Paroisse Notre Dame de l'Epiphanie - Kolokani

Paroisse Notre Dame de l'Epiphanie

Officiellement fondée le 6 janvier 1965, et placée sous le patronage de Notre dame de l’Epiphanie, la paroisse de Kolokani est une filière de faladié. Dès 1929, le P. Tréca fréquentait les rives du lac Wenya. Vingt ans plus tard, le P. Bizard parcourait la région des rives droites du Dla et du Baoulé, où furent bénies en 1956 les deux églises de Jiwoyo et de Fasa, construites sous sa direction. C’était le départ d’un catéchuménat. En 1957, deux catéchistes, Marcel Kulubali et Paulin Traoré, s’installaient à Fasa pour l’hivernage ; Marcel y restera, et Paulin par ensuite s’établir à Jiwoyo.

Le 5 avril 1958, les premiers catéchumènes de jiwoyo, Paukl Diarra et Jean Diarra, reçoivent le baptême à falajè. Pour Pâques 1959, ce fut le tour de Fasa, avec Michel Diarra et Jean Marie Diarra en 1960, Michel Kulubali. Les femmes ne restaient pas en arrière : dès 1960, deux dames âgées de Fasa, Denise et Delphine, devenaient les premières chrétiennes de la future paroisse de kolokani.

Pareils débuts n’ont pas été sans difficultés. Bien des catéchumènes devaient se cacher des vieux pour aller préparer leur baptême à Falajè. De retour chez eux, ils se voyaient privés de nourriture s’ils ne travaillaient pas le dimanche, soupçonnés d’entraîner tous les malheurs s’ils travaillaient le lundi, accusés de trahir le chemin de leurs pères quand ils refusaient de participer aux cérémonies traditionnelles (par exemple, à celles du komo)… A force de patience, ils ont su peu à peu acquérir droit de cité, en s’aidant les uns les autres à cheminer dans un juste respect de leurs aînés, maîtres des coutumes locales.

A Kolokani même, habitaient quelques chrétiens, fonctionnaires ou commerçants. Depuis 1956, le P. Kermasson leur rendait régulièrement visite et célébrait pour eux la messe au campement administratif.

Implanter une paroisse

 

75 km séparent Falajè de Kolokani, et pour parcourir cette distance, les pluies alors abondantes obligeaient souvent à traverser le Dla à la nage. Cependant, le catéchuménat progressait (35 adultes baptisés à Jiwoyo et à Fasa entre 1958 et 1964) et la ville de Kolokani comptait quelques chrétiens. Dans ces conditions, Mgr Sangaré, Archevêque de Bamako, demanda au P. Kermasson de prospecter la contrée du Bèlèdougou, en vue de choisir le lieu où pourrait être fondée une nouvelle mission.

Après avoir sillonné la région depuis wolodo jusqu’à Dubabugu, de Banamba jusqu’à Morkoya, et visité quelque cent villages, le P. kermasson conclut que le mieux était de s’installer à Kolokani, chef-lieu du cercle, même si ce site occupait une position excentrique par rapport aux communautés déjà existantes.

Voila comment, le 6 javier 1965, les PP Kermasson et Pouvreau vinrent s’établir à Kolokani, dans une demeure louée au Dr Sow. Sans perdre de temps, le Fr. Schuller se met à l’œuvre pour construire leur maison, dont une salle servira de chapelle jusqu’en 1987.

Méritent ici mention quelques dates qui ponctuent le développement de l’action paroissiale :

1966 Verger –potager à Jiwoyo
1967 Bibliothèque mise en service à Kolokani
1968 Le P. Giraudet rejoint l’équipe paroissiale
1969 groupement de pêche à Wényan
28 mars 1970 Une grande première fêtée par tous les paroissiens : les catéchumènes qui jusque là, devaient préparer leur baptême à Falajè, le feront désormais à Kolokani, où les préparations au baptême se succèdent alors d’année en année, groupant de 15 à 46 adultes.

