Forum National de l'enseignement Catholique au Mali: documents

ENSEIGNEMENT CATHOLIQUE                                      REPUBLIQUE DU MALI

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DIRECTION NATIONALE                                            Un   Peuple – Un But – Une Foi

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CONFERENCE EPISCOPALE DU MALI

 

COMMISSION ENSEIGNEMENT

 

DIRECTION NATIONALE DE L’ENSEIGNEMENT CATHOLIQUE

 

FORUM DE L’ENSEIGNEMENT CATHOLIQUE AU MALI

 

Grand Séminaire Saint Augustin de Samaya

 

Du mardi 03 au jeudi 05 septembre 2013

 

RAPPORT GENERAL

Du Mardi 03 au jeudi 05 septembre 2013, s’est tenu au Grand Séminaire Saint Augustin de Samaya près de Bamako, le Forum National de l’Enseignement Catholique au Mali. La dernière rencontre du genre et d’une telle importance remonte à Juillet 1973.

Le but global du forum était de définir de nouvelles orientations stratégiques et opérationnelles pour l’enseignement catholique au Mali.

Les conclusions du forum doivent permettre aux Ẻvêques :

  • De redéfinir l’orientation de l’école catholique à tous les partenaires au Mali ;
  • De renforcer la structure organisationnelle de l’enseignement catholique face aux réalités administratives et politiques du Mali ;
  • D’engager des stratégies d’auto-prise en charge des écoles : aux plans humain, spirituel, matériel et financier.

Le Forum a regroupé 150 participants composés de tous les acteurs internes et externes, anciens et actuels de l’Enseignement Catholique, les autorités nationales en charge de l’Ẻducation au Mali, les responsables traditionnels et politiques de la localité ainsi que les partenaires techniques et financiers.

La liste complète des participants se trouve en annexe du Rapport général.

De la Cérémonie d’ouverture.

 Cette cérémonie a enregistré la présence de presque tous les Ẻvêques du Mali à savoir :

  • Mgr Jean Baptiste Tiama, Ẻvêque de Sikasso, Président de la Conférence Ẻpiscopale du Mali ;
  • Mgr Augustin Traoré, Ẻvêque de Ségou, Président de la Commission Enseignement au sein de la Conférence épiscopale ;
  • Mgr Jean Zerbo, Archevêque de Bamako ;
  • Mgr Jean Gabriel Diarra, Ẻvêque de San ;
  • Mgr Jonas Dembélé, Ẻvêque de Kayes.

Empêché, Mgr Georges Fonghoro, Ẻvêque de Mopti, en voyage pour des raisons de santé.

Cette présence de la quasi totalité de l’ensemble des Ẻvêques atteste de l’importance qu’ils tiennent à accorder à ce Forum.

Les autorités administratives du pays n’étaient pas en reste. Le Forum a enregistré la présence effective de  monsieur Bocar Moussa Diarra, Ministre de l’Éducation, de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales, qui a prononcé le discours d’ouverture. Il  était accompagné non seulement des chefs de services de son département mais aussi et surtout de son collègue  monsieur  David Sagara, Ministre du Logement, de l’Urbanisme et des Affaires foncières.

Outre le discours d’ouverture de  monsieur le  Ministre de l’Éducation, de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues Nationales, trois autres interventions ont marqué cette cérémonie : l’allocution d’accueil de l’Ordinaire du lieu, Mgr Jean Zerbo, le discours de monsieur le Directeur National de l’Enseignement Catholique, Koundya Joseph Guindo, et l’intervention de Mgr l’Évêque président de la Conférence Épiscopale, S.E. Mgr Jean Baptiste Tiama.

 

Le Présidium du Forum était ainsi composé :

Président : Mgr Augustin Traoré

Vice-Présidents: MM. Emmanuel Sagara et Koundya Joseph Guindo

Rapporteur Général : M. Yassinthe Koné

Rapporteurs Adjoints : MM. Bèzo Honoré Dembélé, Aloys Diawara, Patouma Jérôme Koné, Pierre Dara et Henri Dakouo.

Des Communications.

Le Forum a bénéficié de quatre communications de haut niveau. Il s’agit de celle donnée par le Professeur Denis Dougnon, Ancien Secrétaire Général du Ministère de l’Ẻducation et qui a piloté le Forum National de l’Ẻducation du Mali en 2008. Il a donné une Conférence sur les Grandes orientations du Système éducatif malien.

Cette première Conférence a été suivie de celle de Mgr Jean Gabriel Diarra, sur le thème de l’Enseignement Catholique universel depuis ses origines.

Ensuite est intervenu l’exposé de Mgr Jean Zerbo sur le  Projet Éducatif de l’Enseignement catholique.

Il est revenu au Père Joseph Tanden Diarra, premier président de l’Université Catholique, Unité de Bamako et actuel président de l’Unité de Bobo Dioulasso au Burkina Faso, de donner un éclairage sur le thème : Enseignement Catholique au Mali, hier, aujourd’hui et demain.

Auparavant, une synthèse des résultats des questionnaires envoyés dans les différents Diocèses a été  présentée par M. Yassinthe Koné, ancien Directeur diocésain de l’Enseignement Catholique à San.

Des Ateliers

Cinq (05) ateliers ont été constitués pour les réflexions autour des thèmes suivants :

1-   Gestion administrative et pédagogique – Éthique et déontologie ;

2-   Ressources financières et matérielles ;

3-   Ressources humaines : recrutement, gestion, genre, promotion et plan de carrière ;

4-   Partenaires sociaux, rapports avec l’Ẻtat et l’Ẻglise ;

5-   Projet de l’Enseignement : valeurs propres à l’Enseignement Catholique.

De ces ateliers sont issues des analyses et des recommandations fortes, pertinentes, consignées dans le Rapport Général qui seront traduites en plan d’actions opérationnelles pour les années à venir.

De la cérémonie de clôture.

La cérémonie de clôture a connu six interventions :

- M. Yassinthe Koné, rapporteur général, a d’abord lu le communiqué final ;

- M. Aloys Diawara a restitué les recommandations issues des cinq ateliers ;

- M. Bèzo Honoré Dembélé a lu les motions de remerciements ;

- M. Koundya Joseph Guindo a remercié tous les partenaires de l’Enseignement qui ont permis d’organiser et de tenir le Forum ;

- Mgr Augustin Traoré a, au nom de la Conférence épiscopale remercié tous les participants et les autres partenaires de l’Enseignement Catholique. Il a donné l’assurance que les recommandations seront examinées avec toute l’attention requise et seront rendues opérationnelles dans la mesure des possibilités de l’Eglise.

- Enfin,  M. Bocar Moussa Diarra dans son discours de clôture des travaux du Forum a souligné l’importance de l’Enseignement Catholique, un partenaire sérieux de l’Etat dont la contribution est précieuse et salutaire dans le système éducatif malien. Il a encouragé l’Enseignement Catholique à continuer à maintenir la dimension spirituelle dans l’éducation des enfants.


RAPPORTS JOURNALIERS

Rapport de la journée du mardi 3 septembre 2013.                        

1. De l’ouverture

Elle s’est déroulée en deux temps :

 Ằ 06 h 30 les participants se sont réunis pour une messe d’action de grâce autour de Mgr Augustin TRAORẺ, président de la Commission Episcopale Malienne pour l’Enseignement qui a présidé l’Eucharistie avec tous les prêtres présents. Dans sa monition et son homélie Mgr TRAORẺ a rappelé que la messe est une action de grâce qui permet au chrétien de s’unir à celle du Christ. Il a évoqué la figure de saint Grégoire Le Grand, Père de l’Ẻglise dont la sagesse, l’enseignement et le témoignage sont des exemples pour tous les fidèles de Jésus, surtout les enseignants. Il a invoqué l’Esprit Saint pour que les travaux du Forum se déroulent dans la concorde et la fraternité.

La cérémonie officielle d’ouverture a eu lieu de 09 heures à 10 heures30.

2. Les communications.

De 11 heures  à 13 heures 30 les participants ont bénéficié d’une  communication donnée par le Professeur Denis Dougnon, ancien Secrétaire Général du Ministère de l’Ẻducation, sur les Grandes orientations du système éducatif malien.

Après son intervention les débats ont porté sur les questions-réponses qui suivent :

  1. Que penser de l’évaluation des innovations pédagogiques du système éducatif malien ?
  2. Par rapport à l’article 76 de la loi d’orientation, les différents ministres de l’éducation se sont-ils acquitté régulièrement de leur tâche?
  3. Quels sont les résultats donnés par l’expérience de la méthode convergente ?  La mutation des parents d’élèves d’une zone à l’autre ne pose- t- elle pas problème ?
  4. De la formation technique et professionnelle : n’existe-t-il pas un manque de vision ? Pourquoi ne faudrait-il pas créer une école des mines ?
  5. Comment relever le faible niveau de l’élève malien dans les écoles privées?
  6. Comment expliquer le renversement de situation de l’élève malien par rapport au passé ?
  7. Quelles solutions trouver aux problèmes de lecture à l’école primaire ?
  8. Pourquoi le communicateur a-t-il évité le défi du civisme ? La question de langue n’est-elle pas un problème anthropologique ?

Les éléments de réponse suivants ont été donnés :

  1. L’évaluation des innovations est irrégulière et insuffisante. Elle doit être ajustée.
  2. Par rapport à l’article 76, la loi elle-même devrait être revue et corrigée.
  3. On apprend mieux dans une langue qu’on maîtrise.

Le  curriculum est généralisé dans l’aire culturelle bamanan. Depuis deux ans une étude a été commanditée en pays dogon (Koro-Bankass) où le souhait était d’être fortement alphabétisé. Dans cette zone, les peulhs sont très peu nombreux et on peut exploiter le dogosso.

La question de la mutation d’une zone à l’autre est vraiment marginale.

 

  1. Par rapport à la création de l’école des mines, il est dit en substance que, les textes sont bien avancés, mais les évènements derniers du pays ont été un facteur de blocage. Donc l’espoir est permis car la volonté politique y est.
  2. La création des écoles privées est un droit ; mais il existe un cahier de charge que les promoteurs doivent respecter. Des faiblesses voir des complicités existent dans la gestion des écoles privées. La tendance est à corriger.
  3. Un système nait, grandit et meurt. Le système de l’US-RDA (union soudanaise du rassemblement démocratique africain) est mort prématurément. Le CMLN (comité militaire de libération nationale) a fait des dégâts. La démocratie grandit et s’ajuste. Des correctifs doivent être faits.
  4. L’utilisation de la stratégie alternative est une solution au problème de lecture. Elle permet à un enfant déscolarisé ou non scolarisé d’apprendre en huit à neuf mois à lire, écrire et calculer pour pouvoir s’inscrire en classe de quatrième année de l’enseignement fondamental  à la reprise. Cette méthode a fait ses preuves et a été adoptée par le Burkina Faso et le Niger.

Par rapport à cette question de lecture, la contribution de l’ancien Ministre de l’Education, Monsieur Salikou SANOGO a été édifiante.

 

  1. La citoyenneté est plus large que le civisme qui a un caractère redondant.

Du caractère anthropologique de la langue, il est à retenir que  « l’enfant apprend mieux dans la langue qu’il maîtrise. »

Les travaux ont pris fin à 13 heures 30 minutes.

L’après midi les  travaux ont repris à 15 heures par la conférence de Mgr Jean Gabriel Diarra, sur le thème de l’Enseignement Catholique : origines, identité, spécificité, perspectives.

Après son intervention les débats ont porté sur les questions-réponses qui suivent.

Ci-dessous les questions posées par les participants accompagnées de la réponse du conférencier.

  1. Quel est le sens du deuxième tableau du rêve du conférencier?

C’est une interpellation à tous les partenaires afin que chacun s’investisse pour la promotion de ce bien commun.

  1. Comment promouvoir l’éducation civique et  morale, l’éducation aux valeurs évangéliques ?

On a l’impression en causant avec les gens qu’ils connaissent. Ce qu’il faut, c’est une vraie conversion des cœurs et des mentalités.

  1. Faut-il dire enseignement privé catholique ou enseignement catholique ?

Les responsables de l’administration scolaire catholique se pencheront sur les deux appellations. En attendant nous utiliserons les deux termes.

 

  1. N’est-il pas opportun de former les enseignants sur la doctrine sociale de l’Eglise ?

Les aumôniers diocésains et paroissiaux et les directeurs diocésains ont pris bonne note en espérant que les bénéficiaires seront intéressés par le thème.

 

  1.  L’enseignement catholique a-t-il un programme propre ?

L’enseignement catholique applique les programmes fixés par l’Etat. Il peut au-delà de ces programmes ajouter des particularités.

 

Ces travaux nous ont conduit à la pause de l’après midi.

A la reprise, est intervenu l’exposé de Mgr Jean Zerbo sur le  Projet Ẻducatif de l’Enseignement privé catholique.

Par rapport à cette communication, les interventions ont été surtout des contributions.

L’exposé a fait vibrer les cœurs s’exclame un intervenant. Ce qui est bon et juste doit être vrai dit-il. La prière, oui, mais il faut prier pour que les cœurs changent au Mali.

A un autre de renchérir pour témoigner que le projet éducatif de l’Enseignement Catholique du Mali est un bon document parce que exploitable en Guinée, au Niger, au Congo etc. Dans tout pays où existe l’enseignement catholique ce projet peut passer, ajoute-t-il.

Pour monsieur l’abbé Paul Somboro, ancien directeur national, par deux mots, il exprime sa joie par rapport à ce qu’il entend :

1 – Il remercie et salue le courage des évêques pour l’intérêt qu’ils portent maintenant à la formation spirituelle des élèves.

2 – Il trouve que les travailleurs ont besoin d’encouragements. Aucun enseignant n’a reçu une décoration. Son souhait est d’essayer d’instaurer ces valeurs au sein de l’Enseignement Catholique.

Quant au Directeur de Catholic Relief Service au Mali, son vœu est que les médias de l’Eglise soient utilisés comme moyens pour éduquer  les enfants et sensibiliser les partenaires sur les questions de l’école catholique.

En élément de réponses, le communicateur, remercie pour les contributions et pense qu’il faut chercher ensemble. Quant aux anciens de l’Enseignement Catholique, sa conviction est qu’ils ne se mettent pas au frigo car, selon lui on ne fait pas la vie deux fois. Ils ont planté une femme, un homme, en conséquence il faut continuer.

En conclusion, Il est important que les contributions et communications  fassent l’objet  d’un plan d’action par la direction Nationale.

Les travaux ont pris fin à 18H10mn.

 

Journée du mercredi 4 septembre 2013

La journée du mercredi 4 septembre 2013 a commencé à 6h30 par une messe animée par les diocèses de Ségou et Sikasso et présidée par monsieur l’abbé Jean Bello du diocèse de Mopti qui est parti de l’expérience de Sainte Rosalie, la sainte du jour, pour inviter l’assemblée à donner à la Vierge Marie une bonne place dans leur pratique religieuse.

Les travaux ont commencé à 8h30 par la conférence sur le thème : l’Enseignement Catholique au Mali, hier, aujourd’hui et demain donnée par le Père Joseph Tanden Diarra, Président de l’Unité Universitaire Catholique de Bobo Dioulasso (Burkina Faso).

Les questions posées après la communication sont suivies chacune de leur réponse :

  1. Que signifie la cléricalisation de l’enseignement catholique ?

Réintroduire les clercs, hommes et femmes, dans les postes de responsabilité et même dans les classes. Clercs et laïcs doivent travailler ensemble.

  1. Pourquoi le conférencier n’a-t-il  pas fait référence aux textes qui régissent l’enseignement catholique ? Une insuffisance de ces textes n’est-elle pas source de problèmes ?

Les textes doivent être régulièrement relus pour les adapter.

  1. Si l’école catholique n’est pas bien intégrée dans la pastorale d’ensemble, à qui la faute ?

Chacun y a une part, l’équipe pastorale comme l’équipe enseignante.

  1. L’enseignement catholique  peut-il gérer autrement les vieux enseignants en service ?

Les propositions faites au cours du présent forum pourront peut-être nous permettre de trouver la manière d’améliorer les conditions de travail de nos ainés.

  1. Pourquoi la christianisation de l’enseignement catholique quand on sait que l’enseignement est laïc ?

L’enseignement catholique n’est pas laïc, il est catholique et pas autre chose.

  1. L’enseignement catholique recule en fermant ou en remettant des écoles à l’Etat. N’est-il pas mieux de garder et consolider les acquis ?

Ce n’est pas un recul lorsque l’enseignement catholique remet à l’Etat une école qu’il ne peut pas gérer efficacement.

3. Les ateliers

Avant la pause les participants répartis en cinq groupes ont reçu la consigne ci- dessous pour les travaux d’ateliers. La plénière est prévue pour le jeudi 5 septembre 2013 à partir de 10 heures.

Consigne : A partir de la synthèse des rapports diocésains, des conférences et des débats et en tenant compte du thème de votre atelier,

  1. Décrire la situation souhaitée, idéale dans l’Enseignement Catholique
  2. Dégager les obstacles entre la situation idéale et la situation réelle
  3. Identifier les causes de ces obstacles
  4. Proposer des solutions concrètes
  5. Formuler des recommandations.

 

Cinq (05) ateliers ont été constitués pour les réflexions autour des thèmes suivants :

1-   Gestion administrative et pédagogique – Ẻthique et déontologie ;

2-   Ressources financières et matérielles ;

3-   Ressources humaines : recrutement, gestion, genre, promotion et plan de carrière ;

4-   Partenaires sociaux, rapports avec l’Ẻtat et l’Ẻglise ;

5-   Projet de l’enseignement : valeurs propres de l’Enseignement Catholique

 

Journée du jeudi 05 septembre 2013

 

  1. La mise en commun des travaux d’ateliers 

La mise en commun des travaux d’ateliers a duré de 10 heures à 13 heures 30. Les productions se trouvent en annexe.

  1. La cérémonie de clôture.

Elle s’est déroulée de la façon suivante (les textes sont en annexe) :

  1. Lecture du communiqué final.
  2. Lecture des recommandations
  3. Lecture de la motion de remerciement
  4. Allocution du Directeur National de l’Enseignement Catholique
  5. Allocution du Président de la Commission Enseignement Catholique
  6. Allocution de clôture de monsieur Le Ministre de l’Education, de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues Nationales.
     
  1. La messe d’envoi

Elle a été présidée par Mgr Augustin Traoré. Dans son homélie il a exhorté les participants à faire de l’Enseignement Catholique leur bien commun et de témoigner par l’exemple.


Annexes :

A. Allocution du maître de cérémonie

Excellence Mgr Jean Baptiste Tiama, Président de la Conférence Episcopale du Mali ;

Excellence Mgr Jean Zerbo, Archevêque de Bamako ;

Excellence Mgr Augustin Traoré, Evêque de Ségou, Président de la Commission Enseignement de la Conférence Episcopale du Mali ;

Monsieur le Ministre de l’Education de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues Nationales ;

Monsieur le Ministre du Logement, de l’Urbanisme et des Affaires Foncières ;

Messieurs les membres du Gouvernement ;

Monsieur le représentant du Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique ;

Mesdames, Messieurs les promoteurs d’écoles privées ;

Mesdames, Messieurs les Parents d’Elèves ;

Révérends Pères et Révérendes Sœurs et Bien chers religieux et religieuses des différentes congrégations ;

Monsieur l’Abbé Paul Somboro, Ancien Directeur National de l’Enseignement Catholique ;

Messieurs les Anciens directeurs diocésains ;

Monsieur le Maire de la Commune du Mandé ;

Monsieur le Chef de village de Samaya ;

Mesdames, Messieurs les enseignantes et les enseignants ;

Tous à vos grades et responsabilités,

Chers élèves ;

Chers participants ;

Mesdames et Messieurs,

Pourquoi un forum ? Pourquoi une foire, un marché, puisque c’est le sens de ce mot, pour parler de l’Education. Qu’avons-nous à vendre ? Ou qu’avons-nous à acheter ?

Ces dernières années, le Malien moyen et parfois le cadre de haut niveau se sont érigés en contempteurs de l’école qu’ils méprisent plus qu’ils ne maîtrisent, et critiquent le système sans connaître les causes profondes et les objectifs des différentes tentatives de refondation.

Le travail d’éducation se fait de moins en moins dans la famille à cause des exigences sociales en termes économiques et politiques. Or, il ne saurait y avoir d’éducation sans autorité. A chaque période d’éducation se pose la question fondamentale : à quoi forme-t-on ?

Depuis avant les indépendances de la plupart des pays africains, les établissements d’enseignement privés catholiques et les enseignants de ces institutions ont fait la fierté de nombreux pays. Cette aura d’antan, qui malheureusement tend à disparaître, était obtenue dans la conjugaison de la transmission des savoirs et de la manière dont elles étaient transmises à travers le culte d’un certain nombre de valeurs humaines, que d’aucuns appelleront évangéliques.

De même, les parents devraient davantage réfléchir à faire de leurs enfants des fils ; c’est-à-dire que tous les parents au-delà de la simple procréation doivent s’intéresser à l’éducation, la famille étant le premier lieu de socialisation. Ainsi, aucune structure ne doit être gérée par des hommes sans rapport à un projet d’éducation et de formation.

Car l’éducation, si elle est bien menée, en plus d’être un secteur de développement, est le moyen le plus adéquat pour tout développement.

L’histoire de l’Eglise et plus singulièrement celle de l’Enseignement Catholique enseignent que de grands hommes ont balisé cette conception à travers les âges. Il suffit de se souvenir des batailles de Saint Augustin ou des scolastiques sui ont défendu l’idée que les rapports entre l’Evangile et les cultures de leur époque sont d’essence.

Aujourd’hui, des conceptions irréconciliables se partagent le monde, des conceptions souvent antagonistes de la société : la liberté, la famille, les droits humains. Et il appartient aux Institutions d’éducation d’enseigner et la sagesse et la science.

Les croyants devraient être les premiers à comprendre les enjeux en présence et savoir participer pleinement au dialogue des cultures. Le pluralisme les interpelle directement.

Le Journal Catholique « La Croix » vient de publier un ouvrage où sont abordés les questionnements cruciaux tels que :

Comment adapter la pastorale à la diversité des élèves ? Comment l’école catholique fait-elle face à la pénurie d’enseignants ? Est-elle trop élitiste ? Quelle créativité pédagogique à inventer ? Comment accueillir au mieux les élèves handicapés ?

Pourquoi un marché ? Pourquoi une foire ?

Pour exposer et acheter ?

Pour acheter et vendre ?

Pour revendre et racheter ?

La présente rencontre nationale aura pour but d’exposer à la vente les problèmes de l’Enseignement Privé Catholique dont les responsables sont prêts à acheter les recommandations qu’elle engendra.

La cérémonie officielle d’ouverture de ce matin se déroulera de la façon suivante :


 

  1. Allocutions d’ouverture :

ARCHEVECHE DE BAMAKO                                                       Bamako, le 28/08/2013

BP.298 BAMAKO

Tél. 20 22 54 99

Fax 20 22 5214

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N°277/2013

FORUM SUR L’ENSEIGNEMENT CATHOLIQUE

MOT D’OUVERTURE

Salutation

  • Les invités,
  • Les responsables de l’Enseignement Catholique.

Enfin, enfin le Forum sur l’Enseignement. Un projet annoncé depuis des années et sans cesse reporté. Ce projet si attendu, s’ouvre aujourd’hui mardi 3 septembre 2013 9ème mois de l’année. La 125ème année de la naissance de l’Eglise au Mali.

Est-ce à dire qu’il est enfin mur pour naître comme un enfant attendu pendant plusieurs fois 9 mois ?

Ce forum s’ouvre alors que nos champs fleurissent des semences variées, nous laissent espérer d’abondantes récoltes ! Puisse-t-il après une si longue attente, enfanter d’une école qui aidera nos enfants nos petits enfants à être pour nos familles, nos villages, nos villes, notre pays l’Afrique des bons messagers, de bons citoyens, d’excellents citoyens !

Alla ka u na kan diya !

Préparé pendant si longtemps, son ouverture aujourd’hui ne peut que réjouir nos aînés, pères et sœurs qui portent dans leur cœur, tout ce qui touche l’avenir de l’Afrique du Mali, et son Eglise. Les prêtres, les Evêques, les religieux, les religieuses, les laïcs, les maliens et coopérants, retraités ou actifs, eux tous et toutes, ne cessent de demander les nouvelles du Mali. Notre profonde reconnaissance à ceux et celles que le Seigneur a rappelés à Lui. Alla ka hèrè kè u yé ! Permettez-moi de citer quelques noms :

Messeigneurs Sangaré, Sidibé, Cissé, Dao, Abbé Pierre Kanouté, Sr Anita, Louis Samaké, Louis Germain, Cyriaque Mounkoro, Pierre Douyon.

Notre profonde communion avec eux à l’occasion du présent forum de l’Enseignement Catholique, dont la réalisation a lieu maintenant, est pour moi une manifestation de l’Amour de Dieu pour notre pays. Nos champs fleurissent d’espérance.

Suite à la dure épreuve dont nous sortons purifiés, et cela grâce à Dieu, au secours des pays et organismes amis ainsi qu’à notre détermination patriotique et citoyenne. Qui oserait douter que l’éducation s’inscrive dans les priorités pour ne pas dire comme la priorité des priorités de notre quête d’un avenir meilleur pour le Mali ?

C’est du moins dans ce sens que je comprends le cri de cœur du très regretté professeur Ky Zerbo : « Eduquer ou périr ». Il reprend à sa manière le constat amer et la déception exprimés par le prophète Osée en ce terme : « Mon peuple périt, faute de connaissance. » Osée 4,6. Feu Mgr Julien Mory Sidibé exprime les mêmes sentiments dans une plaquette intitulée : « Eduquer ou Périr, l’avenir du Mali à la lumière de ses valeurs socioculturelles. » Elle mérite d’être rééditée et mise à la disposition de tous les acteurs de l’enseignement catholique.

Très chers invités,

Dans cette pensée, nous découvrons toute la longueur, la largeur, la profondeur, la hauteur de l’Education dans toute ses dimensions et du coup toute la valeur et la complexité du défi, en même temps que l’urgence de nous engager pour le relever.

D’elle dépend notre avenir, l’avenir de l’école malienne, L’avenir de l’enseignement catholique au Mali.

D’elle dépend l’avenir du Mali, de notre pays que je voudrais comparer en ce moment à ce voyageur trahi par ses amis et connaissances que des brigands de tous les horizons ont agressé, dépouillé, laissé pour mort sur le bord de la route. Son salut, le salut du Mali j’en suis profondément convaincu vient des Bons Samaritains qui volent à son secours.

Je souhaite donc que de ce forum, nous repartions tous et toutes non seulement séduits par son exemple, mais déterminés comme lui, malgré les difficultés et les préjugés nos doutes à sauver non pas comme nous avons pris l’habitude de le dire, l’année scolaire, mais l’école malienne. Il ne s’agit plus de sauver l’année scolaire, mais l’école malienne. Puisse les conclusions de notre forum nous permettre de trouver les vrais remèdes et de les appliquer. L’enjeu est de taille.

Eduquer ou périr.

Que le Seigneur Maître de la vie, l’Educateur par excellence, bénisse notre rencontre.

Que ces lieux, camp d’initiation à la vie et au ministère sacerdotal, deviennent pour nous toutes et tous, le grand cénacle, lieu où le Seigneur enverra sur chacun de nous son Esprit Saint. Esprit de sagesse d’Intelligence de conseil, de force, de connaissance de piété, de crainte de Dieu.

L’avenir de l’enseignement catholique dans le système éducatif au Mali est entre nos mains, nos aînés et pères ont fait de leur mieux !

I fa yélen na jiri mun kan, ni ma sé ka yèlè à kan, i jija i ka yé o jiri jufe !

Que Dieu bénisse le Mali

Qu’Il bénisse l’Ecole Malienne

Qu’Il bénisse le présent forum sur l’Enseignement Catholique au Mali.

Je vous remercie de votre présence et votre bienveillante attention !

 

                                                                       + Monseigneur Jean ZERBO

                                                                       Archevêque de Bamako.

Allocution  du Directeur National de l’Enseignement Catholique du Mali lors de la cérémonie d’ouverture du forum national de l’enseignement catholique tenu les 3, 4 et 5 septembre 2013 au grand Séminaire saint Augustin de Samaya (Bamako).

  • Monsieur Le Ministre de l’Education, de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues Nationales;
  • Excellence Monseigneur Jean-Baptiste TIAMA Président de la Conférence Episcopale du Mali, Evêque de Sikasso ;
  • Excellence Monseigneur Jean ZERBO Archevêque de Bamako ;
  • Excellence Monseigneur Augustin TRAORE Président de la Commission Enseignement catholique au sein de la Conférence Episcopale du mali,  Evêque de Ségou ;
  • Excellence Monseigneur Jean-Gabriel DIARRA  Evêque de San ;
  • Révérends Pères, Religieux et Religieuses ;
  • Monsieur le Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique ;
  • Monsieur le ministre du Logement de l’Urbanisme et des Affaires Foncières ;
  • Monsieur le Ministre de la Culture ;
  • Monsieur le  Président de l’Unité Universitaire Catholique de Bamako ;
  • Messieurs les Directeurs Nationaux des Différents Ordres d’enseignement au Mali ;
  • Monsieur le Directeur de l’Académie d’enseignement de Kati;
  • Monsieur le Directeur du Centre d’Animation Pédagogique de Kalabancoro ;
  • Messieurs les Directeurs diocésains de l’enseignement catholique du Mali ;
  • Monsieur le Recteur du Grand Séminaire Saint Augustin de Samaya ;
  • Monsieur le Représentant Résidant de Catholic Relief Services (CRS).– BAMAKO – (Mali) ; 
  • Monsieur le représentant du Fonds d’Appui à la Formation Professionnelle et à l’Apprentissage ;
  • Monsieur le représentant de Save the Children ;
  • Mesdames et Messieurs les représentants des Ambassades de France, des Etats-Unis, D’Allemagne, du Canada, des Pays-Bas,  et  d’Espagne ;
  • Messieurs les représentants des coopérations Suisse et Belge;
  • Monsieur le chef de village de Samaya ;
  • Mesdames et Messieurs les Délégués du forum ;
  • chers invités ;

A la suite de Monseigneur Jean Zerbo, ordinaire des lieux, je souhaite la bienvenue à vous tous qui avez accepté de faire le déplacement jusqu’ici pour le forum de l’enseignement catholique du Mali, Je vous adresse mes sincères remerciements.

 

Le 23 octobre 2012, lors de la passation de service entre mon prédécesseur Monsieur Gabriel Nioumina BERTHE et moi, Monseigneur Augustin TRAORE, président de la Commission Enseignement Catholique au sein de la Conférence Episcopale du Mali disait que la priorité pour le nouveau directeur national était l’organisation d’un forum de l’enseignement catholique en 2013.

 

Nous bénissons le Seigneur qui nous aide à gagner ce pari aujourd’hui 03 septembre 2013 ici au Grand Séminaire Saint Augustin de Samaya.

 

Monsieur le ministre, Excellences les Evêques, Honorables invités, Mesdames et Messieurs,

 

Le liminaire de la Réforme de l’Education de 1962 dit qu’«après la liberté et la nourriture, l’instruction est le premier besoin et le plus grand bien d’un peuple»

Or, Monsieur Niakan Ha’iri Diarra dans son ouvrage « DJIHÂD, L’AUTRE GUERRE » paru en juin 2013 affirme qu’ « il n’y a pas d’éducation dans ce pays » et il se demande « qui nous délivrera de ce vide éducatif ». dans tous les cas dit-il  « si notre école n’est plus capable ni d’éducation ni d’instruction, c’est que la nation malienne a échoué dans sa tentative de « création d’un citoyen » digne de ce nom ». P. 140

On ne peut pas mieux dépeindre le décor de l’éducation aujourd’hui au Mali. Vous comprenez alors la raison pour laquelle nous sommes rassemblés ici.

 

Il faut tout de même préciser que le présent forum n’a pas la prétention de faire le diagnostic du système éducatif malien. Des voix plus autorisées ont eu à le faire lors du forum national sur l’Education qui s’est déroulé du  30 octobre au 02 novembre 2008.

 

Comme le disait le directeur national de l’époque lors du 1er conseil national de l’enseignement catholique en 1973,  « Quand une collectivité sent le besoin de se redéfinir ou de se donner un nouveau départ, elle n’a guère d’autre choix que de convoquer les états généraux».  Le présent forum a pour but de définir de nouvelles orientations stratégiques et opérationnelles pour l’Enseignement catholique au Mali. Notre objectif est de faire découvrir à tous les partenaires, l’identité de l’enseignement catholique au Mali et de créer les conditions préalables pour harmoniser les rapports entre les différents acteurs de l’école catholique tant au niveau national, diocésain, paroissial que local, et cela dans la perspective du renforcement des capacités internes et externes des acteurs du système.

 

Monsieur le Ministre, Excellences les Evêques, Honorables invités, Mesdames et Messieurs,

 

L’enseignement catholique du Mali pour lequel nous sommes réunis compte  116 établissements dont 17 au niveau du  préscolaire, 84 au fondamental (50 premiers cycles, 34 seconds cycles), 5 au niveau du secondaire Général, 7 au niveau du secondaire technique et professionnel et 3 au niveau du supérieur.

 Les élèves et étudiants sont au nombre de 34 044 dont 80,48% de non chrétiens. Ces jeunes dont le pourcentage de filles est de 48, 45% sont encadrés par 1320 agents dont 1 295 enseignants.  44,63% des enseignants ne sont pas chrétiens.

 

Ces pourcentages sont assez éloquents pour comprendre que l’Enseignement catholique se réfère aux valeurs évangéliques mais reste ouverte à tous ceux qui acceptent de partager ces valeurs.

 

Beaucoup de parents choisissent de confier leurs enfants aux  écoles catholiques. Les raisons qu’ils avancent sont entre autres, la qualité du travail, les bons résultats aux examens et le sérieux des formateurs. Mais, l’arbre ne doit pas cacher la forêt. L’enseignement catholique au Mali, tout comme l’école malienne en général, est confronté à de multiples défis à relever. Mais Monseigneur Victor AGABANOU Evêque de Lokossa au Bénin dit que « La grandeur d’une nation se mesure à la capacité des hommes et des femmes qui la constituent à relever des défis, à se projeter dans l’avenir et à mettre en place les structures favorisant son plein épanouissement et développement. La participation à la construction du bien commun national passe par l’éducation de qualité et la transmission des valeurs qui font vivre ».

 

Trois jours durant, nous sommes invités à écouter quatre grandes communications d’éminentes personnalités. Nous serons sollicités pour travailler dans les ateliers afin d’identifier les causes des obstacles au bon fonctionnement de l’enseignement catholique, de proposer des solutions concrètes et de formuler des recommandations pour une nouvelle ère à l’école catholique dans le respect de sa spécificité.        

 

Que le forum permette à chacun de nous de mesurer le degré de conscience de notre mission vis-à-vis de l’enseignement catholique.

 

Que le Seigneur bénisse nos personnes, nos travaux et notre cher pays le Mali.

                 

Je vous remercie de votre aimable attention.      

            

                                            Monsieur Koundya Joseph GUINDO, 

Directeur National de l’Enseignement Catholique du Mali


 

Allocution à l’ouverture du forum sur l’Enseignement Catholique

Bamako, le 3 septembre 2013

  • Monsieur le Ministre de l’Education, de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues Nationales ;
  • Excellences chers Pères Evêques ;
  • Monsieur le représentant de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique ;
  • Monsieur le Ministre du Logement, de l’Urbanisme et des Affaires Foncières ;
  • Monsieur le représentant du Ministre de la Culture ;
  • Monsieur le Président de l’Université catholique de Bamako ;
  • Révérends pères, religieux et religieuses ;
  • Messieurs les directeurs nationaux des différents ordres d’enseignement au Mali,
  • Monsieur le Directeur de l’Académie d’enseignement de Kati ;
  • Monsieur le Directeur du Centre d’Animation Pédagogique de Kalabancoro ;
  • Messieurs les Directeurs diocésains de l’enseignement catholique du Mali,
  • Monsieur le Recteur du Grand Séminaire Saint Augustin de Samaya ;
  • Monsieur le représentant résidant de Catholic Relief Service – Bamako,
  • Monsieur le représentant du fonds d’Appui à la formation professionnelle et à l’Apprentissage ;
  • Monsieur le représentant de Save the Children ;
  • Mesdames et Messieurs les représentants des ambassades de France, des Etats Unis, d’Allemagne, du Canada, des Pays-Bas et d’Espagne ;
  • Messieurs les représentants des coopérations Suisse et Belge,
  • Monsieur le Chef de village de Samaya ;
  • Mesdames et Messieurs les délégués du forum,
  • Chers invités,

La mission de l’enseignement catholique

L’Eglise a toujours attaché beaucoup d’importance aux écoles à cause de la mission qu’elle attend d’elles. Cette mission « est de participer à la formation de la personne afin de lui permettre de travailler efficacement au bien de la cité terrestre et du Royaume de Dieu, dans un esprit d’amour et de service », (Projet éducatif n°2) et elle prend sa source dans celle de Jésus Christ qui est venu non pour être servi mais pour servir, et elle s’exerce au moyen d’une pastorale appropriée.

L’école catholique propose en toute simplicité et sans aucune forme de prosélytisme les valeurs évangéliques aux jeunes qui la fréquentent. Aussi, elle convie ses partenaires que sont l’Etat, les parents d’Elèves, les enseignants, les élèves et les agents pastoraux, à tout mettre en œuvre, chacun pour sa part à la réussite de cette mission.

Le pourquoi du Forum :

Déjà en 1993, les évêques s’interrogeaient sur la situation de l’éducation dans notre pays en disant qu’il s’agissait d’une question brûlante qui méritait une attention toute spéciale. Les nombreux problèmes qui entourent l’école et le système éducatif dans une société comme la notre n’ont fait qu’accroitre, au point de provoquer en nous des interrogations profondes, comme où en sommes-nous avec notre système éducatif aujourd’hui ?

Aussi, le but visé par ce forum est de permettre un diagnostic interne du système éducatif de l’Enseignement Privé catholique tel qu’il se présente aujourd’hui dans la société malienne – de voir s’il répond encore à ses objectifs de départ – d’apporter les correctifs nécessaires, au besoin de réajuster les objectifs compte tenu des exigences de notre société et d’amener l’Eglise qui est au Mali à bien assumer sa mission de participation au développement de notre pays ; bref de « recréer les conditions de redynamisation de l’Ecole catholique au Mali » en ce début au XXIème siècle. (cf. Projet éducatif introduction, in Paroles d’Evêques p, 144).

L’enseignement catholique au Mali : ses relations avec l’Etat, son projet éducatif.

L’enseignement catholique entretient des relations privilégiées avec l’Etat par la convention du 08 Août 1972. Par cette convention, l’Enseignement catholique tout en conservant sa spécificité, s’insère dans le système éducatif malien. Il est une contribution de l’Eglise Catholique à l’effort d’éducation des enfants du pays. Qui dit effort, dit en même temps des actions à mener selon les possibilités. L’enseignement catholique s’est implanté dans des localités où dans le temps, l’école publique n’existait pas.

Le projet éducatif de l’Enseignement Catholique au Mali précise que la pastorale scolaire repose sur trois principes à savoir : le principe de la non neutralité, le principe de l’intégralité et le principe de l’adaptation. Le respect de ces trois principes concourt à la formation de l’homme dans toutes ses dimensions.

Comme je disais plus haut, la question de l’école est encore plus brûlante aujourd’hui qu’en 1993. Vous conviendrez donc avec moi de la nécessité de ce forum et surtout des diverses interpellations à tous les partenaires de l’école en général et de l’école catholique en particulier.

Perspectives : attente par rapport au forum en termes de : Rappel de la mission – des relations avec l’Etat – des relations avec les autres partenaires et les acteurs.

Compte tenu des problèmes que vit l’école en générale, il convient de préciser davantage la mission de l’école catholique en mettant un accent particulier sur la formation des formateurs à cet effet. Les parents aussi doivent réviser leur engagement en tant que premiers responsables de l’éducation de leurs enfants. Une redéfinition des relations  avec l’Etat et tous les autres partenaires est nécessaire pour asseoir de façon véritable la spécificité de l’Enseignement Catholique dans notre pays. Cela ne peut aller sans sacrifices à consentir de part et d’autre. Il s’agit d’amener chacun à jouer pleinement son rôle pour que de nos écoles sortent des citoyens animés d’une volonté ferme de servir le pays avec honnêteté et abnégation. Cela est d’autant plus important que notre pays vient de connaître une crise dont les soubresauts ne sont pas encore terminés. Imaginer un nouveau mode de relations entre les acteurs et partenaires de l’école en général et de l’école catholique en particulier s’avère une nécessité impérieuse.

Je voudrais ici, au nom de la Conférence Episcopale du Mali, au nom de l’Eglise catholique au Mali, exprimer toute notre gratitude à tous les participants qui partagent avec l’Eglise ce souci du développement de l’école au Mali.

Je remercie tous les partenaires de l’école malienne et en particulier ceux de l’école privée catholique au Mali qui ont d’une manière ou d’une autre voulu prendre part à ce forum, de près ou de loin, ou qui l’ont appuyé ; en ce sens, j’exprime notre sincère gratitude à la Conférence Episcopale des Etats Unis pour son soutien indéfectible à notre cause.

Et je prie le Seigneur de nous assister par son Esprit, pour qu’au sortir de ce forum, les résolutions qui en émaneront nos aident à ramener l’école catholique à ses objectifs de départ et à sa juste place dans le concert des institutions qui accompagnent notre gouvernement dans la réalisation de sa mission.

Que Dieu nous vienne en aide. Amen !

 

                                                                                  Mgr Jean Baptiste TIAMA

                                                                                  Evêque de Sikasso.


