Paroisse sainte Thérèse de l'Enfant Jésus - Goualala

Paroisse sainte Thérèse de l'Enfant Jésus

Goualala : un village perdu dans le Ba-Sidibé ! Pourquoi ce choix ?

Le souci d’annoncer la Bonne Nouvelle avait poussé les PP. Thomas, Dubernet, et Garlantezec à parcourir la contrée du Wasulu en novembre 1912. Le P. Thomas rappelle ceci : « Nous ne sommes pas allés à Goualala, mais à Djarani, nous n’en étions qu’à 6 ou 7 Km ». La partie malienne du Wasulu comprend quatre provinces : Ganan, Guanyaka, Diallonfula, Ba-Sidibé. Dans la région, le miel coule, les vaches sont nombreuses. Ce pays « bobo-oulé » avait déjà retenu l’attention des autorités

Le 3 octobre 1934, deux missionnaires circulant en vélo se présentaient au marigot temporaire coulant à l’est de Goualala ; quelques femmes y lavaient leur linge. Effrayées par ces Blancs à barbe, elles partent donner l’alarme dans le village. Mgr Mollin et le P. Théveron venaient reconnaître les lieux, et saluer comme il convenait les notables du village en leur faisant part du projet de fonder chez eux une mission.

Pour obéir à Rome, le Vicaire Apostolique a voulu, par le choix de ce lieu, établir une mission dans un peuple encore peu évangélisé : les wasulukè. Se basant sur les statistiques, Mgr Molin avait constaté que Goualala était le village qui rassemblait le plus grand nombre d’imposables. Plusieurs quartiers le composaient : Dign, Kodyou, Féléko, Samsi, Founébala, Kissako, sans compter des hameaux de culture durant l’hivernage. Bounounko était moins central, trop près des cantons bambara. Yanfolila était minuscule, avec une population malade et rare. Le choix n’était donc pas si étrange.

L’implantation Missionnaire

Mercredi 21 novembre 1934 :

« Son Excellence Mgr Molin, parti hier matin de Bamako avec les Pères du Réau, Supérieur du nouveau poste de Goualala, Plénier, venu du Sahara, et le Frère Godefried, arrivent ici en bicyclette, après avoir passé la nuit au campement de Yanfolila. Le catéchiste Julien Sidibé les accompagne. Deux autres confrères sont restés à Yanfolila pour recruter les hommes nécessaires au portage des caisses. En arrivant au village, on salue les anciens assis sur le gwala. Ceux-ci se disent heureux de nous recevoir. En attendant l’arrivée des porteurs au campement, que l’on nettoie aussitôt, Mgr et le P. Plénier partent reconnaître des hauteurs qui bordent le village au nord : il y a là beaucoup de latérite, et c’est chaud. Les premiers porteurs venant de Yanfolila, à peine une vingtaine, sont ici à midi. C’est un jour peu propice pour s’installer : le chef de village nous dit qu’une femme vient de mourir et qu’elle doit être enterrée. De fait, à dix mètre de notre case, on creuse une fosse. Cependant, vingt-neuf porteurs repartent à Yanfolila. De retour le soir, ils n’en rapportent aucun mot des deux confrères demeurés à Yanfolila…Le cuisinier, sa femme et son enfant (une famille chrétienne) sont venus, mais comme il n’y a rien encore, on re goûtera ce soi à la cuisine indigène.

En octobre 1937, une école de garçons est ouverte. Parmi les premiers élèves : Mori fils de Sotigi et de Penda Sidibé.

Les premiers baptêmes sont célébrés en 1940 : François Sangaré, Marcel Doumbia, et sa femme Maria, Paul et Joseph Sidibé. Le 1er juin 1941, Sotigi Penda Mori Sidibé est baptisé sous le nom de Julien Marie Joseph.

21 février 1952 : ouverture du dispensaire dont la construction vient d’être achevée, à partir d’un hangar métallique de 50m² acheté deux ans auparavant dans ce but par l’Administration.

1953- les Pères cèdent leur maison à une équipe des ‘Filles soudanaises de Marie » qui arrive à Goulala le 16 octobre. Ils emménageront deux ans plus tard dans une nouvelle demeure, construite par le Frère Godfried.

