Paroisse Notre Dame Auxiliatrice - Kati

Paroisse Notre Dame Auxiliatrice

Au temps de Mgr Toulotte, vicaire apostolique du Sahara et du Soudan, le P. François Ménoret, fonde en août 1987, la mission de Kati, où il reste lui-même peu de temps. La date officielle d’ouverture correspond à l’arrivée sur place, le 18 décembre 1897, des PP Eveillard et Mahiet, accompagnés du Fr. Gonzague. Ils sont invités par l’administration militaire à s’installer près de son hôpital, à Hérèmakono (Nord-est du camp). Le 18 décembre 1898, une équipe des SS Blanches les rejoints et s’emploie aux soins de l’hôpital.

Comme les missionnaires pouvaient s’y attendre, les traditions religieuses locales, imprègnent toute la vie du peuple, et la situation de départ fut très peu gratifiante pour ces porteurs d’un nouveau message. En dépit de leur dévouement, des services rendus, des visites effectuées tant à Kati que dans les villages environnants, (tels, à l’époque, Bamako, et koulikoro..) leurs fidèles des dix premières années se composaient surtout d’étranger et d’enfants baptisés en danger de mort.

Quelques heurs et malheurs d’une paroisse nonagénaire

1900-1905 La première installation matérielle comprenait une quinzaine de cases à toit conique, ainsi qu’un début de verger. Les Pères conserveront cette place jusqu’en 1910, bien qu’elle soit loin du centre de Kati.

1906 -Année particulièrement difficile : disette et fièvre jaune. L’anticléricalisme français bat son plein, et l’on dénigre publiquement les Pères.
- Les essais agricoles de pommes de terre et de bananes fournissent quelques ressources à la mission (mais échec pour le café…)
- les ouailles sont fort peu nombreuses. Des enfants (d’abord 3 dont un baptisé, puis 5) accompagnent les Pères dans les tournées. On compte 12 néophytes à Kati, 12 à Koulikoro et une trentaine à Bamako. Quant aux chrétiens existants, ce sont pour la plupart des employés ou des ouvriers étrangers à la place, attirés par les chantiers et peu enclins à une pratique religieuse.

1907 - Les villages de Kamblé, Farafiè et Pièbougou manifestent un intérêt pour la mission. N’Tonimba aussi fait bon accueil aux Pères.
- Un ménage s’installe près de la mission, qui héberge les sept premiers écoliers.

1909 Visant une autosuffisance de leur établissement, les Pères empruntent en novembre, une somme de 2.000 Francs à la Maison Morel et Prom, qui accepte le remboursement en pommes de terre.

1910 - Devant s’éloigner du camp militaire, les missionnaires ont enfourché leurs ânes et, en quête d’un nouveau lieu, se sont rendus à Kati Koro chez Morimoussa Diarra, alors chef de village. « Cherchez vous-mêmes, leur dit-il, un endroit qui vous convient, et informez-moi par la suite ». Le choix se porta sur un site élevé, dans la partie nord du village, sur la route de Kolokani. « Je ne vous conseille pas cet endroit, remarque Morimoussa, car c’est le bosquet sacré (ntomotu) des jeunes gens, un lieu hanté de « jinèw ». En dépit de cet avertissement, le choix fut maintenu, et les jeunes durent déplacer leur bosquet sur Dialakoro kin ( l’actuel Banankin). Outre le don de ce site, Morimoussa allouera aussi à ses hôtes, des terres de culture : « Quand on donne une place d’habitation à quelqu’un, on se doit de lui offrir aussi des terres pour sa survie. Prenez donc, à cet effet, les bas-fonds situés au nord-est de votre nouvel emplacement ».
Les PP Coquerel, Bernard, Toulet et Danban, opèrent le transfert de la mission dans le nouveau domaine de 23 ha concédé par Morimoussa Diarra, à une demi-lieue de l’emplacement précédent. Le 1er mars, , les missionnaires s’installesnt dans une maison de 30m baâties en trois mois (8 pièces avec véranda).
Construction de deux cases-chapelles à Sikoro et Pièbouogu. Les jeunes qui s’y présentent sont malmenés par les « vieux ».
Bonne saison des pluies : récolte de 2.200kg de pommes de terre (l’exploitation se diversifia par la mise en culture de légumes et de fruits tels que bananes, mangues, oranges, mandarines. En 1924, le P. Verdouk parvint à bénéfice net de 10.000 francs)

1911 - Bamako possède désormais sa chapelle, visitée toutes les semaines.
- l’internat scolaire se développe : 21 pensionnaires, dont deux sont baptisés cette année, suivent quatre heures quotidiennes de classe, et font quatre heures de travail manuel pour assurer leur subsistance.