 

 DISCOURS DE MONSIEUR LE MINISTRE DE L’EDUCATION

DE L’ALPHABETISATION ET DE LA PROMOTION DES

LANGUES NATIONALES A LA CEREMONIE D’OUVERTURE DU FORUM

SUR L’ENSEIGNEMENT CATHOLIQUE

Grand Séminaire Saint Augustin de Samaya

03 septembre 2013

  • Mesdames et Messieurs les Ministres,
  • Monseigneur Jean Baptiste TIAMA, Président de la Conférence Episcopale,
  • Monseigneur Jean ZERBO, Archevêque de Bamako,
  • Monsieur le Président de la Commission de l’Enseignement Catholique,
  • Chers collègues, Professeur Denis DOUYON et Emmanuel SAGARA,
  • Mesdames et Messieurs les membres de l’Enseignement Catholique,
  • Messieurs les Directeurs diocésains de l’Enseignement Catholique,
  • Monsieur le Directeur de l’Académie d’Enseignement de Kati,
  • Madame la Directrice du Centre d’Animation Pédagogique de Kalabancoro,
  • Messieurs les Animateurs,
  • Chers participants au forum,
  • Honorables invités,
  • Mesdames et Messieurs,

C’est une joie immense et un devoir agréable pour moi d’être là aujourd’hui pour présider la cérémonie d’ouverture du « Forum sur l’Enseignement Catholique au Mali ».

Il s’agit d’un devoir de reconnaissance parce que l’histoire de l’enseignement catholique se confond avec celle de l’enseignement au Soudan et au Mali.

Permettez-moi au nom du Peuple et du Gouvernement du Mali d’exprimer notre profonde gratitude à l’Eglise Catholique et à toutes ses autorités pour les services indéniables rendus à notre pays commun.

A l’image de l’Enseignement Public, l’Enseignement Catholique intervient dans tous les ordres d’enseignement : Education Préscolaire, Enseignement Fondamental, Enseignement Secondaire Général, Enseignement Technique et Professionnel – Enseignement Supérieur. Il a participé pleinement à notre objectif de démocratisation de l’école en intervenant à la fois en milieu urbain et rural, en recrutant les enfants sans distinction d’origine sociale, d’ethnies, de sexe ou de religion.

L’enseignement catholique a évolué dans un partenariat fécond avec l’Etat malien formalisé par la Convention du 08 Août 1972. En effet, si l’Etat subventionne les salaires, il est bon de rappeler ici que les investissements, l’équipement et le fonctionnement des structures éducatives sont pris en charge par l’Eglise Catholique.

Mesdames, Messieurs,

L’Enseignement Catholique a su créer une dynamique partenariale autour de l’école. La mise en place et le fonctionnement de communautés éducatives constituées par les parents assurent la complémentarité entre l’éducation à l’école et celle de la famille.

Par ce lien entre l’école et la famille, l’Enseignement Catholique a su allier formation intellectuelle et éducation morale. De ce forum, nous tirerons certainement des leçons qui nous permettront, j’en suis sûr, d’améliorer le système public dans l’atteinte de ces deux objectifs.

De la période coloniale à nos jours, l’Enseignement Catholique a contribué qualitativement à la mise en œuvre de notre politique d’éducation, à l’amélioration du taux de scolarisation et à la formation des cadres. En outre, il a exercé une influence positive sur les populations bénéficiaires des actions de scolarisation, d’alphabétisation et de formation professionnelle.

Je voudrais aussi évoquer le développement des infrastructures scolaires et sportives léguées par l’Enseignement Catholique, l’exemple le plus significatif étant le lycée Monseigneur de Monclos de Sikasso qui fait partie des plus grands lycées de notre pays.

Mesdames, Messieurs,

Trois jours durant, vous aurez à échanger sur des thèmes aussi pertinents que « le système éducatif malien », « l’Enseignement Catholique », « le Projet Educatif de l’Enseignement Catholique au Mali », « l’Enseignement Catholique au Mali : hier, aujourd’hui et demain ».

D’éminentes personnalités conduiront ces échanges. Aussi, je ne doute point que de vos travaux, sortiront des résultats qui non seulement serviront l’Enseignement Catholique mais aussi l’ensemble du système éducatif malien.

Chers participants,

Je vous invite, en raison de l’importance de ce forum, à une participation régulière, assidue, active et de qualité. De vos échanges sortiront des recommandations qui vont certainement nous aider à reconstruire notre école.

Je ne saurais terminer sans renouveler mes sincères remerciements à toutes les personnalités de l’Eglise pour leur engagement profond en faveur de l’école malienne.

Enfin, je déclare ouvert le « Forum sur l’Enseignement Catholique au Mali ».

Vive le partenariat entre l’Eglise et l’Etat !

Vive le partenariat entre l’Enseignement Catholique et l’Enseignement Public !

Je vous remercie.

 

 

 

 


 

  1. SYNTHESE DES CONCERTATIONS DIOCẺSAINES POUR LE FORUM DE L’ENSEIGNEMENT CATHOLIQUE

Dans la phase préparatoire du présent forum, un questionnaire a été élaboré et envoyé à tous les partenaires de l’Enseignement Catholique. Le but de ce questionnaire était de recueillir le point de vue de tous sur le devenir de l’école catholique.

Le présent document est la synthèse de huit (8) réflexions et de quatre (4) contributions. Il s’agit des réflexions en provenance des six (6) directions diocésaines de l’enseignement catholique de Kayes, Bamako, Sikasso, Ségou, San et Mopti, de l’école saint François Xavier de Ouélessébougou, et du jardin d’enfants saint Kizito. Les quatre contributions sont celles du Syndicat National de l’Enseignement Catholique, d’un prêtre catholique, d’un fidèle catholique et de M. le maire de la commune rurale de N’Tjiba (cercle de Kati, région de Koulikoro).

Il n’y a pas eu de difficultés majeures dans la rédaction de la synthèse même s’il est apparu que tous n’ont pas eu la même compréhension des questions.

(L’emploi du masculin seul n’est pas un signe d’exclusion du féminin. Son emploi est volontaire pour ne pas alourdir le texte.)

A.- DE L’ẺVALUATION DU SYSTỀME ẺDUCATIF MALIEN

  1. LES FORCES ET LES FAIBLESSES

Les forces du système éducatif malien se traduisent par l’existence d’une vision clairement définie en matière d’éducation dans la loi n°99-046 du 28 décembre 1999 portant loi d’orientation sur l’éducation et les textes subséquents. Les fruits de la mise en œuvre de la politique nationale en matière d’éducation peuvent aisément se constater à travers une meilleure organisation du système éducatif, une volonté d’améliorer la qualité de l’enseignement, et le renforcement des capacités tant en matière d’infrastructures que dans la formation des enseignants.

 Malgré tous ces acquis, beaucoup d’obstacles empêchent le système éducatif de satisfaire toutes les attentes de la nation en matière d’éducation. En effet, le suivi/évaluation dans la mise en œuvre des politiques définies par la loi d’orientation citée plus haut n’est pas toujours correctement fait; les méthodes pour atteindre les finalités décrites dans la loi sont souvent discutables. Les faiblesses recensées jouent négativement sur la qualité de la formation à tous les niveaux. Citons pêle-mêle l’insuffisance de financement, l’insuffisance de matériels et d’outils pédagogiques, l’inadéquation formation /emploi, le non respect de l’éthique, la politisation du paysage scolaire.

 

Et l’Enseignement Catholique dans tout ça ?

- La qualité de la formation intellectuelle et morale donnée aux élèves dans les écoles privées catholiques est bien appréciée par beaucoup de parents d’élèves. Cette bonne prestation est le résultat du sérieux et de la rigueur dont beaucoup de maîtres font preuve dans leur travail.

Cependant la qualité de l’enseignement dans l’Enseignement Catholique est aujourd’hui menacée par un certain nombre de facteurs parmi lesquels nous citerons la baisse de niveau des élèves et étudiants, la pléthore des effectifs, l’insuffisance de la formation du personnel enseignant au cours de ces dernières années.

S’agissant de la qualité de la formation donnée aux élèves, le bilan est dit globalement positif. Mais attention: l’Enseignement Catholique n’est-il pas comme « un borgne dans un village d’aveugles ? »

 

- La formation religieuse (catéchèse) donnée aux élèves chrétiens est assez bien appréciée par les parents d’élèves chrétiens même s’ils demeurent sceptiques quant à la qualité de la formation reçue par certains de ces maîtres formateurs en matière de catéchèse.

- L’éducation physique est souvent très mal assurée, voire même négligée par beaucoup de maîtres à cause du manque d’infrastructures et de matériels de sport.

                        Pour améliorer la qualité de la formation donnée aux élèves, ce ne serait pas trop que de motiver les enseignants en leur octroyant un bon salaire, des primes conséquentes, en valorisant la compétence, l’intégrité et la bonne moralité par des nominations aux postes de responsabilités. On éviterait ainsi de faire des frustrés, et on ferait preuve de justice et de probité intellectuelle et morale dans la gestion des ressources humaines.  La reconnaissance du mérite par une distinction honorifique serait aussi un très grand stimulant pour les enseignants.

 

Les infrastructures respectent les normes mais ne présentent pas un même visage dans les différents diocèses, et à l’intérieur d’un même diocèse il y a une grande disparité. Même si globalement il y a du positif au regard des efforts continus de rénovation, de construction et d’équipement, il y a insuffisance de salles de classes, de mobilier, d’infrastructures sportives, de salles de maîtres, de salles de jeux, de latrines ; et ce qui existe est mal entretenu.

 

En ce qui concerne la qualité des relations entre les différents partenaires de l’Enseignement Catholique, il ressort qu’elles vont de bonnes à timides selon les diocèses et  les lieux. Pour l’amélioration de ces relations, la personnalité de ceux de l’Enseignement Catholique importe beaucoup dans la communication. Et la nomination d’aumôniers diocésains et paroissiaux de l’enseignement contribuerait à davantage d’ouverture avec les partenaires. Le constat est aussi que les services et organismes déconcentrés (Académies d’enseignement, Centres d’animation pédagogique) et décentralisés (Assemblées régionales, Conseils de cercles, Mairies) méconnaissent ou ignorent la Convention entre le Gouvernement de la République du Mali et la Conférence Episcopale du Mali dans le domaine de l’enseignement. Les autorités de l’Enseignement Catholique devraient s’investir pour que ces structures s’approprient cet important document.

B. PROSPECTION

Après ce regard sur notre système éducatif et sur le bilan de l’Enseignement Catholique, quel type d’éducation et de formation proposer pour l’Enseignement Catholique de demain ?

 

Les buts fixés par l’Ẻtat et par l’Enseignement Catholique ne sont pas contradictoires et restent d’actualités : « former un citoyen patriote et bâtisseur d’une société démocratique, un acteur du développement profondément ancré dans sa culture et ouvert à la civilisation universelle, maîtrisant les savoir-faire populaires et apte à intégrer les connaissances et compétences liées aux progrès scientifiques, technique et à la technologie moderne » dit l’article 11 de la Loi n°99-046 du 28 décembre 1999 portant loi d’orientation sur l’éducation. « Le but que poursuit la véritable éducation est de former une personne humaine dans la perspective de sa fin la plus haute et du bien des groupes dont l’homme est membre et au service desquels s’exercera son activité d’adulte » déclare le Projet Ẻducatif de l’Enseignement Catholique, p. 8.

 

Voici pourquoi les attentes sont nombreuses.

Par rapport aux enseignants : Qu’ils connaissent davantage la structure et le fonctionnement de l’Ẻglise catholique et principalement l’institution Enseignement Catholique, et qu’ils s’efforcent toujours de respecter l’éthique et la déontologie de leur profession. En plus des sessions de stage et de formation continue, il est de leur devoir d’avoir une conscience professionnelle aiguë : aussi doivent-ils s’auto-former et se cultiver davantage pour être en phase avec l’évolution des connaissances scientifiques et techniques, et  des nouvelles méthodes  d’approche et de livraison du savoir.

Qu’ils cultivent chez les élèves le goût de l’effort, du respect du bien commun e et développent chez eux le sens de la responsabilité, par exemple à travers la gestion de la coopérative scolaire, le gouvernement des enfants et le Comité de Gestion Scolaire.

Enfin qu’ils montrent davantage de solidarité entre collègues.

 

Que les parents d’élèves collaborent étroitement avec les enseignants dans l’éducation de leurs enfants. Il est attendu d’eux qu’ils jouent pleinement leur rôle de « premiers et de principaux éducateurs de leurs enfants » (Cf. Projet éducatif de l’E.C. p. 31) et fassent « de la famille le premier lieu où l’enfant apprendra la hiérarchie des valeurs, la supériorité de l’éthique sur le technique, le primat de la personne sur les choses, de l’esprit sur la matière, de l’être sur l’avoir, le lieu par excellence où les enfants apprennent à voir dans l’amour-service (amour-service de Dieu et des autres) le chemin du vrai bonheur » (Projet éducatif de l’Enseignement Catholique, p. 32).

Qu’ils n’oublient pas non plus que les enseignants sont leurs partenaires dans l’éducation de leurs enfants.

 

Il est attendu des Agents Pastoraux qu’ils soient réellement convaincus que l’Enseignement Catholique est un « héritage à garder jalousement » et à promouvoir. Cette conviction se réalisera à travers l’apostolat de l’Aumônier qui doit être plus visible auprès de l’école et ses autres partenaires: ce sera une façon pour eux de prendre soin de l’héritage légué par leurs prédécesseurs. Le rôle de l’Aumônier est si important qu’il importe que sa désignation soit faite avec soin.

 

Eu égard à tout ce qui précède il faut des moyens matériels et financiers de l’Église catholique ne paraissent pas lui permettent de répondre avec satisfaction aux nombreuses sollicitations : infrastructures à réhabiliter, à créer et  à construire ; création de nouvelles filières, octroi de bourses d’études, équipements… C’est pourquoi ce qui existe doit être géré avec soin par des gens compétents. Il est capital que les dispositions de la Convention État/Église dans le domaine de l’enseignement soient respectées. Enfin, il est nécessaire et urgent, tant au niveau Diocèses que Paroisses, d’inventer des structures ou institutions (fondation, quête ou autres) pouvant apporter ou générer des ressources et de solliciter davantage les partenaires financiers.

 

De la collaboration avec l’Unité Universitaire de Bamako (UUBa): Jusqu’ici la formation initiale est donnée par l’Ẻtat. Mais pour une meilleure prise en charge de la formation continue des enseignants de l’Enseignement Catholique la collaboration avec l’Unité Universitaire de Bamako (UUBa) est une opportunité à saisir.  Il y a lieu de développer avec elle un partenariat fructueux par l’octroi de bourses d’études aux enseignants, l’organisation de rencontres pédagogiques périodiques, de stages de recyclage, la création d’une filière de formation des formateurs, la réalisation de plans de carrière… Bien entendu que les critères d’accès à l’UUBa soient clairement définis et acceptés.

La collaboration avec l’UUBa quelque étroite et précieuse qu’elle soit ne devrait pas empêcher la création de structures d’enseignement normal propres à l’Église du Mali.

 

Alors que faire et comment faire pour un meilleur vivre ensemble. Il faut

- d’abord l’acceptation des partenaires les uns les autres avec leur identité et aussi une meilleure prise de conscience du rôle de chacun dans le développement de l’école catholique;

- la restauration de la confiance entre Enseignants et Autorités de l’Enseignement catholique ;

- le respect des prérogatives du Directeur National de l’Enseignement Catholique conformément aux dispositions de la Convention du 08 août 1972 et de la Convention collective du personnel en vigueur;

- la création de cadres réguliers de concertation entre les différents acteurs et partenaires de l’Enseignement Catholique tant aux niveaux national, diocésain et paroissial pour une bonne communication / information

 

- la mise en place d’Association des Parents d’Élèves (APE) opérationnelles dans toutes les écoles ;

- la restauration de la discipline scolaire;

Pour la création de ressources financières dans l’objectif de la prise en charge de l’école au niveau des paroisses et des diocèses : il est proposé entre autres la création de banques de céréales, de boutiques scolaires, l’institution d’activités génératrices de revenus (élevage, agriculture, jardinage, champs collectifs, les parcs d’attraction, construction de cités des enseignants à mettre en location surtout en campagne, librairies, extension des écoles urbaines , multiplication des écoles techniques et professionnelles,  écoles agro- pastorales en milieu rural, magasins de céréales, ateliers de menuiserie, de coupe et de couture, de boutiques pour la vente de tenues scolaires et de fêtes chrétiennes)…

Toutes les activités citées pourraient s’implanter à divers niveaux. Et l’implication des aumôniers est une priorité.

Dans la recherche de nouvelles pistes de financement à explorer qu’est-ce que les acteurs pensent-ils des rapports entre les collectivités territoriales locales, les structures déconcentrées de l’État et l’Enseignement Catholique ?

Les rapports entre les structures déconcentrées et décentralisées de l’État et l’Enseignement Catholique sont assez timides, médiocres, voire inexistants dans certaines localités. Ce qui n’est pas normal. Il relève du devoir des responsables de l’Enseignement Catholique de se faire connaître et reconnaître pour un partenariat fructueux allant jusqu’à la signature de conventions avec les collectivités.

Peu, insuffisamment ou pas informés sur la décentralisation, il n’est pas aisé  aux chefs d’établissements scolaires catholiques, APẺ ou directeurs diocésains de l’enseignement de prétendre à un accès aux fonds alloués aux organes décentralisés. Beaucoup sont d’autant plus réservés que l’Enseignement catholique bénéficiant de la reconnaissance d’utilité publique leur paraît subventionné à une hauteur jugée satisfaisante. Il y a donc lieu de connaître et à s’approprier les documents relatifs à la décentralisation. Cependant une contribution soutient que les écoles catholiques de l’Enseignement fondamental pourraient prétendre aux ‘fonds ADARS’ et aux ‘fonds entretien courant des écoles’. La même contribution propose l’organisation de rencontres périodiques entre l’Enseignement catholique et les collectivités territoriales.

 

Parmi les causes des faiblesses du système éducatif du Mali, il a été cité plus haut la politisation du monde scolaire, or l’Association des Élèves et Étudiants du Mali (A.E.E.M.) paraît à tous fortement politisée, quelles propositions alors sur la place et le rôle de l’A.E.E.M dans l’Enseignement Catholique ?

 

La liberté d’association étant garantie en république du Mali, l’Association des Élèves et Étudiants du Mali (A.Ẻ.Ẻ.M) peut exister au sein de l’Enseignement Catholique, dans les conditions édictées par l’État. Encore faudrait-il qu’elle (l’A.Ẻ.Ẻ.M) connaisse la spécificité de l’enseignement catholique et agir en conséquence. Cependant sous sa forme actuelle,  l’A.Ẻ.Ẻ.M n’a pas sa place dans l’Enseignement Catholique. Il est donc proposé l’encadrement des responsables de l’A.Ẻ.Ẻ.M au sein des écoles catholiques dans le sens de la formation intégrale de l’homme avec l’implication des agents pastoraux afin que dépolitisée, l’A.Ẻ.Ẻ.M devienne un des premiers sinon le premier partenaire de l’école catholique

 

Excellences, Révérends Pères, Révérendes Sœurs, Mesdames et Messieurs j’espère n’avoir pas trop déçu votre attente par rapport à cette synthèse.  Avec le grand espoir que des travaux du présent forum sortiront des fruits qui demeurent, je vous remercie.

 

Yassinthe KONẺ


 

LES COMMUNICATIONS/

Grandes Orientations du Système

Educatif Malien Contraintes et défis

 

__________

 

 

Communication Préparée et présentée

Par

Pr. Denis DOUGNON

 

 

Au Forum National de l’Enseignement Catholique

du Mali

 

                                                      Septembre 2013

Introduction

De plus en plus, le développement de l’éducation occupe une place importante dans les débats de société. Une telle importance accordée au développement de l’éducation à travers le monde peut s’expliquer par rapport à deux dimensions.

 

La première s’inscrit dans un cadre macro-économique ; elle est liée au fait que le développement de toute société passe en priorité par une éducation de masse de sa population.

 

Quant à la deuxième dimension, elle est sans doute liée au fait que le développement de l’éducation lui-même est, en ce moment, confronté à d’énormes difficultés. Celles-ci sont assez variées et diffèrent d’un pays à un autre ou encore selon que le pays soit développé ou moins développé.

 

A titre d’exemple, dans les pays développés, la scolarisation primaire est achevée tandis qu’elle est loin d’être atteinte dans les pays en développement. Dans les pays en développement, les enfants apprennent dans des classes chargées ou les effectifs scolaires vont souvent au-delà de 100 élèves, tandis que, dans les pays développés, la taille moyenne des classes oscille autour de 25 élèves dans l’enseignement primaire, etc.

 

Un problème commun à toutes ces sociétés, au-delà des divergences liées notamment à la qualité de l’offre d’éducation, est que celles-ci sont confrontées, d’une part, à une demande d’éducation de plus en plus pressante et, d’autre part, à une insuffisance des ressources publiques aggravée par une conjoncture internationale défavorable

 

 

 

 

 

  1. L’éducation en afrique au sud du sahara

 

I.1 Contexte démographique et social

En 2010, l’Afrique subsaharienne comptait environ 815 millions d’habitants, soit 11,8 % de la population mondiale qui s’élève à 6,9 milliards d’individus. La population de cette région est jeune (43 % de la population avait moins de 15 ans en 2010) et augmente rapidement puisqu’on estime le taux de croissance à 2,4 % entre 2005 et 2010. Bien que ce taux ait baissé depuis vingt ans (2,8 % à l’époque), il reste le plus élevé dans le monde. D’ici à 2030, on estime que la  population d’Afrique subsaharienne atteindra 1,3 milliard d’individus, soit environ 15,7 % de la population mondiale.

 

Cette population très jeune et en croissance rapide entraîne une demande d’éducation importante et elle continue à progresser. On s’attend à une augmentation de 34 % de la cohorte des 5 à 14 ans en Afrique subsaharienne dans les 20 prochaines années, de 226 millions en 2010 à 303 millions en 2030 (Division de la Population des NU, 2010). Cette pression démographique a de lourdes implications sur le financement de l’éducation : il sera nécessaire de satisfaire les besoins de 77 millions d’élèves supplémentaires tout en réalisant l’objectif existant qui consiste à atteindre 100 % de taux de scolarisation. Il faudra donc étendre les systèmes éducatifs de toute l’Afrique subsaharienne pour disposer d’un nombre suffisant d’écoles, de suffisamment d’enseignants qualifiés, d’un matériel d’apprentissage approprié et de classes correctement équipées.

 

Une structure de population caractérisée par de vastes groupes d’enfants et de jeunes entraîne aussi une charge non négligeable pour les cohortes en âge de travailler. Bien que les ratios de dépendance des enfants aient baissé en Afrique subsaharienne depuis 1990, ils restent les plus élevés du monde, avec 79,4 enfants dépendants (moins de 15 ans) pour 100 personnes en âge de travailler (15 à 64 ans) en 2008. Ce ratio représente plus du triple de celui d’Europe centrale et orientale et il est nettement plus élevé que celui des États arabes, le deuxième plus élevé à l’échelle régionale avec 54,5 enfants pour 100 travailleurs. Ce taux de dépendance extrêmement élevé signifie que les enfants d’Afrique subsaharienne ne bénéficient pas du même traitement que les enfants d’autres régions. Par exemple, même si un pays d’Afrique subsaharienne et un pays d’Amérique du Nord ou d’Europe occidentale affectent tous deux 20 % des dépenses gouvernementales au secteur éducatif, la part dont bénéficiera chaque enfant sera beaucoup plus réduite en Afrique subsaharienne étant donné la taille de la population enfantine.

 

La diversité ethnique, linguistique et culturelle de la population africaine constitue une autre de ses caractéristiques importantes. Même si l’anglais, le français et le portugais sont des langues couramment utilisées dans de nombreux pays africains, on y dénombre plus de 2 000 langues vivantes (UNESCO, 2010). Cette diversité linguistique se reflète également dans les sociétés. De nombreuses personnes sont multilingues et utilisent plus de quatre ou cinq langues dans leur vie quotidienne. Une grande diversité linguistique représente un défi pour les systèmes éducatifs car des enfants d’origines linguistiques différentes éprouvent parfois des difficultés à apprendre dans une langue autre que leur langue maternelle. Même si une langue d’instruction commune peut constituer un atout important dans la construction d’une nation, il est tout aussi fondamental de trouver un équilibre en donnant accès à l’éducation à des minorités et en préservant la richesse de la culture et de l’histoire dans les langues locales.

 

 

I.2  Contexte macro-économique

 

Au cours des quatre années qui ont précédé la crise financière de 2008, l’Afrique subsaharienne a connu une croissance économique stable d’environ 6 % par an, 2 % de plus que le taux de croissance observé entre 1995 et 2005. Après une longue période de croissance économique laborieuse pendant les années 1980 et 1990, cette croissance relativement stable des années 2000 a été soutenue par une demande mondiale accrue pour les matières premières et les produits manufacturés. Par conséquent, le PIB par habitant (en dollars PPA[1] constants en 2005) en Afrique subsaharienne a progressé de 1 543 $ PPA en 2000 à 1 912 $ PPA en 2008. La crise financière mondiale a toutefois provoqué un ralentissement du taux de croissance dans la région depuis mi-2008, estimé à 1,2 % en 2009 (Banque mondiale, 2010). Associé à un taux de croissance de la population estimé à 2,4 %, ce chiffre a donné lieu à une évolution négative du PIB par habitant de 1,3 % en Afrique subsaharienne. De plus, à cause de la globalisation, la contribution du commerce au PIB est passée de 51,8 % en 1990 à 75 % en 2008. Cette dépendance élevée du commerce rend la région particulièrement vulnérable aux chocs externes. En raison d’une chute de 46 % du volume des ventes de la région entre 2008 et 2009 (AGOA, 2010), de nombreux pays d’Afrique subsaharienne ont connu un ralentissement économique.

 

Bien que les pays africains s’efforcent d’élaborer une intégration intra-régionale au travers du cadre pour une Communauté économique africaine (CEA) mis en place en 1991, une grande part du commerce d’Afrique subsaharienne dépend du commerce avec les pays étrangers à la région. En outre, nombre de pays africains souffrent d’un flux réduit de fonds extérieurs et d’investissements directs étrangers, qui avaient rapidement progressé au cours de la décennie précédant la crise financière de 2008.

 

La main d’œuvre en Afrique subsaharienne reste principalement agricole, bien que la contribution de ce secteur au PIB a baissé de 18,8 % en 1990 à 12,7 % en 2009 (Banque mondiale, 2010). En 2001, 58 % des travailleurs et 73 % des travailleuses d’Afrique subsaharienne étaient actifs dans le secteur agricole (Banque mondiale, 2004).

 

La région a connu une urbanisation rapide et le nombre de travailleurs s’accroît dans le secteur informel. Même si aucun chiffre précis n’est disponible, on estime qu’à la fin des années 1990, le secteur informel employait 89 % de la main d’œuvre au Ghana, 60 % en République-Unie de Tanzanie et 40 % de la main d’œuvre urbaine au Kenya (Xaba, Horn et Motala, 2002). On s’attend à ce que plus de 50 % de la population d’Afrique subsaharienne vivent dans des zones urbaines d’ici à 2030 (HABITAT-NU, 2010). Même si le chômage varie d’un pays à l’autre, il constitue un problème sérieux pour une grande part de la région. Les pays qui connaissent les taux de chômage les plus élevés sont l’Afrique du Sud, la Namibie et le Botswana, où les taux étaient respectivement de 27 %, 25 % et 20 % au milieu des années 2000 (Banque mondiale, 2010). En Afrique du Sud, le chômage des jeunes (population âgée de 15 à 24 ans) était environ le double du chômage des adultes, atteignant 47 % en 2007 (Banque mondiale, 2010). Quelques faits anecdotiques indiquent que le problème du chômage a été exacerbé dans de nombreux pays d’Afrique subsaharienne par la crise financière mondiale qui a entraîné la fermeture d’usines et le retrait des investissements directs étrangers.

 

I.3 Le financement public de l éducation

Dans la plupart des pays du monde, le gouvernement est le principal bailleur de fonds de l’éducation. Deux arguments sont souvent avancés dans les pays en développement pour encourager le financement public ; l’éducation peut contribuer à atténuer, d’une part, les inégalités et, d’autre part, le financement public est supposé promouvoir l’équité. Dans un pays où les ressources publiques sont limitées, l’éducation est, en général, moins développée et ne profite, le plus souvent, qu’à ceux qui sont déjà, par ailleurs, plutôt favorisés en termes relatifs.

 

 

 

 

 

 

Tableau 1 : Dépenses publiques pour l’éducation par région, 2008

 

Région

Dépenses pour l’éducation (en % du PIB)

 

Total

Niveau primaire

Etats Arabes

4,3

1,8

Europe Centrale et Orientale

4,3

1,1

Asie Centrale

3,1

0,6

Asie de l’Est et Pacifique

3,8

1,4

Amérique Latine et Caraïbes

4,6

1,8

Amérique du Nord et Europe Centrale

5,3

1,5

Asie du Sud et de l’Ouest

3,3

1,1

Afrique Subsaharienne

5,0

2,2

Monde

4,7

1,5

 

Source : le financement de l’éducation en Afrique Subsaharienne. Relever les défis de l’expansion, de l’équité et de la qualité, UNESCO, 2011.

 

La lecture du tableau laisse apparaître que :

  • Les dépenses pour l’éducation (en % du PIB) sont relativement faibles, en moyenne, en ce qui concerne les pays asiatiques (3,1% en Asie Centrale, 3,8% en Asie de l’Est et Pacifique et 3,3% en Asie du Sud et de l’Ouest) ;

 

  • L’Amérique du Nord et l’Europe Centrale font mieux que les autres régions du monde, en matière de dépenses pour l’éducation.

 

  • Il en est de même de l’Afrique Subsaharienne dont les dépenses pour l’éducation s’élèvent à 5,0% du PIB, avec une attention plus marquée pour le développement de l’éducation primaire qui représente 2,2% du PIB (plus élevé que la moyenne mondiale, soit 1,5%)

 

  • Cet engagement accru en faveur du développement de ce sous-secteur vise à répondre aux objectifs du millénaire en matière d’éducation (EPT).

 

 

 

 

 

Tableau 2 : Dépenses publiques pour l’éducation par pays de l’Afrique Subsaharienne, pour l’année la plus récente.

 

Niveau du PIB par habitant

 

Pays

Dépenses publiques totales pour l’éducation

(en % du PIB

(en % des dépenses publiques totales)

1999

2009

1999

2009

 

 

 

 

PIB par habitant inférieur à 1000 $ PPA (14 pays)

Burundi

3,4

8,3

13,3

23,4

Erythrée

5,3

2,0 (-3)

---

---

Ethiopie

3,9 (+1)

5,5 (-2)

11,3 (+1)

23,3 (-2)

Guinée Bissau

5,2

---

11,9

---

Libéria

---

2,8 (-1)

---

12,1 (-1)

Malawi

5,0

---

14,0

---

Mozambique

3,7

5,0 (-3)

15,8

21,0 (-3)

Niger

3,2

4,5

18,7

19,3

Rép. Centrafricaine

1,6

1,3 (-1)

14,5

17,7 (-1)

RDC

---

---

---

---

Sierra Leone

4,9 ¨ (+1)

4,3

---

18,1

Somalie

---

---

---

---

Togo

4,2

4,6

26,2

17,6

Zimbabwe

4,6 ¨ (+1)

---

---

---

 

 

 

 

 

 

 

 

PIB par habitant entre 1000 – 3000 $ PPA (20 pays)

Burkina Faso

---

4,6 (-2)

 ---

21,8 (-2)

Tchad

3,2

3,2

17,1

12,6

Bénin

3,0

3,5 (-2)

16,0

15,9 (-2)

Madagascar

2,8

3,0

15,7

13,4 (-1)

Côte d’Ivoire

4,0

4,6 (-1)

20,6

24,6 (-1)

Cameroun

1,9 (+1)

3,7

9,8 (+1)

16,6

Tanzanie

2,2 ¨

6,8 (-1)

---

27,5 (-1)

Nigeria

---

---

---

---

Mali

3,0 ¨

4,4

11,4 ¨

22,3

Zambie

1,9

1,3 (-1)

6,9

---

Rwanda

4,3

4,9 (+1)

21,9

20,4 (-1)

Comores

---

7,6 (-1)

---

---

Gambie

3,0

---

14,2

---

Ghana

4,1

---

---

---

Guinée

2,4

2,4 (-1)

14,7

19,2 (-1)

Kenya

5,3

6,7 (+1)

25,8 (+1)

17,2 (+1)

Lesotho

14,1

12,4 (-1)

25,5

23,7 (-1)

Ouganda

2,5 ¨ (+1)

3,2

---

15,0

Sao Tomé/Principe

---

---

---

---

Sénégal

3,1 ¨

5,8

---

19,0 ¨ (-1)

 

 

 

PIB par habitant

Supérieur à 3000 $ PPA (11 pays)

Afrique du Sud

6,0

5,4

22,2

16,9

Angola

2,6

2,6 (-3)

6,4 ¨

---

Botswana

---

7,9

---

16,2

Cap Vert

---

4,9

---

13,8

Congo

---

---

---

---

Gabon

3,1 ¨

---

---

---

Guinée Equatoriale

0,7 (+1)

---

1,6 (+2)

---

Maurice

3,9

3,2

17,7

11,4

Namibie

8,1

6,4 (-1)

22,3

22,4 (-1)

Seychelles

5,3

5,0 (-3)

---

12,6 (-3)

 Swaziland

5,1

7,8 (-1)

17,1

12,2

 

(Pour lire le tableau : --- = aucune donnée disponible ; -- = estimation de l’ISU ; (+n) = données relatives à l’année après l’année de référence ; (- n) = données relatives à l’année avant l’année de référence)

 

Un certain nombre de constants se dégagent du tableau n°2 :

 

  • Les pays se distinguent les uns des autres par leur niveau de contribution à l’éducation ; certains pays font mieux que d’autres et consacrent en conséquence plus de ressources publiques à l’éducation.

 

  • De façon générale, les dépenses publiques pour l’éducation, en % du PIB et en % des dépenses totales des gouvernements ont sensiblement augmenté entre 1999 et 2009.

 

  • Toutefois, dans certains pays, l’augmentation de la part de l’éducation dans le produit intérieur brut ne s’est pas traduite par un accroissement de l’effort public, en termes de dépenses publiques. Dans ces pays, la part des dépenses publiques d’éducation en % des dépenses totales du gouvernement a plutôt baissé. A titre d’exemple, on pourrait citer le Togo, le Tchad, Madagascar, le Rwanda, le Swaziland, Maurice, etc.

 

  • Les données présentées semblent signifier que chaque gouvernement affecte ses ressources à l’éducation en fonction des besoins du pays et aussi du niveau de priorité accordé au développement du secteur.  

 

 I.4.Le développement de l’éducation

Cette partie traite des conséquences du niveau d’engagement financier des pays, en termes de développement de la scolarisation (évolution des effectifs scolaires et des taux de scolarisation).

 

Tableau 3 : Tendance des effectifs scolaires en Afrique Subsaharienne par niveau d’enseignement de 1990 à 2008

 

 

Années de référence

 

1990

1995

2000

2005

2008

 

Nombre d’élèves/ d’étudiants par niveau (en milliers)

 

Pré-primaire

4 258

4 926

6 625

9 012

10 902

Primaire

59 562

70 451

86 757

112 156

128 548

Secondaire

14 888

18 400

22 015

30 986

36 349

Supérieur

1 288

1 830

2 484

3 813

4 517

 

Taux bruts de scolarisation (%)

 

Pré-primaire

10,5

10,6

12,1

14,8

16,7

Primaire

72,8

75,8

82,2

95,4

101,6

Secondaire

22,5

23,9

25,0

31,0

34,1

Supérieur

3,0

3,6

4,2

5,5

6,1

 

 

Par rapport au nombre d’élèves/ d’étudiants par niveau, on observe :

 

  • Une évolution linéaire des effectifs scolaires à tous les niveaux.

 

  • Entre 1990 et 2008, les effectifs passent de 4 258 000 enfants à 10 902 000 enfants au pré-primaire ; les effectifs ont été  multipliés par 2,56 sur la période.

 

  • Au primaire et au secondaire, les mêmes tendances sont observées. Les effectifs scolaires ont respectivement été multipliés par 2,15 et 2,44.

 

  • Au supérieur, l’évolution des effectifs a été la plus remarquable ; entre 1990 et 2008, le nombre d’étudiants passe de 1 288 000 à 4 517 000, soit 3,51 fois de plus.

 

  • Sur la base des données observées, on peut dire que les systèmes éducatifs des pays de l’Afrique Subsaharienne ont connu une forte expansion sur la période liée, d’une part, à la demande d’éducation de plus en plus pressante dans les pays et, d’autre part, aux engagements pris par les gouvernements pour répondre aux objectifs du millénaire en matière d’éducation.

 

  •       

Par rapport aux taux de scolarisation

 

  • Les taux de scolarisation ont également évolué sur la période, à tous les niveaux ;

 

  • Les progrès ont été plus marqués, en ce concerne l’enseignement primaire. A ce niveau, les taux ont évolué de 72,8% à 101,6% entre 1990 et 2008. Si les taux bruts de scolarisation primaire ont fortement évolué sur la période, des disparités évidentes persistent entre les pays. De nombreux pays de l’Afrique Subsaharienne attendent d’atteindre la scolarisation universelle (Mali, Burkina Faso, Niger, Sénégal, etc. pour ne citer que ces pays)

 

  • Cette situation indique que des efforts (financiers et humains) sont à observer dans les pays où la scolarisation universelle est à atteindre.  

I.5.Les contraintes de développement et les défis.

  1. L’éducation en Afrique subsaharienne est confrontée à plusieurs contraintes :

 

  • L’insuffisance des financements limite les investissements dans le système éducatif.

 

Le retard de développement du secteur de l’éducation en Afrique subsaharienne est principalement dû à une allocation insuffisante des ressources financières. Cette insuffisance des financements a des effets directs comme les faibles capacités d’accueil, le sous-équipement, l’insuffisance des enseignants... Au-delà de l’insuffisance des ressources financières, la bonne allocation des maigres ressources et l’optimisation de leur utilisation se posent également. Dans nombre de pays de la région, le secteur public est le principal pourvoyeur d’éducation, notamment en ce qui concerne les cycles de base. Le financement de l’enseignement est d’autant plus faible que les ressources publiques sont généralement limitées dans les pays de la zone. L’Afrique subsaharienne compte à peine une dizaine de pays où les dépenses publiques totales pour l’éducation atteignent le minimum de 6% du PIB et le minimum de 20% des dépenses publiques souhaitées par l’UNESCO.

 

  • Les conditions d’enseignement et d’apprentissage sont globalement mauvaises du fait de la faiblesse des infrastructures et des équipements.

 

L’insuffisance des infrastructures est un mal commun à l’ensemble des pays d’Afrique subsaharienne. A cela s’ajoute le mauvais état des établissements d’enseignement dû à la mauvaise gestion et au manque d’entretiens réguliers. Le fort décalage entre les capacités d’accueil d’un cycle à l’autre et la réparation géographique non optimale entrainent de nombreux cas d’abandons.

 

Au primaire, les classes dans les pays à revenu moyen ou élevé comptent moins de 30 voire 20 élèves contre une moyenne de plus de 50 en Afrique subsaharienne. La surpopulation des classes est particulièrement préoccupante en Centrafrique et au Tchad, car les études montrent que les classes de plus de 70 élèves affectent fortement les acquis de l’apprentissage. Dans les villages de certains pays, la faiblesse des infrastructures d’accueil entraine l’apparition des classes multigrades et des salles de classe en plein air (sous des arbres ou des hangars). En outre, un grand nombre d’établissements d’enseignement primaire, surtout dans les zones rurales, manquent souvent d’un minimum d’installations connexes (eau potable, électricité, toilettes…). Les établissements primaires souffrent également d’un sous-équipement en matériel didactique. Les manuels scolaires sont insuffisants même si plusieurs pays ont décidé de la mise à disposition gratuite des manuels dans les établissements primaires.

 

Dans le supérieur, les principales universités d’Afrique subsaharienne ont toutes dépassé le nombre d’étudiants qu’elles devaient accueillir au moment de leur construction. Le développement des effectifs a été plus rapide que celui des infrastructures, du fait notamment d’un défaut de planification. Les universités fonctionnent avec des installations physiques surpeuplées d’étudiants et en état de délabrement et des équipements et matériels didactiques insuffisants. Il n’est pas rare de voir sur les campus universitaires des amphithéâtres de 1 000 à 2 000 places pleines d’étudiants qui suivent un même cours. Par ailleurs, la plupart des établissements d’enseignement supérieurs et secondaires notamment d’enseignement technique et professionnel notamment souffrent d’un sous-équipement. Les salles de TD/TP et les laboratoires sont en nombre insuffisant et disposent de peu d’équipements, pour la plupart obsolètes. Les bibliothèques sont pauvres en ouvrages de qualité et plusieurs universités demeurent sous-équipées en équipements informatiques et ne disposent pas d’une bonne connexion internet accessible à tous les étudiants.

 

  • Le niveau d’encadrement des élèves est peu satisfaisant à cause de l’insuffisance des enseignants.