- L’école des filles commence à fonctionner, avant qu’un bâtiment spécial lui soit affecté en 1956.
1963 - 11 mai inauguration d’une maternité villageoise
- Lenkoda construit une chapelle couverte de tôles
1965 - Construction de la chapelle de Dyégénina
1968-69 La mission est équipée d’électricité et d’eau
1969 - Dalaba se dote d’une nouvelle chapelle.
- Inauguration de la nouvelle maternité etd’une salle chirurgicale ( pour onchocercose)
27 avril 1980 : bénédiction solennelle de l’église de Goualala par Mgr Sidibé. Les premiers coups de pioche avaient été donnés en mars 1978
1981 - Construction d’une nouvelle maison pour les sœurs, tandis que la chapelle de Dalaba, démolie en raison des travaux du barrage de Sélingué, est rebâtie sur le site du nouveau village.

1982 - L’Association des Parents d’élèves de Yanfolila, construit deux salles de classe.
- « Helvétas » effectue à Goualala plusieurs s forages, dont l’un permet d’approvisionner le dispensaire-maternité, les Pères et les Sœurs (chez lesquelles l’éclairage par énergie solaire est installé cette année).

Les Sœurs à Goualala

En date du 4 octobre 1949, Mgr Molin écrivait : « vous savez que j’avais prévu l’installation d’une communauté de filles soudanaises de Mari sur votre concession, dans l’angle nord-ouest de celle-ci (du côté du cimetière). Comme les Sœurs tiendront le dispensaire, il conviendra donc de bâtir celui-ci à proximité. »

Ce fut une grande journée que la venue des Sœurs à Goualala, le vendredi 6 octobre 1953. Paries le matin même de Bamako, elles font une courte halte à Ouéléssébougou, puis à Bougouni pour saluer les autorités ; elles s’arrêtent à Ntentou pour le repas de midi, et arrivent au village sous une averse de pluies. Les Gualalakès ont sorti leur tam-tam pour les recevoir. Les journées qui suivent sont occupées par l’installation de la communauté, qui nécessite aménagements et modifications du plan préétabli. Les PP Guérin et Carrière, ainsi que la Mère Joseph –Marie, sont là pour prévoir et pour arranger au mieux les Sœurs, dont les activités commencent sans tarder. Témoin ce programme établi pour elles dès le 26 novembre :

Classe du CP1, cours aux filles de l’école ménagère :
Lecture, dictée, morale …………………… Sr Antoinette
Dispensaire……………………………………. Sr Jeanne d’Arc
Sacristie, cours de couture de repassage de
Lessive aux filles de l’école, toute la matinée Sr Anna
Dispensaire, aide à la sacristie, études
D’infirmière deux fois par semaine……….. Sr Joséphine
Formation des grandes filles, surveillances
Des écolières durant la récréation,
Surveillance de la classe des petites………. Sr Marie Ange
Visites aux familles des enfants et aux
Malades de Goualala, mardi et jeudi après midi Sr Anna
Sr Joséphine
Sr Marie- Ange

Les vocations issues de Goualala

Né vers 1927, Julien Marie Joseph Mori Sidibé, fils de Sotigi et de Penda Sidibé, est baptisé le 1er juin 1941 (parrain : François Sangaré) Sous-diacre à koumi, le 3 octobre 1956, il est ordonné prêtre par Mgr Molin à Bamako, le 30 avril 1957. Evêque de Ségou en 1974, il fait sa première visite d’évêque à Goualala le 1er janvier 1975.

Vincent Couloubali, né le 17 mars 1952 à Nyénéguala, fils de Benoît et Elisabeth Koné, baptisé le 19 mars par le P. Colinet, est ordonné prêtre à Kankan le 9 mai 1981
Timothée Diallo, d’Elie et Julienne Kondé le 20 août 1959 à Lenkoda, devient prêtre l’année même où se célèbre le centenaire de l’Eglise malienne.

Trois vocations religieuses honorent, en outre, la paroisse :

Cécile Konaté, fille de Jérôme Konaté et de Marie Sidibé, avait été baptisée le jour de sa naissance, 12 novembre 1942, par le P. Plénier. Elle fait sa première profession en 1962 et prononce ses vœux perpétuels le 4 septembre 1971. Avec une douce patience, elle sert malades et femmes à Guéné-Goré, à Kati, à Goualala et à Pel, où après cinq années de dévouement, Dieu la rappelle à lui le 1er novembre 1972.

