son cœur et à examiner s’il est menacé par les mensonges de ces faux prophètes. Il faut apprendre à ne pas en rester à l’immédiat, à la superficialité, mais à reconnaître ce qui laisse en nous une trace bonne et plus durable, parce que venant de Dieu et servant vraiment à notre bien.

Un cœur froid

Dans sa description de l’enfer, Dante Alighieri imagine le diable assis sur un trône de glace [2] ; il habite dans la froidure de l’amour étouffé. Demandons-nous donc : comment la charité se refroidit-elle en nous ? Quels sont les signes qui nous avertissent que l’amour risque de s’éteindre en nous ?
Ce qui éteint la charité, c’est avant tout l’avidité de l’argent, « la racine de tous les maux » (1Tm 6, 10) ; elle est suivie du refus de Dieu, et donc du refus de trouver en lui notre consolation, préférant notre désolation au réconfort de sa Parole et de ses Sacrements. [3] Tout cela se transforme en violence à l’encontre de ceux qui sont considérés comme une menace à nos propres « certitudes » : l’enfant à naître, la personne âgée malade, l’hôte de passage, l’étranger, mais aussi le prochain qui ne correspond pas à nos attentes.
La création, elle aussi, devient un témoin silencieux de ce refroidissement de la charité : la terre est empoisonnée par les déchets jetés par négligence et par intérêt ; les mers, elles aussi polluées, doivent malheureusement engloutir les restes de nombreux naufragés des migrations forcées ; les cieux – qui dans le dessein de Dieu chantent sa gloire – sont sillonnés par des machines qui font pleuvoir des instruments de mort.

L’amour se refroidit également dans nos communautés. Dans l’Exhortation ApostoliqueEvangelii Gaudium, j’ai tenté de donner une description des signes les plus évidents de ce manque d’amour. Les voici : l’acédie égoïste, le pessimisme stérile, la tentation de l’isolement et de l’engagement dans des guerres fratricides sans fin, la mentalité mondaine qui conduit à ne rechercher que les apparences, réduisant ainsi l’ardeur missionnaire. [4]

Que faire?

Si nous constatons en nous-mêmes ou autour de nous les signes que nous venons de décrire, c’est que l’Église, notre mère et notre éducatrice, nous offre pendant ce temps du Carême, avec le remède parfois amer de la vérité, le doux remède de la prière, de l’aumône et du jeûne.

En consacrant plus de temps à la prière, nous permettons à notre cœur de découvrir les mensonges secrets par lesquels nous nous trompons nous-mêmes[5], afin de rechercher enfin la consolation en Dieu. Il est notre Père et il veut nous donner la vie.

La pratique de l’aumône libère de l’avidité et aide à découvrir que l’autre est mon frère : ce que je possède n’est jamais seulement mien. Comme je voudrais que l’aumône puisse devenir pour tous un style de vie authentique ! Comme je voudrais que nous suivions comme chrétiens l’exemple des Apôtres, et reconnaissions dans la possibilité du partage de nos biens avec les autres un témoignage concret de la communion que nous vivons dans l’Église. A cet égard, je fais mienne l’exhortation de Saint Paul quand il s’adressait aux Corinthiens pour la collecte en faveur de la communauté de Jérusalem : « C’est ce qui vous est utile, à vous » (2 Co 8, 10). Ceci vaut spécialement pour le temps de carême, au cours duquel de nombreux organismes font des collectes en faveur des Églises et des populations en difficulté. Mais comme j’aimerais que dans nos relations quotidiennes aussi, devant tout frère qui nous demande une aide, nous découvrions qu’il y a là un appel de la Providence divine: chaque aumône est une occasion pour collaborer avec la Providence de Dieu envers ses enfants ; s’il se sert de moi aujourd’hui pour venir en aide à un frère, comment demain ne pourvoirait-il pas également à mes nécessités, lui qui ne se laisse pas vaincre en générosité ? [6]

Le jeûne enfin réduit la force de notre violence, il nous désarme et devient une grande occasion de croissance. D’une part, il nous permet d’expérimenter ce qu’éprouvent tous ceux qui manquent même du strict nécessaire et connaissent les affres quotidiennes de la faim ; d’autre part, il représente la condition de notre âme, affamée de bonté et assoiffée de la vie de Dieu. Le jeûne nous réveille, nous rend plus attentifs à Dieu et au prochain, il réveille la volonté d’obéir à Dieu, qui seul rassasie notre faim.

Je voudrais que ma voix parvienne au-delà des confins de L’Église catholique, et vous rejoigne tous, hommes et femmes de bonne volonté, ouverts à l’écoute de Dieu. Si vous êtes, comme nous, affligés par la propagation de l’iniquité dans le monde, si vous êtes préoccupés par le froid qui paralyse les cœurs et les actions, si vous constatez la diminution du sens d’humanité commune, unissez-vous à nous pour qu’ensemble nous invoquions Dieu, pour qu’ensemble nous jeûnions et qu’avec nous vous donniez ce que vous pouvez pour aider nos frères !

Le feu de Pâques

J’invite tout particulièrement les membres de l’Église à entreprendre avec zèle ce chemin du carême, soutenus par l’aumône, le jeûne et la prière. S’il nous semble parfois que la charité s’éteint dans de nombreux cœurs, cela ne peut arriver dans le cœur de Dieu ! Il nous offre toujours de nouvelles occasions pour que nous puissions recommencer à aimer.