 

Les pays d’Afrique subsaharienne manquent d’enseignants bien formés en nombre suffisant à tous les niveaux du système éducatif. Cette pénurie d’enseignants est liée à l’augmentation régulière du nombre d’élèves et au départ de plus en plus nombreux des professeurs. Le déficit de personnel enseignant relève aussi de l’insuffisance d’enseignants spécialisés, que ce soit dans des matières particulières ou dans la prise en charge d’élèves ayant des besoins spécifiques d’éducation (handicapés mentaux, aveugles, sourds-muets et malentendants, etc.). En plus du déficit du nombre d’enseignants, le problème de spécialisation des formateurs ou professeurs se pose davantage au secondaire et au supérieur avec un manque de ressources humaines très marqué dans les domaines scientifiques et techniques. Le déficit d’enseignants est également entretenu par la situation souvent peu enviable des enseignants notamment en termes de disponibilité des outils et matériel didactique, de conditions de travail, de traitement salarial… Le sous-continent compte en moyenne 43 élèves par enseignant au primaire contre 14 en Amérique du Nord et en Europe occidentale et 24 dans le monde. Au secondaire, ce ratio est en moyenne de 25 élèves par enseignant contre 12 en Amérique du Nord et en Europe occidentale et 17 dans le monde. Dans le supérieur, le ratio étudiants-enseignants en Afrique subsaharienne est en moyenne de près de 40% supérieur aux niveaux observés dans les pays de l’OCDE ou même dans les autres pays en développement. L’insuffisance du nombre d’enseignants dans le supérieur limite les capacités d’encadrement des étudiants de 3ème cycle et des projets de recherche. Les universités d’Afrique subsaharienne perdent progressivement leurs enseignants-chercheurs les plus éminents à travers la fuite des cerveaux et ont du mal à attirer des jeunes à fort potentiel pour renforcer le corps professoral et assurer la relève.

 

Dans la plupart des pays africains, les pénuries d’enseignants sont une source d’inquiétude, vu le besoin de plus en plus grandissant d’enseignants pour atteindre la scolarisation primaire universelle en 2015. Sur 29 pays ayant des pénuries aigües d’enseignants du primaire dans le monde en 2010, 25 sont situés en Afrique subsaharienne. Globalement, pour atteindre l’EPT en 2015, la majorité des pays de l’Afrique subsaharienne doivent augmenter leurs effectifs d’enseignants au primaire, excepté le Botswana, le Burundi, le Cap-Vert, Madagascar, Maurice, Sao Tomé et Principe, la Sierra Leone, le Swaziland et le Togo.

 

  • Les disparités genre persistent à tous les niveaux du système éducatif.

 

Dans la majorité des pays d’Afrique subsaharienne, le pourcentage de femmes est égal ou légèrement supérieur à celui des hommes, mais dans le système éducatif, cette tendance n’est pas respectée. Mis à part le cycle préprimaire où l’équilibre dans le genre est plus ou moins respecté, le pourcentage des inscrits masculins dépasse celui des inscrits féminins dans le primaire et davantage au secondaire et au supérieur. Cette disparité genre est beaucoup plus marquée dans les ménages à revenus modestes où la priorité de scolarisation est accordée aux garçons. L’inégalité entre filles et garçons s’explique également par les pratiques, us et coutumes locaux défavorables à la scolarisation des filles, plutôt que de la capacité ou non des filles à réussir leurs examens. Par ailleurs, les filles qui arrivent à entrer à l’école ont du mal à progresser à cause de la forte sollicitation dans les tâches ménagères et les activités génératrices des revenus. La disparité genre au secondaire et au supérieur est également une conséquence des mariages et des maternités précoces.

 

  • L’inadéquation de la formation qualifiante aux besoins du marché de l’emploi accroit le nombre de diplômés-chômeurs.

 

L’Afrique subsaharienne connait une situation paradoxale. Le taux de chômage est élevé alors que les entreprises se plaignent d’une pénurie de main-d’oeuvre qualifiée. Les jeunes représentent la moitié de la population de l'Afrique et trois (3) jeunes sur cinq (5) sont au chômage. Cette situation soulève le problème de la qualité et de la pertinence des programmes auquel la grande majorité des pays du sous-continent est confrontée. Le développement des compétences, que cela soit à travers les centres de formation pour jeunes déscolarisés, la formation technique et professionnelle au secondaire ou la formation universitaire, est en grande partie en inadéquation avec les besoins du marché de l’emploi et les diplômés rencontrent de sérieuses difficultés d’insertion professionnelle. Le système éducatif de la majeure partie des pays africains est dominé par un enseignement général qui se veut purement théorique. Ce système produit des diplômés à la culture générale variée, aptes aux tâches bureaucratiques, mais incompétents pour assumer les tâches techniques.

 

  1. Le développement de l’éducation en Afrique subsaharienne nécessite de relever six (6) défis majeurs.

 

  • Mobiliser davantage de financements pour développer de façon harmonieuse le système éducatif.

 

Le renforcement des ressources allouées à l’éducation est nécessaire en Afrique subsaharienne pour assurer une disponibilité de moyens suffisants (humains, techniques et matériels) à tous les niveaux. Le ralentissement économique dans les pays riches entraine une diminution de l’aide avec une accentuation du déficit de financement de l’éducation. Face à cela, il est urgent de trouver des solutions novatrices pour diversifier les sources de financement, mobiliser davantage de ressources et veiller à leur utilisation efficiente. Dans ce sens, les pays émergents et les organisations privées (fondations, ONG et entreprises) constituent des alternatives de financement de l’éducation. Les pays peuvent également compter sur les revenus des ressources naturelles dont ils regorgent pour financer davantage l’éducation à l’image du Botswana. Il est également nécessaire que les universités notamment publiques diversifient leurs ressources financières notamment par l’accroissement de leurs ressources propres. Cela passe notamment par :

 

- le développement d’une offre de formation supérieure professionnelle particulièrement attractive pour laquelle les étudiants participent significativement aux coûts de la formation ;

- la mise en place d’un système approprié de crédit aux étudiants pour leur permettre de supporter des frais de scolarités plus élevés ;

- le développement d’une offre de formation continue à la carte (diplômant ou pas) pour les professionnels ;

- la valorisation de l’expertise des chercheurs ou spécialistes universitaires à travers des prestations diverses pour le compte d’entreprises privées ;

- la valorisation financière des résultats de la recherche notamment des brevets ;

- le recours aux banques et fonds d’investissements pour lever les fonds nécessaires à leur développement (par exemple en valorisant le patrimoine bâti).

 

  • Atteindre les objectifs de l’EPT et les OMD en matière d’éducation.

 

L’Afrique connait actuellement la plus forte croissance de la population d’âge scolaire. En outre, de 2010 à 2020, elle comptera plus de 100 millions de nouveaux enfants d’âge scolaire soit un taux d’accroissement de près de 5%, accroissement qui sera de loin le plus élevé dans le monde. Cette hausse continue de la population d’âge scolaire complique encore l’atteinte des objectifs de l’EPT et des OMD malgré les progrès réalisés depuis 2000. L’Afrique subsaharienne représentait en 2010 plus de la moitié des enfants non scolarisés dans le monde et plus d’un cinquième des 775 millions d’adultes analphabètes de par le monde. Les données de suivi de l’atteinte des OMD et des objectifs de l’EPT montrent que d’ici 2015 de nombreux pays du sous-continent n’auront pas atteint les objectifs pris dans leur totalité. A cinq (5) ans de l’échéance de 2015, vingt-neuf (29) pays présentaient un taux net de scolarisation inférieur à 85% et donc peu de chances d’atteindre l’objectif de l’EPU. Seules les Seychelles ont totalement réalisé l'éducation pour tous, alors que 31 autres pays ne sont susceptibles d’y arriver qu'après 2020. L’exploit de la SPU est toujours possible pour des pays qui ont un Indicateur de Développement de l’EPT (IDE) moyen. Il s’agit de l’Ile Maurice, du Botswana, de la Namibie, de Sao Tomé et Principe, du Cap-Vert, du Lesotho, du Cameroun, du Malawi et du Ghana. Des pays comme le Gabon, le Kenya, l’Afrique du Sud, le Swaziland, la Tanzanie et la Zambie pour lesquels les données 2010 ne sont pas disponibles semblent être également de ce groupe.

 

Par ailleurs, le développement quantitatif de la scolarisation ne doit pas s’effectuer au détriment de l’aspect qualitatif. Au-delà de la SPU, les pays d’Afrique subsaharienne doivent œuvrer à scolariser les enfants à l’âge normal et à faire en sorte qu’ils progressent au sein du système scolaire et achèvent au moins le primaire. Une attention particulière doit être accordée aux enfants ayant des besoins spéciaux (handicapés physiques et mentaux) et ceux vivant dans les zones rurales. Les pays devront parallèlement, développer le système éducatif au-delà du primaire tout en respectant l'égalité en matière de genre. Il leur faudra également améliorer la qualité et l’efficacité interne du pré-primaire, du primaire et du secondaire. Pour assurer un enseignement de qualité, il est également impératif de revoir le problème d’enseignants tant du point de vue de la formation que dans toutes ses autres dimensions.

 

  • Introduire davantage les langues nationales dans le système éducatif.

 

La faible qualité de l’enseignement de base en Afrique est en partie due à l’utilisation des langues étrangères comme langue d’enseignement. Dans toutes les régions du monde, la langue de l'apprenant est la langue d'apprentissage tandis qu’en Afrique, les pays adoptent dès la base la langue du pays colonisateur. Or, il est démontré que l’éducation basée sur la langue maternelle des élèves révèle des performances d’apprentissage plus élevées que dans les modèles utilisant exclusivement une langue étrangère2. La langue première de l’élève exerçant une influence déterminante sur son développement cognitif et affectif, le recours aux langues maternelles dès leurs premières années de scolarisation permet de réduire l’échec scolaire. Ainsi, au cours des deux dernières décennies, plusieurs pays d’Afrique subsaharienne ont engagé des réformes nationales visant l’introduction d’une (ou des) langue(s) nationale(s) dans l’enseignement de base. Actuellement, environ 200 langues africaines sont utilisées dans les écoles africaines, principalement dans les petites classes du primaire. Cependant, peu de langues africaines sont enseignées aux niveaux secondaire et universitaire.

 

Plusieurs obstacles restent à lever pour dissiper les doutes concernant la pertinence du recours aux langues nationales en Afrique subsaharienne. Plusieurs acteurs pensent que les langues africaines ne pourraient pas être utilisées dans l’éducation au même titre que les langues internationales. Les langues africaines ne peuvent servir de support d’enseignement au supérieur ni de support des sciences et des technologies. En plus, l’utilisation dominante de la langue maternelle comporterait un risque d’isolement au détriment des langues internationales. Le bilinguisme comme étape intermédiaire est également considéré comme assez lourd à mettre en oeuvre. En outre, l’utilisation des langues locales dans l’éducation augmente fortement les coûts d’éducation, notamment pour concevoir les livres et outils pédagogiques. Le continent compte entre 1 200 et 1 500 langues dont moins de la moitié possède un système d’écriture. Par ailleurs, la multiplicité des langues parlées en Afrique subsaharienne demande une bonne gestion de cette pluralité pour ne pas engendrer des divisions ethniques.

 

  • Généraliser l’usage des TIC dans les pratiques d’enseignement à tous les niveaux du système éducatif.

 

Les technologies de l’information et de la communication (TIC), et particulièrement Internet, restent à la mode et bouleversent les habitudes des populations. Leur essor a opéré au cours de la dernière décennie une transformation radicale de l’éducation. Les TIC présentent un potentiel pour promouvoir de nouvelles pédagogies et manières d'apprendre, encourager l'ouverture et l'innovation, diversifier l'offre et tout en améliorant sa qualité. Elles offrent à toute personne une occasion unique d'acquérir des connaissances et des compétences et s’appliquent à tous les niveaux et systèmes d’éducation. Plus particulièrement dans l’enseignement supérieur, les initiatives se multiplient et les grandes universités des pays développés accroissent significativement leurs offres de formation en ligne. Les récentes initiatives notamment le développement de cours en ligne ouverts et massifs (en anglais Massive Open Online Course, MOOC) lancées par les universités américaines bouleversent progressivement le modèle de l’enseignement supérieur dans le monde. Les pays d’Afrique subsaharienne ont bien compris l’importance des TICE et durant la dernière décennie, plusieurs initiatives ont été développées tant individuellement que collectivement. Parmi les principales initiatives, on peut citer Scholnet Africa, NEPAD E-School, E-learning Africa, African Virtual University. Toutefois, les nombreuses opportunités que présentent les TIC pour l’éducation sont très peu exploitées en Afrique subsaharienne en raison de son retard technologique.

 

  • Faire de l’Enseignement et de la Formation Techniques et Professionnels (EFTP) un moyen efficace de lutte contre le chômage des jeunes.

 

L’Afrique compte près de 200 millions de jeunes âgées de 15 à 24 ans (soit 20% de la population du continent) et la moitié d’entre eux n’ont pas de travail. Par ailleurs, une étude réalisée en 2012 par l’UNESCO et l’ONG Education pour Tous a montré que 60% des jeunes en Afrique subsaharienne n’ont pas de compétence professionnelle leur permettant de gagner dignement leur vie. Dans ce contexte, la lutte contre le chômage des jeunes sur la base de politiques de création d'emplois ne sera pas efficace tant que ces derniers n’ont pas les qualifications requises. La promotion de l’EFTP (Enseignement et Formation Techniques et professionnels) apparait donc comme une réponse pertinente aux besoins en main-d’oeuvre intermédiaire des économies africaines.

 

Depuis quelques années des évolutions significatives en matière de développement de l’EFTP ont été réalisées en Afrique subsaharienne. Toutefois, un développement plus important de l’ETFP nécessite la prise en compte de plusieurs paramètres. Il y’a d’abord la forte implication du secteur privé à la gouvernance des systèmes d’ETFP afin de garantir la pertinence des programmes par rapport à des marchés du travail. En outre, il y a la nécessité de vulgariser l’EFTP à travers des moyens tels que les cours du soir et les cours à distance et le choix entre des régimes à plein temps et à temps partiel. Il est également important de proposer des passerelles flexibles entre l’ETFP formel et informel et entre l’EFTP et l’enseignement général, et faciliter la progression des apprenants vers des niveaux d’enseignement plus élevés à travers l’apprentissage tout au long de la vie. Par ailleurs, les programmes de formation devront intégrer les composantes transversales sur l’entrepreneuriat, le management et la résolution de problèmes … dans l’optique de susciter un esprit d’entreprise chez les diplômés. Ces programmes doivent aussi faciliter l’apprentissage en alternance et les visites d’entreprises pour créer les conditions d’interactions entre le savoir et le savoir-faire. Pour inciter à l’entreprenariat, il est nécessaire de mettre en place des dispositifs d’accompagnement adéquats tels que les incubateurs et les technopoles ainsi que des mécanismes de financement innovants pour l’accès au crédit.

 

  • Faire de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche un levier d’émergence économique.

 

L’émergence des économies dépend de leur intérêt pour l’éducation, notamment l’enseignement supérieur. Dans cette optique, les pays d’Afrique subsaharienne doivent travailler à bâtir une véritable économie du savoir basée sur des établissements d’enseignement supérieur et de recherche de qualité à travers notamment les axes présentés dans les paragraphes ci-après.

 

Le développement des centres d’excellence régionaux permettrait de remédier aux capacités extrêmement limitées du sous-continent en matière de science et de technologie. La création de centres d'excellence régionaux, notamment par la collaboration entre États, reste le meilleur moyen pour développer rapidement des établissements forts ayant une taille critique. Pour cela, il est possible de capitaliser sur les quelques exemples réussis à travers le sous-continent comme le Centre International de Physiologie et de l'Ecologie (ICIPE) créé en 1970 au Kenya, l'Institut Africain des Sciences Mathématiques (AIMS) créé en Afrique du Sud en 2003 et l’Institut international d’Ingénierie de l’Eau et de l’Environnement (2IE) crée au Burkina Faso en 2005 à partir de l’EIER/ETSHER. La création de centres régionaux d’excellence passe également par la mise en réseau d’institutions existantes. C’est le cas par exemple de l'Initiative régionale pour la science et l'éducation (RISE) et plus récemment du projet d’Université Panafricaine de l'Union Africaine basé sur un réseau de cinq centres dont trois (3) déjà opérationnels.

 

L’amélioration de la gouvernance des établissements d’enseignement supérieur nécessite de mettre en place des systèmes qui accordent plus d’autonomie aux universités et les mettent à l’abri de l’influence des choix politiciens. Cette autonomie de fonctionnement n’empêche pas que les universités reçoivent un financement substantiel de l’Etat mais exige plutôt une intervention très minime de ce dernier. L’amélioration de la gouvernance peut par exemple consister à faire en sorte que des représentants du monde académique, les étudiants, les autorités politiques, le secteur privé, la société civile et les anciens diplômés (alumnis) soient équitablement représentés au sein des instances de décision notamment dans les conseils d’administration. C’est à ces instances élargies qu’il doit revenir la charge de nommer les différents responsables en complément d’un système de désignation par les pairs pour certains postes et de prendre les décisions stratégiques pour le développement des universités. Dans ce sens, la création des fondations permettrait de doter les universités, à l’image de ce qui se fait dans le monde et notamment en France, d’une forme juridique propice à une ouverture des universités à un large spectre d’acteurs pour plus d’efficacité.

 

La revalorisation du statut des enseignants et des chercheurs est nécessaire pour inverser la tendance actuelle d’exode des enseignements-chercheurs et de manque d’engouement des jeunes pour une carrière universitaire. Cela passe notamment par la valorisation du statut de l’enseignant-chercheur avec en premier lieu l’adoption d’une grille salariale et indemnitaire attrayante et motivante pour l’ensemble du corps et plus spécifiquement pour les professeurs titulaires et agrégés. Des mesures fortes dans ce sens comme, comme l’ont déjà fait certains pays, sont nécessaires pour freiner l’hémorragie de la fuite des cerveaux dont les pays d’Afrique subsaharienne souffrent depuis leur indépendance

 

L’harmonisation de la structure des formations et des diplômes à travers la réforme LMD est nécessaire pour soutenir la mobilité des étudiants. L’harmonisation de l’enseignement supérieur a d’abord été traduite, sur initiative de l’Union Africaine, par la convention d’Arusha (adoptée en 1981 puis révisée en 2007) qui porte sur la reconnaissance des diplômes universitaires dans les États africains. Par la suite, il y’a eu l’évènement du système LMD qui s’est aujourd'hui développé dans toute l’Afrique subsaharienne. Les pays de l’UEMOA ont décidé en 2007 de faire du système LMD le cadre de référence des diplômes délivrés par leurs établissements universitaires. Ce système a également été adopté par les pays de la zone CEMAC en 2006 et se généralise peu à peu dans les universités d'Afrique du Sud et de Madagascar. En outre, le CAMES a engagé en 2006 les établissements de son espace dans le système LMD et travaille à mettre en place un système CAMES de crédits capitalisables et transférables. Ces différentes initiatives pour l’adoption du système LMD permettent de constater l’ampleur du travail nécessaire à l’instauration effective dudit système en Afrique subsaharienne. Au regard des difficultés rencontrées, d’importants efforts restent à fournir pour la mise en place d’un système africain de crédit transférable ainsi qu’une réelle appropriation du système LMD.

 

La promotion de l’assurance qualité dans l’enseignement supérieur devient un impératif pour rehausser le niveau des établissements. En Afrique subsaharienne, les systèmes régionaux et nationaux d’assurance qualité ne sont pas bien établis, bien que des progrès significatifs aient été accomplis au cours de ces dernières années. Aux échelles nationales, il y a près d’une vingtaine de pays qui disposent d’agences nationales d’assurance qualité. Au plan régional, il y a le CAMES, le plus large cadre de partenariat africain en matière d’assurance qualité regroupant 19 pays francophones et lusophones, et le Conseil Interuniversitaire de l’Afrique de l’Est (IUCEA). En outre, il existe d’autres initiatives comme l’Association des Universités Africaines (AUA) basée à Accra (Ghana) dont une des missions est de promouvoir l’assurance qualité et la bonne gouvernance dans les universités membres. Au-delà de ces incitatives, il est impératif de mettre en place un cadre partenarial approprié à l'échelle continentale en matière d'assurance qualité. Par ailleurs, les Etats doivent veiller à la qualité des établissements d’enseignement supérieur privé en mettant en place des dispositifs efficaces pour surveiller leur création, s’assurer de leur viabilité institutionnelle et financière et renforcer le contrôle de leur gestion.

 

La Formation ouverte et à distance (FOAD) apparait comme une véritable alternative pour le développement de l’enseignement supérieur en Afrique. En effet, plusieurs pays (Afrique du Sud, Nigeria, Tanzanie, Zimbabwe) ont déjà créé des universités ouvertes à distance et d'autres (Kenya, Maurice) prévoient de le faire. Plusieurs universités dans d’autres pays proposent également des programmes à distance. Une majorité d’entre elles fait partie du réseau de l’Université Virtuelle Africaine, le plus vaste en matière de FOAD en Afrique. Par ailleurs, le développement à l’échelle mondiale de Ressources de l’Education Ouverte (REO) ou Ressources Educatives Libres (REL) gratuitement accessible constitue une opportunité pour l’Afrique. Par exemple, l’OER (Open Educational Ressources) Africa, basé à Nairobi (Kenya), a développé des projets et des partenariats à travers le continent et peut devenir un élément central dans la promotion de la FOAD en Afrique. Toutefois, le développement de la FOAD en Afrique subsaharienne nécessite de relever plusieurs obstacles relatifs notamment aux importants investissements et à l’exigence d’un personnel bien formé pour l’utilisation optimale des outils.

 

Le développement de la recherche et la valorisation des résultats est nécessaire pour apporter des réponses adéquates aux problèmes socio-économiques du sous-continent et contribuer dans la production du savoir à l’échelle mondiale. La promotion de la recherche passe par l’identification de nouveaux mécanismes pour accroitre le financement de la recherche et permettre aux États de donner à leurs structures de recherche les moyens, les équipements et l’organisation qui permettent aux chercheurs de produire plus de résultats utiles et utilisés. Par ailleurs, la recherche doit être soutenue à travers la valorisation des trouvailles. Au-delà des publications, il importe de mettre en place des mécanismes qui permettent d’aller vers des brevets et des solutions vulgarisés auprès des populations selon une nouvelle approche qui prend en compte l’adéquation des résultats de la recherche avec la demande socio-économique, la protection juridique des résultats et de la propriété intellectuelle, le marketing et la diffusion des résultats (publication et transfert) et l’adoption et l’utilisation des résultats.

 

Le développement de partenariats avec des institutions de référence constitue aussi un moyen efficace de développement de l’enseignement supérieur en Afrique subsaharienne. Dans cette optique, la mondialisation de l’enseignement constitue une opportunité. Les pays peuvent développer une multitude de partenariats pour rattraper plus rapidement leur retard notamment à travers l’échange de professeurs et d’étudiant, la double diplomation et la co-diplomation et la délocalisation. Cette dernière se développe avec l’arrivée de plusieurs institutions de renom sur le continent : Henley Business School (Royaume-Uni) et Duke University’s Fuqua School of Business (États-Unis) en Afrique du Sud, Ecole de finance et de management de Francfort (Allemagne) en RDC, China Europe International Business School (CEIBS/Shanghai) au Ghana, Bordeaux Ecole de Management (BEM/France) au Sénégal, Université Carnegie Mellon (États-Unis) au Rwanda.

 

L’Afrique subsaharienne doit exploiter davantage son importante diaspora pour soutenir le développement de l’enseignement supérieur et de la recherche. D’après l’Organisation Internationale des Migrations (OIM), plus de 300 000 spécialistes africains habitent à l’extérieur et d’autres Africains hautement qualifiés quittent le continent chaque année sans la garantie de revenir. Ces dernières années, l’image de l’Afrique s’est améliorée avec l’intérêt croissant pour le continent considéré comme la dernière frontière de la croissance mondiale. Dans la ruée vers l’Afrique, on note de plus en plus d’expatriés africains qui retournent s’établir sur le continent ou œuvrent davantage au développement du continent tout en restant à l’étranger. Ce contexte constitue une opportunité pour l’Afrique de tirer plus d’avantages de la fuite de ses cerveaux. Cela passe notamment par l’exploitation de son vivier de cadres expatriés hautement qualifiés pour soutenir le développement de l’enseignement supérieur et de la recherche. En effet, les meilleures sommités africaines de la diaspora dans les différents champs de l’enseignement supérieur et de la recherche sont aujourd’hui demandeuses d’initiatives pour se rendre plus utiles au progrès du continent.

 

 

II.Evolution du système éducatif malien

  1. L’héritage colonial :

L’histoire de l’école soudanaise remonte jusqu’au début de la période coloniale. C’est en 1886 que Gallieni ouvre l’école des otages à Kayes (les otages sont les enfants pris de force aux chefs de territoires).

Plus tard, cet établissement prendra le nom d’Ecole des Fils de chefs et d’Interprètes en 1910. Il s’agissait d’instruire les enfants de l’aristocratie autochtone, de leur apprendre la langue et la culture françaises afin de s’assurer de leur totale soumission et celle de leurs parents. Petit à petit, l’école coloniale pénètre l’intérieur du pays.

      En 1916, une école professionnelle est ouverte à Bamako et s’installe en 1924 dans les locaux du Lycée Askia Mohamed sous le nom d’Ecole Primaire Supérieur (E.P.S.). En 1931, cet établissement devient l’E.P.S.Terrasson de Fougères puis en 1950 le Lycée Terrasson de Fougères qui demeura longtemps le sommet de l’enseignement au Soudan (actuel Mali).

      En 1959, le Soudan ne disposait que de 351 écoles au premier cycle pour 54 136 élèves pour un taux de scolarisation de 9,5%, quelques établissements d’Enseignement Secondaire Général, d’Enseignement Normal, d’Enseignement Technique et Professionnel et trois grandes écoles : l’Ecole Normale Rurale de Katibougou, l’école des Travaux Publics (E.T.P), l’Ecole d’Administration qui accueillaient les étudiants de l’Afrique Occidentale Française.

  1. A partir de l’indépendance.

2.1. Période de l’US-RDA.

La loi n°62-74/AN-RM du 17 septembre 1962, portant organisation de l’enseignement est le premier texte législatif du système éducatif du Mali, la référence de tous les ordres d’enseignement, la base de la Réforme de 1962. Elle stipule que l’enseignement est laïc, gratuit et obligatoire.

De cette période, nous retiendrons principalement la section qui concerne la formation des enseignants, pour savoir un peu d’où nous sommes venus. Les législateurs de la Reforme de 1962 ont trouvé qu’il est vain d’entreprendre une reforme de l’enseignement, d’en déterminer les buts et même les moyens si l’on n’assure pas au personnel chargé de la réaliser une formation adéquate. Ainsi :

  • Pour le premier cycle fondamental : une seule catégorie d’enseignants en remplacement des moniteurs de toutes catégories et des instituteurs adjoints. Ces maîtres seront désignés sous le nom de maîtres du 1er cycle. Ils seront recrutés parmi les élèves qui ont terminé les classes de 8 ème année de formation professionnelle dans un centre Pédagogique Régional (C.P.R.). A échéance, les C.P.R. ne recruteront que les titulaires du DEF.
  • Pour le second cycle de l’école fondamentale : les maîtres du second cycle seront formés pendant 23 mois à l’Ecole Normale après obtention du DEF. L’école Normale peut également selon les circonstances, recruter des élèves ayant fait une, deux ou trois années d’enseignement secondaire et auxquels elle assure la formation pédagogique.
  • Pour l’enseignement secondaire général : les professeurs de l’enseignement secondaire général seront formés à l’Ecole Normale Supérieure.
  • Pour l’enseignement Supérieur : les professeurs de l’enseignement supérieur viendront de l’Université qui prépare au Diplôme d’Etudes Supérieures (équivalent du doctorat de 3è cycle), puis au professorat après que le postulant eût exercé auprès d’un professeur titulaire comme assistant.

Le  personnel de contrôle :

La multiplication des écoles devant conduire à la scolarisation primaire universelle s’accompagne forcément de celle des inspections d’enseignement à tous les niveaux.

      Les inspecteurs de l’enseignement fondamental seront formés dans une section de l’Ecole Normale Supérieure.

      Les inspecteurs généraux de l’enseignement secondaire seront choisis parmi les professeurs hautement qualifiés présentant toutes les garanties intellectuelles, techniques et morales requises.

      Les enseignants de l’enseignement technique et professionnel élémentaire et moyen seront, soit des ingénieurs expérimentés en ce qui concerne les études techniques et pratiques, soit des inspecteurs de l’enseignement secondaire général.

      Au niveau de l’enseignement supérieur, le contrôle est assuré par le directeur de chaque établissement, le directeur général de l’enseignement supérieur prenant à sa charge le contrôle administratif.

      Les conditions socio – économiques et politique de l’époque ont été favorables : enthousiasme national grâce à l’indépendance fraîchement acquise, option politique idéale à l’époque, relations non rompues avec l’ancienne puissance coloniale.

Les grandes options et les principaux objectifs contenues dans la reforme de 1962 constituaient les réponses à donner à la situation arriérée dans laquelle se trouvait l’école.

      La scolarisation a fait un bond de géant en triplant pratiquement les effectifs. L’enseignement supérieur national est né. Le financement de l’éducation a doublé de 1960 à 1968 (de 6,71 milliards de F CFA à 23,54 milliards de FM). Les problèmes scolaires n’ont jamais dégénéré en crises. Les Ministres ont été relativement stables.

2.2. Période du Comité Militaire de Libération Nationale.

      Cette période de rupture est caractérisée par une révision ou un changement de certaines options à travers l’adoption des textes organiques. L’enseignement a été réorganisé, l’éducation politique a été éliminée. Les Centres d’Orientation Pratique (C.O.P.), dont la ruralisation ont été introduits dans le système éducatif. L’ECICA est créée en 1969 pour étendre les filières de l’enseignement technique et professionnel.

      De nouvelles méthodes d’enseignement du français se succèdent : les  méthodes BELC (Bureau pour l’Enseignement de la Langue et de la Civilisation) en 1969, CLAD (Centre le Linguistique Appliquée de Dakar) en 1969, G.P.R (Groupe de Rénovation Pédagogique) en 1970, MALI en 1972, Télévision Scolaire Malienne en 1972.

      A l’enseignement Supérieur, de nouvelles créations ou réorganisations élargissent les missions et les options : I.P.R de Katibougou en 1969, Institut de Productivité et de Gestion Prévisionnelle (I.P.G.P.). en 1971, ENI en  1973, INAFLA en 1973. Pendant la période, l’éducation a bénéficié de l’accompagnement de la Banque Mondiale.

2.3 Période de la deuxième République de l’union démocratique du Peuple Malien (UDPM) : 1979 – 1991.

 Cette période est surtout marquée par des grandes crises scolaires :

16 novembre 1979 : grève scolaire réprimée et fermeture des établissements 15 – 19 janvier 1980 : Dissolution de l’Union Nationale des élèves et Etudiants du Mali (UNEM)

Mars 1980 : Reprise des grèves des élèves et étudiants  et arrestation de leur leader Abdoul Karim CAMARA dit Cabral

17 mai 1981 : Mort de Cabral pendant sa détention

1er octobre 1981 : Réouverture des classes

8 – 9 janvier 1991 : grève générale de l’UNTM.

      Cette période a fait beaucoup de mécontents dans le milieu enseignants sur les point tels que : la Primauté du parti sur toutes les institutions, le favoritisme  dans les promotions, le harcèlement des enseignants non militants de l’UDPM, la violation des droits des travailleurs, la politisation de l’école, etc. C’est une période de grande déliquescence de l’école.

2.4. La période du Comité de Transition pour le Salut du Peuple (CTSP) et de la troisième République : 1991 à aujourd’hui.

      Le débat national de 1991, après la chute du pouvoir ancien, a opté dans ses résolutions et recommandations, pour la démocratisation de l’éducation et l’élargissement de sa base. La loi d’orientation portant sur l’éducation réorganise le système éducatif en 4 ordres et types d’enseignement.

      Cette période a connu  des soubresauts, dans l’espace scolaire mais elle a fortement bénéficié du soutien des partenaires techniques et financier. Elle a ouvert un certain nombre de chantiers qui ont fait progresser l’éducation :

  • La réduction des disparités au sein du système scolaire : la couverture scolaire s’est beaucoup améliorée aux cours des dix dernières années. Le taux brut de scolarisation au 1er cycle du fondamental est passé de 61% en 2000/2001 à 87,4% en 2010/2011. Toutefois cette progression cache de fortes disparités entre filles et garçons, entre les enfants des zones rurales et ceux des zones urbaines, entre les différentes régions du pays. L’atteinte de l’EPT passe nécessairement par la mise en place d’un système éducatif qui garantit l’équité dans l’accès à l’éducation.
  • L’amélioration de la qualité des apprentissages en mettant l’accent sur la révision du curriculum du 1er cycle de l’enseignement fondamental.
  • La diversification des séries et filières de l’enseignement secondaire général et de l’enseignement secondaire technique et professionnel afin d’améliorer l’accès à l’enseignement supérieur et l’employabilité des sortants des établissements de l’enseignement technique et professionnel.
  • La sauvegarde et le maintien de la paix et de la discipline à l’école. Le nouveau dispositif de prévention de la violence à l’école (commission pour une école apaisée et performante, nouveaux règlements intérieurs) participe de la volonté d’affirmer l’autorité des enseignants et des administrateurs. Il s’agit de protéger l’administrateur scolaire lorsqu’il doit infliger des sanctions d’aider les enseignants à recentrer leur métier sur sa mission  première : la transmission des savoirs ; faire du règlement intérieur l’outil principal d’organisation de la vie scolaire en offrant aux élèves l’opportunité, entre autres de développer des qualités morales et d’acquérir le sens  des responsabilités, en privilégiant 3 axes : la prévention, la sanction et le dialogue.
  • La promotion de la santé et de l’hygiène à l’école. Les effectifs scolaires ont considérablement augmenté, passant de 946 143 en 2001 à 2 179 124 en 2011. Il devient par conséquent impératif de préparer nos écoles à accueillir ces enfants dans les meilleures conditions sanitaires et de sécurité.
  •  L’amélioration de la prise en charge de l’éducation préscolaire et spéciale : il s’agit de multiplier les établissements préscolaires pour le plus grand nombre. Les communautés de base seront  encouragées et soutenues dans cette voie. La même politique sera appliquée à l’éducation des enfants vivant avec des handicaps.
  • La politique nationale de l’alimentation scolaire est d’assurer la prise en charge de l’alimentation scolaire de façon pérenne afin que la faim ne soit pas un obstacle à l’accès, au maintien à l’école et au développement de l’élève.
  • L’amélioration de la formation initiale et continue des enseignants. Il est indispensable d’assurer aux enseignants la meilleure formation initiale et continue possible.

 

  • L’éthique et la déontologie de l’enseignement : les obligations professionnelles des enseignants découlent des obligations qui leur sont faites de donner une instruction à tous les enfants et d’assurer leur réussite. Mais face à la complexité des défis et enjeux de notre système éducatif, la définition d’un code de déontologie, d’une orthodoxie professionnelle, d’un ensemble de règles et d’obligations professionnelles qui s’imposent à la profession enseignante, s’avère aujourd’hui indispensable.

 

Evolution des Effectifs, Taux Brut de Scolarisation et d'Admission au 1er Cycle du fondamental

 

 
                     

Année Scolaire

Effectif du premier cycle

Taux Brut d'admission

Taux Brut de scolarisation

 

 

 

 

Garçons

Filles

Total

Garçons

Filles

Total

Garçons

Filles

Total

 

 

2002/03

      742 087  

     552 585  

           1 294 672  

67,4%

53,8%

60,5%

77,9%

56,4%

67,0%

 

 

2003/04

      794 535  

     602 256  

           1 396 791  

71,1%

56,6%

63,7%

81,3%

59,9%

70,5%

 

 

2004/05

      852 163  

     653 740  

           1 505 903  

72,7%

57,5%

65,0%

85,0%

63,4%

74,0%

 

 

2005/06

      901 386  

     708 593  

           1 609 979  

81,5%

67,0%

74,2%

85,1%

65,1%

75,0%

 

 

2006/07

      954 407  

     762 549  

           1 716 956  

82,9%

68,9%

75,8%

87,5%

68,0%

77,6%

 

 

2007/08

    1 005 673  

     817 364  

           1 823 037  

86,8%

72,3%

79,4%

89,5%

70,7%

80,0%

 

 

2008/09

    1 056 833  

     859 409  

           1 916 242  

85,2%

70,4%

77,7%

91,2%

73,0%

82,0%

 

 

2009/10

    1 100 388  

     918 225  

           2 018 613  

80,3%

69,1%

74,7%

87,4%

71,8%

79,5%

 

 

2010/11

    1 159 343  

     978 759  

           2 138 102  

80,1%

69,2%

74,6%

89,1%

74,0%

81,5%

 

 

2011/12

    1 219 192  

  1 044 075  

           2 263 267  

79,8%

69,6%

74,8%

89,9%

75,5%

82,9%

 

 
                                 

 

 

 

Evolution des Effectifs, Taux Brut de Scolarisation et d'Admission au 2nd Cycle du fondamental

 

                   

Année Scolaire

Effectifs 2nd Cycle

Taux Brut d'admission

Taux Brut Scolarisation

 

Garçons

Filles

Total

Garçons

Filles

Total

Garçons

Filles

Total

 

2002/03

      150 448  

       86 850  

              237 298  

40,2%

22,7%

31,3%

38,5%

21,7%

30,0%

 

2003/04

      175 134  

     104 690  

              279 824  

46,2%

27,0%

36,5%

43,7%

25,4%

34,4%

 

2004/05

      196 526  

     120 483  

              317 009  

45,7%

27,0%

36,2%

47,7%

28,5%

38,0%

 

2005/06

      218 717  

     134 029  

              352 746  

45,8%

27,8%

36,6%

52,1%

31,1%

41,5%

 

2006/07

      237 222  

     151 064  

              388 286  

51,1%

32,3%

41,6%

54,9%

34,1%

44,3%

 

2007/08

      255 038  

     167 087  

              422 125  

55,3%

35,6%

45,4%

57,3%

36,6%

46,8%

 

2008/09

      274 952  

     186 387  

              461 339  

57,0%

39,0%

47,9%

59,9%

39,6%

49,6%

 

2009/10

      298 868  

     211 804  

              510 672  

55,5%

40,3%

47,8%

60,0%

41,8%

50,8%

 

2010/11

      329 313  

     240 834  

              570 147  

53,5%

39,2%

46,3%

63,9%

46,0%

54,8%

 

2011/12

      357 400  

     270 783  

              628 183  

55,2%

42,0%

48,5%

66,5%

49,7%

57,9%

 

                                   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

NB : Pour tous les taux nous remarquons une chute à partir de 2009/2010. Cette régression est du aux données population du recensement RGPH 2009 qui a donné un taux d’accroissement de la population de 3.6% largement supérieur à celui du RGPH 1998 (3.06%)

 

 

  1. Grandes ORIENTATIONS du système éducatif malien

 

Les orientations de la politique éducative malienne s’inscrivent dans le cadre de la mise en œuvre de la Loi d’orientation Loi 99-046 AN RM portant loi d'orientation sur l'éducation (1999) modifiée (en 2008), du Programme Décennal de Développement de l’Education et ses instruments d’opérationnalisation que sont les trois PISE, des recommandations du Forum National sur l’Education, du Cadre Stratégique pour la Croissance et la Réduction de la Pauvreté (CSCRP) dans le secteur de l’éducation et du plan d’actions de la transition.

Le système éducatif du Mali a fait des progrès très substantiels en termes de couverture de la population d’âge scolaire dus à une meilleure gestion de l’école en mode décentralisé. Le taux brut de scolarisation au premier cycle de l’enseignement fondamental est passé de 74 % en 2004 à 82,5% en 2010.

La poursuite des efforts d’amélioration des rendements  interne et externe du système, du pilotage du secteur, de l’équité en faveur des plus pauvres et de la lutte contre le paludisme et le VIH/SIDA s’opère dans le cadre de la mise en œuvre de la politique de décentralisation.

Les priorités du Gouvernement de la République du Mali sont traduites dans la série d’engagements pris dans la lettre de politique éducative adressée par le département aux différentes parties prenantes à l’occasion du lancement du PISE III. Dans ladite lettre, le Gouvernement du Mali :  

  • Réaffirme la priorité accordée à l’Education de Base, particulièrement à l’Enseignement Fondamental, en mettant un focus particulier sur la Scolarisation des Filles (SCOFI),  l’alimentation scolaire (cantines), et la formation des femmes, la Formation Initiale et Continue des Enseignants (FICE), le Développement de la Petite Enfance (DPE), l’éducation des Enfants à Besoins Educatifs Spéciaux (EBES) et l’Education Non Formelle (ENF) ;
  • S’engage à diversifier l’offre de la formation professionnelle et de la formation technique professionnelle en fonction des besoins du marché du travail en mettant à la disposition des collectivités territoriales des outils  d’élaboration  d’une carte d’intervention éducative pour faire face aux disparités régionales et de genre afin de  permettre une meilleure allocation des ressources (humaines, matérielles et financières) ;
  • S’engage à améliorer la gestion des flux par la diversification de l’offre éducative ;
  • S’engage à promouvoir la Recherche Scientifique et Technologique (RST) et à la mettre au service du développement ;
  • S’engage à mettre en œuvre une gestion déconcentrée, décentralisée et une planification transparente de l’éducation en concertation avec l’ensemble des partenaires de l’école ; Partenaires au Développement (Partenaires Techniques et Financiers), Partenaires Sociaux (au premier rang desquels les syndicats d’enseignants, les associations d’élèves et de Parents d’Elèves -APE-), Comités de Gestion Scolaires (CGS), Communautés, Familles, Organisations Non Gouvernementales.
  • S’engage à allouer aux secteurs de l’éducation et de la formation professionnelle des ressources accrues et soutenues lui permettant de réaliser ses objectifs de développement.

La vision du Mali pour mettre en place un système éducatif performant capable de s'adapter aux changements est de faire de l'école le point de départ du développement.