Modyère Marie Véronique Sidibé, devenue sœur Jeanne –Célestine, nous donne aujourd’hui témoignage de plus de 25 ans de profession.

Marie –Pascale Sidibé, née le 25 février 1961 et baptisée, le 31 mai suivant, par le P. Plénier, fut confiée aux Sœurs par son père Sogon Sidibé, lorsqu’il perdit son épouse Diagosan, mère de Marie-Pascale. Celle -ci s’est maintenant engagée au service du Seigneur.

Pour servir le pays

A Goualala comme ailleurs, l’Eglise s’efforce de travailler à la promotion et à la libération de l’homme. Attestant la valeur de la prière (« Ce Père-là, je n’ai jamais vu quelqu’un prier comme lui ! »), elle invite ses fidèle au monde de Dieu en les appelant à se mobiliser pour que ce mode-ci soit autre.

Dès sa fondation, la mission de Goualala créa une école, mais il fallut plus de dix ans pour vaincre les réticences de beaucoup de parents, et arriver vers les années 1950 à dépasser la centaine d’élèves, parmi lesquels une vingtaine de filles, dans ses débuts, l’école devait fonctionner avec les moyens du bord, qu’il s’agisse des bâtiments ou du personnel enseignant. Le premier moniteur envoyé de Bamako n’arriva qu’en 1946. La mission ouvrit un deuxième cycle privé.

Si l’on fait une petite enquête dans les villages alentour, on est assez impressionné de constater le nombre d’anciens élèves de Gouala qui ont fait leur chemin dans la vie, et qui aujourd’hui, à travers tout le Mali, servent leur pays dans les postes les plus divers : école, santé, administration, sécurité.

Un autre front de lutte pour l’Eglise a toujours été celui de la santé. Là encore, au moment de sa fondation, la mission de Goualala ouvrait un centre médical, d’abord pris en charge par les Pères, puis tenu par les Sœurs de kati à partir de 1953, année de leur arrivée au village. Aujourd’hui, dispensaire et maternité fonctionnent avec un personnel entièrement malien : une religieuse infirmière, quatre aides-soignants non diplômés, une matrone rurale diplômée et une matrone traditionnelle. La contrée du Wasulu est connue comme foyer d’onchocercose et de lèpre. A présent, l’action du dispensaire de Goualala touche une quarantaine de villages, et tous s’accordent à reconnaître que l’état de santé de la population s’est amélioré.

Le troisième front de développement où la présence et l’action missionnaire ont été régionalement déterminantes, c’est la culture des arbres fruitiers, ainsi que le passage à une certaine mécanisation des instruments agricoles. La culture de l’oranger, peu pratiquée il y a trente ans, s’est largement répandue au-delà de Goualala. Des camions d’oranges s’en vont à présent du Ouasoulou vers Bamako. Quand aux mangues, leur variété ne se compte plus, grâce à la pratique de la greffe. Et si désormais le maïs fait concurrence au mil, c’est en partie grâce eu petit matériel agricole (charrues adaptées, semoirs, charettes) qui permettent aux cultivateurs de fumer leurs champs et d’exploiter une pluls grande surface avec moins de peine.

Liste des PP. et FF. Affectés à la Paroisse de Goualala depuis sa fondation :

1934 P. X. du Réau- P.G. Plénier- Fr. Godefried 1955 Fr. Zacharie,P. Mich-P. Delisse
1935 P. G. Bouvier 1957 P. Heymès, P. Landon
1936 Fr. Dominique, P. Fontanié 1959 P. Bouteille, P. Barreteau
1937 Fr. Dionysius, Fr. Frobert 1961 P.Richard Van Doorslear
1938 P. Duchêne 1963 P. Emile Devieux, P. Nicoleau
1939 P. Bizard, P. Dufresne, P. Cusset 1967 P. Juillet
1942 P. Hecquet, P.Harle 1971 P. Leconte, P.Vanrenterghem
1946 P. Accocebery 1973 P. Prat-Marcat
1947 P.R. de saint –Cyr, abbé Antoine Diarra 1974 P. José Moralès,P. Wim Schakenraad
1950 P. Louis Colinet, abbé Gaston Tarawelé 1979 P. Descours
1953 P. Noël 1980 P. Paulin
1954 P. Brayeur 1981 P. Oskar Geissier
1984 P. Pierre Brignol