Paroisse Notre Dame de Fourvière - Faladié

Paroisse Notre Dame de Fourvière

Situé en pays Bambara, dans la région dénommée Nciba, le village de Faladié fut fondé en 1783 par Binyèkolola Negeba Traoré, chasseur du Daban. C’est à partir de la paroisse de Kati que celle de Faladiè vit le jour. Depuis 1889, les villageois du Nciba voyaient passer l’un ou l’autre Père venant de Kita, puis aprèps 1896, tel prêtre de Kati. Mgr Bazin parcourut lui-même la région en 1905. Mais il faut attendre le mercredi 27 février 1929 pour que se dessine l’implantation de la future paroisse de Faladiè.

Depuis quelques jours, le P. Tréca et Joachim Konaré (catéchiste de Kati, lui –même originaire du village de Kuntu-Torodo) visitaient le Nciba, où Mgr Molin envisageait une fondation missionnaire, devant inclure séminaire et école de catéchistes. Ce mercredi, Na Dosama les accueillit au village de Faladiè, dont Na Maaribuukoro était le chef depuis treize ans. Ils passèrent la nuit sur place, et de promenèrent le lendemain dans les localités environnantes. Puis, ils regagnèrent Kati sans avoir pris de décision ni communiqué à personne la raison de leur visite. Cependant, Faladiè leur avait semblé un endroit particulièrement propice pour implanter la mission projetée.

De fait, la foi chrétienne les avait précédés dans ce lieu. En 1918, Nowele Traoré, un villageois de Faladiè, était parti à la recherche de son frère aîné, à Kita là-bas, il fut accueilli par un chrétien nommé Jean Baptiste ; lui et sa femme s’attardèrent pendant une dizaine d’années à Kita, où l’un et l’autre découvrirent la religion de l’évangile. Au cours d’une maladie, Nowele reçut le baptême sous le nom d’Henri, et sa femme aussi fut baptisée Odile. En 1927, tous deux regagnent leur village. Telle fut la première famille chrétienne de Faladiè. Henri et sa femme y témoignèrent de leur foi parmi leurs frères. Odile elle-même baptisa Suzanne, Gabrielle et Angèle, les trois premières filles dont les noms furent ensuite inscrits sur le registre des baptêmes de Faladiè. Un tel début de chrétienté est lourd de sens…

Le 3 mai 1929, le P. Tréca retourne à Faladiè par la route de Basabougou, afin de proposer aux notables qu’une mission catholique s’installe au village. Ceux-ci acceptèrent la proposition avec plaisir.

Dès ce mois de mai, le P. Verlaguet et le Fr. Maxime rejoignent sur place le P. Tréca ; tandis que leur maison se construit, ils sont hébergés par Gwanye et Kèmènci. Voici ce qu’à l’époque écrit le P. Tréca : « Nous avons visité pas mal de villages. Le P. Verlaquet est allé visiter les cantons de Daban et de Nyogona. Nous avons été reçus très bien partout. Certains villages, prévenus de notre visite par le chef de village de Faladiè, nous ont envoyé des cadeaux à l’avance . Nous espérons, avec l’aide de Dieu, que la religion chrétienne se répandra à Faladiè, et qu’il en sortira des prêtres. »


Un travail polyvalent

Mgr Molin, on l’a dit, prévoyait l’installation d’un séminaire et d’une école de catéchistes dans le Nciba. En effet, le 9 janvier 1930, le séminaire fut transféré de Kati à Faladiè, où s’établit le P. Sabeau, accompagné de neuf séminaristes. L’année suivante, ouvrait l’école de catéchistes pour laquelle le P. Tréca avait appelé de Kati Jean Marie Samaké comme premier instituteur. Aujourd’hui, plusieurs vieux chrétiens de la paroisse comptent parmi les anciens élèves de cette école.