L’opérationnalisation de cette vision passe par la mise en œuvre de mesures spécifiques :

  1. DEFIS A LA SCOLARISATION

La pression démographique reste un défi énorme pour le système éducatif malien. En 2009, le Mali compte 14 517 176 habitants répartis dans 2 369 866 ménages. La population malienne a été multipliée par près de 1,5 depuis 1998, ce qui représente un taux de croissance annuel moyen de 3,6%. Selon les projections de population, la population scolarisable (les 7-15 ans) atteindra 4,7 millions en 2020.

Quelque 800 000 enfants en âge scolaire affectés par la crise du Nord n’ont pas accès à l’éducation ou ont besoin d’une approche pédagogique adaptée ; près 1 200 000 enfants âgés de 8 à 15 ans  non scolarisés, ont besoin de programme passerelle pour intégrer et compléter l’éducation de base ; 2 486 écoles doivent être réhabilitées (construction de nouvelles salles de classe, mise en place de cantines scolaires, fournitures d’équipements et de matériel pédagogique) ; 2 486 directeurs d’écoles et 12 578 enseignants ont besoin d’être formées à l’éducation en situation d’urgence ; 2 486 directeurs d’écoles et 12 578 enseignants ont besoin d’être formées à l’éducation en situation d’urgence et à la promotion de  la paix , à la citoyenneté et à la protection des enfants, particulièrement les filles  contre les abus et les violences

  1. SCOLARISATIONS

Mesure 1: le développement de la petite enfance

Le Gouvernement, conscient de l'importance des soins dispensés dès les premiers âges dans le développement futur du citoyen initie des actions tendant à promouvoir le développement du sous secteur. Le programme cible la population d’âge compris entre 3 et 5 ans pour porter le taux de préscolarisation de 4,2 % en 2008 à 7% en 2012.

Mesure 2 : le développement des enfants à besoins spécifiques

 La prise en charge des enfants à besoins éducatifs spéciaux (EBES) est assurée dans les écoles ordinaires pour les enfants à handicap « léger » et dans des institutions d’éducation spéciale pour les enfants à handicap « lourd ».  Elle porte sur 7% des effectifs à tous les niveaux.

Mesure 3 : l’appui à la scolarisation des filles

Le gouvernement du mali poursuit son action de sensibilisation des communautés en faveur de la scolarisation des filles. En vue de réduire la disparité filles garçons (environ 15 points de pourcentage) des mesures incitatives ont été mises en place : i) la transformation de la section de la scolarisation des filles en une division de la nouvelle Direction Nationale de l’Enseignement Fondamental (recommandation du forum) ; ii) le renforcement des capacités des organes communautaires de base y compris les membres des Comités de Gestions Scolaire (CGS) en charge de la scolarisation des filles et des Associations de Mères d’élèves (AME) ; iii) la prise en compte et l’application effective des questions du genre dans le curriculum de formation des IFM et dans la formation continue des maîtres

D’autres mesures incitatives sont envisagées dans le cadre de la réduction des inégalités de genre. Il s’agit de :

  1. mener des activités de promotion : sensibilisation et dotation de matériels,
  2. faire l’évaluation de l’impact des activités génératrices de revenus en vue de leur extension,
  3. Réaliser des études d’identification de nouveaux  besoins  relativement aux réticences des familles et à la violence faites aux filles et aux femmes à travers des études

Mesure 4 : des mesures incitatives pour l’accès et le maintien des élèves

Les cantines scolaires supervisées par les comités de gestion sont développés notamment dans les écoles situées à plus de 3 km du village.

La généralisation des subventions ADARS à toutes les écoles publiques et communautaires pour tendre vers la gratuité effective de l’école. La gestion de ces subventions sera améliorée en faisant recours à tous les moyens possibles de portage financier permettant une plus grande traçabilité.

Mesure 5 : l’augmentation des capacités d’accueil

La réalisation de cette mesure passe entre autre, par l’élaboration de cartes scolaires au niveau de chaque commune et la construction de salle de classe afin de favoriser le développement des écoles de 1er cycle complet avec les six années d’étude et, dans la mesure du possible, l’amélioration de l’accès au second cycle. Les dispositions sont prises à plusieurs niveaux :

Au plan pédagogique, la pratique des classes multigrades et des écoles à classe unique sera développée pour : (a) résorber les cycles incomplets (y compris les écoles nomades), (b) faire disparaitre les pratiques de recrutement alterné en première année (recrutement biennal).

Au plan de la réalisation des constructions scolaires, il est était prévu, avant le coup d’Etat, une augmentation massive des capacités d’accueil (construction de 2 700 salles de classes par ans) grâce à la mise en place d’un appui technique (déploiement de 120 ingénieurs et techniciens en bâtiment) aux maîtrises d'ouvrages exercées par les collectivités locales avec comme résultat attendu l'accélération du cheminement des appels d'offres, la conformité entre les DAO et les normes nationales, et l'exercice rigoureux du contrôle des travaux, en avancement et en qualité, par les maîtrises d'ouvrage. A ce jour, des techniciens et des ingénieurs ont été affectés dans les structures déconcentrées de l’éducation pour appuyer et encadrer la maitrise d’ouvrage  des CT dans les constructions scolaires. Le conflit survenu au Nord du pays augmente de façon significative les besoins en constructions nouvelles et réhabilitation.

  1. QUALITE DES ENSEIGNEMENTS
  1. Mesure 6 : Développement des curricula

La réforme curriculaire est l’axe majeur du PRODEC. Son aboutissement est la mise en œuvre du bloc unique de neuf (9) ans. Elle vise à donner un minimum éducatif de qualité à tous les enfants.

Les examens du CFEPCEF et du DEF ont été reformés en supprimant le CFEPCEF et en intégrant à l’examen du DEF toutes disciplines, y compris les arts et le sport. Par ailleurs, l’allégement et la simplification des documents de référence sont en cours.

Une refonte des programmes scolaires a été également opérée ainsi que la mise en place d’un programme nationale de rattrape scolaire de qualité pour les enfants non scolarisés et d’un système de protection sociale afin d’assurer que les enfants issus de familles vulnérables puissent poursuivre et finir leurs scolarisations même en cas de choc ou et de crise comme ceux que nous avons vécus. La mise en place du programme de scolarisation accélérée (rattrapage/passerelle) pour les déscolarisés précoces et non scolarisés âgés de 8 à 12 ans s’inscrit dans ce cadre.

Il reste la détermination du nombre de langues concernées par la généralisation du curriculum ; la définition d’un nouveau chronogramme de la réforme curriculaire, de même que son harmonisation avec celui de la production des nouveaux manuels.

Le gouvernement va continuer à assurer un approvisionnement continu et durable en manuels scolaires de base, en matériels de lecture et autres matériels didactiques, et ce, sans frais pour tous les élèves de l’enseignement normal, l’enseignement fondamental (écoles publiques, communautaires et medersas), l’enseignement secondaire (général et technique) ainsi que les établissements préscolaires à travers tout le pays.

Afin d’améliorer la qualité des apprentissages, il est développé une culture de la lecture, de l’écriture et des sciences à travers la mise en place d’indicateurs mesurables à court et long terme pour suivre les évolutions des performances des élèves via le développement d’un environnement lettré et le développement de mesure incitative (concours, etc.). Les standards nationaux de lecture pour le niveau 1 (1ère et 2ème années) de l’enseignement fondamental ont été élaborés dans ce cadre.

Mesure 7:  Formation des enseignants

  1. Formation Initiale

La politique de la formation initiale sera mise en œuvre  par (i) les instituts de formation des maitres et (ii) la continuité de la Stratégie Alternative de Recrutement de Personnel Enseignant SARPE.

  • La formation dans les instituts prévoit l’application du nouveau curriculum de l’enseignement normal par la prise en compte du/de la : i) renforcement de la législation et de la morale professionnelle, de l’éducation civique et morale, ii) renforcement de l’éducation physique et sportive, les innovations pédagogiques, iii) gestion pédagogique des classes multigrades, écoles mobiles et des enfants à besoins éducatifs spéciaux ; iv) mise en œuvre d’actions favorisant le relèvement à au moins  40% la proportion d’élèves maîtresses à l’entrée dans les IFM ; v) recrutement prioritaire des futurs enseignants au niveau du Baccalauréat.
  • La continuité de la Stratégie Alternative de Recrutement de Personnel Enseignant SARPE le temps de la formation dans les IFM d’un vivier nécessaire à la couverture des besoins, tout en augmentant le recrutement des femmes.
  1. Formation Continue

La formation continue a pour vocation de palier l’insuffisance de formation des sortants des IFM en attendant la mise en œuvre du nouveau curriculum de l’Enseignement normal et le recyclage des enseignants conformément au plan stratégique selon les trois modalités que sont : (i) la formation en communauté d’apprentissage, (ii) la formation par voies de radio, (iii) la formation présentielle en regroupement au sein d’un même CAP et au cours des vacances scolaires.

Mesure 8 : Amélioration de l’achèvement de chaque cycle de l’enseignement fondamental

  1. la réduction des redoublements

La réduction des redoublements et l’amélioration de la qualité de l’enseignement passent par l’implication et la responsabilisation des comités de gestion scolaire, des familles, des associations des mères, des associations des parents d’élèves.

Un travail sur le respect du temps scolaire, la réduction du REM, la mise à disposition dans chaque commune d’un conseiller pédagogique référent, le placement de maitres chevronnés dans les classes d’initiation du 1er cycle et l’encadrement par les pairs (élève-élève, notamment entre fille) est effectué dans le cadre de l’amélioration de la qualité des enseignements.

  1. L’augmentation du temps d’apprentissage

La suppression de la double vacation du système éducative a été instruite aux structures éducatives déconcentrées et de façon générale, le temps d’apprentissage qui est de 122 sera porté à 172 jours théoriques.

Mesure 9 : développement de l’éducation non formelle

Un Programme Vigoureux d’Alphabétisation et de Promotion des Langues Nationales est mis en œuvre afin de toucher 6,7% d’enfants non scolarisés, déscolarisés de 9 à 15 ans pour les CED en 2012 et 100% des adultes analphabètes initialement identifiés en 2008 dans les CAF et CAFé d’ici 2020. 454 centres alpha seront ouverts ainsi que deux autres centres d’éducation pour l’intégration aux frontières avec la Mauritanie et le Niger. On assistera également à la réouverture du Centre d’Alphabétisation Féminin de Bourem.

L’éducation non formelle est dotée d’un nouveau mécanisme de financement, de formation appropriée permettant d’assurer l’amélioration de la qualité, l’appui à la prise en charge des éducateurs et animateurs.

  1. ORGANISATION ET MANAGEMENT DU SYSTEME

Mesure 10 : La décentralisation et le partage des rôles et responsabilités

Le schéma suivant est appliqué dans la mise en œuvre de la décentralisation/déconcentration : (i) la conception, le contrôle et le suivi des politiques des services centraux, (ii) la supervision et l’exécution des politiques par les services déconcentrés et (iii) la gestion de l’école par les collectivités territoriales (l’équipement des infrastructures, le suivi des activités aux seins des écoles, la gestion des carrières des enseignants).

La plus grande part des ressources publiques d'éducation sont transférées aux collectivités territoriales (plus de 51% dès 2011) tandis que le MEALN s’installe dans le triple rôle de définition des politiques, de ventilation des ressources et d’appui technique à la mise en œuvre des politiques au niveau des CT.

L’accompagnement à la décentralisation  par  (a) le pilotage local de la politique sectorielle  avec la mise en place de contrats d’objectifs pour paiement des salaires et la gestion des fonds pour l’Appui Direct à l’amélioration des Rendements Scolaires (ADARS) et des cantines, (b) la clarification des rôles et des procédures  des administrations déconcentrés et décentralisées, (e) la formation et l’accompagnement des CT dans leurs nouvelles fonctions.

Mesure 11 : la planification et gestion financière

Cette mesure vise : (i) à rendre effectif la mise en cohérence des outils de programmation à moyen terme (CDMT, budget programme, plans d’action) et (ii) à fonder la préparation des budgets sur les besoins des services de façon à assurer la cohérence avec la décentralisation, la déconcentration et la gestion par sous secteur de l’éducation, à répartir les ressources depuis le niveau central sur la base des critères simples et d’objectifs pour garantir l'équité et le rattrapage des disparités géographiques.

La mise à niveau du système  d’information statistiques à travers le renforcement de capacité  et la réforme du système de collecte, de saisie et de transmission des données permettant de disposer des données rapidement après la rentrée scolaire et d'éditer sans délai des annuaires synthétiques nécessaires pour les activités de gestion. Pour se faire, un système VPN a été mis en place et un annuaire des statistiques scolaire simplifié a été conçu.

Les pratiques de passation, de suivi et de gestion des marchés sont améliorées à travers l’application du nouveau manuel de procédures élaboré et du guide d'éthique, la mise à jour régulière et l’utilisation systématique du système informatique de gestion des marchés mis en place (édition automatique des calendriers et des relances, suivi en temps réel des marchés).

Pour améliorer la performance du système à travers le renforcement du contrôle interne, un bureau d’audit interne a été recruté. Il s’agit pour ce bureau mettre en place un système contrôle et de rapportage permettant d’assurer le respect des normes et procédures de mise en œuvre des activités du département, incluant tout ce qui concerne la passation des marchés et en cohérence avec le système nation de contrôle interne.

 

Mesure 12 : Le pilotage et le suivi

Le dispositif de Pilotage et de suivi comprend : (a) le comité de pilotage, missions conjointes entre les ministères, (b) le Secrétariat technique permanent, (c) le suivi des commissions Thématiques, (d) le suivi en cadre partenarial et (e) les missions conjointes de suivi.

Mesure 13 : La gestion du personnel enseignant

La gestion des Ressources Humaines  porte sur :

  • le respect du calendrier de mise à temps du personnel et la  (b) la définition de critères publics et objectifs pour les mouvements de personnel ;
  • l’intégration des contractuels des collectivités dans la fonction publique des collectivités ;
  • le recrutement des fonctionnaires des collectivités territoriales dans l’enseignement fondamental de manière à réduire de manière significative la part de la masse salariale qui doit être supportée par les communautés qui ont créé des écoles communautaires à travers l’affectation d’enseignants dans ces écoles ;
  • le paiement de la prime pour le retour des enseignants dans les zones du Nord.

Le déploiement des enseignants dans les zones rurales à travers la mise en place d’une prime d’incitation dont le principe était acquis déjà en 2012 reste toujours à réaliser.

Mesure 14 : Amélioration du fonctionnement et de la performance des écoles

Dans le cadre de la mise en œuvre de cette mesure, une structure unique de contrôle de tout le système éducatif malien appelée Inspection Générale de l’Education Nationale (IGEN) a été crée. Cette inspection de qualité et de proximité avec une compétence étendue à l’ensemble du système éducatif devra permettre de garantir la qualité des apprentissages.

La mise en place d’un système pertinent d’évaluation des performances des élèves conforme au curriculum, notamment des apprentissages fondamentaux (maîtrise de la lecture- écriture et des mathématiques) a été réalisée avec l’accompagnement financier de la COFEMEN et d’autres PTF.

Il est également prévu : (i) une utilisation plus systématique d’outils de gestion au niveau écoles et aux niveaux déconcentrés de l’administration scolaire  par le renforcement des responsabilités des communautés, des parents d’élèves, des enseignants et des directeurs d’écoles pour la gestion et la supervision des pratiques au seins des écoles et des salles de classes, (ii) le renforcement de la gestion des carrières et la formation certifiant pour les enseignants.

 

Défis du système éducatif malien

Le défi de la qualité : Au plan quantitatif, le système éducatif malien a fait des progrès, en termes d’accès.

La qualité n’a pas suivi cet effort. Le taux d’achèvement à l’école fondamentale atteint difficilement 46% ; cela veut dire que sur 100 enfants scolarisés, 54 ne finiront pas la 6ème  année  fondamentale. Il est illusoire de croire donc qu’on peut atteindre de la scolarisation Primaire Universelle à brève échéance. La situation est pareille dans tous les ordres d’enseignement.

  • Le défi du financement de l’éducation : Les communautés financent beaucoup l’éducation de leurs enfants. L’Etat fait ce qu’il peut mais les efforts financiers énormes consentis sont gommés par les forts taux de redoublements d’abandons et d’échecs scolaires retentissants.
  • Le défi de la citoyenneté : Aujourd’hui, plus que jamais, l’espace scolaire a besoin d’une vraie implantation citoyenne. Il n’est pas imaginable que des élèves refusent d’étudier, que des enseignants refusent d’enseigner, pendant de longues semaines, de longs mois, voire des années. Il existe des enseignants fantômes qu’on ne voit jamais mais dont les salaires sont payés régulièrement, laissant des salles de classe vides d’enseignants.
  • Le défi de stratégies éducatives régionales : Notre école doit être l’école de nos besoins. C’est pourquoi les programmes d’enseignement doivent être  modulés en fonction des spécificités régionales et des attentes des communautés.
  • le défi de la décentralisation et déconcentration de l’éducation : D’aucuns diront que la décentralisation et déconcentration de l’éducation est un pari risqué tant il est vrai que les pouvoirs politiques ne s’y engagent pas totalement, tant il est vrai qu’il n’existe pas de véritable administration des collectivités pour gérer le personnel, les finances, le matériel, etc.
  • Le défi de la pauvreté des communautés : Rares sont les communautés, en particulier rurales qui prennent deux repas par jour, ont accès à l’eau potable et vivent dans un environnement assaini. L’enfant qui va à l’école sans prendre le petit déjeuner dormira en classe à 10 heures, celui qui est malade ratera des jours, voire des semaines de cours qu’il ne pourra plus rattraper.
  • Le défi de la marchandisation de l’école : Il se dit que la promotion d’école privée est l’activité la plus lucrative au Mali. Aujourd’hui, l’Etat dépense chaque année pour l’écolage de ses élèves dans le secteur privé. Le secteur d’éducation privé est indispensable pour accompagner l’Etat et les communautés mais il doit s’inscrire dans un partenariat public-privé bien établi et conforme à des cahiers de charge réfléchis et produits de commun accord.
  • Le défi de la formation professionnelle : Le Mali est l’un des rares pays au monde où on fait des études linéaires, de la 1ère année au doctorat, sans s’arrêter. Pour avoir suivi cette trajectoire, on sort de l’Université sans savoir rien faire, donc inutilisable sur le marché de l’emploi. Tous les enfants qui le désirent doivent pouvoir s’arrêter en 6ème année, en 9ème année, en terminales, après la licence, pour être versé dans la formation  professionnelle et compétir sur le marché du travail.
  • Le défi de l’éducation des parents : On ne  fait rien dans ce pays pour l’éducation des parents qui doivent éduquer leurs enfants d’abord en famille. La famille est le rempart contre toutes tentations et dérives : vol, paresse, malhonnêteté, immoralité, drogue, alcoolisme, manque du sens de l’appartenance à une communauté, etc.
  • Le défi de la laïcité : La République du Mali est une, indivisible et laïque. Mais la laïcité ne  s’oppose pas à la religion, à la négation de la religion. Rien ne devrait s’opposer à ce qu’on enseigne les rudiments de la religion à l’école pour assoir durablement les vertus de la morale dans toutes ses dimensions.
  • Le défi de la gouvernance : L’école a pris tous les mauvais exemples de la société, elle qui devrait être un rempart : laisser –aller, corruption, complaisance, absentéisme, affairisme, etc.
  • Le défi du contrôle pédagogique : L'inspection de l’enseignement Secondaire, les Directeurs d’académie et de CAP, les conseillers pédagogiques, les Directeurs d’école ne font pas correctement le contrôle pédagogique des  enseignants, ce qui ne permet pas l’amélioration de leurs compétences professionnelles et le suivi de leurs trajectoires professionnelles.

La liste des défis n’est pas exhaustive. Il appartient au forum de dégager des priorités, qui mises en œuvre, pourraient être une boussole pour notre système éducatif.  


 

Conférence Épiscopale du Mali                             RÉPUBLIQUE DU MALI

Église Communion Fraternelle                         un Peuple – un But – une Foi

Au Service de l’Évangile

ENSEIGNEMENT CATHOLIQUE                                                 

Direction nationale                                             

BP. 298. Tel. (+223)20-22-33-56                                                    

Célé. 76 39 96 33 – 66 88 21 73

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          Bamako

 

 

 

Forum national sur l’Enseignement Catholique:

 

Enseignement catholique : origines, identité, spécificité et perspectives.

Présenté par :                       

Monseigneur Jean Gabriel DIARRA

Évêque du Diocèse de San

 

Bamako, le 03 septembre 2013

Sommaire…………………………………………………………………..……………………2

Introduction …………………………………………………………..……………………...3

Les origines de l’Enseignement Catholique……………….…………………..…5

Quelques étapes historiques « significatives)………………………………5

L’antiquité chrétienne………………………………………………………………..….5

Le Moyen Âge………………………………………………………………..……………..6

Les Temps Modernes………………………………………………………………..….7

L’Époque Contemporaine……………………………………………….……………8

L’identité de l’Enseignement Catholique…………………………………….…11

La spécificité de l’Enseignement Catholique………………………………....13

Les perspectives de l’Enseignement Catholique……………………………15

Conclusion………………………………………………………………………..………..17

Éléments de bibliographie………………………………………………………….18

 

 


 

0. INTRODUCTION 

0.1 : « pari wuro ba zun bε ya » - « Sigi ka kuma ye daamu ye »

            Pour envisager au mieux son Avenir, il faut interroger son passé et si possible s’abreuver aux Sources de ses Origines.

            L’Enseignement Catholique est un Être Vivant. Il éprouve régulièrement le besoin de muer pour se renouveler et coller aux réalités du MOMENT.

            Il s’agit pour Lui de se « découvrir » et de se « redire » sa Nature propre conforme à sa Mission spécifique et cela en veillant à répondre aux besoins contemporains de la Société dans la quelle Il se trouve.

Le 1er Conseil National de l’Enseignement Privé Catholique a eu lieu du 3 au 6 septembre 1973.

            Après l’exposé du Professeur DOUGNON qui nous a plongés au cœur des besoins Éducationnels du Mali d’Aujourd’hui, la présente étape voudrait nous aider à mieux connaître l’Enseignement Catholique dans son identité universelle originale propre, ses spécificités propres et ce à partir de ses inspirations « originelles » en vue de dégager des perspectives visant à « régénérer » sa santé et sa vigueur.

0.2 : Un problème de « dénomination » et de « terminologie »

Sans y prêter attention, dans le langage ordinaire on  passe facilement d’un vocable à l’autre en pensant parler de la même chose.

« Enseignement » Catholique, « École » Catholique, « Éducation » Catholique ? Que recouvre chacun de ces termes ? Et qu’est-ce qui justifie le choix de « Enseignement » pour s’identifier ?

Dans le dictionnaire Larousse 2011 nous lisons :

 ÉCOLE :

  1. Établissement où on dispense un Enseignement collectif de connaissances générales ou particulières nécessaires à l’exercice d’un métier ;
  2. Ce qui est propre à instruire,  à former. Exemple : École de la Vie
  3. Ensemble des adeptes d’un même Maître d’une même doctrine. Exemple : École de Platon, d’Aristote, de Marx, de Sartre, d’Hegel etc.…

École Catholique : établissement appartenant à l’Église Catholique où on dispense un enseignement collectif

ÉDUCATION :

  1. Action de développer les facultés morales, physiques et intellectuelles ;
  2. Connaissance et Pratique des usages de la Société (politesse, bonnes manières)
  3. Action de Développer une faculté particulière de l’Être humain (exemple : le goût)

Éducation Catholique : Action de développer les facultés morales, physiques et intellectuelles en s’inspirant de la doctrine catholique

 

ENSEIGNEMENT :

  1. Action, manière d’enseigner ;
  2. Organisation de l’instruction. Exemple : Enseignement « public » - Enseignement « privé »
  3. Profession des enseignants : (faire carrière dans l’Enseignement)
  4. Leçon donnée par l’Exemple, l’Expérience. (cela doit servir d’enseignement)

Enseignement Catholique : Organisation propre à l’Église Catholique à travers laquelle elle dispense l’instruction et l’éducation et qui comporte :

  • Des lieux (Écoles, Établissements)
  • Un projet éducatif  qui dit sa « vision » et son « un esprit »
  • Des personnes (administration, enseignants, élèves et parents d’élèves)

 

  1. Les origines de l’Enseignement Catholique

 L’Église  n’a  « inventé » ni l’École  ni l’Enseignement !

Les grandes civilisations préchrétiennes ont connu leurs écoles et leurs Maîtres : Bouddha (Bouddhisme) ; Confucius (Confucianisme) ; Platon (platonisme) ; Aristote (Aristotélisme) ; Socrate (Socratisme).

L’Enseignement Catholique est une structure civile et une Institution chrétienne. Cette Institution a un Fondateur : Jésus Christ et s’inscrit dans une histoire, celle de l’Église et celle des relations entre l’Église, la société  et l’État ; en somme, disons qu’elle s’inscrit dans l’Histoire des Peuples.

Jésus est venu, a vécu en « faisant le bien partout où il passait » (Actes)

À la suite de Jésus, le Maître par excellence, l’Église a pris en main l’enseignement et l’éducation, réalisant ainsi une des principales œuvres de bienfaisance. Non seulement elle a obéi à l’ordre du Christ d’aller enseigner et baptiser toutes les nations mais avec le passage de la tradition orale à l’écrit, elle a pris conscience de la nécessité pour les chrétiens  d’apprendre à lire la Bible, s’ils voulaient s’en imprégner et conformer leur vie à celle du Christ.

  1. Quelques étapes historiques « significatives » 

En tant qu’Organisation comment a-t-elle pu prendre forme-corps à travers l’Histoire ?

Par rapport à l’Antiquité grecque et romaine, le christianisme a marqué le premier grand tournant de la  civilisation.

En effet, dans les écoles païennes, on enseignait la grammaire, la rhétorique, la musique, la gymnastique etc. Il s’agissait d’enseigner toutes les disciplines qui faisaient de l’Homme un être digne de ce nom. À cet Humanisme on pouvait donner un caractère religieux. puisque, à travers l’étude des auteurs classiques, on apprenait les différentes divinités.

  1. L’Antiquité chrétienne (0 – 476)

c’est sous la plume du Pape Clément de Rome, vers 96 de l’ère chrétienne, qu’est apparue l’expression « éducation chrétienne »

Les premières institutions didactiques chrétiennes ont été les écoles catéchuménales. On y enseignait exclusivement la doctrine chrétienne de base aux candidats au christianisme. C’est sur elles que se sont articulées plus tard les écoles catéchétiques, qui exposeront cette même doctrine de façon organisée et complète pour ceux qui étaient déjà chrétiens.

Il est à noter qu’à cette époque, il y eut des actions isolées de certains chrétiens visant à « catholiciser » l’enseignement profane dispensé dans les écoles publiques de l’empire romain. Parmi ces pionniers de l’enseignement catholique antique, il y a Justin (qui enseignait à Rome en 143), Patène (vers 180 à Alexandrie), Origène (IIe siècle), Clément d’Alexandrie (IIIe siècle). À partir du IIe siècle, il y avait, dans les principales Églises, des écoles de catéchistes, qui servaient indirectement pour l’instruction du clergé comme par exemple à Alexandrie, Césarée, Édesse et Nisibis. Dans ces mêmes villes surgirent des écoles supérieures, nettement chrétiennes, qui utilisaient la méthode philosophique grecque pour structurer la donnée chrétienne révélée.

 

Tout ce qui précède se déroule dans le milieu d’expression grecque.

Dans le milieu d’expression latine, ce sont les figures éminentes de Tertullien, de Cyprien, de Novatien et d’Hyppolite qui se distinguent à Rome et à Carthage (l’actuelle Tunis). Cela rend possible, aux IVe et Ve siècles, la magnifique synthèse culturelle réalisée par ceux que nous appelons les Pères de l’Église. Autour de chacun des Pères surgissent des Cercles d’Études formés par leurs disciples.

2- Le Moyen Âge

Au Moyen Âge on assiste à la décadence de la culture gréco-latine, qui était une culture urbaine, et à la réapparition de la culture rurale.

 C’est ainsi qu’à  la suite des conciles de Vaison (en France) en 529 et de Tolède (en Espagne) en 527 puis en 531, on assiste à la naissance des premières écoles ecclésiastiques rurales et épiscopales. Ces écoles rurales et épiscopales sont destinées presque exclusivement aux candidats aux ordres sacrés et au ministère pastoral.

Il y a au Moyen Âge trois types d’éducation :

  • L’éducation épiscopale pour le clergé et pour le peuple
  • L’éducation aristocratique pour la noblesse
  • L’éducation corporative pour les professionnels autour de Maîtres de métiers travaillant sur les cathédrales dans les monastères, les maisons des nobles, les châteaux et les palais.

Suivant ceux qui promeuvent et soutiennent ces différentes sections de l’éducation médiévale, il s’est développé au Moyen Âge cinq types d’écoles : les écoles municipales, les écoles des cathédrales, les écoles monastiques, les écoles palatines et les écoles corporatives.

 

3. Les Temps Modernes

On appelle « Temps Modernes » la période historique qui débute avec la découverte du continent américain par Christophe Colomb en 1492 et se termine avec la révolution française en 1789.

Cette époque moderne est caractérisée, entre autre, par les nouvelles découvertes techniques (la poudre, l’imprimerie, etc.), par la naissance de nouvelles nations, par les découvertes géographiques.

Elle est aussi caractérisée par la rupture de l’unité religieuse en Occident. C’est ainsi que face à cette rupture de l’unité religieuse, le catholicisme  crée tout un réseau de Collèges et d’Universités pour la défense et la connaissance de la doctrine catholique.

Les maîtres d’œuvre dans ce domaine sont les Jésuites (alors récemment créés). De nombreux catéchismes sont publiés et sont appris par cœur dans les paroisses et dans les écoles. Des universités sont créées pour l’étude de la religion catholique.

Dans les missions d’Amérique et d’Asie, l’activité évangélisatrice est très importante. De fait, la mission était au centre de tout. Ceci peut être encore constaté dans les ruines des anciennes missions. À côté de chaque couvent se trouvait une école. Dans chaque école, il y avait différents missionnaires qui s’occupaient de l’instruction élémentaire des enfants. Chaque mission était une école et chaque prêtre un instrument de diffusion culturelle parmi la population indigène.

            En Europe le Concile de Trente (1547-1563) élabora le programme pour l’éducation du clergé dans les Séminaires et pour l’éducation de l’enfance et de la jeunesse. Il décida que les prêtres s’occupent de l’enseignement élémentaire et supérieur. Chaque école devait avoir un maître qui enseigne le catéchisme et les rudiments des sciences. C’est avec ces orientations ecclésiastiques que naquirent plusieurs Congrégations religieuses. Pour l’éducation des prêtres, saint Jean-Eudes et Juan Jacobo Olier fondèrent des Congrégations qui instituèrent des Séminaires.

 L’éducation des classes aisées fut confiée aux Barnabites de saint Antoine Marie Zaccaria, aux Oblates de saint Charles Borromée, et aux Ursulines de sainte Angela da Foligno. À l’éducation des classes pauvres se consacrèrent les Oratoriens de saint Philippe Néri, les Écoles Pieuses de saint Joseph de Calasanz, les Écoles Chrétiennes de saint Jean Baptiste de la Salle.

Parmi les réalisations singulières, citons la surprenante création de la première école universelle pour les sourds-muets à Oña (Burgos, Espagne) par Pedro Ponce de Léon (1520 – 1584), moine bénédictin. C’est d’ailleurs lui qui a découvert le premier une méthode pour apprendre à parler aux sourds-muets.

Les Jésuites eurent beaucoup d’initiatives dans le domaine de l’enseignement. Outre la création de collèges et universités, ils « élaborèrent le premier système éducatif du monde ». C’est la célèbre « Ratio Studiorum » de 1599. Parmi ses principes de base, citons : la dignité de toute personne humaine, son droit à l’éducation, la nécessité d’une préparation constante des enseignants.

Saint Joseph de Calasanz (1556-1648) fonda à Rome en 1597, la première école gratuite du monde. Il a été le premier organisateur de l’enseignement primaire populaire. Un de ses principes fondamentaux est : la vérité éduque et libère l’homme ; l’éducateur est un collaborateur de la vérité.

Saint Jean-Baptiste de la Salle (1651-1719) établit à Reims et à Paris un séminaire pour la formation des maîtres, de véritables Écoles Normales laïques, avec une école annexe pour la pratique des aspirants maîtres.

4. L’époque contemporaine (de 1789 à nos jours)

Le XVIIIe siècle se caractérise par une critique démolissant toutes les institutions. La révélation chrétienne est attaquée de différentes parties. Les schémas de l’éducation catholique sont mis à mal. Les réformistes veulent étendre l’éducation à tous. La révolution française se fait le porte drapeau de ces aspirations. Tout citoyen a droit à l’éducation.

 L’État doit donc créer des écoles pour le peuple. L’éducation élémentaire doit être universelle, gratuite et laïque, dispensée par des maîtres séculiers.

La révolution proclame la liberté d’enseignement, la prédominance des matières scientifiques sur celles littéraires ou humanistes.

 Au XIXe siècle apparaissent des systèmes éducatifs non catholiques. Les gouvernements libéraux nient à l’Église le droit d’enseigner. L’Église hiérarchique défend avec véhémence son droit à enseigner. Quand la Belgique accède à  l’indépendance (1830), elle reconnait ce droit à l’Église ; à partir de 1842, l’enseignement de la religion est obligatoire dans les écoles publiques. Dans le Concordat avec l’Autriche (1855), il est affirmé que l’Église peut ouvrir des écoles.

Dans cette lutte acharnée pour le monopole de l’école par l’État, la réponse catholique n’est pas uniforme.

En France, le libéralisme catholique de Félicité de Lamennais défend la liberté d’enseignement dans la théorie et dans la pratique. En Italie, le prêtre Jean Bosco (1815-1888) ouvre à Turin des écoles diurnes et nocturnes avec des programmes qui coïncident avec ceux des écoles d’État, des écoles professionnelles pour cordonniers, mécaniciens, relieurs et typographes, des écoles agricoles dans les milieux ruraux.

En résumé, le XIXe siècle a vu une lutte sans merci entre l’Église et le libéralisme. La hiérarchie de l’Église (le Pape et les évêques) ont vécu sur la défensive. La réaction était habituellement la condamnation globale des nouveaux mouvements culturels, politiques et sociaux. L’encyclique Mirari Vos (1832) de Grégoire XVI et le Syllabus (1864) de Pie IX sont les deux expressions plus significatives de cette condamnation.

La lutte pour la liberté de l’école se poursuit au XXe siècle. La France est le prototype de cette lutte. En 1886, une loi fut approuvée qui proclamait l’école obligatoire, gratuite et laïque. Entre 1903 et 1904, plus de dix mille centres d’enseignement catholiques sont fermés. En 1905, le Parlement français déclara la séparation entre l’Église et l’État. L’Église réagit en organisant des écoles et des universités privées. Cette lutte voulait obtenir la reconnaissance juridique de l’école catholique, l’équivalence de droits entre les écoles catholiques et les écoles d’État, l’enseignement de la religion dans les écoles d’État, la subvention de l’école catholique de la part de l’État, l’égalité de conditions.

Tout au long du XXe siècle, de nouvelles Congrégations consacrées à l’enseignement sont fondées.

En 1929, Pie XI publie l’encyclique Divini illius Magistri, dans laquelle il affirme que l’éducation est de la compétence de la famille, de l’Église et de l’État, dans cet ordre.

 En 1965, le Concile Vatican II promulgue la Déclaration Gravissimum Educationis Momentum, sur l’éducation chrétienne.

En 1992, Jean-Paul II publia le « Catéchisme de l’Église Catholique » dont nombre d’articles concernent l’Éducation.

 

L’Église a centralisé l’organisation de toutes les Écoles catholiques par la création, au sein de la Curie romaine, de la Congrégation pour l’Éducation Catholique, qui a produit d’importants documents théoriques et des directives pratiques sur l’Éducation Catholique

Avec ce bagage doctrinal, cohérent et actualisé, l’Église poursuit sa Mission d’Éducation et d’Enseignement avec le souci d’être au service des Sociétés au milieu desquelles elle EST.

Elle crée » des Écoles spécialisées : journalisme, Écoles Normales pour la formation des Maîtres, Universités de tous types et toutes disciplines. Les derniers moyens technologiques sont également utilisés.

 

Conclusion sur ce point des origines de l’Enseignement Catholique

Que retenir de cette Genèse de l’Enseignement Catholique dans l’Histoire des Peuples ?

Ce parcours des origines de l’Enseignement Catholique fait apparaitre un certain nombre constances :

  1. L’Église offre un lieu, un corps d’enseignants, dès l’expérience d’Alexandrie, puis autour des cathédrales, des monastères et des paroisses pour l’éducation intégrale de ses fils.
  2. Le souci permanent de l’Église pour une éducation qui part des convictions de sa foi.
  3. L’initiative vient aussi bien de la hiérarchie que du laïcat ; d’individu, de religieux ou de congrégations ; elle est parfois sollicitée par l’État
  4. Il s’agit d’un appui ou une réponse à la quête des familles chrétiennes ou des sociétés locales ;
  5. L’enseignement prend en compte les programmes et méthodes du temps.
  6. Il cohabite avec d’autres Enseignements (Le pluralisme et la diversité sont reconnus).
  7. L’institution demeure ouverte à toute confession.

 

  1. L’identité de l’Enseignement Catholique

La congrégation pour l’Éducation Catholique précise que : « La mission de l’Église est d’évangéliser, c’est-à-dire d’annoncer à tous la Bonne Nouvelle du salut, d’engendrer par le baptême de nouvelles créatures dans le Christ et de les éduquer à vivre en fils de Dieu ». (École Catholique n°7)

1 - C’est pour remplir cette mission que l’Église établit des écoles catholiques, parce qu’elle voit dans l’institution scolaire un moyen privilégié de formation intégrale, en ce qu’elle est un lieu où se développe et se transmet une conception du monde, de l’Homme et de l’histoire. L’école catholique s’insère donc dans la ligne de la mission de l’Église, en particulier dans sa tâche d’éduquer à la foi.

2 - Le canon 803 §1 du code de droit canonique dit : « On entend par école catholique celle que dirige l’autorité ecclésiastique compétente ou une personne juridique ecclésiastique publique, ou que l’autorité ecclésiastique reconnait comme telle par un document écrit ».

3 - Le même canon dans son §3 précise qu’aucune école, même si elle est réellement catholique, ne portera le nom d’école catholique si ce n’est du consentement de l’autorité compétente. Car, en effet, l’École Catholique reçoit, en quelque sorte, de la part de la Hiérarchie un « mandat » comme institution apostolique.

Ce qui caractérise donc l’école catholique ; ce qui la définit dans ce sens, c’est sa référence,

- sous l’autorité hiérarchique,

à la conception chrétienne de la réalité. C’est  Jésus Christ qui est le centre de cette conception. C’est le Christ qui est aussi, par conséquent, le fondement du projet éducatif de l’école catholique : il révèle le sens nouveau de l’existence et transforme cette existence en rendant l’homme capable de vivre d’une manière divine, c’est-à-dire de penser, vouloir et agir selon l’Évangile, faisant des béatitudes la loi de sa vie.

 

C’est proprement dans cette référence explicite à la vision chrétienne partagée – bien qu’à des degrés divers- par tous les membres de la communauté scolaire que l’école est catholique, car ainsi les principes évangéliques inspirent son projet aussi bien comme motivations que comme finalités.

L’école catholique se « structure » donc comme sujet ecclésial, comme lieu d’une authentique action pastorale spécifique. Elle partage la mission évangélisatrice de l’Église et est un lieu privilégié où se réalise l’éducation chrétienne. Le caractère ecclésial de l’école est donc inscrit au cœur même de son identité d’institution scolaire. Elle est vraiment sujet ecclésial en raison de son action scolaire où fusionnent harmonieusement la foi, la culture, la vie.


 

  1. La spécificité de l’Enseignement Catholique

 

Le Concile Vatican II, dit : « La présence de l’Église dans le domaine scolaire se manifeste à un titre particulier par l’école catholique. Tout autant que les autres écoles, celle-ci poursuit des fins culturelles et la formation humaine des jeunes. Ce qui lui appartient en propre c’est de créer dans la communauté scolaire une atmosphère animée d’un esprit évangélique de liberté et de charité, d’aider  les adolescents à développer leur personnalité en faisant en même temps croitre en humanité cette créature nouvelle qu’ils sont devenus par le baptême et finalement d’ordonner toute la culture humaine à l’annonce du Salut, de telle sorte que l’enseignement transmis par les éducateurs et acquis par les élèves, soit illuminé par la foi ». (Gravissimum Educationis n°8)

L’Église voit donc dans l’École Catholique un moyen privilégié qui permet la formation intégrale de ses membres et un service de grande importance en faveur de tous les hommes. En cette direction, les écoles catholiques sont à la fois lieux d’évangélisation, d’éducation intégrale, d’inculturation et d’apprentissage du dialogue de vie entre jeunes de religions et de milieux sociaux différents.

Selon le canon 803 §3, l’Enseignement et l’Éducation dans une école catholique doivent être fondés sur les principes de la doctrine catholique et les maîtres se distingueront par la rectitude de la doctrine et la probité de leur vie.

 Ainsi l’École catholique s’engage consciemment à promouvoir l’homme intégral, parce que dans le Christ, l’Homme parfait, toutes les valeurs humaines trouvent leur pleine réalisation et leur unité harmonieuse. C’est en cela que consiste son caractère spécifique. C’est en cela qu’est fondé son devoir de cultiver toutes les valeurs humaines dans le respect de leur légitime autonomie, fidèle en cela à sa mission de se mettre au service de tous les hommes.

En effet Jésus Christ ennoblit l’homme et donne à son existence une nouvelle valeur. Il est le modèle et l’exemple de vie que l’École propose aux jeunes.