1970, marque le début d’une opération puits qui durera jusqu’à ce que, avec le progrès de la sécheresse, il devienne évident à partir de 1978 que des retenues d’eau (barrages) sont plus rentables.

1973-1974 La grande sécheresse et la famine qui s’ensuit, appellent une action caritative qui deviendra le SECAMA.

1977 Des jeunes commencent à aller à Falajè et à Ouéléssébougou, où ils se forment à la technique des retenues d’eau , et s’initient à la JAC.

1980 La paroisse atteint une soixantaine de villages ; il s’avère nécessaire de l’organiser en six secteurs, dont les responsables formeront le « conseil paroissial » à compter de 1984.

Pour annoncer la Bonne Nouvelle

En 1969, le catéchisste Marcel Kulubali rejoint Kolokani ; sa foi et son zèle en font un apôtre sans lequel la paroisse ne serait pas devenue ce qu’elle est. Parmi les jeunes baptisés surgissent, à partir de 1972, des catéchistes dont plusieurs travaillent bénévolement avant d’aller se former à N’Tonimba : ainsi, Pierre Diarra de Sirado, Michel Sidibé, Raphaël Kané, Bernard Kulubali, Nicola Diarra de Fassa, Modeste Diakité de Waradugu, Moïse Diarra de Wonpana, Bernard Diakité de Wényan. Ce dernier mourut en 1977 à N’Cebugu, et son enterrement scella l’origine d’une communauté chrétienne dans ce village. Citons encore les noms de Michel Kulubali de Sikoroni, Etienne Traoré (devenu moniteur à N’tonimba depuis 1986 pour une durée de quatre ans), Abraham kulubali (fidèlement bénévole à Faraninda depuis 1980). Dans les dernières années, sont entrés en fonction Léon Diarra de Fassa, Modesste à Kuluba, Paul à N’Cibugu, Michel Bugu Kané à Dafina, et bientôt sera à pied d’œuvre, la dizaine de catéchistes actuellement en formation.

Pour la fête de l’épiphanie, 1973, huit ans après la fondation de la paroisse, quatre sœurs Blanches s’installent à Kolokani, dans la maison construite pour leur communauté par le Fr. Schuller. A Sœur Gloria Garcia Rueda est confiée la direction de la maternité de la ville. Sœur Marie Thérèse Ollier travaille bénévolement au centre social ; sœur Maria Schmid dirige le jardin d’enfants ouvert par la paroisse ; sœur Janie Dutilh s’engage dans la catéchèse. Les Sœurs se retirent de la maternité en 1980, et du centre social quatre ans plus tard. Le jardin d’enfants est fermé en 1983, car le nombre trop restreint d’inscrits ne permet pas d’en assumer les frais. En 1980, arrivent les Sœurs Marie Madeleine Mérot et Pierrette Pelletier, toutes deux infirmières. Avec l’équipe médicale, elles coopéreront à l’instauration des soins de santé, à la formation des matrones et des aides-soignants sur toute l’étendue du Cercle. Elles assurent, en outre, des cours pratiques d’éducation sanitaire lors des divers stages de formation programmés dans la paroisse.

Longtemps, l’église de kolokani fut considérée comme une église de célibataires. Les anciens disaient : « c’est bien pour nos enfants », et cela jusqu’au jour où le chef du village de Jininjè, Pierre Traoré, décida de recevoir le baptême. Depuis, il n’est plus rare d’accueillir des hommes d’un certain âge, et surtout des femmes souvent mères de jeunes chrétiens. Parmi elles, beaucoup disent avoir entendu la Parole au temps de leur jeunesse, et l’avoir gardée jusqu’à ce jour. En 1974, prit corps un mouvement des femmes de la paroisse, qui demandèrent elles-mêmes que la préparation au baptême s’effectue dans leurs villages. A l’initiative du P. José Morales et avec le concours de l’abbé David Traoré, eut lieu en 1981, un rassemblement général des femmes qui mit en évidence, aux yeux de tous, l’importance et le dynamisme de leur mouvement. A Pâques 1987, autant de femmes que d’hommes recevaient le baptême.