1912 - Deux groupes de chrétiens sont établis au pourtour de la mission : d’une part des hommes plus ou moins itinérants à l recherche de travail, d’autre part des paysans stables qui ont même décidé de cultiver une terre en commun, un jour par semaine »pour aider à la propagation de la foi ».

- Le 24 juillet, le feu détruit la toiture de la résidence des Pères.

1914-1918 - La guerre mondiale ne va pas sans répercussions sur le travail quotidien. Les Pères restent à deux et changent trop souvent, au gré des aléas de la mobilisation ; ils ferment l’internat (dont les pensionnaires repartent en famille), et sont pris à plein temps par la visite des villages. On note le zèle des catéchistes : Marcel, Cyr Pierre, Marie-Augustine, suppléant à l’absence des missionnaires. Douze anciens élèves sont eux-mêmes mobilisés.

Les événements de Zanbougou et Nkoumbi avec la résistance de Diosé, créent un climat d’insécurité.
Au 30 juin 1976, on compte 190 chrétiens (dont 39 à Kati) 31 catéchumènes et 26 postulants

1921 Mgr Sauvant, qui succède à Mgr Lemaître, devient Vicaire apostolique de Bamako, mais s’établit avec son Procureur à Kati (jusqu’en 1928)

1923 Peu à peu s’est développée dans les villages, une activité catéchétique : le fidèle le plus instruit remplit maintenant auprès de son entourage, le rôle de catéchiste, sans recevoir aucune rétribution. A Kati même, trois catéchistes sont rétribués pour le temps qu’ils consacrent à cette tâche (Marcel Sangaré, Véronique Kané et sa sœur cadette Anna) ; deux veuves pieuses se sont mises au service de la mission, non seulement pour l’accueil de femmes arrivant de la campagne, ou celui d’écoliers sans logis, mais pour des visites aux familles.

-Vingt sept villages sont évangélisés. On compte 202 chrétiens et 32 catéchumènes. Plusieurs nouveaux lieux deviennent réceptifs à l’annonce de la Bonne Nouvelle ; le retour des anciens combattants contribue à une plus large ouverture des villages. Parmi les catéchistes, les femmes ne sont pas les dernières en fait de dévouement à la fois chrétienne.

Le poste de Bamako, avec koulikoro, est détaché de Kati.
Nouvelle chapelle à Ntouban, où habitent 27 baptisés.
Depuis l’année précédente, l’exploitation du jardin (dont s’occupe le Fr. Maxime), fait vivre le poste.
Le tribunal chrétien (un juge et deux assesseurs), fonctionnait depuis 1976, mais cette année marque sa reconnaissance statutaire par le Gouverneur.
1er octobre : la portion de voie ferrée Thiès-Kayes, terminée, met Kati à 40 heures de Dakar et à 11 jours de Paris !
La rentrée scolaire 1923-24, groupe l’effectif satisfaisant de 18 élèves, dans l’espoir que l’école « devienne une pépinière de catéchistes et de prêtres ».

1924 A Noël, arrivée du P. Courteille avec six séminaristes : ils demeureront ici jusqu’en 1930.

1925 On dénombre 130 chrétiens à Kati, 140 dans les villages, et un total de 79 catéchumènes.
- l’école compte maintenant 25 élèves, mais étant donné que celle-ci n’est pas habilitée à délivrer de diplôme, les enfants ne pourront jamais poursuivre leurs études à l’école supérieure officielle.
- Arrivée d’une mission protestante

1926 Dix huit baptêmes d’adultes entre Pâques et noël.

1927 - Année très dure, grande disette. Kati accueille cependant ses premiers élèves catéchistes.
- Le feu détruit les dépendances de la mission, entre résidence et séminaire.
- Mgr Sauvant par pour l’Europe. Il ne reviendra pas.