Si donc l’École Catholique, comme toutes les écoles, est orientée vers la transmission systématique et critique de la culture en vue de la formation intégrale de la personne, elle tend à cette fin dans la ligne d’une vision chrétienne de la réalité par laquelle la culture acquiert sa place éminente dans la vocation intégrale de l’homme.

 

  1. Les perspectives de l’Enseignement Catholique

 

  • Émanant de la conscience Missionnaire Évangélisatrice de l’Église pour le Monde,
  • Ayant le souci de former l’Homme dans toutes ses dimensions,
  • Tenant compte des Réalités Actuelles ;

Quelle devrait être la vision de l’Enseignement catholique, particulièrement au Mali ?

 

En face des graves problèmes que l’éducation chrétienne rencontre dans la société pluraliste contemporaine, il est nécessaire de centrer l’attention sur la nature et les caractères distinctifs de l’école qui se définit et se présente comme catholique. Étant donné que l’École Catholique se trouve dans des situations très diverses suivant les différents pays de tradition chrétienne ou non chrétienne, notamment par rapport à la législation scolaire, les problèmes qui la concernent doivent sans doute être étudiés et résolus par les Églises locales dans le cadre des diverses contextes socioculturels.

En tout état de cause,

Il serait hautement opportun :

1-De mettre en lumière la valeur éducative de l’École Catholique, valeur qui constitue sa raison d’être principale et fondamentale et qui est la base de son apostolat.

2-D’élaborer des projets éducatifs qui répondent aux exigences de l’éducation intégrale des élèves des sociétés concernées ;

3-D’engager la Responsabilité de tous les protagonistes (parents, enseignants, élèves, autorités scolaires) pour qu’ils assurent tous les moyens et toutes les ressources  qui permettent à l’École Catholique de remplir sa mission sociale et apostolique.

4-Que tous les acteurs de l’Enseignement Catholique aient le souci de l’efficacité de l’Activité Éducative. De la sorte les jeunes sortant des Écoles Catholiques seront culturellement armés (avec le savoir requis) et spirituellement dotés pour être des personnalités autonomes et responsables.

5-D’inviter les enseignants catholiques à entreprendre un vigoureux effort d’adaptation aux exigences de leur mission dans le monde contemporain.

6-D’avoir constamment à l’esprit que l’école instruit pour éduquer, c’est-à-dire pour permettre à l’Homme de s’épanouir, pour le libérer des conditionnements qui pourraient l’empêcher de vivre en homme autonome et responsable. C’est pour cela qu’elle doit explicitement se fonder sur un projet éducatif qui tende à la promotion totale de la personne.

7-De défendre le droit à l’éducation pour tous certes, mais aussi le droit à une éducation personnalisée

8-De prôner et mettre en œuvre l’éducation aux valeurs en renforçant la collaboration avec tous les partenaires (parents, enseignants, élèves, autorités scolaires) et surtout avec l’État qui doit développer une politique d’insertion respectueuse de l’identité et de la spécificité de l’Enseignement Catholique.

9-De prendre à cœur la formation permanente des enseignants. Il s’agit concrètement de profiter de la présence de l’Unité Universitaire de Bamako (U.U.Ba.) pour former les enseignants en Sciences de l’Éducation.

10-De créer un Centre de Formation spirituelle et morale pour les enseignants (recommandation de  la SESSION NATIONALE de 1988).

11-D’établir un partenariat constructif avec les Syndicats, notamment le Syndicat des Travailleurs de l’Enseignement Catholique (SynTEC) : dont les tâches sont me semble-t-il à la fois la défense des intérêts des Travailleurs et ceux de l’Enseignement Catholique.

12-A défaut d’une Banque africaine ou régionale d’Enseignants Catholiques pourquoi ne pas rêver d’un Corps de Coopérants de l’Enseignement Catholique généré par la CEREC ou l’OIEC promoteurs d’une École Normale Régionale de Formation des Maîtres de l’Enseignement Catholique ?

 

L’Enseignement scolaire dans les écoles catholiques maliennes doit tendre à faire acquérir à l’élève des techniques, des connaissances, des structures mentales et des méthodes intellectuelles, des attitudes morales et sociales qui lui permettent de s’épanouir dans sa personnalité et de s’insérer dans la communauté humaine comme un membre utile.


 

Conclusion

Pour conclure ?

Je voudrais conclure par une QUESTION et un RÊVE

  1. LA QUESTION : Elle est posée à l’Église et à la Société :

               Pourquoi l’Enseignement Catholique ?

-De la part de l’Église :

+ Elle existe pour Évangéliser. Une des formes d’Évangélisation qu’elle privilégie est l’Enseignement. L’Enseignement de sa Doctrine en tout temps et en tout lieu.

+Évangéliser c’est ouvrir toutes les dimensions de l’Homme à la lumière de l’Évangile. Il est donc du devoir de l’Église de permettre à l’Homme de développer toutes ses facultés

+

-De la part de la Société :

+Elle a besoin de la complémentarité qu’apporte l’Enseignement Catholique – qui donne ainsi aux parents et à leurs enfants la liberté de choisir

+Elle a besoin de ce « supplément d’âme » qu’offre l’Enseignement Catholique, à condition que celui-ci ne se contente pas d’enseigner ce que tout le monde doit enseigner –à condition qu’il ne se contente pas de le faire « mieux » avec de meilleurs résultats ; mais qu’au-delà de la transmission de savoirs ou de connaissances, il Éduque  et ouvre les intelligences et les cœurs au monde de l’invisible : celui des valeurs, de Dieu et de la Relation à Dieu (religion)

  1. LE RÊVE ? en 3 tableaux :

-Un Enseignement Catholique au Mali où chaque membre du Corps tripartite est fortement impliqué dans l’activité d’enseignement: laïc, religieux – prêtre

-Un Enseignement Catholique au Mali où l’Association des Parents d’Élèves, les Syndicats –surtout celui qui porte le qualificatif « Catholique », les Délégués du Personnel Enseignant soient co-propriétaires, même si c’est à un degré différent de l’Institution Enseignement Catholique.

-Un Enseignement Catholique au Mali reconnu d’utilité publique et délivré de l’ostracisme et de la discrimination dont il est parfois l’objet de la part de certains cercles laïcistes.

 

 Qu’est-ce que l’École Catholique offre de spécifique ?

 Elle défend une éducation pour tous, mais personnalisée, permanente, familiale, surnaturelle. Un centre n’est pas une école catholique parce qu’on y enseigne la religion. Il le sera dans la mesure où on y enseigne toutes les disciplines avec une interprétation qui permette l’ouverture de la personne au monde surnaturel ou au mystère.

Je vous remercie !


 

Éléments de bibliographie

 

La Bible TOB (Traduction Œcuménique de la Bible), Société biblique française & Cerf, Paris, 1988.

UNION PONTIFICALE MISSIONNAIRE, L’école catholique dans l’histoire des peuples, Rome, 2002

Code de Droit Canonique promulgué sous l’autorité de sa sainteté le Pape Jean-Paul II, Vatican 25 janvier 1983

Conférence de Son Excellence Monseigneur Anselme SANON, « Historique, Rôle et Vocation de l’Enseignement Catholique au Burkina Faso », Ouagadougou 16 décembre 1996

Catéchisme de l’Église Catholique, Centurion/Cerf/Fleurus-Mame/Librairie éditrice vaticane, Paris, 1998.

CONGREGATION POUR L’ECOLE CATHOLIQUE,

Revue «  L’école catholique » : n° 7 ; 8 ; 9 ; 33

Gravissimum Educationis Momentum (Déclaration sur l’Éducation Chrétienne)

            Concile Vatican II, Rome 28 octobre 1965


 

NOTRE PROJET EDUCATIF

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PLAN

Introduction

 

1 – Historique du Projet éducatif

2 – Le contenu du Projet éducatif

2.1 L’école catholique et sa spécificité

2. Sa spécificité organisationnelle

2.3 Les principes de base de sa spécificité

2.4 Interpellation

2.5 Prière de Conclusion

 

Annexe


 

INTRODUCTION

Eduquer ou périr : Ainsi le Professeur Ky Zerbo exprimait à sa manière cette pensée du Prophète Osée 4,6 : Mon peuple périt faute de connaissance.

  • Salutations et remerciements pour l’invitation à la session ;
  • Sommes tous enseignants et surtout éducateurs ;
  • Cela suppose que nous sommes habités par une vision de l’homme et de l’humanité, des repères qui servent de références, des valeurs à vivre et à partager ;
  • Ces repères, références, valeurs qui font la personne humaine se trouvent dans toutes les sociétés, religions ;
  • Elles sont inaliénables, inaltérables, et de portée universelle ;
  • La vie et la pérennité de la société dépendent de l’usage que les générations en font ;
  • Elles sont portées par toute la société et transmises par le canal de l’éducation (formelle ou non) en vue de la formation de l’Homme, homme et femme.
  • Elles définissent et déterminent le type d’Homme à former et pour quelle fin.

En cela elles constituent un projet social et anthropologique de portée holistique globale.

  • La famille, la communauté villageoise, les sociétés d’initiation constituent des lieux de cette éducation. L’école aussi.
  • L’Eglise est aussi une société. Elle a sa vision de l’Homme, image de Dieu qui est référée à l’humanité de Jésus Christ dont Jésus est la plus parfaite image de Dieu Invisible.
  • Cette vision est consignée et applicable : c’est son Projet pour éduquer à une humanité parfaite à l’image de celle du Christ, d’une personne : Jésus.
  • Ce projet est une proposition au monde, mais elle est mise en œuvre dans les structures éducatives de l’Eglise.
  • Si le monde fait confiance à l’Eglise, à ses institutions d’éducation c’est parce qu’elle a une vision intégrale de l’Homme qui a fait ses preuves.
  • Mais ce sont les hommes et les femmes qui animent ses institutions qui les font. Ils les font parce qu’ils ont été eux aussi convaincus et façonnés par cette vision, par ce Projet éducatif.
  • Ils sont le maillon le plus important dans la mise en œuvre du projet. Il s’agit des enseignants et les responsables de nos institutions scolaires.
  • Je suis donc heureux de partager avec vous le contenu de ce projet de l’Eglise dans le domaine précis de la formation de l’Homme.
  • Mon propos portera sur deux points :
  1. Historique du Projet éducatif ;
  2. Le contenu du Projet éducatif ;

2.1 L’école catholique et sa spécificité ;

2.2 Sa spécificité organisationnelle ;

2.3 Les principes de base de sa spécificité ;

2.4 Les interpellations ;

2.5 La prière de conclusion.

1. HISTORIQUE DU PROJET EDUCATIF :

Les premiers enseignants de nos écoles catholiques furent les premiers missionnaires, hommes et femmes.

Ils avaient une pleine connaissance de leur mission, et à travers leurs écoles ils savaient quels types d’hommes et femmes il fallait former.

Et dès les premières heures de la mission l’école était directement liée à la mission à Ségou. Jusqu’en 1974 l’école était directement dirigée par les pères et sœurs. Sœur Anita, Sr Guenaël, Père Jaouen, Père Didier, Père Jansens, Père Plenier sœur Yves Louis etc…

Ils se feront aider plus tard par des auxiliaires répétiteurs ou moniteur qui travailleront dans leur esprit et dans leur sillage. Dans le diocèse de Ségou il reste seulement deux de cette génération, sinon trois : c’est Mr Etienne Konsébo à Niono, Mr Siméon Ouédraogo à Kolongo et Mr Rémi Coulibaly à Fana.

L’application des lois laïques à partir de 1905 au Soudan verra la diminution et la suppression des subventions qu’accordait l’état français et certains organismes comme l’Alliance française.

Il fallait des diplômés pour enseigner et à l’époque (1940) une seule religieuse avait un bac classique.

C’est avec le remplacement progressif de ces pionniers par des diplômés tout venant que l’école va commencer à perdre progressivement ses repères pour apparaître aux yeux de certains comme une école ordinaire.

Mais il faut rappeler ici que les évêques avaient pensé à la relève de ces prêtres et religieuses enseignants en créant les cours normaux de Toussiana (1942), de Sikasso (1958).

Malgré cela une alerte est donnée par les enseignants sortis de ces écoles au 1er conseil national de l’Enseignement Catholique en 1973. Déjà à cette date on commençait à signaler dans nos rangs des enseignants dont le comportement et l’action pédagogique ne correspondaient plus avec l’éthique de l’école catholique.

Les ainés vont demander l’élaboration d’un projet éducatif. Mr l’abbé Jean Zerbo au nom des prêtres maliens va abonder dans le même sens.

L’Assemblée générale de l’EPC tenu à l’ENTEF de Banankoro sous la houlette de l’abbé Paul Somboro va également demander l’élaboration d’un projet éducatif pour compléter la formation de jeunes maîtres.

Il faut rappeler que le foyer de badalabugu avait été ouvert justement pour créer et maintenir l’esprit de l’école catholique chez les postulants enseigants de nos écoles.

Mais c’est surtout la session nationale de réflexion pastorale de juillet 1988 qui insistera en faveur d’un projet éducatif qui définirait l’identité et la spécificité de l’EPC.

« Le projet éducatif de l’Enseignement Catholique » est publié en avril 1993 sous forme de lettre pastorale.

D’autres documents référentiels vont êtres publiés pour cadrer et orienter l’action pastorale au Mali : il s’agit de :

+  « Une Eglise communion fraternelle au service de l’Evangile » 28 septembre 1990 (pastorale d’ensemble)

+ « Des chemins pour un monde nouveau » octobre 1993 (pastorale sociale)

+ « Le projet éducatif de l’Enseignement catholique » avril 1993

+ « Jette tes béquilles et marche » 25 mars 1994 (pastorale financière)

2/LE CONTENU DU PROJET EDUCATIF

Nous venons de voir l’historique du Projet Educatif.

La leçon historique qu’elle nous donne c’est que son absence et sa méconnaissance ont failli porter préjudice à l’identité de l’EPC et partant à son existence.

Que contient ce document, cette charte de l’enseignement Catholique dans le domaine de l’éducation ? Seulement deux choses :

  • L’école catholique une école spécifique parce que au service de la mission de l’Eglise,
  • Et les principes de base de cette spécificité.

2.1  L’école catholique et sa spécificité

L’Ecole catholique est spécifique parce qu’elle est une école confessionnelle. Elle est au service de la mission de l’Eglise universelle et locale ou vice versa. Cette mission est de porter l’Evangile jusqu’aux extrémités de la terre. Cette mission consiste à l’émergence d’une race nouvelle d’homme rempli d’amour et servant Dieu et l’humanité à l’instar du CHRIST.

L’enseignement catholique est au service de l’éducation de l’homme chrétien, afin qu’il imprègne toutes les réalités de son environnement de l’esprit de l’Evangile. Elle est aussi au service de la communauté humaine à qui elle propose des valeurs de l’Evangile qui sont des valeurs universelles. Elle est ouverte donc à tous.

En plus de l’enseignement religieux direct il faut ajouter les œuvres de promotion humaine.

L’école catholique ne se comprend et ne se reçoit que par rapport à la mission de l’Eglise.

Mgr Toulotte et Mgr Hacquart croyaient à l’école comme un moyen d’apostolat mais aussi comme un moyen de servir leur pays et leur civilisation.

Mgr Bazin dit que l’école est avant tout un moyen d’apostolat. Elle n’a de place que dans la mesure où elle sert cet objectif.

C’est pourquoi elle est spécifique et cela doit apparaître à tous les niveaux.

2.2.1 La spécificité organisationnelle

L’Enseignement catholique est conforme à l’organisation et à la mission de l’Eglise. Elle a un enracinement diocésain. L’évêque comme pasteur propre du diocèse en est le premier responsable ; de même le curé au niveau paroissial.

Le directeur diocésain est l’animateur principal de la pastorale scolaire. Au nom de l’évêque, il est l’administrateur des écoles, et animateur pédagogique, puis gestionnaire des ressources (humaines surtout).

L’école est également paroissiale. Elle relève du curé en tant que lieutenant de l’évêque dans la paroisse. Le directeur de l’école est nommé par le directeur diocésain avec l’avis du curé et de l’aumônier. L’évêque a droit de veto.

Au niveau national, c’est une coordination dans la collaboration avec les directeurs diocésains et les pouvoirs publics. Un secrétariat sous la direction d’un évêque responsable auprès des évêques.

2.2.2 Les principes de base de sa spécificité

La pastorale scolaire repose sur trois principes de base :

La non neutralité, l’intégralité, l’adaptation.

Il est important de savoir que ces principes conjugués ensemble participent à la réalisation de la finalité de l’école catholique. Cette finalité le Pape Pie IX le définit dans son encyclique intitulée : « InDivini illius magistri » en ces termes : « puisque l’éduction consiste essentiellement dans la formation de l’homme, lui enseignant ce qu’il doit être et comment il doit se comporter dans cette vie pour atteindre la fin sublime en vue de laquelle il a été créée, il est clair qu’il ne peut avoir de véritable éducation qui ne soit tout entière vers cette fin dernière ».

Les principes basiques de la spécificité de l’enseignement catholique nous permettent justement d’atteindre cette finalité. Ils donnent à créer chez l’apprenant un savoir être pour ETRE à jamais.

Maintenant comme chacun de ces principes conduit à la réalisation de cette finalité ultime ?

LE PRINCIPE DE LA NON NEUTRALITE

Le projet éducatif véhicule une sagesse. Or aucune sagesse n’est neutre. Il y a de la philosophie sans sagesse. Ici sagesse en question est celle de Dieu révélée en Jésus Christ.

L’enseignement catholique est une école, chrétienne : « c’est Jésus qui est le fondement du projet éducatif de l’école catholique ».

Plus qu’une idéologie, une philosophie, un parti, le principe de la non neutralité dit que l’école catholique trouve dans la personne du Christ son fondement et sa finalité en ce sens que Jésus est l’homme parfait, pleinement accompli en qui toutes les valeurs humaines trouvent leur réalisation.

C’est l’humanité parfaite que l’école catholique veut promouvoir en l’homme et dans les générations pour que l’humanité réalise et accomplisse sa vocation.

En voulant faire de l’école catholique une école laïque on la dénature.

Et lorsque l’enseignement que nous donnons ne se réfère pas aux valeurs évangéliques nous dénaturons l’enseignement catholique. D’où les exigences à savoir : la prise en compte des questions existentielles, du sens et de la vocation de l’homme dans la perspective chrétienne. Ces valeurs évangéliques sont aussi universelles.

LE PRINCIPE DE L’INTEGRALITE

Si le principe de la non neutralité est strictement spirituel, religieux, le second est purement anthropologique. Mais les deux ne s’excluent pas.

Le second principe est le principe de l’intégralité. Il prend en compte le développement de tous les aspects de la vie de l’Homme dans la perspective chrétienne de l’Homme. Et qu’elle est cette perspective ?

1Théssaloniciens 5,23. Dans ce passage nous trouvons la formule définitive de l’anthropologie biblique et chrétienne : « Que le Dieu de paix vous sanctifie lui-même entièrement et qu’Il garde dans l’intégrité votre esprit, votre âme et votre corps sans reproche  à la parousie de notre Seigneur Jésus Christ ».

Ici, c’est l’homme pris dans son unité comme dira le Pape Paul VI et dans se totalité : corps et âme, cœur et conscience, pensée et volonté.

Ici on vise à éduquer à un épanouissement total de la personne humaine ; donc la formation intellectuelle, morale, religieuse et spirituelle.

La formation intellectuelle : savoir pour servir l’humanité et Dieu et dans l’amour. Elle est fondée sur la conception que l’esprit est l’imago dei in homo, et recherche la Vérité avec un sens critique comme méthode. Beaucoup de nos enseignants sont et demeurent dans l’aspect communication du savoir. Ils travaillent à remplir la tête des élèves qu’à les aider à savoir pour discerner et servir avec une volonté libérée. La finalité, une tête bien faite, un cœur ouvert à Dieu et au monde.

La formation morale : porte sur l’éducation des profondeurs humaines. Elle intègre le développement des facultés physique comme support des profondeurs car ce qui touche le corps touche l’esprit et l’âme.

Le développement des facultés physiques insinue l’esprit d’équipe, d’auto dépassement, la réalité de l’endurance et du dépassement, etc.

Une âme saine dans un corps sain en est la clé de lecture. Elle intègre également le développement des qualités morales. Le mal du siècle, le nôtre est celui de la moralité, de la perte du sens morale. Ici il s’agit de développer chez les enfants le sens du devoir, de la responsabilité vis-à-vis des autres et de Dieu. Il s’agit également de faire valoir chez les jeunes l’éminence de la vérité, du vrai, du noble, du juste, l’honorable. Les vertus en somme MAYA. Ici, il faudra faire une ouverture sur les valeurs culturelle, le décalogue et les béatitudes. Il faut noter qu’ici l’enseignant devient témoin car c’est sa propre vie qui passe en film devant les élèves lorsqu’il parle de qualités morales.

« L’homme contemporain écoute plus volontiers les témoins que les maîtres, ou s’il écoute les maîtres, il le fait parce que ce sont des témoins, disait Paul VI. » Kami bè a nyè ma ton flè.

La formation morale intègre aussi la question de la maturité affective et la liberté :

  1. Education sexuelle positive et prudente, sens de l’amitié et du véritable amour qui est don de soi et respect de l’autre ;
  2. Ici c’est la fine pointe de l’éducation dit le PE. La liberté selon le PE est la capacité de porter un jugement personnel sur les réalités et agir avec responsabilité.

La formation morale intègre enfin la formation de la conscience et l’ouverture à l’Absolu.

  1. La conscience étant le centre le plus secret de l’homme, le sanctuaire où il est seul avec Dieu. La formation de la conscience se fait à la lumière de la Vérité du Christ qui refuse tout conformisme.
  2. La formation à la réalité de l’Absolu est de la compétence de l’Eglise. C’est l’accueil de Jésus Christ et devenir disciple grâce à une atmosphère chrétienne créée à cet effet. Puis aider également les jeunes à réaliser cette synthèse entre foi et culture, entre foi et vie.

LE PRINCIPE DE L’ADAPTATION

L’Eglise est dans le monde de ce temps. Elle est solidaire des joies et espérances des hommes et femmes de tous les temps. C’est pourquoi elle est capable de communiquer le message révolutionnaire de l’Evangile à tous les hommes de tous les temps. Jésus lui-même qui est le fondement de ce principe a su adapter son enseignement à ses disciples.

L’école catholique lie l’école à la vie et ne perd pas de vue la vocation ultime de l’homme dans ce processus qui est d’aimer et de servir.

L’enseignement catholique est dans cette ligne depuis les premières heures de l’évangélisation de notre pays.

 

INTERPELLATIONS AUX PARTENAIRES DE L’ENSEIGNEMENT CATHOLIQUE

  1. Un projet attrayant et exigeant ;
  2. La réussite dépend de son acceptation par tous les partenaires :
  1. L’Etat
  2. Le personnel
  3. Les parents d’élèves
  4. Les élèves
  5. Les agents pastoraux
  6. Dieu Lui-même.

I – L’Etat :

La nécessité de maintenir la bonne tradition des concertations régulières et franches entre l’Etat et l’Eglise.

La nécessité de préserver les acquis tout en cherchant à les adapter à les améliorer.

Ils sont expression de la volonté de l’Etat de reconnaître le droit à la liberté d’enseignement et d’adoption des mesures d’application concrètes de ce droit.

II – Le personnel

Premiers collaborateurs des parents dans l’œuvre d’éducation de leurs enfants.

Nécessité de consentir et d’adhérer au projet éducatif. Faire de la communauté scolaire un lieu où il fait bon vivre en frères et sœurs, animés d’un même esprit : AIMER – SERVIR. Chercher à défendre et à sauvegarder les intérêts matériels légitimes des jeunes qui nous sont confiés : développer le sens du don de soi et du sacrifice, cela incite à la reconnaissance. Savoir imiter la pédagogie de la mère poule :

  • Elle sait couver ses œufs, veiller sur les poussins ;
  • S’investit pour leur livrer des proies inoffensives ;
  • A temps voulu, leur apprendre à se libérer à se prendre en charge ;
  • Patience, amour, fermeté comme Dieu le fait avec chacun d’entre nous ;
  • S’inspirer de la patience et de la pédagogie de Dieu, avoir une attention pour les moins doués, les plus faibles.

III – Aux parents

Premiers responsables de l’éducation des enfants que Dieu leur a confiés. Fondement : Karissa wolola, ani karissa tla la o tè kelen yé !

L’éducation est le devoir des parents. Ils s’en acquittent avec l’aide des autres.  « a yé dèmin den kola, den tè mogo kelen ta èé. » Ils doivent se soucier de tous les aspects de cette éducation selon les principes ainsi énoncés : so don, jiri don, yèrè don de nyogon tè, wa Alla don de nyogon tè.

Ainsi se trouve formulée l’éducation dans sa double dimension, celle horizontale qui l’ouvre à l’univers des réalités créées et celle verticale qui l’ouvre à Dieu, aux valeurs morales et spirituelles. C’est ainsi que la famille doit devenir le lieu où l’enfant apprendra la hiérarchie des valeurs. La supériorité de l’Ethique sur la Technique, celle de la personne sur les choses, de l’être sur l’avoir. La prière sera pour les parents un remède efficace qui les aidera à réussir une telle mission. Nous pensons aux prières de Sainte Monique pour son fils Augustin.

IV – Interpellations des élèves

L’enseignement catholique veut vous intéresser à tout ce qui constitue les dimensions d’une vie achevée selon le plan de Dieu :

  • Ouverture au monde ;
  • Ouverture aux autres ;
  • Ouverture à Dieu.

Vous avez les éléments pour réussir votre vie ; ce qui est plus que réussir dans la vie !

V – Les agents pastoraux

Ne pas décevoir les parents. Ils nous font confiance en nous confiant leurs enfants 9 mois de l’année, malgré les difficultés de tous ordres. Croire à l’enjeu de l’éducation Eduquer ou Périr, c’est ainsi que l’a exprimé le très regretté professeur Ky Zerbo. Il s’agit pour l’Eglise de participer à cette mission majeure, semer dans les cœurs de ceux qui nous sont confiés, la bonne graine de l’Amour et du Service.

Amour et service des humains, expression de l’Amour service de Dieu. Sans se substituer aux enseignants, les agents pastoraux doivent revoir leur attitude par rapport aux écoles et aux enseignants, au monde scolaire.

Il s’agit de renouer avec :

  • Les enseignants ;
  • Les parents d’élèves ;
  • Les élèves eux-mêmes.

L’école est un lieu providentiel de rencontre et de témoignage. Un espace ou la rencontre vraie permet de prévenir sinon d’effacer les préjugés dangereux pour notre vivre ensemble dans le respect de nos différences.

Aujourd’hui, plus que jamais, eu égard à l’épreuve qui s’est abattue sur le Mali de 2012 à nos jours, il nous faut redonner à l’éducation scolaire, toute sa place. Une manière pour notre église d’être un espace où la Bonne Nouvelle de la réconciliation et de la paix, de l’Amour et de service, est enseignée et vécue.

Pour réussir une telle mission, il y a une conviction qui ne cesse de grandir en moi, je la partage avec vous. Il s’agit de l’ouverture  d’une école de formation des formateurs de l’enseignement catholique dont la vocation est justement l’éducation scolaire. L’avenir de l’enseignement catholique est à ce prix.

Saurions-nous nous en donner les moyens ? Il s’agit d’éduquer ou de périr !

Faisons le bon choix, celui de l’éducation. Puisse Dieu entendre la prière que nous lui adressons pour que notre rêve devienne réalité pour un Mali nouveau !

VI – Prière de Conclusion

Notre sixième et dernière interpellation sera une prière.

Dieu notre Père,

Toi qui aimes et éduques tes enfants,

Conscients de l’enjeu de l’Education à travers l’institution scolaire,

A savoir : Eduquer ou Périr,

Nous nous tournons ver Toi.

Au milieu de la deuxième décennie

Du second centenaire de notre Eglise,

Nous voulons Te louer, Te bénir

Pour les nombreuses tâches apostoliques,

Précieux héritage de notre Eglise,

Engagés à bâtir ensemble

Une Eglise Communion Fraternelle

Au service de l’Evangile.

 

Nous voulons aujourd’hui Te confier

L’une de ces tâches :

L’Enseignement Catholique avec son projet éducatif spécifique.

 

Pour nos doutes par rapport à ce projet, pardonner

Pour les succès connus de Toi seul, merci

 

Pour nos échecs en ce domaine, pardonner

Pour les victoires connues de Toi seul, merci

 

Pour nos démissions en ce domaine, pardonner

Pour l’amour manifesté, merci

 

Nous te supplions humblement,

Fait vibrer nos cœurs

Aux appels angoissés de la jeunesse,

De toute la jeunesse de ce pays,

De tous les jeunes du monde entier.

Remplis-nous de Ta Sagesse

Afin que nous puissions les guider vers Toi.

 

Guide-nous dans la recherche

Des ressources humaines,

Matérielles et spirituelles,

Indispensables à leur formation.

 

A la prière de Marie, Mère Educatrice,

A la prière des Saints et des Saintes

Qui se sont consacrés à l’Education

A travers l’institution scolaire

Apprends-nous à faire

Du chemin de l’Ecole Malienne,

Un chemin de l’Ecole Catholique,

Un chemin parmi tant d’autres,

La voie d’accès des enfants

A celui qui nous redit aujourd’hui

« Laissez les enfants venir à moi,

Ne les empêchez pas… » Mc 10,14

Nous contribuerons ainsi à relever le défi

« Eduquer ou Périr »   pour leur salut,

Pour Ta Gloire, Dieu,

Père, Fils et Esprit Saint.

Amen.

 

           


Forum national de l’E.C.

Samaya : 02 au 06 septembre 2013

L’Enseignement Catholique au Mali,

Hier,  aujourd’hui et demain

 

Introduction

 

Je ne suis pas un spécialiste des questions pédagogiques ni un spécialiste de l’Enseignement Catholique, Je ne sais donc pas pourquoi je me retrouve là devant vous à parler d’Enseignement catholique. Il est vrai que je suis un pur produit de l’Enseignement catholique de la première année du fondamental jusqu’à la maîtrise en Sciences Sociales à l’Institut Catholique de Paris, mais tout cela ne légitime pas ma présence à ce praesidium. Je ne suis pas sûr d’avoir aussi compris ce qui m’était demandé à travers le thème proposé : « l’Enseignement Catholique, hier, aujourd’hui et demain ». Me demandait-on de faire l’historique de l’Enseignement Catholique des origines à aujourd’hui ? Je ne sais pas ! Me demandait-on d’évaluer l’Enseignement Catholique des origines à aujourd’hui ? Je ne sais pas. En tous les cas, voici la raison principale pour laquelle ma contribution est sobre et je m’excuse déjà d’être obligé de vous proposer des interrogations peu argumentées

Lors du premier Conseil National de l’Enseignement Catholique du 03 au 06 septembre 1973, Mgr Sangaré a tenu à le rappeler : Enseignement catholique, oui, mais surtout, Education catholique, pour dire avec le Concile Vatican II que «  le but que poursuit la véritable éducation est de former la personne humaine dans la perspective de sa fin la plus haute et du bien des groupes dont l’homme est membre et au service desquels s’exercera son activité d’adulte. » (Gravissimum Educationis/Déclaration sur l’Education chrétienne).  L’Enseignement catholique au Mali, Hier, Aujourd’hui et Demain, vaste sujet-bateau sur lequel on me demande de vous entretenir ! En effet, quand commence « hier » et quand finit-il ? Quand commence « aujourd’hui » et quand prend-il fin ? Et « demain » jusqu’où peut-on le penser ? La naissance de l’E.C. se confond avec les vicissitudes de la colonisation et de la mission ce qui marque des débuts difficiles. Au cours des premières décennies, l’Enseignement Catholique pèse encore très lourd face au public. Aujourd’hui, l’Enseignement Catholique semble être un privé comme un autre, mais, comme le disait M. Cyriaque Mounkoro, Directeur diocésain de San en 1974, « L’E.C. en République du Mali ne se veut pas de rayonner par ses effectifs numériques par rapport à son homologue du public, mais par la qualité de l’éducation et de l’instruction qu’on y dispense. »

« L’Enseignement Catholique, Hier, Aujourd’hui et Demain », je ne me suis pas foulé la rate pour trouver un plan, il était tout indiqué dans l’intitulé du thème. Dans un premier temps, nous allons apprécier l’Enseignement Catholique hier, dans un second temps, nous apprécierons l’Enseignement Catholique aujourd’hui et dans un troisième temps nous poserons des interrogations que les décideurs de l’Enseignement catholique devraient résoudre s’ils veulent qu’il joue encore son rôle demain.

1 – L’Enseignement Catholique Hier ?

Dans nos représentations traditionnelles « le meilleur est à chercher dans Hier, à l’origine » et « aujourd’hui est toujours une pâle image de Hier ». Et c’est peut-être aussi là notre vision de l’Enseignement Catholique lorsque nous le séquençons en « Hier – Aujourd’hui – et Demain ». Ce que nous disons, c’est que l’Enseignement Catholique Hier est la fille de l’Enseignement national au Mali Hier.   L’école malienne (qu’elle soit privée ou publique) est fille de l’école coloniale et cette école coloniale avait pour objectif de former des auxiliaires de la colonisation. Quant à l’école catholique naissante sous la colonisation, elle se donnait pour objectif de former des « bons chrétiens ».

Au sortir de la colonisation, l’Enseignement au niveau national s’émancipe de l’école coloniale en se hissant au niveau de l’école de la métropole par les programmes et la qualité de la formation qui doit pourvoir la jeune république en cadres de qualité. C’est donc petit à petit que l’Enseignement Catholique se met au diapason du public. Cela ne va pas sans heurts : retrait des clercs, africanisation progressive des cadres administratifs, etc. Ces premières décennies de l’enseignement, en général, ont été toutes à l’honneur des formateurs (instituteurs) et des formés ! L’Enseignement Privé Catholique est dans cette mouvance générale : bons résultats académiques, bonne presse auprès des partenaires, bonne presse à l’interne malgré déjà l’émergence des problèmes récurrents : difficile collaboration écoles/paroisses, dysfonctionnements institutionnels, difficile gestion financière, déficit de confiance entre employé et employeur, etc.

Ce « Hier-là », Il n’est  pas pire qu’aujourd’hui et il n’est pas moins bien que demain, il est simplement « l’enseignement catholique de son temps, des années d’implantation, de maturation. »

Ce « Hier-là » s’étale des origines (entre 1892 et 1904) aux années quatre-vingt (1980). Malgré les difficultés des débuts, c’est la République naissante du Mali, avec l’exaltation qui l’accompagne : tous les espoirs sont permis et toutes les ambitions nobles sont convoquées pour justifier un enseignement rigoureux copié sur le système français, mais semble-t-il adapté aux réalités maliennes du moment. Le jeune Etat malien a l’ambition de doter le pays de cadres compétents et bien formés à tous les points de vue – Les enseignants sont alors triés sur le volet – Etre enseignant est une vocation et enseigner effectivement est un vrai sacerdoce ! C’est dans cette ambiance générale que l’Enseignement Catholique fait son « trou » : il bénéficie alors, du même a priori favorable (l’enseignement est passé doucement des mains des clercs expatriés aux mains des clercs nationaux, puis des laïcs), une école de formation des enseignants catholiques fonctionne et assure le roulement des ressources humaines, l’enseignement est encore bien intégré à la pastorale générale dans les diocèses, la modestie de l’enseignement catholique conjuguée à ses résultats académiques toujours exceptionnels assure sa publicité auprès du public.

C’est l’époque où les enfants formés au Mali, en général, n’ont aucun complexe face aux autres enfants de leur âge venant des autres pays’ en Afrique ici ou ailleurs dans le monde. C’est l’époque où l’enseignement catholique s’est taillé une solide réputation et caracole en tête lorsque les résultats nationaux sont classés et comparés.

Qu’est-ce qui a rendu cela possible ? (Les enseignants sont triés sur le volet, ils ont une formation conséquente, les effectifs sont en encore humains, l’argent est encore un serviteur et non un maître, les méthodes pédagogiques au niveau national font encore l’unanimité et elles sont efficaces, etc.). Malgré les « ratés » inhérents à toute œuvre humaine, il semblerait « qu’hier, l’enseignement catholique ait tiré son épingle du jeu ! » Cf Sixième Assemblée générale, Banankoro-Ségou, 6-8 août 1984.

 

2 – L’Enseignement Catholique aujourd’hui ?

Quand on regarde et « écoute » l’enseignement catholique aujourd’hui, il n’a rien de singulier, sinon qu’il est à l’image du Mali d’aujourd’hui : une  Nation, longtemps, rongée par le laxisme, la corruption sous toutes ses formes, la négation du bien commun et le meurtre de l’avenir. Quand  on fait le tour de toutes les pratiques qui ont cours à l’école au Mali aujourd’hui, on les retrouve d’une façon ou d’une autre dans l’Enseignement Catholique, tout simplement parce que l’Enseignement Catholique est un segment de l’Enseignement National au Mali.

Des années 1980 à aujourd’hui, malgré les échecs, les dérives et parfois la peur de l’inconnu, l’Enseignement Catholique a formé une bonne partie des cadres du Mali, des cadres compétents et consciencieux, respectueux du Bien public, citoyens du Mali de l’Afrique et du monde. Des hommes et des femmes, des clercs, mais aussi des laïcs se sont investis (beaucoup sont partis, certains sont encore vivants parmi nous) pour que cet Enseignement Catholique ne perde jamais son lustre des origines. Cependant, dans sa pratique au jour le jour l’Enseignement Catholique qui est pourtant un instrument non négligeable du témoignage chrétien a perdu petit à petit désinvesti par rapport à son intuition première : des valeurs évangéliques à transmettre à travers l’école

Alors que dire et penser de l’Enseignement Catholique aujourd’hui, quelles interrogations ?

  1. Qu’il a encore la côte malgré un environnement des plus défavorables ! L’adage populaire dit que « dans le royaume des aveugles, le borgne est roi. » Dans une situation de baisse drastique du niveau et de perte des valeurs éducatives de base, l’Enseignement Catholique semble encore apporter un plus par rapport aux régimes public et « privé »-« privé ». Les parents avertis savent bien que malgré la morosité ambiante l’Enseignement Catholique enseigne et éduque encore mieux qu’ailleurs !
  2. L’Enseignement Catholique semble avoir oublié de s’adapter à son environnement d’aujourd’hui : né avec la mission évangélisatrice, dans un monde non globalisé, ses objectifs pastoraux n’ont pas su évoluer (entre charité et efficacité l’Enseignement catholique peine à se maintenir dans les provinces rurales du Mali par exemple ; avec la baisse des subsides, les soins apportés aux ressources humaines pour l’animation de cet Enseignement ont baissé en qualité, etc.). Quels mécanismes inventer pour que l’Eglise du Mali ait encore les moyens de sa charité à travers l’école apportée aux plus pauvres des maliens ?
  3. Avec la laïcisation, l’Enseignement Catholique s’est quelque peu « déchristianisé », conséquence de la séparation de l’Eglise et de l’Etat intervenue en France en 1905. Petit à petit l’Enseignement Catholique s’est positionné comme une école performante sans référence parfois à Celui qui est son fondement : Jésus-Christ ; la peur de vivre notre spécificité et certains recrutements y sont pour quelque chose. Nulle part, en effet, la formation des personnels ecclésiastiques diocésains n’a intégré le souci de l’Enseignement Catholique (On forme des prêtres pour la pastorale directe, rarement pour l’enseignement). « Laissez venir à moi les petits enfants » dit Jésus : Comment vivre la laïcité sans « déchristianiser » l’Enseignement Catholique et sans faire de prosélytisme intempestif ?
  4. En 1972, l’Eglise Catholique arrivait à signer une Convention avec l’Etat malien en matière d’éducation. De plus en plus de cadres formés ailleurs arrivent aux affaires et ne savent rien de la spécificité de l’Enseignement Privé Catholique au milieu d’un enseignement privé qui s’est développé au cours des deux dernières décennies. Comment anticiper dès aujourd’hui les remises en cause et/ou les grignotages qui pourraient être demandés par des entrepreneurs ou des cadres ignorant de l’histoire de l’Enseignement catholique ?
  5. La liste n’est pas exhaustive…

L’Enseignement Catholique aujourd’hui ? Nous en savons tous quelque chose ; nous savons ce qu’il a été hier et nous savons tous ce qu’il est devenu aujourd’hui. D’une certaine façon, c’est nous qui lui avons donné la configuration qu’il a aujourd’hui. Ce qu’il faut retenir c’est que hier comme aujourd’hui, l’Enseignement Catholique occupe un espace privilégié au sein de l’enseignement privé en général au Mali, et ce, parce que l’Enseignement Catholique ne relève pas de la marchandisation (comme le disait hier le professeur Denis Dougnon), l’Enseignement Catholique s’est installé partout où il pouvait aider l’éducation nationale, sans distinction entre les maliens et sans chercher à s’enrichir, mais plutôt en se faisant proche des populations les plus pauvres.

Toute action humaine, nait, grandit, atteint son apogée un jour, puis décline et parfois, meurt. L’Enseignement Catholique a-t-il atteint son apogée ? Quand ? Est-il sur le déclin ? Serait-il en train de mourir ? Je ne saurais répondre à ces questions. Ce qui est sûr, l’éducation dans notre pays est entrée dans une certaine tourmente depuis maintenant au moins trois décennies, sinon, plus. Et parce que l’Enseignement Catholique est un segment de cette éducation nationale, il est aussi tourmenté, ce qui justifie les assises présentes. Ce forum saura-t-il être visionnaire ou prophète pour notre Enseignement Catholique ?

3 – L’Enseignement Catholique demain ?

Parler de l’Enseignement Catholique demain relève de la « prophétie », or, n’est pas « prophète » qui veut ! Alors, je ne vais pas prophétiser, je vais enfoncer des portes que d’autres avaient peut-être déjà ouvertes avant moi.