En 1979, le P. Oskar Geisseler, constatant le nombre insuffisant des catéchistes, entreprit la formation d’animateurs de la prière » (batemyèmogow), chargés de la célébration du dimanche dans leur village. L’année suivante marque l’inauguration d’une semaine de stage à l’intention des femmes de catéchistes : cette semaine a lieu deux ou trois fois par an. Et chaque année, depuis 1981, une semaine est consacrée à la préparation des couples au mariage.

La segmentation de la paroisse en secteurs a nécessité la construction de lieux de culte plus spacieux que les premières chapelles. Ainsi s’édiffièrent progressivement des églises à jiwoyo (1979), Sikoroni, Sirado, Fasa. En 1984, chacun des six secteurs, disposait d’une église assez vaste poru y accueillir les paroissiens de ses villages. Ceux-ci, à leur tour, eurent à cœur de bâtir leurs propres chapelles : à partir de 1985, la paroisse leur fournit les tôles, du toit , ainsi que l’huisserie des portes et fenêtres, à charge pour la communauté de faire les briques et de rémunérer les maçons responsables de la construction. Quand le P. Kermasson revient en 1986 pour prendre le relais du P. Balduz, huit chapelles villageoises sont couvertes de tôle, et bientôt vingt deux autres l’auront été progressivement.

Reste le centre paroissial de kolokani, où les cérémonies un peu nombreuses se déroulaient encore, l’année dernière, à l’ombre des arbres. Dès avant 1970, des fonds avaient été prévus pour la construction d’une église, mais ils servirent à nourrir les enfants pendant la famine de 1973-1974. Les travaux n’ont pu commencer qu’en 1986, sous la conduite de maçons italiens, parents et amis du P. Aldo Giannasi, et avec l’aide de jeunes délégués par les six secteurs.

Voici comment l’expansion des communautés chrétiennes continue lentement, mais sûrement, sur la lancée imprimée dès le début par les Pères fondateurs, et le catéchiste Marcel Kulubali (qui vient de prendre une retraite bien méritée). L’évangélisation se poursuit de village en village, en 1986, une pointe a été poussée vers le Nord est de Didiéni. La paroisse espère et prépare la relève : elle compte déjà une de ses filles parmi les novices de Kati. Nous donnons à la page suivant les noms des prêtres et des religieuses qui ont l’honneur d’avoir contribué à l’annonce de la Bonne Nouvelle du Christ dans le Bélédougou.


Prêtres ayant travaillé à kolokani depuis la Fondation de la Paroisse.


P. Kermasson 1965-1967 Revenu en 1986
P. Pouvreau 1965-1978
P.Giraudet 1968-1970 décédé en 1987
P. Giannasi 1970-1972 revenu en 1981
Abbé Lassalvy 1972-1976
Abbé Christol 1976-1977
P. Geisseler 1977-1980
P. Morales 1980-1983
P. Bonfanti 1980-1984
P. Balduz 1984-1986
P. Lecomte 1985-1986
Père Bailleul depuis 1987

 

Sœurs religieuses au Service de la Paroisse à compter de 1973

Gloria Garcia Rueda 1973-1978
Marie Thérèse Ollier 1973-1978
Maria Schmid 1973-1978
Janie Dutilh 1973….
Arantzazu Lopez 1978-1980
Huguette Regennas 1978-1981, revenue de 1983 à 1985
Lucienne Grosjean 1978-1980
Marie-Madelein Mérot 1980-….
Pierrette Pelletier 1980…
Helga Moil 1981-1983
Antoinette Gagnon 1981-1984
Adoracion Bolivar 1986-….
Marie José Blain 1986-1987
Marguerite Bouley 1987