En décembre 1933, sur la demande des Pères, le jour de marché de Faladiè fut fixé au jeudi. L’année précédente, deux ans avant sa mort, le chef du village Maaribu Tarawele, demandait le baptême, qu’il reçut sous le nom de Jean. Pour la fête de Pâques 1935, on célébra le baptême de cinq autres candidats parmi les quels Marcel Tarawele, toujours vivant parmi nous en 1987

Fin septembre 1941 : alors que les instituteurs se faisaient rares au temps de la deuxième guerre mondiale, les sœurs blanches sont venues s’installer à Faladiè pour enseigneur à l’école des catéchistes, qui devint école primaire en 1944 et leur fut confiée. Un an après le décès du P. Tréca à Alger en 1945, elles acceptèrent de prendre en charge le dispensaire que la mission avait construit.

L’année 1943, marque le début des travaux pour la construction d’une nouvelle église, qui fut bénie par Mgr Molin le 29 janvier 1950. Deux mois plus tard, celui-ci obtenait que sa démission soit acceptée, et il vient habiter Faladiè, où les séminaristes bénéficient de son enseignement, cependant qu’il réalise plusieurs travaux, notamment sur la langue bambara.

Le recensement administratif de 1948 dénombrait au village 698 habitants, dont 130 Dioula. Les Pères de la mission prirent en 1953, l’initiative d’organiser une coopérative locale pour l’achat des arachides.

Emigré à Bamako, en 1958, le séminaire de Faladiè peut s’enorgueillir d’avoir, en vingt-huit ans, formé douze prêtres parmi lesquels quatre évêques : Mgr Sangaré, Mgr Sidibé, Mgr Cissé, Mgr Dao. Les locaux du séminaire trouvèrent un fort utile emploi en abritant une école de bambara fréquentée par tous les nouveaux et nouvelles missionnaires devant faire l’apprentissage de cette langue. Le premier à en prendre la direction fui le P. Guérin, auquel succèda le P. Balenghien, puis le P. Bailleul, et présentement le P. José Morales


Au mois de Juillet 1971, une équipe de sœurs de Saint Vincent de Paul, de Belgique, est venue remplacer celle des Sœurs Blanches : juste avant leur arrivée, un nouveau dispensaire, une nouvelle maternité et un centre social venait de se construire.

Le 19 avril 1975, l’Abbé Jean-Marie Traoré a été ordonné prêtre à Faladiè. La paroisse a donne aussi trois religieuses : les sœurs Marie Louise Sangaré, Jean Paul Diarra, Bernadette Diarra. Pour compléter le tableau par des chiffes, ajoutons qu’en 58 ans il y a eu 2.961 baptisés à Faladiè, dont 281 reposent déjà dans la terre de leur village. 234 mariages ont été bénis dans la paroisse, et 1.372 personnes ont reçu la confirmation. Douze catéchistes assurent actuellement l’instruction religieuse à quelques cinq cents catéchumènes adultes. Ainsi, s’est vérifié le pronostic du P. Tréca : « La religion chrétienne se répandra et fructifiera à Faladiè, jusqu’au point de donner des prêtres à l’Eglise.»

C’est un motif de joie de constater maintenant que la graine déposée au début, s’est développée et a porté beaucoup de fruits. Dieu a béni le travail et la sueur des catéchistes, des sœurs, frères et pères qui ont labouré le champ paroissial de Faladjè. L’évangélisation de cette région manifeste l’œuvre de Dieu à travers ceux qui nous ont précédés dans la maison du Père : Mgr Molin, le P.Tréca, Joachim Konaré, le P. Cormerais, le P. Goësbriand, le P. Kamara, l’abbé Gaston, Modeste Traoré de Bankuma, Etienne Traoré de Bamako, et tous les autres…Que Dieu leur donne la vraie récompense !

Le travail continue

L’équipe pastorale actuelle s’efforce de continuer et de développer le travail déjà réalisé. La paroisse comprend désormais sept secteurs géographiques, dont chacun est devenu une cellule d’animation chrétienne. Dans chaque secteur, une journée de retraite prépare aux fêtes de Noël et de Pâques, et des messes mensuelles sont célébrées, à tour de rôle, dans les différents villages. Ces rencontres servent aussi à régler les problèmes spécifiques de chaque secteur. L’option pastorale consiste surtout à aider les communautés chrétiennes de la région à prendre elles-mêmes en charge les responsabilités variées qui se présentent.