Quand l’Eglise catholique s’engage dans une activité déjà menée par le monde, elle s’assure toujours d’y apporter un plus, sinon, elle arrête les frais, ceci est valable aussi bien pour la santé, l’éducation que pour les autres domaines du social où elle intervient.

Par rapport à l’Enseignement Catholique demain au Mali, l’Eglise Catholique du Mali va se retrouver face à des choix cornéliens à faire et des réponses prophétiques à apporter à des interrogations d’aujourd’hui et de demain.  

L’Enseignement Catholique demain au Mali, sera ce que nous en feront :

  1. Il faut peut-être revenir aux fondamentaux, il faut « rechristianiser » l’Enseignement Catholique au Mali. Comment ? Il faudra sans doute une « re-cléricalisation » de certaines directions et responsabilités d’orientation. Certains pourront penser que c’est un retour en arrière, mais, il n’en est rien, ce n’est pas pour rien que la tradition ecclésiale avait inventé les Congrégations spécialisées dans l’éducation ! « Re-christianiser » l’Enseignement Catholique veut dire aussi ramener la catéchèse et l’éducation aux valeurs (morale) à l’école sans peur et sans complexe, nous sommes témoins aujourd’hui que c’est le déficit moral ambiant qui a précipité notre pays dans le trou que nous savons !
  2. Faudra-t-il que l’Enseignement Catholique fasse le choix entre « charité » et « efficacité » ? Un certain nombre d’écoles dans le monde rural seront peut-être rendues au Gouvernement parce que ces écoles coûtent trop cher par rapport aux moyens dont nous disposons, or l’Eglise du Mali n’a plus les moyens d’une certaine charité à l’éducation. Pendant le Forum National de 1988, on avait parlé d’une solidarité entre diocèses quasi ruraux et diocèses urbains au niveau de l’Enseignement Catholique, cette recommandation est tombée dans l’oubli. Or cette solidarité nationale pourrait aider les Eglises plus rurales à avoir des écoles dans les diocèses plus urbains, sans compter le parrainage possible d’écoles rurales par des écoles nanties en ville, etc.
  3. L’Enseignement Catholique demain doit prendre à bras le corps l’épineux problème des ressources humaines. Beaucoup d’anciens savent que la fermeture de l’Ecole Normale de Sikasso a aussi sonné le glas du renouvellement des ressources humaines formées spécifiquement pour l’Enseignement Catholique. Il faut une réflexion très sérieuse et très poussée sur la question, sinon nous serons obligés à un moment d’arrêter les frais. Nous ne pouvons pas négliger la formation des formateurs et espérer un Enseignement Catholique de qualité, même dans un pays où la qualité dans l’éducation est la denrée la plus rare !
  4. Le problème des ressources financières est aujourd’hui grave pour nos diocèses malgré les subventions, c’est dire qu’il est impérieux dès aujourd’hui de réfléchir la viabilité financière de l’Enseignement Catholique avec des professionnels des questions financières, pédagogiques et de gestion. Comment nos diocèses pourront-ils financer les infrastructures, l’administration et préfinancer les salaires dans un espace de plus en plus disputé par des privés sans scrupules ?
  5. La nécessaire « réintégration » de l’école catholique à la pastorale d’ensemble de l’Eglise diocésaine est indispensable pour une viabilité de l’Enseignement Catholique qui respectera son cahier de charges. Dès les débuts, l’école catholique était intégrée à la pastorale paroissiale, mais aujourd’hui, il est pratiquement impossible d’avoir parfois un aumônier paroissial pour l’école ou les écoles sur la paroisse. La décentralisation et la déconcentration de certains services de l’Etat devrait nous donner des idées.
  6. La liste n’est pas exhaustive…

L’Enseignement Catholique demain au Mali ? On peut rêver ! On peut rêver qu’à partir de ce forum national, l’Enseignement Catholique fasse son « agiornamento » et entre dans une ère de refondation pour s’adapter aux réalités du Mali d’aujourd’hui, aux réalités d’un monde globalisé. Ce travail ne se fera pas sans souffrances, mais c’est une Pâques à laquelle tout baptisé peut rêver dans l’Eglise Famille de Dieu qui est au Mali.

 

Conclusions Générales :

L’Enseignement Catholique hier, et aujourd’hui, il n’y a pas eu de grande différence. Notre Eglise s’est parfois contentée de gérer l’existant en l’augmentant, mais toujours avec les mêmes méthodes de management, les mêmes organigrammes et les mêmes procédés parfois rétrogrades et inefficaces. Si les premières générations nous ont laissé l’héritage, nous, la génération intermédiaire n’avons pas eu ou pris les moyens de le mettre à jour !

Pour réfléchir l’Enseignement Catholique au Mali aujourd’hui, il faut avoir le courage d’aller voir ailleurs ; il faut accepter de nous ouvrir aux appels de l’Esprit. Comment l’Enseignement catholique a-t-il évolué en Occident, chez ceux qui nous ont évangélisés ? Comment l’Enseignement Catholique a-t-il évolué au Burkina, au Sénégal, au Togo ? Etc. C’est évident que les réalités ne sont pas les mêmes, mais bien souvent, les problèmes sont les mêmes, quelles solutions les autres ont-ils apportées aux problèmes qui se posaient ?

Enfin, en 1987, dans un poème intitulé « Eglise, ma mère », j’accusais l’Eglise du Mali d’être trop fermée sur elle-même, incapable d’être attentive aux appels de l’ailleurs. Aujourd’hui, à bientôt trente (30) ans de ministère dans cette Eglise, je suis simplement conscient que rien n’est simple, et que cette Mère-là (l’Eglise donc), on ne la bouscule pas trop, elle va à son rythme. Je souhaite donc aux gestionnaires de l’Enseignement Catholique la patience et de la ténacité pour constamment remettre sur le métier les interrogations en lame de fond qui travaillent le département.

Je vous remercie.

                                                                                              Père Joseph Tanden Diarra

                                                                                              UCAO-UUBa

 


CẺRẺMONIE DE CLÔTURE

Le mot du maitre de cérémonie

Il y a trois jours, nous nous retrouvions ici tout enthousiastes pour débuter les travaux de ce Forum.

Aujourd’hui, nous en arrivons à son terme. Comme on le dit chez moi, la journée s’achève, le chasseur est fatigué, le chien est haletant et le gibier n’en peut plus. Mais le chasseur sait qu’il abattra sa proie avant la tombée de la nuit.

Avons-nous abattu notre gibier ? Avons-nous su exposer nos produits ? Savons-nous désormais ce que nous voulons acheter ?

Il y a trois jours, en plus de nous poser des questions du genre, Pourquoi un forum de l’enseignement catholique, nous formulions des vœux pour la bonne réussite de nos travaux.

Eh bien ! il ne nous reste plus que quelques instants pour écouter les résultats auxquels nous sommes parvenus pour en être édifiés.

D’ores et déjà, pour ma part je reste convaincu que cette cérémonie ne devrait durer que le temps  juste de sa symbolique. A moins que clôturer ne signifie point enfermer mais, pour paraphraser l’un de nos devanciers ici présent avec nous «  n’enfermons pas nos conclusions en même temps que nous fermerons les portes de cette salle, bien au contraire, enfouissons les, ensemençons les dans la terre comme le paysan afin qu’elles germent et portent des fruits. Car rien de ce qui touche à l’enseignement ne devrait être fermé. Ni les classes, ni les élèves, ni les maîtres, ni les parents et encore moins les manuels » fin de citation.

Nous allons alors écouter d’abord un Communiqué final, puis la lecture des recommandations selon les thèmes des ateliers et des motions.

Après seulement interviendront les mots de remerciement des  responsables en commençant par ceux du Directeur national, ensuite ceux de l’Evêque en charge de l’enseignement et il reviendra au Ministre de l’Education de nous renvoyer à nos  tâches au lendemain de l’investiture d’un nouveau Président pour un nouveau Mali et à la veille de la rentrée d’une année scolaire que chacune et chacun de nous voudra pleine.

Emmanuel SAGARA

Maître de cérémonie

 

COMMUNIQUẺ FINAL

Du Mardi 03 au jeudi 05 septembre 2013, s’est tenu au Grand St Augustin de Samaya près de Bamako, le Forum National de l’Enseignement  Catholique du Mali. La dernière rencontre du genre et d’une telle importance remonte à Juillet 1973.

Le but global du forum était  de définir de nouvelles orientations stratégiques et opérationnelles pour l’enseignement catholique du Mali.

Les conclusions du forum doivent permettre aux Ẻvêques :

         De redéfinir l’orientation de l’école catholique à tous les partenaires au Mali ;

        De renforcer le structure organisationnelle de l’enseignement catholique face aux réalités administratives et politiques du Mali ;

        D’engager des stratégies d’auto-prise en charge des écoles : aux plans humain, spirituel, matériel et financier.

Le Forum a regroupé 150 participants composés de tous les acteurs internes et externes, anciens et actuels de l’Enseignement Catholique, les autorités nationales en charge de l’Ẻducation au Mali, les responsables traditionnels et politiques de la localité ainsi que les partenaires techniques et financiers. La liste complète des participants se trouve en annexe au Rapport général du Forum.

De la Cérémonie d’ouverture.

 Cette cérémonie a enregistré la présence de tous les Ẻvêques du Mali à savoir :

  • Mgr Jean Baptiste Tiama, Ẻvêque de Sikasso, Président de la Conférence Episcopale du Mali ;
  • Mgr Augustin Traoré, Ẻvêque de Ségou, Président de la Commission Enseignement au sein de la Conférence épiscopale ;
  • Mgr Jean Zerbo, Archevêque de Bamako ;
  • Mgr Jean Gabriel Diarra, Ẻvêque de San ;
  • Mgr Jonas Dembélé, Ẻvêque de Kayes.

Empêché, Mgr Georges Fonghoro, Ẻvêque de Mopti, en voyage pour des raisons de santé.

Cette présence au grand complet de l’ensemble des Ẻvêques atteste de l’importance qu’ils tiennent à accorder à ce Forum.

Les autorités administratives du pays n’étaient pas en reste. Le Forum a également enregistré la présence effective de Monsieur Boubacar Moussa Diarra, Ministre de l’Ẻducation, de l’alphabétisation et de la promotion des langues nationales, qui a prononcé le discours d’ouverture. Il  était accompagné non seulement des chefs de services de son département mais et surtout de son collègue Monsieur le Ministre David Sagara, Ministre du Logement, de l’Urbanisme et des Affaires foncières et du représentant du Ministre de l’Enseignement Supérieur.

Outre le Discours d’ouverture de  Monsieur le  Ministre de l’Ẻducation, de l’alphabétisation et de la promotion des langues nationales, trois autres interventions ont marqué cette cérémonie : l’allocution d’accueil de l’Ordinaire du lieu, Mgr Jean Zerbo, le Discours du Directeur National de l’Enseignement Catholique, M. Koundya Joseph Guindo, et l’intervention du Président de la Conférence Ẻpiscopale, Mgr Jean Baptiste Tiama.

Le Présidium du Forum était ainsi composé :

Président : Mgr Augustin Traoré

Vice-Présidents : M. Emmanuel Sagara et M. Koundya Joseph Guindo

Rapporteur Général : M. Yassinthe Koné

Rapporteurs Adjoints : MM Bèzo Honoré Dembélé, Aloys Diawara, Patoma Jérôme Koné, Pierre Dara, Henri Dakouo

Des Communications.

Le Forum a bénéficié de quatre communications de haut niveau. Il s’agit de celle donnée par le Professeur Denis Dougnon, Ancien Secrétaire Général du Ministère de l’Ẻducation et qui a piloté le Forum National de l’Ẻducation du Mali en 2008. Il a donné une Conférence sur les Grandes orientations du Système éducatif malien.

Cette première Conférence a été suivie de celle de Mgr Jean Gabriel Diarra, sur le thème de l’Enseignement Catholique universel depuis ses origines.

Ensuite est intervenu l’exposé de Mgr Jean Zerbo sur le  Projet Ẻducatif de l’Enseignement privé catholique.

Il est revenu au Père Joseph Tanden Diarra, Premier président de l’Université Catholique, Unité de Bamako et actuel Président de l’Unité de Bobo Dioulasso au Burkina Faso de donner un éclairage sur le thème : Enseignement catholique au Mali, hier aujourd’hui et demain.

Auparavant, une synthèse des résultats des questionnaires envoyés dans les différents Diocèses a été (brillamment) présentée par M. Yassinthe Koné, Ancien Directeur Diocésain de San.

Des Ateliers

Cinq (05) ateliers ont été constitués pour les réflexions autour des thèmes suivants :

1-   Gestion administrative et pédagogique – Ẻthique et déontologie ;

2-   Ressources financières et matérielles ;

3-   Ressources humaines : recrutement, gestion, genre, promotion et plan de carrière ;

4-   Partenaires sociaux, rapports avec l’Ẻtat et l’Ẻglise ;

5-   Projet de l’enseignement : valeurs propres de l’ẺPC ;

De ces ateliers sont issues des analyses et des recommandations fortes, pertinentes, consignées dans le Rapport Général qui seront traduites en plan d’actions opérationnelles pour les années à venir.

 

                                                                       Samaya, le 05 septembre 2013

                                                                                       Le Forum

 

RECOMMANDATIONS

Du Mardi 03 au jeudi 05 septembre 2013, s’est tenu au Grand Séminaire Saint Augustin de Samaya près de Bamako, le deuxième Forum National de l’Enseignement Privé Catholique au Mali.

Les participants au Forum de l’Enseignement Privé Catholique saluent la tenue de cette grande assemblée.

Il ressort de leurs travaux que :

S’agissant de la Gestion administrative et pédagogique – Ethique et Déontologie

L’Enseignement catholique est bien organisé (structuré) aux niveaux national, diocésain et paroissial en harmonie avec les structures éducatives de l’Etat malien,

  • Un enseignement catholique  où les rôles et les responsabilités des différents administrateurs scolaires sont reconnues et respectés en gestion  administrative, pédagogique et financière des projets d’établissement dont ils ont la charge
  • Un enseignement catholique où la communication (les échanges et l’écoute réciproques) entre les différents acteurs instaure et renforce le climat de confiance  à tous les niveaux et qui dynamise la coopération autour des actions d’éducation. Cependant tout ce qui est reconnu ici doit être amélioré

 

S’agissant des ressources financières et matérielles,

De façon générale les Diocèses font un effort  pour que les salaires soient payés à temps et le peu de ressources dont certains Diocèses disposent sont utilisées à bon escient. Les participants au Forum sont conscients que les recettes ne couvrent pas les dépenses

Cependant, force est de déplorer une certaine insuffisance de rigueur dans la gestion  des ressources. Et l’Eglise a du mal à appliquer son Option préférentielle pour les pauvres.

S’agissant des Ressources humaines : recrutement, gestion, genre, promotion et plan de carrière

Il est reconnu l’existence de procédures de recrutement et la formation des candidats retenus après le test sur l’éthique et la politique de l’enseignement catholique. Cependant ces procédures présentent souvent des lacunes. Et il n’existe pas de plan de carrière.

 

Des Partenaires sociaux, rapports avec l’Etat et l’Eglise.

Les partenaires de l’Enseignement Catholique sont identifiés. Mais ils se méconnaissent les uns les autres, pour la plupart.

S’agissant du Projet éducatif de l’Enseignement Catholique : valeurs propres,

  • Le Forum affirme que le Projet éducatif de l’Enseignement Catholique élaboré par la Conférence Episcopale du Mali et la Déclaration de Vatican II sur l’éducation chrétienne sont des outils indispensables pour comprendre la vision de l’Eglise en matière d’éducation. L’école catholique est une partie intégrante de la mission de l’Eglise. De ce fait, les enseignants de l’enseignement catholique sont d’abord et avant tout des missionnaires de l’Eglise au sens fondamental du terme. Dès lors, toutes leurs actions éducatives doivent être en parfaite harmonie avec celles du Christ qui est leur modèle.

 

Sur le plan de la gestion administrative et pédagogique, de l’éthique et de la déontologie, le Forum estime que le projet éducatif de l’Enseignement catholique, la Déclaration de Vatican II sur l’Education Catholique sont et demeurent des documents référentiels d’actualité. Cependant leur méconnaissance par les principaux acteurs et les partenaires est un facteur handicapant ;

Compte tenu de tout ce qui est dit plus haut, il plaît aux participants au Forum de formuler les Recommandations suivantes :

Par rapport à la Gestion administrative et pédagogique – Ethique et Déontologie :

  • la relecture des conventions régissant les rapports entre l’Eglise et l’Etat d’une part et d’autre part entre Et les personnels de l’Enseignement catholique
  • l’élaboration d’un règlement intérieur national conformément à la Convention collective du 23 septembre 2008, son élargissement au niveau des Directions diocésaines  et son application effective;
  • l’élaboration et la mise en application d’un code d’éthique et de déontologie de l’Enseignement catholique ;
  • l’élaboration d’un plan de carrière du personnel enseignant de l’Enseignement catholique et son application effective ;
  • la relecture des statuts du Directeur national et des Directeurs diocésains, des Chefs d’établissements scolaires et universitaires et des Conseillers pédagogiques de l’Enseignement catholique en vue de leur harmonisation avec ceux de leurs homologues de l’Enseignement public ;
  • l’élaboration par chaque établissement scolaire ou universitaire d’un projet d’établissement et sa mise en œuvre effective ainsi que son suivi - évaluation systématique au niveau national, diocésain et paroissial.
  • une réflexion approfondie en vue de l’élaboration et de la mise en œuvre d’une politique nationale de formation (initiale et continue) de tous les acteurs impliqués dans la gestion politique, administrative, pédagogique et financière ainsi que dans l’accompagnement spirituel de l’Enseignement catholique.

 

S’agissant des Ressources financières et matérielles :

  • Le Forum invite la CEM à prendre en compte les nouvelles technologies dans le projet éducatif et
  • à étudier la possibilité de négocier le financement du projet éducatif auprès des partenaires financiers et techniques bilatéraux et multilatéraux du Mali
  • élaborer et mettre en œuvre une politique de mobilisation de ressources

S’agissant des Ressources humaines : recrutement, gestion, genre, promotion et plan de carrière

Pour le recrutement :

  • Mettre en place une commission nationale de recrutement du personnel de l’enseignement catholique;
  • Respecter toutes les normes de procédures de recrutement, à savoir :
  • Lancement de l’avis de recrutement comportant le profil et la qualification  recherchés,
  • Organisation du test de recrutement (écrit et oral) sur la base des dossiers retenus,
  • Formation des candidats retenus après le test sur l’éthique et la politique de l’enseignement catholique ;
  • Signature des contrats par les candidats retenus après l’acceptation de l’éthique et la politique de l’enseignement catholique ;
  • Création d’un institut de formation des enseignants de l’école catholique.

Pour la gestion du personnel :

  • Revisiter la fiche actuelle d’évaluation ;
  • Mettre en place un système d’évaluation participative ;
  • Lier les formations, les motivations, les promotions, le mérite voire les mutations aux résultats de l’évaluation ;
  • Former les enseignants et leurs directeurs sur la nouvelle méthode ;
  • Mettre en place un système de suivi pédagogique des enseignants ;
  • Rendre opérationnelles les commissions de mutation et en créer là où elle n’existe pas ;
  • Améliorer la gestion du personnel en créant un poste de gestionnaire des ressources humaines, avec un cahier de charge bien précis, au niveau diocésain ;
  • Prévoir une ligne budgétaire conséquente pour les formations ;
  • Eviter la surcharge des enseignants ou de leurs directeurs (cumul de postes) ;
  • Eviter de maintenir longtemps au même poste et/ou dans la même localité un agent ;

 

Pour le genre :

  • Inciter les femmes à postuler pour les postes vacants ;
  • A capacité égale entre un homme et une femme au moment du recrutement ou des promotions, donner la priorité à la femme.

 

Pour la promotion et le plan de carrière :

  • Etablir le plan de carrière de chaque agent depuis son recrutement ;
  • Se baser sur les résultats des évaluations annuelles pour donner les promotions ;
  • Encourager la formation académique du personnel pour leur qualification.

S’agissant des Partenaires sociaux : Rapports avec l’Etat et l’Eglise

 Le Forum recommande

  • La création d’un bulletin d’information des partenaires sur l’Enseignement catholique
  • L’organisation d’un forum tous les dix ans
  • La création et l’animation d’un site Web pour l’Enseignement catholique
  • La mise en place et le renforcement des Comités de Gestion scolaires (CGS) dans toutes les écoles de l’Enseignement Privé Catholique

 

S’agissant du Projet éducatif

 

Le Forum recommande

 

  • la création d’un fonds pour la formation au niveau de chaque école catholique, chaque diocèse et au niveau national car assurer une éducation performante exige un personnel bien formé et compétent et la formation à un coût ;
  • la création d’une école de formation des enseignants de l’Enseignement Privé Catholique (EPC), et des écoles secondaires dans les capitales régionales ;
  • le suivi rigoureux des demandes d’orientation
  • la mise à jour et la mise en œuvre du projet éducatif ;
  • une meilleure organisation administrative et pédagogique de l’EPC en insistant sur la nomination de conseillers pédagogiques suffisants au niveau national et diocésain.

Le Forum

 


MOTION DE REMECIEMENTS

 

Le forum de l’Enseignement Catholique du Mali convoqué par la Direction Nationale de l’Enseignement Catholique du Mali sur vœu de la Conférence Episcopale du Mali les 3 – 4 – 5 septembre 2013 au Grand Séminaire Saint Augustin de Samaya remercie chaleureusement :

 

  • L’Etat malien à travers les différents ministères en charge de l’éducation pour leur soutien et la présence effective de son excellence Monsieur le Ministre de l’Education, de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues Nationales ;

 

  • La Conférence Episcopale pour avoir eu l’heureuse initiative de la tenue de ce forum ;

 

  • Le Recteur et le personnel du Grand Séminaire Saint Augustin de Samaya pour l’accueil ;

 

  • Les conférenciers pour la qualité de leur production.

 

 

  • L’ensemble des participants pour leur présence et la qualité de leur participation.

 

   

Samaya, le 5 septembre 2013

 

Le Forum.

 

Allocution du Directeur National de l’Enseignement Catholique du Mali lors de la cérémonie de clôture du forum national de l’enseignement catholique tenu les 3, 4 et 5 septembre 2013 au grand Séminaire Saint Augustin de Samaya (Bamako).

  • Monsieur Le Ministre de l’Education, de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues Nationales;
  • Excellence Monseigneur Jean-Baptiste TIAMA Président de la Conférence Episcopale du Mali, Evêque de Sikasso ;
  • Excellence Monseigneur Jean ZERBO Archevêque de Bamako ;
  • Excellence Monseigneur Augustin TRAORE Président de la Commission Enseignement catholique au sein de la Conférence Episcopale du mali,  Evêque de Ségou ;
  • Excellence Monseigneur Jean-Gabriel DIARRA  Evêque de San ;
  • Excellence Monseigneur Jonas DEMBELE  Evêque de Kayes ;
  • Révérends Pères, Religieux et Religieuses ;
  • Monsieur le Président de l’Unité Universitaire catholique de Bamako ;
  • Monsieur le Président de l’Unité Universitaire catholique de Bobo Dioulasso ;
  • Messieurs les Directeurs Nationaux des Différents Ordres d’enseignement au Mali ;
  • Monsieur le Directeur de l’Académie d’enseignement de Kati;
  • Monsieur le Directeur du Centre d’Animation Pédagogique de Kalabancoro ;
  • Messieurs les anciens directeurs nationaux et diocésains de l’enseignement catholique du Mali ;
  • Messieurs les Directeurs diocésains de l’enseignement catholique du Mali ;
  • Monsieur le Recteur du Grand Séminaire Saint Augustin de Samaya ;
  • Messieurs les représentants des écoles privées au Mali ;
  • Monsieur le Représentant Résidant de Catholic Relief Services (CRS).– BAMAKO – (Mali) ; 
  • Monsieur le représentant du Fonds d’Appui à la Formation Professionnelle et à l’Apprentissage ;
  • Monsieur le représentant de Save the Children ;
  • Monsieur le Maire de la Commune du Mandé,
  • Monsieur le chef de village de Samaya ;
  • Mesdames et Messieurs les Délégués du forum ;
  • chers invités ;

Les mots nous manquent pour exprimer la satisfaction sincère et profonde qui nous habite en ce moment où nous égrenons les dernières minutes de nos travaux.

Durant tout le temps où l’idée de convoquer le forum de l’enseignement catholique faisait son chemin de maturation et de concrétisation, nous n’avons de cesse de veiller au grain afin que les activités se déroulent dans des conditions optimales.

 La disponibilité des uns et des autres, le dynamisme de tous ont rendu effective la bonne tenue de toutes les activités à tous les niveaux.

 

Il est alors naturel qu’au terme des travaux de notre forum, nous nous tournons d’abord vers Dieu, Maître du temps et de l’histoire, pour le magnifier et le glorifier. Car tout est de lui et par lui et pour lui ; à lui soient rendus honneur et gloire pour les siècles sans fin.

La tenue et la qualité des interventions de ce forum qui s’est déroulé dans une ambiance fraternelle, conviviale, sereine et responsable sont des preuves palpables de la présence de Dieu et de la signature de son implication à nos côtés pour la réussite de ces Assises et pour que resplendisse aux yeux de la nation malienne la spécificité de l’Enseignement Catholique.    

 

Après Dieu, nous nous tournons vers les Institutions et les personnes ressources qui,  de par leur présence et leur participation aux travaux, ont rehaussé la qualité des débats et des propositions en vue des orientations futures pour l’Enseignement Catholique.

 

Par leur présence, les ministres en charge de l’Education et de l’enseignement supérieur ont montré l’intérêt qu’ils accordent à ces travaux et leur reconnaissance du rôle que joue l’Eglise dans le système éducatif malien. Qu’ils trouvent ici l’expression de nos sincères remerciements.

 

Notre profonde et affectueuse gratitude va à l’endroit de tous les participants à ce forum, à tous les niveaux de prestations : les institutions, les centraux des ministères  en charge de l’éducation, les conférenciers, le comité de pilotage, la cellule de coordination technique, la commission de modération, la commission de secrétariat général, la commission d’intendance, la commission de rédaction scientifique, le personnel de soutien, l’équipe de la cuisine, les agents des mass médias, les personnes ressources, les autorités du Grand Séminaire Saint Augustin de Samaya.

Nous tenons à remercier les organismes et personnes qui nous ont apporté leur appui matériels et/ou financiers pour la réalisation de notre projet. La Conférence Episcopale Américaine, la Conférence Episcopale Italienne, Le catholic Relief Service (CRS), Le Fonds d’Appui à la formation Professionnelle et à l’Apprentissage (FAFPA), CARITAS- Mali, La Pharmacie Zanga Coulibaly du Docteur Maria Cécile Dembélé, le Docteur Pierre Marcel Keita et tout le personnel de l’hôpital Mali – Gavardo de Sébénikoro, l’abbé Oscar Théra, Monsieur Antoine Sagara, L’informaticien Monsieur Magloire et son équipe.

 

Par la même occasion nous voudrions dire notre sincère et filiale reconnaissance à nos Chers Pères Evêques qui au sein de la Conférence Episcopale du Mali ont cru au projet et en ont pris  l’initiative.

Par leur présence et par le fait d’avoir accepté de faire des communications sur deux des quatre  thèmes, Son Excellence Monseigneur Jean ZERBO et Monseigneur Jean-Gabriel DIARRA ont donné un cachet singulier à nos travaux et nous les en remercions filialement.  Comptant sur leur sens pastoral avéré et leur intérêt pour cet apostolat de l’Eglise au bénéfice de la Nation, nous espérons que les recommandations issues des divers ateliers seront étudiées et appréciées à leur juste valeur par la Conférence Episcopale et que des décisions seront prises pour revaloriser le monde éducatif.

 

Chers participants, vous avez été d’une assiduité hors pair. Votre contribution dynamique tant lors des travaux en atelier et des débats révèle la qualité et la profondeur de ces assises.

 

Nous n’en finirons pas de vous remercier, nous voulons simplement vous dire que nous sommes comblé, heureux de cet heureux aboutissement pour une nouvelle ère de l’école dans les années à venir.

 

Puisse le Seigneur, le Dieu de justice, d’amour et de paix accorder à chacun et à chacune les grâces dont nous avons besoin pour la réalisation de notre salut et que la Vierge Marie guide nos pas vers son fils Jésus.

 

A vous toutes et à vous tous, nous souhaitons un bon retour chez vous et une bonne et heureuse année scolaire 2013- 2014.

 

Nous vous remercions  de votre aimable attention.     

 

                                            Monsieur Koundya Joseph GUINDO, 

Directeur National de l’Enseignement Catholique au Mali

 


Discours du Président de la Commission de l’Enseignement

A la cérémonie de clôture du Forum sur l’Enseignement Catholique

                                                                       Bamako, le 5 septembre 2013

 

  • Monsieur le Ministre de l’Education, de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues Nationales,
  • Monsieur le Ministre du Logement, de l’Urbanisme et des Affaires Foncières,
  • Monsieur le Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique,
  • Excellences, chers Pères Evêques,
  • Monsieur le Président de l’Université catholique de Bamako,
  • Révérends Pères, Religieux et Religieuses,
  • Messieurs les Directeurs Nationaux des différents ordres d’enseignement au Mali,
  • Monsieur le Directeur de l’Académie d’enseignement de Kati,
  • Monsieur le Directeur du Centre d’Animation Pédagogique de Kalabancoro,
  • Messieurs les Directeurs Diocésains de l’Enseignement Catholique au Mali,
  • Monsieur le Recteur du Grand Séminaire Saint Augustin de Samaya,
  • Monsieur le représentant du Fonds d’Appui à la Formation Professionnelle et à l’Apprentissage,
  • Monsieur le représentant de Save the Children,
  • Mesdames et Messieurs les représentants des Ambassadeurs de la France, des Etats Unis, d’Allemagne, du Canada, des Pays Bas et d’Espagne,
  • Messieurs les représentants des coopérations Belge et Suisse,
  • Monsieur le Chef de village de Samaya,
  • Mesdames et Messieurs les délégués du forum,
  • Chers Invités,

 

 

Nous parvenons au terme de nos trois jours de travaux.

Rendons grâce à Dieu qui nous a accordé la santé et la sagesse pour traiter les différents thèmes qui étaient inscrits à l’ordre du jour du forum national sur l’Enseignement Catholique au Mali. Ces thèmes ont été développés par d’éminentes personnalités de l’éducation et certains hauts responsables de l’Eglise catholique du Mali.

Des questions posées par bon nombre de participants ont permis une meilleure compréhension de ces exposés. Les contributions de certains participants sont de taille. J’espère que ces débats ne vous ont pas déçus et que vous en avez tiré profit.

Lors des ateliers, vous avez mené des réflexions approfondies sur les questions   qui vous étaient posées et donné des réponses claires et précises.

Durant trois jours, vous avez passé en revue les maux qui minent le système éducatif du Mali en général et ceux de l’Enseignement Catholique en particulier. Ces maux sont entre autres : la corruption, la fraude, l’absentéisme des enseignants, les sorties intempestives des élèves, la politisation de l’école, la fuite de responsabilité des parents, la mauvaise formation des formateurs, l’inadéquation formation-emploi, le manque de civisme, l’insuffisance des formateurs, des infrastructures, du matériel didactique, la faible implication des agents pastoraux, de l’Association des parents d’élèves et des Comités de Gestion Scolaires, les difficultés financières de tous ordres. Tout cela a entraîné la baisse drastique du niveau des élèves. L’Enseignement Catholique, bien entendu, ne fait pas exception à la règle.

C’est pour enrayer toutes ces difficultés que vous avez proposé des solutions concrètes et formulé des recommandations. Pour que ces solutions préconisées et ces recommandations ne soient pas lettre morte, la conjugaison des efforts de tous les acteurs et partenaires de l’Enseignement Catholique s’avère nécessaire. Comme l’a affirmé Monseigneur Jean Gabriel DIARRA dans son exposé, nous sommes tous copropriétaires de l’Enseignement Catholique. En tant que tel, nous ne pouvons en aucun cas rester indifférents à sa cause.

Mesdames et Messieurs, l’Enseignement Catholique sera ce que nous en ferons. Enseignons à nos frères et sœurs, à nos enfants les valeurs universelles.

C’est ainsi que nous relèverons tous les défis auxquels nous faisons face aujourd’hui et ceux qui sont à venir.

L’adage dit qu’on ne peut pas avoir des omelettes sans casser des œufs. C’est dire que ce n’est pas dans le laxisme, la mollesse, le laisser aller, l’affairisme, la recherche du gain facile – la liste n’est pas exhaustive – que  nous gagnerons le pari du changement, de la réussite dans nos écoles. Il faut donc que chacun accepte de consentir des sacrifices.

Nous mettons un accent particulier sur la formation des formateurs, un meilleur engagement des parents dans l’éducation de leurs enfants.

En somme, la société malienne et l’école catholique ont besoin d’un véritable changement de mentalité pour changer de pratiques en famille et à l’école pour réussir.

Je voudrais, au nom de la Conférence Episcopale du Mali, au nom de l’Eglise Catholique du Mali, exprimer ma profonde gratitude à tous les intervenants à ce forum qui ont éclairé nos lanternes sur les questions de l’école malienne et de l’Enseignement Catholique.

Je remercie les ministres pour leur disponibilité et leur soutien.

Je remercie tous les participants qui ont accepté de suspendre leurs occupations quotidiennes pour prendre part à ce rendez-vous du donner et du recevoir.

Mes remerciements vont à tous les partenaires qui ont appuyé l’Eglise ou promis de le faire pour la tenue de ce Forum.

Je remercie sincèrement le Directeur National de l’Enseignement Catholique, les Directeurs Diocésains, les membres des différentes commissions, les organisatrices et organisateurs.

J’exprime toute ma gratitude à l’endroit du Recteur du Grand Séminaire Saint Augustin de Samaya et à tous ses collaborateurs.

Que le Seigneur dans sa bonté, nous assiste dans la mise en œuvre des résolutions du présent Forum. Qu’il nous aide à relever tous les défis auxquels fait face l’Enseignement Catholique du Mali.

Que Dieu bénisse le Mali, l’école malienne et l’Enseignement Catholique du Mali. Amen !

 

                                                     + Monseigneur Augustin TRAORE,

                                                     Président de la Commission Enseignement

                                                     Catholique.

 


 DISCOURS DE MONSIEUR LE MINISTRE DE L’EDUCATION,

DE L’ALPHABETISATION ET DE LA PROMOTION DES LANGUES NATIONALES

A LA CEREMONIE DE CLOTURE DU FORUM SUR L’ENSEIGNEMENT

CATHOLIQUE AU MALI

Grand Séminaire Saint Augustin de SAMAYA

5 septembre 2013

  • Monseigneur Jean Baptiste TIAMA, Président de la Conférence Episcopale ;
  • Monseigneur Jean ZERBO, Archevêque de Bamako ;
  • Monseigneur Augustin TRAORE, Président de la Commission de l’Enseignement Catholique au Mali ;
  • Excellences les autres membres du collège épiscopale du Mali ici présents ;
  • Mesdames et Messieurs les représentants des missions diplomatiques au Mali ;
  • Mesdames et Messieurs les représentants des Partenaires Techniques et Financiers ;
  • Chers collaborateurs des départements en charge de l’Education, de la formation et de la recherche scientifique ;
  • Monsieur le représentant du Conseil de cercle de Kati ;
  • Monsieur le chef du village de Samaya ;
  • Mesdames et Messieurs les Partenaires sociaux de l’Education ;
  • Monsieur le Directeur National de l’Enseignement Catholique du Mali ;
  • Monsieur le Directeur de l’Académie d’Enseignement de Kati ;
  • Monsieur  le représentant du Centre d’Animation Pédagogique de Kalabancoro ;
  • Messieurs les Animateurs ;
  • Chers Participants au Forum ;
  • Honorables Invités ;
  • Mesdames et Messieurs,

 Nous voilà parvenus à la fin des travaux de ce forum national de l’Enseignement Catholique au Mali. Permettez-moi de féliciter très sincèrement, au nom des départements en charge de l’éducation et de la formation professionnelle, et de la Recherche Scientifique, les participants à ce forum pour l’assiduité dont ils ont fait preuve pendant ces trois jours à travers des réflexions approfondies et débats profonds sur les préoccupations actuelle de l’Enseignement Catholique.

Mesdames et Messieurs les participants,

Au regard des recommandations et motions qui viennent d’être présentées, je tiens à saluer la qualité des débats qui les ont accouchés et il ne pouvait en être autrement. Tant de praticiens et d’intelligences réunies ne pouvaient pas ne pas aboutir à ce résultat. J’ai noté avec intérêt les conclusions issues de vos travaux, et c’est avec une grande attention que nous les examinerons en tant qu’autorités nationales garantes de l’Education afin de les capitaliser pour le développement de notre système éducatif aujourd’hui confronté à de rudes épreuves.

Monsieur le Président de la Conférence Episcopale ;

Monsieur le Président de la Commission de l’Enseignement Catholique du Mali ;

Je ne dirai jamais assez que votre rôle de l’Enseignement Catholique est capital pour que les enfants maliens puissent jouir de leur droit à l’éducation. En effet, les 17 établissements d’éducation préscolaires, 84 établissements d’enseignement fondamental, 12 établissements d’enseignement secondaire et 3 établissements d’enseignement supérieur que compte l’Enseignement Catholique sont d’un apport inestimable dans l’offre d’éducation, la gestion des flux et dans l’amélioration de qualité de l’éducation et de la formation. Je voudrais donc profiter de cette occasion pour exprimer, au nom du gouvernement et au mien propre, notre reconnaissance à l’endroit de l’Eglise Catholique pour cette précieuse et salutaire contribution.

Excellences les membres du collège épiscopale du Mali,

Mesdames et Messieurs les Participants,

 

L’école, l’Education, l’enseignement sont non seulement Institution mais aussi Action. L’action s’étend dans l’espace et le temps. Aussi, l’histoire de la pensée nous apprend que le déploiement de l’histoire, et de l’action en particulier, qui s’opère dans l’espace et le temps, n’est pas linéaire mais dialectique, c’est-à-dire à travers des séquences d’harmonie et des séquences de contradictions, de négation. Et l’essentiel dans ce mouvement de l’histoire, c’est que les contradictions constituent le moteur qui mène aux bonds qualitatifs. On pourrait ainsi paraphraser en disant que ce sont les épreuves qui conduisent aux succès. Or l’enseignement catholique, en tant qu’institution et action, ne peut se soustraire à cette dynamique. Son évolution se fait à travers des « hauts » et des « bas ».

 

Mesdames et Messieurs,

 

C’est dire donc que ce qui arrive et est arrivé à notre école relève de la dynamique de l’histoire. Cependant même si on peut concevoir que c’est normal de s’alarmer, de s’inquiéter de la situation de notre école aujourd’hui, nous n’avons pas le droit de tomber et de demeurer dans le pessimisme. Nous devons considérer ces moments difficiles de notre institution qu’est l’école, qui remporte aussi beaucoup de victoires, comme des occasions de prise de conscience en vue d’un élan nouveau, d’un nouveau saut qualitatif.

 

Excellences les membres du collège épiscopale du Mali,

Mesdames et Messieurs les participants,

 

Je pense sans nul doute, que c’est dans cette perspective que vous avez placé le forum national que vous venez de tenir. En effet, acteurs et actrices de l’école, vous vous êtes réunis pendant 3 jours pour faire cet examen, cette prise de conscience. Les exposés d’éminents spécialistes, éducateurs et enseignants rompus à la tâche que vous avez suivis avec grand intérêt vous ont certainement permis d’avoir un regard rétrospectif sur l’ensemble de l’action éducative au Mali et de constater les victoires remportées ainsi que les balbutiements, les échecs subis et les défis. Ce regard rétrospectif vous a permis de savoir quels sont les ingrédients nécessaires qu’il faut envisager pour un élan nouveau de l’action éducative de l’Eglise du Mali.

Mesdames et Messieurs,

A travers les différents ateliers, vous avez mené des débats riches et fructueux sur des thématiques couvrant l’ensemble des sous-secteurs de la pastorale scolaire de l’Eglise au Mali :

  • Ethique, déontologie et administration ;
  • Ressources financières ;
  • Ressources humaines ;
  • Partenariat ;
  • Projet éducatif.

Ce sont ces débats fructueux qui ont pu accoucher des recommandations pertinentes. Et je lance un vibrant appel à tous les acteurs à s’engager résolument dans la mise en œuvre de ces recommandations pour le bonheur de nos enfants, de nos familles et de notre nation. Car l’éducation, c’est le socle non seulement de la famille mais aussi de la société.

Mesdames et Messieurs,

Au cours de vos travaux, vous avez revisité le système éducatif malien dans son ensemble ainsi que la source et les fondamentaux de l’Enseignement Catholique. Vous avec parcouru le chemin sinueux, les labyrinthes par lesquelles l’Etat malien et l’Eglise sont passés dans la réalisation de leur mission d’Education. Vous vous êtes rendu compte que l’Enseignement Catholique, en dépit des succès engrangés, est confronté à beaucoup de défis qu’il lui faudra relever :

  • Le défi de la mobilisation du financement ;
  • Le défi de l’adéquation de la formation de l’enseignement aux besoins de notre société actuelle,
  • Le défi de la qualité ;
  • Le défi de la gouvernance ;
  • Le défi de la valorisation des ressources humaines ;
  • Le défi du respect de l’éthique et de la déontologie (adéquation avec les valeurs évangéliques).

Il ne s’agira plus donc pour vous de ruminer sans fin les défis, les contraintes ; il vous faudra prendre résolument le chemin d’une voie critique pour un élan nouveau, cela en prenant en compte les dimensions endogènes mais aussi exogènes de l’Enseignement Catholique.