1928 - Une douzaine de familles habitent autour de la mission. Dans cinq villages, les chrétiens se réunissent matin et soir pour prier.
- On connaît bien le problème des filles de catéchumènes promises à des polygames. Début d’une caisse dotale ou de « rachat ».

1929 - Au mois de mai, Faladiè est détaché de kati, et le séminaire ne tardera pas à s’y rendre sous la conduite du P. Sabeau.

1930- La construction de l’église est achevée. Le bâtiment de l’ancienne chapelle est utilisé pour des logements.

1933 Premier bâtiment scolaire construit en matériaux définitifs.

1934 La multiplication des jardins villageois réduit la rentabilité de l’exploitation agricole de la mission ; le Fr. Maxime lance alors un élevage de porcs.

1937 - Le P. Guérin, curé depuis cinq ans part à Nzérékoré (Guinée) où il est nommé préfet apostolique.
- Tous les agrumes ont crevé d’une maladie inconnue.

1938 En juin, fermeture de l’école de catéchistes

1943 Mgr Molin décide la construction du noviciat des filles soudanaises de Marie. Elles s’y installeront en 1946

1947 Deux sœurs africaines viennent régulièrement enseigner le catéchisme à la paroisse.

1950 - Deux ordres de difficultés sont signalés : l’un se rapporte au mariage (taux trop élevé de la dot et refus des filles de se marier en brousse) l’autre concerne le nombre restreint des catéchumènes pour tant de villages visités.

Le 27 août, la congrégation des filles soudanaises de Marie ouvre à Kati la Communauté Notre –Dame de Liesse, pour le service de la paroisse et l’accueil des petites aspirantes.
1951 - Séparation de l’école en deux établissements distincts, l’un où les sœurs blanches assurent l’enseignement des filles, l’autre dans lequel les garçons sont pris en charge par des maîtres sortants de Toussiana.

1954 Début de la « Légion de Marie »

1956 Ouverture de quatre « écoles catéchistiques »dans les villages. Dans ces écoles tenues par des catéchistes, les enfants s apprennent pendant deux ans les rudiments de la lecture et du calcul, ainsi que le catéchisme. Les meilleurs élèves continueront leur scolarité à l’école de Kati.


Vers les lendemains qui chantent…

A la veille de l’indépendance du Mali, la paroisse de Kati avait acquis son
actuelle configuration, dans laquelle s’efforce de progresser une communauté chrétienne vivante.

L’école dispense à présent un enseignement fondamental complet : deux groupes (Aet B) pour le premier cycle et un second cycle prolongeant le premier cycle du groupe A.

Des documents chrétiens se sont formés :

La Légion de Marie comprend quatre groupes à Kati et un à Ntoubana :
Sainte Monique rassemble des jeunes femmes désireuses de mettre en commun leur idéal de mères et de familles chrétiennes. Elles constituent, en outre, une équipe d’animation liturgique très active.
Les amis de Kisito, proposent aux enfants du premier cycle, une formation humaine et spirituelle.
La CEC et l JAC, ont accompli leurs premiers pas
Une section du SECAMA rend de nombreux services, tout en fonctionnant avec le lot de problèmes que cet organisme socio-caritatif connaît dans d’autres endroits..
Un « Conseil » supervise et dirige les activités de la paroisse. Ses membres sont choisis de façon à représenter toutes les couches de la communauté chrétienne.

 

Fidélité du Souvenir

En 9O ans, la paroisse a vu se succéder de nombreux prêtres, au nombre desquels trente-trois déjà ont assumé la responsabilité de curé. Dix de ces prêtres sont inhumés à Kati

Antoine Rigouste + 1903 (28 ans)
Paul-Emile Goguey + 1908 (43 ans)
Paul Decottignie + 1923 (13 ans)
René Bazin + 1925 (46 ans)
Emile Courteille + 1927 (57 ans)
Henri Baranger + 1934 (42 ans)
Léon Charvier + 1940 (33 ans)
Jacques Cusset + 1942 (35 ans)
Paul de Goesbriand + 1952 (42 ans)
Jean Baptiste Meiller + 1969 (59 ans)

Deux Sœurs des Filles du Cœur Immaculé de Marie, reposent elles aussi dans la terre d’une paroisse qu’elles ont servie avec amour.

Paul Marie Konaté + 1972 (30 ans)
Solange Dembélé + 1987 (31 ans)