Les sœurs, dont l’une consacre son plein temps à la catéchèse, dirigent un dispensaire, une maternité et un centre social. Ces œuvres sociales importent beaucoup au rayonnement chrétien dans le Nciba. Tous s’accordent à reconnaître le dévouement et la compétence non seulement des religieuses, mais aussi de tout le personnel qui travaille au dispensaire, à la maternité et au centre social. La sœur présente dans la catéchèse est surtout active auprès des enfants et des femmes : son champ d’action s’étend à la préparation des jeunes filles à leur mariage. ;

Les catéchistes demeurent sans conteste la cheville ouvrière de la paroisse. Ils sont douze, dont trois semi-permanents, et cet effectif suffit à peine. Les communautés sont invitées à trouver chez elles les personnes capables d’aller à Ntonimba pour y recevoir la formation de catéchistes. L’instruction des chrétiens et des catéchumènes est régulièrement assurée dans trente sept villages. Il s’agit là d’une action difficilement chiffrable : le nombre des baptêmes d’adultes, à Pâques, peut dans une certaine mesure indiquer l’importance du travail qu’accomplissent les catéchistes.

Ceux-ci animent la prière de leur village, mais, pour ce faire, ils ne sont pas seuls. D’autres animateurs choisis par leur communauté s’y ajoutent, et portent à une trentaine sur l’ensemble de la paroisse, le nombre des chrétiens qui s’acquittent de cette fonction. Des sessions d’alphabétisations, de formation chrétienne et liturgique leur sont assurées, à raison de deux ou trois par an entre les mois de novembre et de mai. Durant la dernière décennie, un effort considérable a été fourni pour la construction de chapelles de village, afin de rendre plus dignes les célébrations dominicales.

La jeunesse Agricole Croyante (JAC) regroupe un nombre important de jeunes, qui s’y sentent à l’aise et acceptent de s’engager au nom de leur foi dans la vie de leur village. Peuvent en faire partie, et en font partie effectivement des chrétiens, des musulmans et d’autres restés fidèles aux traditions de leur religion locale. Avec les autres villageois, et en accord avec les notables, ils travaillent à la construction de barrages et de retenues d’eau, à l’alphabétisation à des activités de santé et d’hygiène villageoise. Des journées de formation, organisées mensuellement, visent à les stimuler et les aider.

Deux jeunes de Faladjè sont actuellement au grand séminaire Saint Augustin, un autre étudie au séminaire moyen Pie XII. Une jeune fille est aspirante chez les sœurs de Kati, deux autres ont manifesté leur désir d’aller la rejoindre.

Quant à l’école paroissiale, elle compte à présent quelques 500 élèves de la première à la neuvième année. Dix sept professeurs y assurent l’enseignement, suivi avec un sérieux et une assiduité remarquables : les résultats des examens en font foi. La plupart des enseignants se chargent aussi de la catéchèse scolaire ; ils le font dans un esprit de service, en acceptant de recevoir eux-mêmes une formation qui les y prépare.

Enfin, la paroisse de Faldjè entend, d’une part maintenir ma cohésion de ses secteurs, d’autre part s’associer à un mouvement de collaboration inter paroissiale. Par exemple la retraite annuelle des catéchistes les concerne tous, les retraites de carême données dans différentes paroisses sont préparées et données par un même prêtre.

Ainsi chemine patiemment, dans la foi, l’espérance et l’amour, une évangélisation par laquelle notre paroisse s’efforce de répondre à l’appel des Bambara de la région.

Liste des Supérieurs de la Paroisse de Faladiè depuis sa fondation

1929-1945 P. Tréca 1964 P. Plénier
1945-1948 P. Kamara 1964-1973 P. Richard
1948 P. Fondeur 1973-1975 P. José
1948-1950 P. Travers 1974-1975 P. Laconte
1950-1951 P. Mancheron 1975-1976 Abbé Gaston Traoré
1951-1952 P. Guérin 1976-1978 P.Pedro
1953-1955 P. Dognin 1978-1979 Abbé Michel Christol
1955-1956 P. Cavrois 1979-1986 P. Kermasson
1957-1964 P. Kermasson depuis 1986 P. Richard