Monsieur le Président de la Conférence Episcopale ;

Monsieur le Président de la Commission de l’Enseignement Catholique de Bamako ;

Je ne pourrai terminer mon propos sans vous assurer ici de la disponibilité du Gouvernement, à travers les départements en charge de l’éducation, à consolider le partenariat fécond que l’Etat et l’Eglise ont toujours entretenu en matière d’éducation.

Excellence les membres du collège épiscopale du Mali,

Mesdames et Messieurs les participants,

En vous rassurant que vos contributions seront mises à profit pour le bonheur et succès de l’école malienne, et en vous souhaitant un bon retour dans vos foyers respectifs, je déclare clos les travaux du Forum National de l’Enseignement Catholique du Mali.

Vive l’Ecole Malienne !

Vive le Partenariat fécond autour de l’école !

Je vous remercie pour votre aimable attention.

 



[1] La parité du pouvoir d’achat (PPA) est un taux de conversion monétaire qui présente l’avantage d’éliminer les différences de niveaux de prix entre les pays. En d’autres termes, une fois converti en dollars PPA, un montant donné permettra de se procurer le même panier de biens et de services, partout dans le monde.

 

 

 

 

 

 

 


ENSEIGNEMENT CATHOLIQUE                                      REPUBLIQUE DU MALI

            - - - - - - - - - - - - - -                                                          - - - - - - -

DIRECTION NATIONALE                                            Un   Peuple – Un But – Une Foi

BP. 298 Tél. (+223) 20-22-33-56                                              -------

Cél. 76 39 96 33 – 66-88-21-73                                                    

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CONFERENCE EPISCOPALE DU MALI

 

COMMISSION ENSEIGNEMENT

 

DIRECTION NATIONALE DE L’ENSEIGNEMENT CATHOLIQUE

 

FORUM DE L’ENSEIGNEMENT CATHOLIQUE AU MALI

 

Grand Séminaire Saint Augustin de Samaya

 

Du mardi 03 au jeudi 05 septembre 2013

 

RAPPORT GENERAL

Du Mardi 03 au jeudi 05 septembre 2013, s’est tenu au Grand Séminaire Saint Augustin de Samaya près de Bamako, le Forum National de l’Enseignement Catholique au Mali. La dernière rencontre du genre et d’une telle importance remonte à Juillet 1973.

Le but global du forum était de définir de nouvelles orientations stratégiques et opérationnelles pour l’enseignement catholique au Mali.

Les conclusions du forum doivent permettre aux Ẻvêques :

  • De redéfinir l’orientation de l’école catholique à tous les partenaires au Mali ;
  • De renforcer la structure organisationnelle de l’enseignement catholique face aux réalités administratives et politiques du Mali ;
  • D’engager des stratégies d’auto-prise en charge des écoles : aux plans humain, spirituel, matériel et financier.

Le Forum a regroupé 150 participants composés de tous les acteurs internes et externes, anciens et actuels de l’Enseignement Catholique, les autorités nationales en charge de l’Ẻducation au Mali, les responsables traditionnels et politiques de la localité ainsi que les partenaires techniques et financiers.

La liste complète des participants se trouve en annexe du Rapport général.

De la Cérémonie d’ouverture.

 Cette cérémonie a enregistré la présence de presque tous les Ẻvêques du Mali à savoir :

  • Mgr Jean Baptiste Tiama, Ẻvêque de Sikasso, Président de la Conférence Ẻpiscopale du Mali ;
  • Mgr Augustin Traoré, Ẻvêque de Ségou, Président de la Commission Enseignement au sein de la Conférence épiscopale ;
  • Mgr Jean Zerbo, Archevêque de Bamako ;
  • Mgr Jean Gabriel Diarra, Ẻvêque de San ;
  • Mgr Jonas Dembélé, Ẻvêque de Kayes.

Empêché, Mgr Georges Fonghoro, Ẻvêque de Mopti, en voyage pour des raisons de santé.

Cette présence de la quasi totalité de l’ensemble des Ẻvêques atteste de l’importance qu’ils tiennent à accorder à ce Forum.

Les autorités administratives du pays n’étaient pas en reste. Le Forum a enregistré la présence effective de  monsieur Bocar Moussa Diarra, Ministre de l’Éducation, de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales, qui a prononcé le discours d’ouverture. Il  était accompagné non seulement des chefs de services de son département mais aussi et surtout de son collègue  monsieur  David Sagara, Ministre du Logement, de l’Urbanisme et des Affaires foncières.

Outre le discours d’ouverture de  monsieur le  Ministre de l’Éducation, de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues Nationales, trois autres interventions ont marqué cette cérémonie : l’allocution d’accueil de l’Ordinaire du lieu, Mgr Jean Zerbo, le discours de monsieur le Directeur National de l’Enseignement Catholique, Koundya Joseph Guindo, et l’intervention de Mgr l’Évêque président de la Conférence Épiscopale, S.E. Mgr Jean Baptiste Tiama.

 

Le Présidium du Forum était ainsi composé :

Président : Mgr Augustin Traoré

Vice-Présidents: MM. Emmanuel Sagara et Koundya Joseph Guindo

Rapporteur Général : M. Yassinthe Koné

Rapporteurs Adjoints : MM. Bèzo Honoré Dembélé, Aloys Diawara, Patouma Jérôme Koné, Pierre Dara et Henri Dakouo.

Des Communications.

Le Forum a bénéficié de quatre communications de haut niveau. Il s’agit de celle donnée par le Professeur Denis Dougnon, Ancien Secrétaire Général du Ministère de l’Ẻducation et qui a piloté le Forum National de l’Ẻducation du Mali en 2008. Il a donné une Conférence sur les Grandes orientations du Système éducatif malien.

Cette première Conférence a été suivie de celle de Mgr Jean Gabriel Diarra, sur le thème de l’Enseignement Catholique universel depuis ses origines.

Ensuite est intervenu l’exposé de Mgr Jean Zerbo sur le  Projet Éducatif de l’Enseignement catholique.

Il est revenu au Père Joseph Tanden Diarra, premier président de l’Université Catholique, Unité de Bamako et actuel président de l’Unité de Bobo Dioulasso au Burkina Faso, de donner un éclairage sur le thème : Enseignement Catholique au Mali, hier, aujourd’hui et demain.

Auparavant, une synthèse des résultats des questionnaires envoyés dans les différents Diocèses a été  présentée par M. Yassinthe Koné, ancien Directeur diocésain de l’Enseignement Catholique à San.

Des Ateliers

Cinq (05) ateliers ont été constitués pour les réflexions autour des thèmes suivants :

1-   Gestion administrative et pédagogique – Éthique et déontologie ;

2-   Ressources financières et matérielles ;

3-   Ressources humaines : recrutement, gestion, genre, promotion et plan de carrière ;

4-   Partenaires sociaux, rapports avec l’Ẻtat et l’Ẻglise ;

5-   Projet de l’Enseignement : valeurs propres à l’Enseignement Catholique.

De ces ateliers sont issues des analyses et des recommandations fortes, pertinentes, consignées dans le Rapport Général qui seront traduites en plan d’actions opérationnelles pour les années à venir.

De la cérémonie de clôture.

La cérémonie de clôture a connu six interventions :

- M. Yassinthe Koné, rapporteur général, a d’abord lu le communiqué final ;

- M. Aloys Diawara a restitué les recommandations issues des cinq ateliers ;

- M. Bèzo Honoré Dembélé a lu les motions de remerciements ;

- M. Koundya Joseph Guindo a remercié tous les partenaires de l’Enseignement qui ont permis d’organiser et de tenir le Forum ;

- Mgr Augustin Traoré a, au nom de la Conférence épiscopale remercié tous les participants et les autres partenaires de l’Enseignement Catholique. Il a donné l’assurance que les recommandations seront examinées avec toute l’attention requise et seront rendues opérationnelles dans la mesure des possibilités de l’Eglise.

- Enfin,  M. Bocar Moussa Diarra dans son discours de clôture des travaux du Forum a souligné l’importance de l’Enseignement Catholique, un partenaire sérieux de l’Etat dont la contribution est précieuse et salutaire dans le système éducatif malien. Il a encouragé l’Enseignement Catholique à continuer à maintenir la dimension spirituelle dans l’éducation des enfants.


RAPPORTS JOURNALIERS

Rapport de la journée du mardi 3 septembre 2013.                        

1. De l’ouverture

Elle s’est déroulée en deux temps :

 Ằ 06 h 30 les participants se sont réunis pour une messe d’action de grâce autour de Mgr Augustin TRAORẺ, président de la Commission Episcopale Malienne pour l’Enseignement qui a présidé l’Eucharistie avec tous les prêtres présents. Dans sa monition et son homélie Mgr TRAORẺ a rappelé que la messe est une action de grâce qui permet au chrétien de s’unir à celle du Christ. Il a évoqué la figure de saint Grégoire Le Grand, Père de l’Ẻglise dont la sagesse, l’enseignement et le témoignage sont des exemples pour tous les fidèles de Jésus, surtout les enseignants. Il a invoqué l’Esprit Saint pour que les travaux du Forum se déroulent dans la concorde et la fraternité.

La cérémonie officielle d’ouverture a eu lieu de 09 heures à 10 heures30.

2. Les communications.

De 11 heures  à 13 heures 30 les participants ont bénéficié d’une  communication donnée par le Professeur Denis Dougnon, ancien Secrétaire Général du Ministère de l’Ẻducation, sur les Grandes orientations du système éducatif malien.

Après son intervention les débats ont porté sur les questions-réponses qui suivent :

  1. Que penser de l’évaluation des innovations pédagogiques du système éducatif malien ?
  2. Par rapport à l’article 76 de la loi d’orientation, les différents ministres de l’éducation se sont-ils acquitté régulièrement de leur tâche?
  3. Quels sont les résultats donnés par l’expérience de la méthode convergente ?  La mutation des parents d’élèves d’une zone à l’autre ne pose- t- elle pas problème ?
  4. De la formation technique et professionnelle : n’existe-t-il pas un manque de vision ? Pourquoi ne faudrait-il pas créer une école des mines ?
  5. Comment relever le faible niveau de l’élève malien dans les écoles privées?
  6. Comment expliquer le renversement de situation de l’élève malien par rapport au passé ?
  7. Quelles solutions trouver aux problèmes de lecture à l’école primaire ?
  8. Pourquoi le communicateur a-t-il évité le défi du civisme ? La question de langue n’est-elle pas un problème anthropologique ?

Les éléments de réponse suivants ont été donnés :

  1. L’évaluation des innovations est irrégulière et insuffisante. Elle doit être ajustée.
  2. Par rapport à l’article 76, la loi elle-même devrait être revue et corrigée.
  3. On apprend mieux dans une langue qu’on maîtrise.

Le  curriculum est généralisé dans l’aire culturelle bamanan. Depuis deux ans une étude a été commanditée en pays dogon (Koro-Bankass) où le souhait était d’être fortement alphabétisé. Dans cette zone, les peulhs sont très peu nombreux et on peut exploiter le dogosso.

La question de la mutation d’une zone à l’autre est vraiment marginale.

 

  1. Par rapport à la création de l’école des mines, il est dit en substance que, les textes sont bien avancés, mais les évènements derniers du pays ont été un facteur de blocage. Donc l’espoir est permis car la volonté politique y est.
  2. La création des écoles privées est un droit ; mais il existe un cahier de charge que les promoteurs doivent respecter. Des faiblesses voir des complicités existent dans la gestion des écoles privées. La tendance est à corriger.
  3. Un système nait, grandit et meurt. Le système de l’US-RDA (union soudanaise du rassemblement démocratique africain) est mort prématurément. Le CMLN (comité militaire de libération nationale) a fait des dégâts. La démocratie grandit et s’ajuste. Des correctifs doivent être faits.
  4. L’utilisation de la stratégie alternative est une solution au problème de lecture. Elle permet à un enfant déscolarisé ou non scolarisé d’apprendre en huit à neuf mois à lire, écrire et calculer pour pouvoir s’inscrire en classe de quatrième année de l’enseignement fondamental  à la reprise. Cette méthode a fait ses preuves et a été adoptée par le Burkina Faso et le Niger.

Par rapport à cette question de lecture, la contribution de l’ancien Ministre de l’Education, Monsieur Salikou SANOGO a été édifiante.

 

  1. La citoyenneté est plus large que le civisme qui a un caractère redondant.

Du caractère anthropologique de la langue, il est à retenir que  « l’enfant apprend mieux dans la langue qu’il maîtrise. »

Les travaux ont pris fin à 13 heures 30 minutes.

L’après midi les  travaux ont repris à 15 heures par la conférence de Mgr Jean Gabriel Diarra, sur le thème de l’Enseignement Catholique : origines, identité, spécificité, perspectives.

Après son intervention les débats ont porté sur les questions-réponses qui suivent.

Ci-dessous les questions posées par les participants accompagnées de la réponse du conférencier.

  1. Quel est le sens du deuxième tableau du rêve du conférencier?

C’est une interpellation à tous les partenaires afin que chacun s’investisse pour la promotion de ce bien commun.

  1. Comment promouvoir l’éducation civique et  morale, l’éducation aux valeurs évangéliques ?

On a l’impression en causant avec les gens qu’ils connaissent. Ce qu’il faut, c’est une vraie conversion des cœurs et des mentalités.

  1. Faut-il dire enseignement privé catholique ou enseignement catholique ?

Les responsables de l’administration scolaire catholique se pencheront sur les deux appellations. En attendant nous utiliserons les deux termes.

 

  1. N’est-il pas opportun de former les enseignants sur la doctrine sociale de l’Eglise ?

Les aumôniers diocésains et paroissiaux et les directeurs diocésains ont pris bonne note en espérant que les bénéficiaires seront intéressés par le thème.

 

  1.  L’enseignement catholique a-t-il un programme propre ?

L’enseignement catholique applique les programmes fixés par l’Etat. Il peut au-delà de ces programmes ajouter des particularités.

 

Ces travaux nous ont conduit à la pause de l’après midi.

A la reprise, est intervenu l’exposé de Mgr Jean Zerbo sur le  Projet Ẻducatif de l’Enseignement privé catholique.

Par rapport à cette communication, les interventions ont été surtout des contributions.

L’exposé a fait vibrer les cœurs s’exclame un intervenant. Ce qui est bon et juste doit être vrai dit-il. La prière, oui, mais il faut prier pour que les cœurs changent au Mali.

A un autre de renchérir pour témoigner que le projet éducatif de l’Enseignement Catholique du Mali est un bon document parce que exploitable en Guinée, au Niger, au Congo etc. Dans tout pays où existe l’enseignement catholique ce projet peut passer, ajoute-t-il.

Pour monsieur l’abbé Paul Somboro, ancien directeur national, par deux mots, il exprime sa joie par rapport à ce qu’il entend :

1 – Il remercie et salue le courage des évêques pour l’intérêt qu’ils portent maintenant à la formation spirituelle des élèves.

2 – Il trouve que les travailleurs ont besoin d’encouragements. Aucun enseignant n’a reçu une décoration. Son souhait est d’essayer d’instaurer ces valeurs au sein de l’Enseignement Catholique.

Quant au Directeur de Catholic Relief Service au Mali, son vœu est que les médias de l’Eglise soient utilisés comme moyens pour éduquer  les enfants et sensibiliser les partenaires sur les questions de l’école catholique.

En élément de réponses, le communicateur, remercie pour les contributions et pense qu’il faut chercher ensemble. Quant aux anciens de l’Enseignement Catholique, sa conviction est qu’ils ne se mettent pas au frigo car, selon lui on ne fait pas la vie deux fois. Ils ont planté une femme, un homme, en conséquence il faut continuer.

En conclusion, Il est important que les contributions et communications  fassent l’objet  d’un plan d’action par la direction Nationale.

Les travaux ont pris fin à 18H10mn.

 

Journée du mercredi 4 septembre 2013

La journée du mercredi 4 septembre 2013 a commencé à 6h30 par une messe animée par les diocèses de Ségou et Sikasso et présidée par monsieur l’abbé Jean Bello du diocèse de Mopti qui est parti de l’expérience de Sainte Rosalie, la sainte du jour, pour inviter l’assemblée à donner à la Vierge Marie une bonne place dans leur pratique religieuse.

Les travaux ont commencé à 8h30 par la conférence sur le thème : l’Enseignement Catholique au Mali, hier, aujourd’hui et demain donnée par le Père Joseph Tanden Diarra, Président de l’Unité Universitaire Catholique de Bobo Dioulasso (Burkina Faso).

Les questions posées après la communication sont suivies chacune de leur réponse :

  1. Que signifie la cléricalisation de l’enseignement catholique ?

Réintroduire les clercs, hommes et femmes, dans les postes de responsabilité et même dans les classes. Clercs et laïcs doivent travailler ensemble.

  1. Pourquoi le conférencier n’a-t-il  pas fait référence aux textes qui régissent l’enseignement catholique ? Une insuffisance de ces textes n’est-elle pas source de problèmes ?

Les textes doivent être régulièrement relus pour les adapter.

  1. Si l’école catholique n’est pas bien intégrée dans la pastorale d’ensemble, à qui la faute ?

Chacun y a une part, l’équipe pastorale comme l’équipe enseignante.

  1. L’enseignement catholique  peut-il gérer autrement les vieux enseignants en service ?

Les propositions faites au cours du présent forum pourront peut-être nous permettre de trouver la manière d’améliorer les conditions de travail de nos ainés.

  1. Pourquoi la christianisation de l’enseignement catholique quand on sait que l’enseignement est laïc ?

L’enseignement catholique n’est pas laïc, il est catholique et pas autre chose.

  1. L’enseignement catholique recule en fermant ou en remettant des écoles à l’Etat. N’est-il pas mieux de garder et consolider les acquis ?

Ce n’est pas un recul lorsque l’enseignement catholique remet à l’Etat une école qu’il ne peut pas gérer efficacement.

3. Les ateliers

Avant la pause les participants répartis en cinq groupes ont reçu la consigne ci- dessous pour les travaux d’ateliers. La plénière est prévue pour le jeudi 5 septembre 2013 à partir de 10 heures.

Consigne : A partir de la synthèse des rapports diocésains, des conférences et des débats et en tenant compte du thème de votre atelier,

  1. Décrire la situation souhaitée, idéale dans l’Enseignement Catholique
  2. Dégager les obstacles entre la situation idéale et la situation réelle
  3. Identifier les causes de ces obstacles
  4. Proposer des solutions concrètes
  5. Formuler des recommandations.

 

Cinq (05) ateliers ont été constitués pour les réflexions autour des thèmes suivants :

1-   Gestion administrative et pédagogique – Ẻthique et déontologie ;

2-   Ressources financières et matérielles ;

3-   Ressources humaines : recrutement, gestion, genre, promotion et plan de carrière ;

4-   Partenaires sociaux, rapports avec l’Ẻtat et l’Ẻglise ;

5-   Projet de l’enseignement : valeurs propres de l’Enseignement Catholique

 

Journée du jeudi 05 septembre 2013

 

  1. La mise en commun des travaux d’ateliers 

La mise en commun des travaux d’ateliers a duré de 10 heures à 13 heures 30. Les productions se trouvent en annexe.

  1. La cérémonie de clôture.

Elle s’est déroulée de la façon suivante (les textes sont en annexe) :

  1. Lecture du communiqué final.
  2. Lecture des recommandations
  3. Lecture de la motion de remerciement
  4. Allocution du Directeur National de l’Enseignement Catholique
  5. Allocution du Président de la Commission Enseignement Catholique
  6. Allocution de clôture de monsieur Le Ministre de l’Education, de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues Nationales.
     
  1. La messe d’envoi

Elle a été présidée par Mgr Augustin Traoré. Dans son homélie il a exhorté les participants à faire de l’Enseignement Catholique leur bien commun et de témoigner par l’exemple.


Annexes :

A. Allocution du maître de cérémonie

Excellence Mgr Jean Baptiste Tiama, Président de la Conférence Episcopale du Mali ;

Excellence Mgr Jean Zerbo, Archevêque de Bamako ;

Excellence Mgr Augustin Traoré, Evêque de Ségou, Président de la Commission Enseignement de la Conférence Episcopale du Mali ;

Monsieur le Ministre de l’Education de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues Nationales ;

Monsieur le Ministre du Logement, de l’Urbanisme et des Affaires Foncières ;

Messieurs les membres du Gouvernement ;

Monsieur le représentant du Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique ;

Mesdames, Messieurs les promoteurs d’écoles privées ;

Mesdames, Messieurs les Parents d’Elèves ;

Révérends Pères et Révérendes Sœurs et Bien chers religieux et religieuses des différentes congrégations ;

Monsieur l’Abbé Paul Somboro, Ancien Directeur National de l’Enseignement Catholique ;

Messieurs les Anciens directeurs diocésains ;

Monsieur le Maire de la Commune du Mandé ;

Monsieur le Chef de village de Samaya ;

Mesdames, Messieurs les enseignantes et les enseignants ;

Tous à vos grades et responsabilités,

Chers élèves ;

Chers participants ;

Mesdames et Messieurs,

Pourquoi un forum ? Pourquoi une foire, un marché, puisque c’est le sens de ce mot, pour parler de l’Education. Qu’avons-nous à vendre ? Ou qu’avons-nous à acheter ?

Ces dernières années, le Malien moyen et parfois le cadre de haut niveau se sont érigés en contempteurs de l’école qu’ils méprisent plus qu’ils ne maîtrisent, et critiquent le système sans connaître les causes profondes et les objectifs des différentes tentatives de refondation.

Le travail d’éducation se fait de moins en moins dans la famille à cause des exigences sociales en termes économiques et politiques. Or, il ne saurait y avoir d’éducation sans autorité. A chaque période d’éducation se pose la question fondamentale : à quoi forme-t-on ?

Depuis avant les indépendances de la plupart des pays africains, les établissements d’enseignement privés catholiques et les enseignants de ces institutions ont fait la fierté de nombreux pays. Cette aura d’antan, qui malheureusement tend à disparaître, était obtenue dans la conjugaison de la transmission des savoirs et de la manière dont elles étaient transmises à travers le culte d’un certain nombre de valeurs humaines, que d’aucuns appelleront évangéliques.

De même, les parents devraient davantage réfléchir à faire de leurs enfants des fils ; c’est-à-dire que tous les parents au-delà de la simple procréation doivent s’intéresser à l’éducation, la famille étant le premier lieu de socialisation. Ainsi, aucune structure ne doit être gérée par des hommes sans rapport à un projet d’éducation et de formation.

Car l’éducation, si elle est bien menée, en plus d’être un secteur de développement, est le moyen le plus adéquat pour tout développement.

L’histoire de l’Eglise et plus singulièrement celle de l’Enseignement Catholique enseignent que de grands hommes ont balisé cette conception à travers les âges. Il suffit de se souvenir des batailles de Saint Augustin ou des scolastiques sui ont défendu l’idée que les rapports entre l’Evangile et les cultures de leur époque sont d’essence.

Aujourd’hui, des conceptions irréconciliables se partagent le monde, des conceptions souvent antagonistes de la société : la liberté, la famille, les droits humains. Et il appartient aux Institutions d’éducation d’enseigner et la sagesse et la science.

Les croyants devraient être les premiers à comprendre les enjeux en présence et savoir participer pleinement au dialogue des cultures. Le pluralisme les interpelle directement.

Le Journal Catholique « La Croix » vient de publier un ouvrage où sont abordés les questionnements cruciaux tels que :

Comment adapter la pastorale à la diversité des élèves ? Comment l’école catholique fait-elle face à la pénurie d’enseignants ? Est-elle trop élitiste ? Quelle créativité pédagogique à inventer ? Comment accueillir au mieux les élèves handicapés ?

Pourquoi un marché ? Pourquoi une foire ?

Pour exposer et acheter ?

Pour acheter et vendre ?

Pour revendre et racheter ?

La présente rencontre nationale aura pour but d’exposer à la vente les problèmes de l’Enseignement Privé Catholique dont les responsables sont prêts à acheter les recommandations qu’elle engendra.

La cérémonie officielle d’ouverture de ce matin se déroulera de la façon suivante :


 

  1. Allocutions d’ouverture :

ARCHEVECHE DE BAMAKO                                                       Bamako, le 28/08/2013

BP.298 BAMAKO

Tél. 20 22 54 99

Fax 20 22 5214

Email : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

N°277/2013

FORUM SUR L’ENSEIGNEMENT CATHOLIQUE

MOT D’OUVERTURE

Salutation

  • Les invités,
  • Les responsables de l’Enseignement Catholique.

Enfin, enfin le Forum sur l’Enseignement. Un projet annoncé depuis des années et sans cesse reporté. Ce projet si attendu, s’ouvre aujourd’hui mardi 3 septembre 2013 9ème mois de l’année. La 125ème année de la naissance de l’Eglise au Mali.

Est-ce à dire qu’il est enfin mur pour naître comme un enfant attendu pendant plusieurs fois 9 mois ?

Ce forum s’ouvre alors que nos champs fleurissent des semences variées, nous laissent espérer d’abondantes récoltes ! Puisse-t-il après une si longue attente, enfanter d’une école qui aidera nos enfants nos petits enfants à être pour nos familles, nos villages, nos villes, notre pays l’Afrique des bons messagers, de bons citoyens, d’excellents citoyens !

Alla ka u na kan diya !

Préparé pendant si longtemps, son ouverture aujourd’hui ne peut que réjouir nos aînés, pères et sœurs qui portent dans leur cœur, tout ce qui touche l’avenir de l’Afrique du Mali, et son Eglise. Les prêtres, les Evêques, les religieux, les religieuses, les laïcs, les maliens et coopérants, retraités ou actifs, eux tous et toutes, ne cessent de demander les nouvelles du Mali. Notre profonde reconnaissance à ceux et celles que le Seigneur a rappelés à Lui. Alla ka hèrè kè u yé ! Permettez-moi de citer quelques noms :

Messeigneurs Sangaré, Sidibé, Cissé, Dao, Abbé Pierre Kanouté, Sr Anita, Louis Samaké, Louis Germain, Cyriaque Mounkoro, Pierre Douyon.

Notre profonde communion avec eux à l’occasion du présent forum de l’Enseignement Catholique, dont la réalisation a lieu maintenant, est pour moi une manifestation de l’Amour de Dieu pour notre pays. Nos champs fleurissent d’espérance.

Suite à la dure épreuve dont nous sortons purifiés, et cela grâce à Dieu, au secours des pays et organismes amis ainsi qu’à notre détermination patriotique et citoyenne. Qui oserait douter que l’éducation s’inscrive dans les priorités pour ne pas dire comme la priorité des priorités de notre quête d’un avenir meilleur pour le Mali ?

C’est du moins dans ce sens que je comprends le cri de cœur du très regretté professeur Ky Zerbo : « Eduquer ou périr ». Il reprend à sa manière le constat amer et la déception exprimés par le prophète Osée en ce terme : « Mon peuple périt, faute de connaissance. » Osée 4,6. Feu Mgr Julien Mory Sidibé exprime les mêmes sentiments dans une plaquette intitulée : « Eduquer ou Périr, l’avenir du Mali à la lumière de ses valeurs socioculturelles. » Elle mérite d’être rééditée et mise à la disposition de tous les acteurs de l’enseignement catholique.

Très chers invités,

Dans cette pensée, nous découvrons toute la longueur, la largeur, la profondeur, la hauteur de l’Education dans toute ses dimensions et du coup toute la valeur et la complexité du défi, en même temps que l’urgence de nous engager pour le relever.

D’elle dépend notre avenir, l’avenir de l’école malienne, L’avenir de l’enseignement catholique au Mali.

D’elle dépend l’avenir du Mali, de notre pays que je voudrais comparer en ce moment à ce voyageur trahi par ses amis et connaissances que des brigands de tous les horizons ont agressé, dépouillé, laissé pour mort sur le bord de la route. Son salut, le salut du Mali j’en suis profondément convaincu vient des Bons Samaritains qui volent à son secours.

Je souhaite donc que de ce forum, nous repartions tous et toutes non seulement séduits par son exemple, mais déterminés comme lui, malgré les difficultés et les préjugés nos doutes à sauver non pas comme nous avons pris l’habitude de le dire, l’année scolaire, mais l’école malienne. Il ne s’agit plus de sauver l’année scolaire, mais l’école malienne. Puisse les conclusions de notre forum nous permettre de trouver les vrais remèdes et de les appliquer. L’enjeu est de taille.

Eduquer ou périr.

Que le Seigneur Maître de la vie, l’Educateur par excellence, bénisse notre rencontre.

Que ces lieux, camp d’initiation à la vie et au ministère sacerdotal, deviennent pour nous toutes et tous, le grand cénacle, lieu où le Seigneur enverra sur chacun de nous son Esprit Saint. Esprit de sagesse d’Intelligence de conseil, de force, de connaissance de piété, de crainte de Dieu.

L’avenir de l’enseignement catholique dans le système éducatif au Mali est entre nos mains, nos aînés et pères ont fait de leur mieux !

I fa yélen na jiri mun kan, ni ma sé ka yèlè à kan, i jija i ka yé o jiri jufe !

Que Dieu bénisse le Mali

Qu’Il bénisse l’Ecole Malienne

Qu’Il bénisse le présent forum sur l’Enseignement Catholique au Mali.

Je vous remercie de votre présence et votre bienveillante attention !

 

                                                                       + Monseigneur Jean ZERBO

                                                                       Archevêque de Bamako.

Allocution  du Directeur National de l’Enseignement Catholique du Mali lors de la cérémonie d’ouverture du forum national de l’enseignement catholique tenu les 3, 4 et 5 septembre 2013 au grand Séminaire saint Augustin de Samaya (Bamako).

  • Monsieur Le Ministre de l’Education, de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues Nationales;
  • Excellence Monseigneur Jean-Baptiste TIAMA Président de la Conférence Episcopale du Mali, Evêque de Sikasso ;
  • Excellence Monseigneur Jean ZERBO Archevêque de Bamako ;
  • Excellence Monseigneur Augustin TRAORE Président de la Commission Enseignement catholique au sein de la Conférence Episcopale du mali,  Evêque de Ségou ;
  • Excellence Monseigneur Jean-Gabriel DIARRA  Evêque de San ;
  • Révérends Pères, Religieux et Religieuses ;
  • Monsieur le Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique ;
  • Monsieur le ministre du Logement de l’Urbanisme et des Affaires Foncières ;
  • Monsieur le Ministre de la Culture ;
  • Monsieur le  Président de l’Unité Universitaire Catholique de Bamako ;
  • Messieurs les Directeurs Nationaux des Différents Ordres d’enseignement au Mali ;
  • Monsieur le Directeur de l’Académie d’enseignement de Kati;
  • Monsieur le Directeur du Centre d’Animation Pédagogique de Kalabancoro ;
  • Messieurs les Directeurs diocésains de l’enseignement catholique du Mali ;
  • Monsieur le Recteur du Grand Séminaire Saint Augustin de Samaya ;
  • Monsieur le Représentant Résidant de Catholic Relief Services (CRS).– BAMAKO – (Mali) ; 
  • Monsieur le représentant du Fonds d’Appui à la Formation Professionnelle et à l’Apprentissage ;
  • Monsieur le représentant de Save the Children ;
  • Mesdames et Messieurs les représentants des Ambassades de France, des Etats-Unis, D’Allemagne, du Canada, des Pays-Bas,  et  d’Espagne ;
  • Messieurs les représentants des coopérations Suisse et Belge;
  • Monsieur le chef de village de Samaya ;
  • Mesdames et Messieurs les Délégués du forum ;
  • chers invités ;

A la suite de Monseigneur Jean Zerbo, ordinaire des lieux, je souhaite la bienvenue à vous tous qui avez accepté de faire le déplacement jusqu’ici pour le forum de l’enseignement catholique du Mali, Je vous adresse mes sincères remerciements.

 

Le 23 octobre 2012, lors de la passation de service entre mon prédécesseur Monsieur Gabriel Nioumina BERTHE et moi, Monseigneur Augustin TRAORE, président de la Commission Enseignement Catholique au sein de la Conférence Episcopale du Mali disait que la priorité pour le nouveau directeur national était l’organisation d’un forum de l’enseignement catholique en 2013.

 

Nous bénissons le Seigneur qui nous aide à gagner ce pari aujourd’hui 03 septembre 2013 ici au Grand Séminaire Saint Augustin de Samaya.

 

Monsieur le ministre, Excellences les Evêques, Honorables invités, Mesdames et Messieurs,

 

Le liminaire de la Réforme de l’Education de 1962 dit qu’«après la liberté et la nourriture, l’instruction est le premier besoin et le plus grand bien d’un peuple»

Or, Monsieur Niakan Ha’iri Diarra dans son ouvrage « DJIHÂD, L’AUTRE GUERRE » paru en juin 2013 affirme qu’ « il n’y a pas d’éducation dans ce pays » et il se demande « qui nous délivrera de ce vide éducatif ». dans tous les cas dit-il  « si notre école n’est plus capable ni d’éducation ni d’instruction, c’est que la nation malienne a échoué dans sa tentative de « création d’un citoyen » digne de ce nom ». P. 140

On ne peut pas mieux dépeindre le décor de l’éducation aujourd’hui au Mali. Vous comprenez alors la raison pour laquelle nous sommes rassemblés ici.

 

Il faut tout de même préciser que le présent forum n’a pas la prétention de faire le diagnostic du système éducatif malien. Des voix plus autorisées ont eu à le faire lors du forum national sur l’Education qui s’est déroulé du  30 octobre au 02 novembre 2008.

 

Comme le disait le directeur national de l’époque lors du 1er conseil national de l’enseignement catholique en 1973,  « Quand une collectivité sent le besoin de se redéfinir ou de se donner un nouveau départ, elle n’a guère d’autre choix que de convoquer les états généraux».  Le présent forum a pour but de définir de nouvelles orientations stratégiques et opérationnelles pour l’Enseignement catholique au Mali. Notre objectif est de faire découvrir à tous les partenaires, l’identité de l’enseignement catholique au Mali et de créer les conditions préalables pour harmoniser les rapports entre les différents acteurs de l’école catholique tant au niveau national, diocésain, paroissial que local, et cela dans la perspective du renforcement des capacités internes et externes des acteurs du système.

 

Monsieur le Ministre, Excellences les Evêques, Honorables invités, Mesdames et Messieurs,

 

L’enseignement catholique du Mali pour lequel nous sommes réunis compte  116 établissements dont 17 au niveau du  préscolaire, 84 au fondamental (50 premiers cycles, 34 seconds cycles), 5 au niveau du secondaire Général, 7 au niveau du secondaire technique et professionnel et 3 au niveau du supérieur.

 Les élèves et étudiants sont au nombre de 34 044 dont 80,48% de non chrétiens. Ces jeunes dont le pourcentage de filles est de 48, 45% sont encadrés par 1320 agents dont 1 295 enseignants.  44,63% des enseignants ne sont pas chrétiens.

 

Ces pourcentages sont assez éloquents pour comprendre que l’Enseignement catholique se réfère aux valeurs évangéliques mais reste ouverte à tous ceux qui acceptent de partager ces valeurs.

 

Beaucoup de parents choisissent de confier leurs enfants aux  écoles catholiques. Les raisons qu’ils avancent sont entre autres, la qualité du travail, les bons résultats aux examens et le sérieux des formateurs. Mais, l’arbre ne doit pas cacher la forêt. L’enseignement catholique au Mali, tout comme l’école malienne en général, est confronté à de multiples défis à relever. Mais Monseigneur Victor AGABANOU Evêque de Lokossa au Bénin dit que « La grandeur d’une nation se mesure à la capacité des hommes et des femmes qui la constituent à relever des défis, à se projeter dans l’avenir et à mettre en place les structures favorisant son plein épanouissement et développement. La participation à la construction du bien commun national passe par l’éducation de qualité et la transmission des valeurs qui font vivre ».

 

Trois jours durant, nous sommes invités à écouter quatre grandes communications d’éminentes personnalités. Nous serons sollicités pour travailler dans les ateliers afin d’identifier les causes des obstacles au bon fonctionnement de l’enseignement catholique, de proposer des solutions concrètes et de formuler des recommandations pour une nouvelle ère à l’école catholique dans le respect de sa spécificité.        

 

Que le forum permette à chacun de nous de mesurer le degré de conscience de notre mission vis-à-vis de l’enseignement catholique.

 

Que le Seigneur bénisse nos personnes, nos travaux et notre cher pays le Mali.

                 

Je vous remercie de votre aimable attention.      

            

                                            Monsieur Koundya Joseph GUINDO, 

Directeur National de l’Enseignement Catholique du Mali


 

Allocution à l’ouverture du forum sur l’Enseignement Catholique

Bamako, le 3 septembre 2013

  • Monsieur le Ministre de l’Education, de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues Nationales ;
  • Excellences chers Pères Evêques ;
  • Monsieur le représentant de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique ;
  • Monsieur le Ministre du Logement, de l’Urbanisme et des Affaires Foncières ;
  • Monsieur le représentant du Ministre de la Culture ;
  • Monsieur le Président de l’Université catholique de Bamako ;
  • Révérends pères, religieux et religieuses ;
  • Messieurs les directeurs nationaux des différents ordres d’enseignement au Mali,
  • Monsieur le Directeur de l’Académie d’enseignement de Kati ;
  • Monsieur le Directeur du Centre d’Animation Pédagogique de Kalabancoro ;
  • Messieurs les Directeurs diocésains de l’enseignement catholique du Mali,
  • Monsieur le Recteur du Grand Séminaire Saint Augustin de Samaya ;
  • Monsieur le représentant résidant de Catholic Relief Service – Bamako,
  • Monsieur le représentant du fonds d’Appui à la formation professionnelle et à l’Apprentissage ;
  • Monsieur le représentant de Save the Children ;
  • Mesdames et Messieurs les représentants des ambassades de France, des Etats Unis, d’Allemagne, du Canada, des Pays-Bas et d’Espagne ;
  • Messieurs les représentants des coopérations Suisse et Belge,
  • Monsieur le Chef de village de Samaya ;
  • Mesdames et Messieurs les délégués du forum,
  • Chers invités,

La mission de l’enseignement catholique

L’Eglise a toujours attaché beaucoup d’importance aux écoles à cause de la mission qu’elle attend d’elles. Cette mission « est de participer à la formation de la personne afin de lui permettre de travailler efficacement au bien de la cité terrestre et du Royaume de Dieu, dans un esprit d’amour et de service », (Projet éducatif n°2) et elle prend sa source dans celle de Jésus Christ qui est venu non pour être servi mais pour servir, et elle s’exerce au moyen d’une pastorale appropriée.

L’école catholique propose en toute simplicité et sans aucune forme de prosélytisme les valeurs évangéliques aux jeunes qui la fréquentent. Aussi, elle convie ses partenaires que sont l’Etat, les parents d’Elèves, les enseignants, les élèves et les agents pastoraux, à tout mettre en œuvre, chacun pour sa part à la réussite de cette mission.

Le pourquoi du Forum :

Déjà en 1993, les évêques s’interrogeaient sur la situation de l’éducation dans notre pays en disant qu’il s’agissait d’une question brûlante qui méritait une attention toute spéciale. Les nombreux problèmes qui entourent l’école et le système éducatif dans une société comme la notre n’ont fait qu’accroitre, au point de provoquer en nous des interrogations profondes, comme où en sommes-nous avec notre système éducatif aujourd’hui ?

Aussi, le but visé par ce forum est de permettre un diagnostic interne du système éducatif de l’Enseignement Privé catholique tel qu’il se présente aujourd’hui dans la société malienne – de voir s’il répond encore à ses objectifs de départ – d’apporter les correctifs nécessaires, au besoin de réajuster les objectifs compte tenu des exigences de notre société et d’amener l’Eglise qui est au Mali à bien assumer sa mission de participation au développement de notre pays ; bref de « recréer les conditions de redynamisation de l’Ecole catholique au Mali » en ce début au XXIème siècle. (cf. Projet éducatif introduction, in Paroles d’Evêques p, 144).

L’enseignement catholique au Mali : ses relations avec l’Etat, son projet éducatif.

L’enseignement catholique entretient des relations privilégiées avec l’Etat par la convention du 08 Août 1972. Par cette convention, l’Enseignement catholique tout en conservant sa spécificité, s’insère dans le système éducatif malien. Il est une contribution de l’Eglise Catholique à l’effort d’éducation des enfants du pays. Qui dit effort, dit en même temps des actions à mener selon les possibilités. L’enseignement catholique s’est implanté dans des localités où dans le temps, l’école publique n’existait pas.

Le projet éducatif de l’Enseignement Catholique au Mali précise que la pastorale scolaire repose sur trois principes à savoir : le principe de la non neutralité, le principe de l’intégralité et le principe de l’adaptation. Le respect de ces trois principes concourt à la formation de l’homme dans toutes ses dimensions.

Comme je disais plus haut, la question de l’école est encore plus brûlante aujourd’hui qu’en 1993. Vous conviendrez donc avec moi de la nécessité de ce forum et surtout des diverses interpellations à tous les partenaires de l’école en général et de l’école catholique en particulier.

Perspectives : attente par rapport au forum en termes de : Rappel de la mission – des relations avec l’Etat – des relations avec les autres partenaires et les acteurs.

Compte tenu des problèmes que vit l’école en générale, il convient de préciser davantage la mission de l’école catholique en mettant un accent particulier sur la formation des formateurs à cet effet. Les parents aussi doivent réviser leur engagement en tant que premiers responsables de l’éducation de leurs enfants. Une redéfinition des relations  avec l’Etat et tous les autres partenaires est nécessaire pour asseoir de façon véritable la spécificité de l’Enseignement Catholique dans notre pays. Cela ne peut aller sans sacrifices à consentir de part et d’autre. Il s’agit d’amener chacun à jouer pleinement son rôle pour que de nos écoles sortent des citoyens animés d’une volonté ferme de servir le pays avec honnêteté et abnégation. Cela est d’autant plus important que notre pays vient de connaître une crise dont les soubresauts ne sont pas encore terminés. Imaginer un nouveau mode de relations entre les acteurs et partenaires de l’école en général et de l’école catholique en particulier s’avère une nécessité impérieuse.