L’initiative des « 24 heures pour le Seigneur », qui nous invite à célébrer le sacrement de Réconciliation pendant l’adoration eucharistique, sera également cette année encore une occasion propice. En 2018, elle se déroulera les vendredi 9 et samedi 10 mars, s’inspirant des paroles du Psaume 130 : « Près de toi se trouve le pardon » (Ps 130, 4). Dans tous les diocèses, il y aura au moins une église ouverte pendant 24 heures qui offrira la possibilité de l’adoration eucharistique et de la confession sacramentelle.

Au cours de la nuit de Pâques, nous vivrons à nouveau le rite suggestif du cierge pascal : irradiant du « feu nouveau », la lumière chassera peu à peu les ténèbres et illuminera l’assemblée liturgique. « Que la lumière du Christ, ressuscitant dans la gloire, dissipe les ténèbres de notre cœur et de notre esprit » [7] afin que tous nous puissions revivre l’expérience des disciples d’Emmaüs : écouter la parole du Seigneur et nous nourrir du Pain eucharistique permettra à notre cœur de redevenir brûlant de foi, d’espérance et de charité.

Je vous bénis de tout cœur et je prie pour vous. N’oubliez pas de prier pour moi.

Du Vatican, le 1er novembre 2017 Solennité de la Toussaint
FRANÇOIS

[1] Texte original en italien: “segno sacramentale della nostra conversione”, in: Messale Romano, Oraison Collecte du 1er dimanche de carême. N.B. Cette phrase n’a pas encore été traduite dans la révision (3ème), qui est en cours, du Missel romain en français.

[2] « C’est là que l’empereur du douloureux royaume/de la moitié du corps se dresse hors des glaces » (Enfer XXXIV,28-29)

[3] « C’est curieux, mais souvent nous avons peur de la consolation, d’être consolés. Au contraire, nous nous sentons plus en sécurité dans la tristesse et dans la désolation. Vous savez pourquoi ? Parce que dans la tristesse nous nous sentons presque protagonistes. Mais en revanche, dans la consolation, c’est l’Esprit Saint le protagoniste ! » (Angelus, 7 décembre 2014)

[4] Nn. 76-109

[5] Cf Benoît XVI , Lett. Enc. Spe Salvi, n. 33

[6] Cf Pie XII, Lett. Enc. Fidei donum, III

[7] Missel romain, Veillée pascale, Lucernaire

Le dogme de l'Assomption a été défini en 1950, mais la dévotion pour la Vierge Marie et les processions du 15 août sont portées depuis très longtemps par une tradition populaire. Publié le 9 aout 2017.

Une procession le 15 août à Longpont sur Orge (91). © Alain Pinoges/Ciric

Le 15 août est la fête de l'Assomption de Marie, mais l'évangile de ce jour ne dit rien de la mort de la mère de Jésus. Créée toute pure par la grâce de Dieu, Marie ne pouvait pas connaître la dégradation de son corps dans la mort. C'est la tradition populaire qui, tout au long des siècles, a poussé l'Église à définir l'Assomption de Marie comme un dogme, en 1950.

Le culte marial

Les fêtes mariales ont pris place dans le calendrier liturgique progressivement dans l'histoire de l’Église. Dans les années 650, l’Église de Rome observait cinq fêtes mariales : la fête de la Mère de Dieu (1er janvier), la Nativité de Maris (8 septembre), l'Annonciation (25 mars), la Présentation (2 février) et l'Assomption (15 août).

La procession du 15 août

La procession nocturne aux flambeaux, pour la fête du 15 août, s’est pratiquée dans l’ Église de Rome dès les premiers siècles, puis a été supprimée par le pape saint Pie V au XVIe siècle.

Le 15 août est un jour férié en France depuis 1638, date à laquelle Louis XII consacra le Royaume de France à la Vierge Marie, pour la remercier de lui avoir donné un fils (futur Louis XIV), après 23 années de mariage sans enfant.En 1638, pour accompagner son vœu, Louis XIII demanda que des processions en l'honneur de la Vierge Marie soit organisées dans tout le Royaume. Cette tradition a perduré et les processions en l'honneur de la Vierge Marie sont aujourd'hui encore très nombreuses.

Marcher en procession, c’est prier en marchant : prier avec son corps, et aller d’un lieu à un autre. Par des chants et des prières, la procession permet de rappeler les hauts faits du Seigneur, de lui en rendre grâce, d’implorer sa miséricorde. A l'occasion de l'Assomption qui fête l’entrée de Marie dans la gloire de son Fils, l’Église rappelle les bienfaits de Dieu par Marie, et implore la Mère de tous les hommes pour qu’elle nous conduise sur le même chemin de Vie.

La procession mariale du 15 août est généralement soutenue par des chants et de courts textes de méditation, ou simplement la prière du chapelet. Elle peut être marquée de quelques «stations», petits arrêts au cours de l’itinéraire choisi, où l’on vit un moment de prière. Elle observe aussi de longs silences pour la prière personnelle. La procession du 15 août s'accompagne parfois de bénédictions comme par exemple la bénédiction des bateaux sur les plages ou dans les ports.

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