Je voudrais ici, au nom de la Conférence Episcopale du Mali, au nom de l’Eglise catholique au Mali, exprimer toute notre gratitude à tous les participants qui partagent avec l’Eglise ce souci du développement de l’école au Mali.

Je remercie tous les partenaires de l’école malienne et en particulier ceux de l’école privée catholique au Mali qui ont d’une manière ou d’une autre voulu prendre part à ce forum, de près ou de loin, ou qui l’ont appuyé ; en ce sens, j’exprime notre sincère gratitude à la Conférence Episcopale des Etats Unis pour son soutien indéfectible à notre cause.

Et je prie le Seigneur de nous assister par son Esprit, pour qu’au sortir de ce forum, les résolutions qui en émaneront nos aident à ramener l’école catholique à ses objectifs de départ et à sa juste place dans le concert des institutions qui accompagnent notre gouvernement dans la réalisation de sa mission.

Que Dieu nous vienne en aide. Amen !

 

                                                                                  Mgr Jean Baptiste TIAMA

                                                                                  Evêque de Sikasso.


 

 DISCOURS DE MONSIEUR LE MINISTRE DE L’EDUCATION

DE L’ALPHABETISATION ET DE LA PROMOTION DES

LANGUES NATIONALES A LA CEREMONIE D’OUVERTURE DU FORUM

SUR L’ENSEIGNEMENT CATHOLIQUE

Grand Séminaire Saint Augustin de Samaya

03 septembre 2013

  • Mesdames et Messieurs les Ministres,
  • Monseigneur Jean Baptiste TIAMA, Président de la Conférence Episcopale,
  • Monseigneur Jean ZERBO, Archevêque de Bamako,
  • Monsieur le Président de la Commission de l’Enseignement Catholique,
  • Chers collègues, Professeur Denis DOUYON et Emmanuel SAGARA,
  • Mesdames et Messieurs les membres de l’Enseignement Catholique,
  • Messieurs les Directeurs diocésains de l’Enseignement Catholique,
  • Monsieur le Directeur de l’Académie d’Enseignement de Kati,
  • Madame la Directrice du Centre d’Animation Pédagogique de Kalabancoro,
  • Messieurs les Animateurs,
  • Chers participants au forum,
  • Honorables invités,
  • Mesdames et Messieurs,

C’est une joie immense et un devoir agréable pour moi d’être là aujourd’hui pour présider la cérémonie d’ouverture du « Forum sur l’Enseignement Catholique au Mali ».

Il s’agit d’un devoir de reconnaissance parce que l’histoire de l’enseignement catholique se confond avec celle de l’enseignement au Soudan et au Mali.

Permettez-moi au nom du Peuple et du Gouvernement du Mali d’exprimer notre profonde gratitude à l’Eglise Catholique et à toutes ses autorités pour les services indéniables rendus à notre pays commun.

A l’image de l’Enseignement Public, l’Enseignement Catholique intervient dans tous les ordres d’enseignement : Education Préscolaire, Enseignement Fondamental, Enseignement Secondaire Général, Enseignement Technique et Professionnel – Enseignement Supérieur. Il a participé pleinement à notre objectif de démocratisation de l’école en intervenant à la fois en milieu urbain et rural, en recrutant les enfants sans distinction d’origine sociale, d’ethnies, de sexe ou de religion.

L’enseignement catholique a évolué dans un partenariat fécond avec l’Etat malien formalisé par la Convention du 08 Août 1972. En effet, si l’Etat subventionne les salaires, il est bon de rappeler ici que les investissements, l’équipement et le fonctionnement des structures éducatives sont pris en charge par l’Eglise Catholique.

Mesdames, Messieurs,

L’Enseignement Catholique a su créer une dynamique partenariale autour de l’école. La mise en place et le fonctionnement de communautés éducatives constituées par les parents assurent la complémentarité entre l’éducation à l’école et celle de la famille.

Par ce lien entre l’école et la famille, l’Enseignement Catholique a su allier formation intellectuelle et éducation morale. De ce forum, nous tirerons certainement des leçons qui nous permettront, j’en suis sûr, d’améliorer le système public dans l’atteinte de ces deux objectifs.

De la période coloniale à nos jours, l’Enseignement Catholique a contribué qualitativement à la mise en œuvre de notre politique d’éducation, à l’amélioration du taux de scolarisation et à la formation des cadres. En outre, il a exercé une influence positive sur les populations bénéficiaires des actions de scolarisation, d’alphabétisation et de formation professionnelle.

Je voudrais aussi évoquer le développement des infrastructures scolaires et sportives léguées par l’Enseignement Catholique, l’exemple le plus significatif étant le lycée Monseigneur de Monclos de Sikasso qui fait partie des plus grands lycées de notre pays.

Mesdames, Messieurs,

Trois jours durant, vous aurez à échanger sur des thèmes aussi pertinents que « le système éducatif malien », « l’Enseignement Catholique », « le Projet Educatif de l’Enseignement Catholique au Mali », « l’Enseignement Catholique au Mali : hier, aujourd’hui et demain ».

D’éminentes personnalités conduiront ces échanges. Aussi, je ne doute point que de vos travaux, sortiront des résultats qui non seulement serviront l’Enseignement Catholique mais aussi l’ensemble du système éducatif malien.

Chers participants,

Je vous invite, en raison de l’importance de ce forum, à une participation régulière, assidue, active et de qualité. De vos échanges sortiront des recommandations qui vont certainement nous aider à reconstruire notre école.

Je ne saurais terminer sans renouveler mes sincères remerciements à toutes les personnalités de l’Eglise pour leur engagement profond en faveur de l’école malienne.

Enfin, je déclare ouvert le « Forum sur l’Enseignement Catholique au Mali ».

Vive le partenariat entre l’Eglise et l’Etat !

Vive le partenariat entre l’Enseignement Catholique et l’Enseignement Public !

Je vous remercie.

 

 

 

 


 

  1. SYNTHESE DES CONCERTATIONS DIOCẺSAINES POUR LE FORUM DE L’ENSEIGNEMENT CATHOLIQUE

Dans la phase préparatoire du présent forum, un questionnaire a été élaboré et envoyé à tous les partenaires de l’Enseignement Catholique. Le but de ce questionnaire était de recueillir le point de vue de tous sur le devenir de l’école catholique.

Le présent document est la synthèse de huit (8) réflexions et de quatre (4) contributions. Il s’agit des réflexions en provenance des six (6) directions diocésaines de l’enseignement catholique de Kayes, Bamako, Sikasso, Ségou, San et Mopti, de l’école saint François Xavier de Ouélessébougou, et du jardin d’enfants saint Kizito. Les quatre contributions sont celles du Syndicat National de l’Enseignement Catholique, d’un prêtre catholique, d’un fidèle catholique et de M. le maire de la commune rurale de N’Tjiba (cercle de Kati, région de Koulikoro).

Il n’y a pas eu de difficultés majeures dans la rédaction de la synthèse même s’il est apparu que tous n’ont pas eu la même compréhension des questions.

(L’emploi du masculin seul n’est pas un signe d’exclusion du féminin. Son emploi est volontaire pour ne pas alourdir le texte.)

A.- DE L’ẺVALUATION DU SYSTỀME ẺDUCATIF MALIEN

  1. LES FORCES ET LES FAIBLESSES

Les forces du système éducatif malien se traduisent par l’existence d’une vision clairement définie en matière d’éducation dans la loi n°99-046 du 28 décembre 1999 portant loi d’orientation sur l’éducation et les textes subséquents. Les fruits de la mise en œuvre de la politique nationale en matière d’éducation peuvent aisément se constater à travers une meilleure organisation du système éducatif, une volonté d’améliorer la qualité de l’enseignement, et le renforcement des capacités tant en matière d’infrastructures que dans la formation des enseignants.

 Malgré tous ces acquis, beaucoup d’obstacles empêchent le système éducatif de satisfaire toutes les attentes de la nation en matière d’éducation. En effet, le suivi/évaluation dans la mise en œuvre des politiques définies par la loi d’orientation citée plus haut n’est pas toujours correctement fait; les méthodes pour atteindre les finalités décrites dans la loi sont souvent discutables. Les faiblesses recensées jouent négativement sur la qualité de la formation à tous les niveaux. Citons pêle-mêle l’insuffisance de financement, l’insuffisance de matériels et d’outils pédagogiques, l’inadéquation formation /emploi, le non respect de l’éthique, la politisation du paysage scolaire.

 

Et l’Enseignement Catholique dans tout ça ?

- La qualité de la formation intellectuelle et morale donnée aux élèves dans les écoles privées catholiques est bien appréciée par beaucoup de parents d’élèves. Cette bonne prestation est le résultat du sérieux et de la rigueur dont beaucoup de maîtres font preuve dans leur travail.

Cependant la qualité de l’enseignement dans l’Enseignement Catholique est aujourd’hui menacée par un certain nombre de facteurs parmi lesquels nous citerons la baisse de niveau des élèves et étudiants, la pléthore des effectifs, l’insuffisance de la formation du personnel enseignant au cours de ces dernières années.

S’agissant de la qualité de la formation donnée aux élèves, le bilan est dit globalement positif. Mais attention: l’Enseignement Catholique n’est-il pas comme « un borgne dans un village d’aveugles ? »

 

- La formation religieuse (catéchèse) donnée aux élèves chrétiens est assez bien appréciée par les parents d’élèves chrétiens même s’ils demeurent sceptiques quant à la qualité de la formation reçue par certains de ces maîtres formateurs en matière de catéchèse.

- L’éducation physique est souvent très mal assurée, voire même négligée par beaucoup de maîtres à cause du manque d’infrastructures et de matériels de sport.

                        Pour améliorer la qualité de la formation donnée aux élèves, ce ne serait pas trop que de motiver les enseignants en leur octroyant un bon salaire, des primes conséquentes, en valorisant la compétence, l’intégrité et la bonne moralité par des nominations aux postes de responsabilités. On éviterait ainsi de faire des frustrés, et on ferait preuve de justice et de probité intellectuelle et morale dans la gestion des ressources humaines.  La reconnaissance du mérite par une distinction honorifique serait aussi un très grand stimulant pour les enseignants.

 

Les infrastructures respectent les normes mais ne présentent pas un même visage dans les différents diocèses, et à l’intérieur d’un même diocèse il y a une grande disparité. Même si globalement il y a du positif au regard des efforts continus de rénovation, de construction et d’équipement, il y a insuffisance de salles de classes, de mobilier, d’infrastructures sportives, de salles de maîtres, de salles de jeux, de latrines ; et ce qui existe est mal entretenu.

 

En ce qui concerne la qualité des relations entre les différents partenaires de l’Enseignement Catholique, il ressort qu’elles vont de bonnes à timides selon les diocèses et  les lieux. Pour l’amélioration de ces relations, la personnalité de ceux de l’Enseignement Catholique importe beaucoup dans la communication. Et la nomination d’aumôniers diocésains et paroissiaux de l’enseignement contribuerait à davantage d’ouverture avec les partenaires. Le constat est aussi que les services et organismes déconcentrés (Académies d’enseignement, Centres d’animation pédagogique) et décentralisés (Assemblées régionales, Conseils de cercles, Mairies) méconnaissent ou ignorent la Convention entre le Gouvernement de la République du Mali et la Conférence Episcopale du Mali dans le domaine de l’enseignement. Les autorités de l’Enseignement Catholique devraient s’investir pour que ces structures s’approprient cet important document.

B. PROSPECTION

Après ce regard sur notre système éducatif et sur le bilan de l’Enseignement Catholique, quel type d’éducation et de formation proposer pour l’Enseignement Catholique de demain ?

 

Les buts fixés par l’Ẻtat et par l’Enseignement Catholique ne sont pas contradictoires et restent d’actualités : « former un citoyen patriote et bâtisseur d’une société démocratique, un acteur du développement profondément ancré dans sa culture et ouvert à la civilisation universelle, maîtrisant les savoir-faire populaires et apte à intégrer les connaissances et compétences liées aux progrès scientifiques, technique et à la technologie moderne » dit l’article 11 de la Loi n°99-046 du 28 décembre 1999 portant loi d’orientation sur l’éducation. « Le but que poursuit la véritable éducation est de former une personne humaine dans la perspective de sa fin la plus haute et du bien des groupes dont l’homme est membre et au service desquels s’exercera son activité d’adulte » déclare le Projet Ẻducatif de l’Enseignement Catholique, p. 8.

 

Voici pourquoi les attentes sont nombreuses.

Par rapport aux enseignants : Qu’ils connaissent davantage la structure et le fonctionnement de l’Ẻglise catholique et principalement l’institution Enseignement Catholique, et qu’ils s’efforcent toujours de respecter l’éthique et la déontologie de leur profession. En plus des sessions de stage et de formation continue, il est de leur devoir d’avoir une conscience professionnelle aiguë : aussi doivent-ils s’auto-former et se cultiver davantage pour être en phase avec l’évolution des connaissances scientifiques et techniques, et  des nouvelles méthodes  d’approche et de livraison du savoir.

Qu’ils cultivent chez les élèves le goût de l’effort, du respect du bien commun e et développent chez eux le sens de la responsabilité, par exemple à travers la gestion de la coopérative scolaire, le gouvernement des enfants et le Comité de Gestion Scolaire.

Enfin qu’ils montrent davantage de solidarité entre collègues.

 

Que les parents d’élèves collaborent étroitement avec les enseignants dans l’éducation de leurs enfants. Il est attendu d’eux qu’ils jouent pleinement leur rôle de « premiers et de principaux éducateurs de leurs enfants » (Cf. Projet éducatif de l’E.C. p. 31) et fassent « de la famille le premier lieu où l’enfant apprendra la hiérarchie des valeurs, la supériorité de l’éthique sur le technique, le primat de la personne sur les choses, de l’esprit sur la matière, de l’être sur l’avoir, le lieu par excellence où les enfants apprennent à voir dans l’amour-service (amour-service de Dieu et des autres) le chemin du vrai bonheur » (Projet éducatif de l’Enseignement Catholique, p. 32).

Qu’ils n’oublient pas non plus que les enseignants sont leurs partenaires dans l’éducation de leurs enfants.

 

Il est attendu des Agents Pastoraux qu’ils soient réellement convaincus que l’Enseignement Catholique est un « héritage à garder jalousement » et à promouvoir. Cette conviction se réalisera à travers l’apostolat de l’Aumônier qui doit être plus visible auprès de l’école et ses autres partenaires: ce sera une façon pour eux de prendre soin de l’héritage légué par leurs prédécesseurs. Le rôle de l’Aumônier est si important qu’il importe que sa désignation soit faite avec soin.

 

Eu égard à tout ce qui précède il faut des moyens matériels et financiers de l’Église catholique ne paraissent pas lui permettent de répondre avec satisfaction aux nombreuses sollicitations : infrastructures à réhabiliter, à créer et  à construire ; création de nouvelles filières, octroi de bourses d’études, équipements… C’est pourquoi ce qui existe doit être géré avec soin par des gens compétents. Il est capital que les dispositions de la Convention État/Église dans le domaine de l’enseignement soient respectées. Enfin, il est nécessaire et urgent, tant au niveau Diocèses que Paroisses, d’inventer des structures ou institutions (fondation, quête ou autres) pouvant apporter ou générer des ressources et de solliciter davantage les partenaires financiers.

 

De la collaboration avec l’Unité Universitaire de Bamako (UUBa): Jusqu’ici la formation initiale est donnée par l’Ẻtat. Mais pour une meilleure prise en charge de la formation continue des enseignants de l’Enseignement Catholique la collaboration avec l’Unité Universitaire de Bamako (UUBa) est une opportunité à saisir.  Il y a lieu de développer avec elle un partenariat fructueux par l’octroi de bourses d’études aux enseignants, l’organisation de rencontres pédagogiques périodiques, de stages de recyclage, la création d’une filière de formation des formateurs, la réalisation de plans de carrière… Bien entendu que les critères d’accès à l’UUBa soient clairement définis et acceptés.

La collaboration avec l’UUBa quelque étroite et précieuse qu’elle soit ne devrait pas empêcher la création de structures d’enseignement normal propres à l’Église du Mali.

 

Alors que faire et comment faire pour un meilleur vivre ensemble. Il faut

- d’abord l’acceptation des partenaires les uns les autres avec leur identité et aussi une meilleure prise de conscience du rôle de chacun dans le développement de l’école catholique;

- la restauration de la confiance entre Enseignants et Autorités de l’Enseignement catholique ;

- le respect des prérogatives du Directeur National de l’Enseignement Catholique conformément aux dispositions de la Convention du 08 août 1972 et de la Convention collective du personnel en vigueur;

- la création de cadres réguliers de concertation entre les différents acteurs et partenaires de l’Enseignement Catholique tant aux niveaux national, diocésain et paroissial pour une bonne communication / information

 

- la mise en place d’Association des Parents d’Élèves (APE) opérationnelles dans toutes les écoles ;

- la restauration de la discipline scolaire;

Pour la création de ressources financières dans l’objectif de la prise en charge de l’école au niveau des paroisses et des diocèses : il est proposé entre autres la création de banques de céréales, de boutiques scolaires, l’institution d’activités génératrices de revenus (élevage, agriculture, jardinage, champs collectifs, les parcs d’attraction, construction de cités des enseignants à mettre en location surtout en campagne, librairies, extension des écoles urbaines , multiplication des écoles techniques et professionnelles,  écoles agro- pastorales en milieu rural, magasins de céréales, ateliers de menuiserie, de coupe et de couture, de boutiques pour la vente de tenues scolaires et de fêtes chrétiennes)…

Toutes les activités citées pourraient s’implanter à divers niveaux. Et l’implication des aumôniers est une priorité.

Dans la recherche de nouvelles pistes de financement à explorer qu’est-ce que les acteurs pensent-ils des rapports entre les collectivités territoriales locales, les structures déconcentrées de l’État et l’Enseignement Catholique ?

Les rapports entre les structures déconcentrées et décentralisées de l’État et l’Enseignement Catholique sont assez timides, médiocres, voire inexistants dans certaines localités. Ce qui n’est pas normal. Il relève du devoir des responsables de l’Enseignement Catholique de se faire connaître et reconnaître pour un partenariat fructueux allant jusqu’à la signature de conventions avec les collectivités.

Peu, insuffisamment ou pas informés sur la décentralisation, il n’est pas aisé  aux chefs d’établissements scolaires catholiques, APẺ ou directeurs diocésains de l’enseignement de prétendre à un accès aux fonds alloués aux organes décentralisés. Beaucoup sont d’autant plus réservés que l’Enseignement catholique bénéficiant de la reconnaissance d’utilité publique leur paraît subventionné à une hauteur jugée satisfaisante. Il y a donc lieu de connaître et à s’approprier les documents relatifs à la décentralisation. Cependant une contribution soutient que les écoles catholiques de l’Enseignement fondamental pourraient prétendre aux ‘fonds ADARS’ et aux ‘fonds entretien courant des écoles’. La même contribution propose l’organisation de rencontres périodiques entre l’Enseignement catholique et les collectivités territoriales.

 

Parmi les causes des faiblesses du système éducatif du Mali, il a été cité plus haut la politisation du monde scolaire, or l’Association des Élèves et Étudiants du Mali (A.E.E.M.) paraît à tous fortement politisée, quelles propositions alors sur la place et le rôle de l’A.E.E.M dans l’Enseignement Catholique ?

 

La liberté d’association étant garantie en république du Mali, l’Association des Élèves et Étudiants du Mali (A.Ẻ.Ẻ.M) peut exister au sein de l’Enseignement Catholique, dans les conditions édictées par l’État. Encore faudrait-il qu’elle (l’A.Ẻ.Ẻ.M) connaisse la spécificité de l’enseignement catholique et agir en conséquence. Cependant sous sa forme actuelle,  l’A.Ẻ.Ẻ.M n’a pas sa place dans l’Enseignement Catholique. Il est donc proposé l’encadrement des responsables de l’A.Ẻ.Ẻ.M au sein des écoles catholiques dans le sens de la formation intégrale de l’homme avec l’implication des agents pastoraux afin que dépolitisée, l’A.Ẻ.Ẻ.M devienne un des premiers sinon le premier partenaire de l’école catholique

 

Excellences, Révérends Pères, Révérendes Sœurs, Mesdames et Messieurs j’espère n’avoir pas trop déçu votre attente par rapport à cette synthèse.  Avec le grand espoir que des travaux du présent forum sortiront des fruits qui demeurent, je vous remercie.

 

Yassinthe KONẺ


 

LES COMMUNICATIONS/

Grandes Orientations du Système

Educatif Malien Contraintes et défis

 

__________

 

 

Communication Préparée et présentée

Par

Pr. Denis DOUGNON

 

 

Au Forum National de l’Enseignement Catholique

du Mali

 

                                                      Septembre 2013

Introduction

De plus en plus, le développement de l’éducation occupe une place importante dans les débats de société. Une telle importance accordée au développement de l’éducation à travers le monde peut s’expliquer par rapport à deux dimensions.

 

La première s’inscrit dans un cadre macro-économique ; elle est liée au fait que le développement de toute société passe en priorité par une éducation de masse de sa population.

 

Quant à la deuxième dimension, elle est sans doute liée au fait que le développement de l’éducation lui-même est, en ce moment, confronté à d’énormes difficultés. Celles-ci sont assez variées et diffèrent d’un pays à un autre ou encore selon que le pays soit développé ou moins développé.

 

A titre d’exemple, dans les pays développés, la scolarisation primaire est achevée tandis qu’elle est loin d’être atteinte dans les pays en développement. Dans les pays en développement, les enfants apprennent dans des classes chargées ou les effectifs scolaires vont souvent au-delà de 100 élèves, tandis que, dans les pays développés, la taille moyenne des classes oscille autour de 25 élèves dans l’enseignement primaire, etc.

 

Un problème commun à toutes ces sociétés, au-delà des divergences liées notamment à la qualité de l’offre d’éducation, est que celles-ci sont confrontées, d’une part, à une demande d’éducation de plus en plus pressante et, d’autre part, à une insuffisance des ressources publiques aggravée par une conjoncture internationale défavorable

 

 

 

 

 

  1. L’éducation en afrique au sud du sahara

 

I.1 Contexte démographique et social

En 2010, l’Afrique subsaharienne comptait environ 815 millions d’habitants, soit 11,8 % de la population mondiale qui s’élève à 6,9 milliards d’individus. La population de cette région est jeune (43 % de la population avait moins de 15 ans en 2010) et augmente rapidement puisqu’on estime le taux de croissance à 2,4 % entre 2005 et 2010. Bien que ce taux ait baissé depuis vingt ans (2,8 % à l’époque), il reste le plus élevé dans le monde. D’ici à 2030, on estime que la  population d’Afrique subsaharienne atteindra 1,3 milliard d’individus, soit environ 15,7 % de la population mondiale.

 

Cette population très jeune et en croissance rapide entraîne une demande d’éducation importante et elle continue à progresser. On s’attend à une augmentation de 34 % de la cohorte des 5 à 14 ans en Afrique subsaharienne dans les 20 prochaines années, de 226 millions en 2010 à 303 millions en 2030 (Division de la Population des NU, 2010). Cette pression démographique a de lourdes implications sur le financement de l’éducation : il sera nécessaire de satisfaire les besoins de 77 millions d’élèves supplémentaires tout en réalisant l’objectif existant qui consiste à atteindre 100 % de taux de scolarisation. Il faudra donc étendre les systèmes éducatifs de toute l’Afrique subsaharienne pour disposer d’un nombre suffisant d’écoles, de suffisamment d’enseignants qualifiés, d’un matériel d’apprentissage approprié et de classes correctement équipées.

 

Une structure de population caractérisée par de vastes groupes d’enfants et de jeunes entraîne aussi une charge non négligeable pour les cohortes en âge de travailler. Bien que les ratios de dépendance des enfants aient baissé en Afrique subsaharienne depuis 1990, ils restent les plus élevés du monde, avec 79,4 enfants dépendants (moins de 15 ans) pour 100 personnes en âge de travailler (15 à 64 ans) en 2008. Ce ratio représente plus du triple de celui d’Europe centrale et orientale et il est nettement plus élevé que celui des États arabes, le deuxième plus élevé à l’échelle régionale avec 54,5 enfants pour 100 travailleurs. Ce taux de dépendance extrêmement élevé signifie que les enfants d’Afrique subsaharienne ne bénéficient pas du même traitement que les enfants d’autres régions. Par exemple, même si un pays d’Afrique subsaharienne et un pays d’Amérique du Nord ou d’Europe occidentale affectent tous deux 20 % des dépenses gouvernementales au secteur éducatif, la part dont bénéficiera chaque enfant sera beaucoup plus réduite en Afrique subsaharienne étant donné la taille de la population enfantine.

 

La diversité ethnique, linguistique et culturelle de la population africaine constitue une autre de ses caractéristiques importantes. Même si l’anglais, le français et le portugais sont des langues couramment utilisées dans de nombreux pays africains, on y dénombre plus de 2 000 langues vivantes (UNESCO, 2010). Cette diversité linguistique se reflète également dans les sociétés. De nombreuses personnes sont multilingues et utilisent plus de quatre ou cinq langues dans leur vie quotidienne. Une grande diversité linguistique représente un défi pour les systèmes éducatifs car des enfants d’origines linguistiques différentes éprouvent parfois des difficultés à apprendre dans une langue autre que leur langue maternelle. Même si une langue d’instruction commune peut constituer un atout important dans la construction d’une nation, il est tout aussi fondamental de trouver un équilibre en donnant accès à l’éducation à des minorités et en préservant la richesse de la culture et de l’histoire dans les langues locales.

 

 

I.2  Contexte macro-économique

 

Au cours des quatre années qui ont précédé la crise financière de 2008, l’Afrique subsaharienne a connu une croissance économique stable d’environ 6 % par an, 2 % de plus que le taux de croissance observé entre 1995 et 2005. Après une longue période de croissance économique laborieuse pendant les années 1980 et 1990, cette croissance relativement stable des années 2000 a été soutenue par une demande mondiale accrue pour les matières premières et les produits manufacturés. Par conséquent, le PIB par habitant (en dollars PPA[1] constants en 2005) en Afrique subsaharienne a progressé de 1 543 $ PPA en 2000 à 1 912 $ PPA en 2008. La crise financière mondiale a toutefois provoqué un ralentissement du taux de croissance dans la région depuis mi-2008, estimé à 1,2 % en 2009 (Banque mondiale, 2010). Associé à un taux de croissance de la population estimé à 2,4 %, ce chiffre a donné lieu à une évolution négative du PIB par habitant de 1,3 % en Afrique subsaharienne. De plus, à cause de la globalisation, la contribution du commerce au PIB est passée de 51,8 % en 1990 à 75 % en 2008. Cette dépendance élevée du commerce rend la région particulièrement vulnérable aux chocs externes. En raison d’une chute de 46 % du volume des ventes de la région entre 2008 et 2009 (AGOA, 2010), de nombreux pays d’Afrique subsaharienne ont connu un ralentissement économique.

 

Bien que les pays africains s’efforcent d’élaborer une intégration intra-régionale au travers du cadre pour une Communauté économique africaine (CEA) mis en place en 1991, une grande part du commerce d’Afrique subsaharienne dépend du commerce avec les pays étrangers à la région. En outre, nombre de pays africains souffrent d’un flux réduit de fonds extérieurs et d’investissements directs étrangers, qui avaient rapidement progressé au cours de la décennie précédant la crise financière de 2008.

 

La main d’œuvre en Afrique subsaharienne reste principalement agricole, bien que la contribution de ce secteur au PIB a baissé de 18,8 % en 1990 à 12,7 % en 2009 (Banque mondiale, 2010). En 2001, 58 % des travailleurs et 73 % des travailleuses d’Afrique subsaharienne étaient actifs dans le secteur agricole (Banque mondiale, 2004).

 

La région a connu une urbanisation rapide et le nombre de travailleurs s’accroît dans le secteur informel. Même si aucun chiffre précis n’est disponible, on estime qu’à la fin des années 1990, le secteur informel employait 89 % de la main d’œuvre au Ghana, 60 % en République-Unie de Tanzanie et 40 % de la main d’œuvre urbaine au Kenya (Xaba, Horn et Motala, 2002). On s’attend à ce que plus de 50 % de la population d’Afrique subsaharienne vivent dans des zones urbaines d’ici à 2030 (HABITAT-NU, 2010). Même si le chômage varie d’un pays à l’autre, il constitue un problème sérieux pour une grande part de la région. Les pays qui connaissent les taux de chômage les plus élevés sont l’Afrique du Sud, la Namibie et le Botswana, où les taux étaient respectivement de 27 %, 25 % et 20 % au milieu des années 2000 (Banque mondiale, 2010). En Afrique du Sud, le chômage des jeunes (population âgée de 15 à 24 ans) était environ le double du chômage des adultes, atteignant 47 % en 2007 (Banque mondiale, 2010). Quelques faits anecdotiques indiquent que le problème du chômage a été exacerbé dans de nombreux pays d’Afrique subsaharienne par la crise financière mondiale qui a entraîné la fermeture d’usines et le retrait des investissements directs étrangers.

 

I.3 Le financement public de l éducation

Dans la plupart des pays du monde, le gouvernement est le principal bailleur de fonds de l’éducation. Deux arguments sont souvent avancés dans les pays en développement pour encourager le financement public ; l’éducation peut contribuer à atténuer, d’une part, les inégalités et, d’autre part, le financement public est supposé promouvoir l’équité. Dans un pays où les ressources publiques sont limitées, l’éducation est, en général, moins développée et ne profite, le plus souvent, qu’à ceux qui sont déjà, par ailleurs, plutôt favorisés en termes relatifs.

 

 

 

 

 

 

Tableau 1 : Dépenses publiques pour l’éducation par région, 2008

 

Région

Dépenses pour l’éducation (en % du PIB)

 

Total

Niveau primaire

Etats Arabes

4,3

1,8

Europe Centrale et Orientale

4,3

1,1

Asie Centrale

3,1

0,6

Asie de l’Est et Pacifique

3,8

1,4

Amérique Latine et Caraïbes

4,6

1,8

Amérique du Nord et Europe Centrale

5,3

1,5

Asie du Sud et de l’Ouest

3,3

1,1

Afrique Subsaharienne

5,0

2,2

Monde

4,7

1,5

 

Source : le financement de l’éducation en Afrique Subsaharienne. Relever les défis de l’expansion, de l’équité et de la qualité, UNESCO, 2011.

 

La lecture du tableau laisse apparaître que :

  • Les dépenses pour l’éducation (en % du PIB) sont relativement faibles, en moyenne, en ce qui concerne les pays asiatiques (3,1% en Asie Centrale, 3,8% en Asie de l’Est et Pacifique et 3,3% en Asie du Sud et de l’Ouest) ;

 

  • L’Amérique du Nord et l’Europe Centrale font mieux que les autres régions du monde, en matière de dépenses pour l’éducation.

 

  • Il en est de même de l’Afrique Subsaharienne dont les dépenses pour l’éducation s’élèvent à 5,0% du PIB, avec une attention plus marquée pour le développement de l’éducation primaire qui représente 2,2% du PIB (plus élevé que la moyenne mondiale, soit 1,5%)

 

  • Cet engagement accru en faveur du développement de ce sous-secteur vise à répondre aux objectifs du millénaire en matière d’éducation (EPT).

 

 

 

 

 

Tableau 2 : Dépenses publiques pour l’éducation par pays de l’Afrique Subsaharienne, pour l’année la plus récente.

 

Niveau du PIB par habitant

 

Pays

Dépenses publiques totales pour l’éducation

(en % du PIB

(en % des dépenses publiques totales)

1999

2009

1999

2009

 

 

 

 

PIB par habitant inférieur à 1000 $ PPA (14 pays)

Burundi

3,4

8,3

13,3

23,4

Erythrée

5,3

2,0 (-3)

---

---

Ethiopie

3,9 (+1)

5,5 (-2)

11,3 (+1)

23,3 (-2)

Guinée Bissau

5,2

---

11,9

---

Libéria

---

2,8 (-1)

---

12,1 (-1)

Malawi

5,0

---

14,0

---

Mozambique

3,7

5,0 (-3)

15,8

21,0 (-3)

Niger

3,2

4,5

18,7

19,3

Rép. Centrafricaine

1,6

1,3 (-1)

14,5

17,7 (-1)

RDC

---

---

---

---

Sierra Leone

4,9 ¨ (+1)

4,3

---

18,1

Somalie

---

---

---

---

Togo

4,2

4,6

26,2

17,6

Zimbabwe

4,6 ¨ (+1)

---

---

---

 

 

 

 

 

 

 

 

PIB par habitant entre 1000 – 3000 $ PPA (20 pays)

Burkina Faso

---

4,6 (-2)

 ---

21,8 (-2)

Tchad

3,2

3,2

17,1

12,6

Bénin

3,0

3,5 (-2)

16,0

15,9 (-2)

Madagascar

2,8

3,0

15,7

13,4 (-1)

Côte d’Ivoire

4,0

4,6 (-1)

20,6

24,6 (-1)

Cameroun

1,9 (+1)

3,7

9,8 (+1)

16,6

Tanzanie

2,2 ¨

6,8 (-1)

---

27,5 (-1)

Nigeria

---

---

---

---

Mali

3,0 ¨

4,4

11,4 ¨

22,3

Zambie

1,9

1,3 (-1)

6,9

---

Rwanda

4,3

4,9 (+1)

21,9

20,4 (-1)

Comores

---

7,6 (-1)

---

---

Gambie

3,0

---

14,2

---

Ghana

4,1

---

---

---

Guinée

2,4

2,4 (-1)

14,7

19,2 (-1)

Kenya

5,3

6,7 (+1)

25,8 (+1)

17,2 (+1)

Lesotho

14,1

12,4 (-1)

25,5

23,7 (-1)

Ouganda

2,5 ¨ (+1)

3,2

---

15,0

Sao Tomé/Principe

---

---

---

---

Sénégal

3,1 ¨

5,8

---

19,0 ¨ (-1)

 

 

 

PIB par habitant

Supérieur à 3000 $ PPA (11 pays)

Afrique du Sud

6,0

5,4

22,2

16,9

Angola

2,6

2,6 (-3)

6,4 ¨

---

Botswana

---

7,9

---

16,2

Cap Vert

---

4,9

---

13,8

Congo

---

---

---

---

Gabon

3,1 ¨

---

---

---

Guinée Equatoriale

0,7 (+1)

---

1,6 (+2)

---

Maurice

3,9

3,2

17,7

11,4

Namibie

8,1

6,4 (-1)

22,3

22,4 (-1)

Seychelles

5,3

5,0 (-3)

---

12,6 (-3)

 Swaziland

5,1

7,8 (-1)

17,1

12,2

 

(Pour lire le tableau : --- = aucune donnée disponible ; -- = estimation de l’ISU ; (+n) = données relatives à l’année après l’année de référence ; (- n) = données relatives à l’année avant l’année de référence)

 

Un certain nombre de constants se dégagent du tableau n°2 :

 

  • Les pays se distinguent les uns des autres par leur niveau de contribution à l’éducation ; certains pays font mieux que d’autres et consacrent en conséquence plus de ressources publiques à l’éducation.

 

  • De façon générale, les dépenses publiques pour l’éducation, en % du PIB et en % des dépenses totales des gouvernements ont sensiblement augmenté entre 1999 et 2009.

 

  • Toutefois, dans certains pays, l’augmentation de la part de l’éducation dans le produit intérieur brut ne s’est pas traduite par un accroissement de l’effort public, en termes de dépenses publiques. Dans ces pays, la part des dépenses publiques d’éducation en % des dépenses totales du gouvernement a plutôt baissé. A titre d’exemple, on pourrait citer le Togo, le Tchad, Madagascar, le Rwanda, le Swaziland, Maurice, etc.

 

  • Les données présentées semblent signifier que chaque gouvernement affecte ses ressources à l’éducation en fonction des besoins du pays et aussi du niveau de priorité accordé au développement du secteur.  

 

 I.4.Le développement de l’éducation

Cette partie traite des conséquences du niveau d’engagement financier des pays, en termes de développement de la scolarisation (évolution des effectifs scolaires et des taux de scolarisation).

 

Tableau 3 : Tendance des effectifs scolaires en Afrique Subsaharienne par niveau d’enseignement de 1990 à 2008

 

 

Années de référence

 

1990

1995

2000

2005

2008

 

Nombre d’élèves/ d’étudiants par niveau (en milliers)

 

Pré-primaire

4 258

4 926

6 625

9 012

10 902

Primaire

59 562

70 451

86 757

112 156

128 548

Secondaire

14 888

18 400

22 015

30 986

36 349

Supérieur

1 288

1 830

2 484

3 813

4 517

 

Taux bruts de scolarisation (%)

 

Pré-primaire

10,5

10,6

12,1

14,8

16,7

Primaire

72,8

75,8

82,2

95,4

101,6

Secondaire

22,5

23,9

25,0

31,0

34,1

Supérieur

3,0

3,6

4,2

5,5

6,1

 

 

Par rapport au nombre d’élèves/ d’étudiants par niveau, on observe :

 

  • Une évolution linéaire des effectifs scolaires à tous les niveaux.

 

  • Entre 1990 et 2008, les effectifs passent de 4 258 000 enfants à 10 902 000 enfants au pré-primaire ; les effectifs ont été  multipliés par 2,56 sur la période.

 

  • Au primaire et au secondaire, les mêmes tendances sont observées. Les effectifs scolaires ont respectivement été multipliés par 2,15 et 2,44.

 

  • Au supérieur, l’évolution des effectifs a été la plus remarquable ; entre 1990 et 2008, le nombre d’étudiants passe de 1 288 000 à 4 517 000, soit 3,51 fois de plus.

 

  • Sur la base des données observées, on peut dire que les systèmes éducatifs des pays de l’Afrique Subsaharienne ont connu une forte expansion sur la période liée, d’une part, à la demande d’éducation de plus en plus pressante dans les pays et, d’autre part, aux engagements pris par les gouvernements pour répondre aux objectifs du millénaire en matière d’éducation.

 

  •       

Par rapport aux taux de scolarisation

 

  • Les taux de scolarisation ont également évolué sur la période, à tous les niveaux ;

 

  • Les progrès ont été plus marqués, en ce concerne l’enseignement primaire. A ce niveau, les taux ont évolué de 72,8% à 101,6% entre 1990 et 2008. Si les taux bruts de scolarisation primaire ont fortement évolué sur la période, des disparités évidentes persistent entre les pays. De nombreux pays de l’Afrique Subsaharienne attendent d’atteindre la scolarisation universelle (Mali, Burkina Faso, Niger, Sénégal, etc. pour ne citer que ces pays)

 

  • Cette situation indique que des efforts (financiers et humains) sont à observer dans les pays où la scolarisation universelle est à atteindre.  

I.5.Les contraintes de développement et les défis.

  1. L’éducation en Afrique subsaharienne est confrontée à plusieurs contraintes :

 

  • L’insuffisance des financements limite les investissements dans le système éducatif.

 

Le retard de développement du secteur de l’éducation en Afrique subsaharienne est principalement dû à une allocation insuffisante des ressources financières. Cette insuffisance des financements a des effets directs comme les faibles capacités d’accueil, le sous-équipement, l’insuffisance des enseignants... Au-delà de l’insuffisance des ressources financières, la bonne allocation des maigres ressources et l’optimisation de leur utilisation se posent également. Dans nombre de pays de la région, le secteur public est le principal pourvoyeur d’éducation, notamment en ce qui concerne les cycles de base. Le financement de l’enseignement est d’autant plus faible que les ressources publiques sont généralement limitées dans les pays de la zone. L’Afrique subsaharienne compte à peine une dizaine de pays où les dépenses publiques totales pour l’éducation atteignent le minimum de 6% du PIB et le minimum de 20% des dépenses publiques souhaitées par l’UNESCO.

 

  • Les conditions d’enseignement et d’apprentissage sont globalement mauvaises du fait de la faiblesse des infrastructures et des équipements.

 

L’insuffisance des infrastructures est un mal commun à l’ensemble des pays d’Afrique subsaharienne. A cela s’ajoute le mauvais état des établissements d’enseignement dû à la mauvaise gestion et au manque d’entretiens réguliers. Le fort décalage entre les capacités d’accueil d’un cycle à l’autre et la réparation géographique non optimale entrainent de nombreux cas d’abandons.

 

Au primaire, les classes dans les pays à revenu moyen ou élevé comptent moins de 30 voire 20 élèves contre une moyenne de plus de 50 en Afrique subsaharienne. La surpopulation des classes est particulièrement préoccupante en Centrafrique et au Tchad, car les études montrent que les classes de plus de 70 élèves affectent fortement les acquis de l’apprentissage. Dans les villages de certains pays, la faiblesse des infrastructures d’accueil entraine l’apparition des classes multigrades et des salles de classe en plein air (sous des arbres ou des hangars). En outre, un grand nombre d’établissements d’enseignement primaire, surtout dans les zones rurales, manquent souvent d’un minimum d’installations connexes (eau potable, électricité, toilettes…). Les établissements primaires souffrent également d’un sous-équipement en matériel didactique. Les manuels scolaires sont insuffisants même si plusieurs pays ont décidé de la mise à disposition gratuite des manuels dans les établissements primaires.

 

Dans le supérieur, les principales universités d’Afrique subsaharienne ont toutes dépassé le nombre d’étudiants qu’elles devaient accueillir au moment de leur construction. Le développement des effectifs a été plus rapide que celui des infrastructures, du fait notamment d’un défaut de planification. Les universités fonctionnent avec des installations physiques surpeuplées d’étudiants et en état de délabrement et des équipements et matériels didactiques insuffisants. Il n’est pas rare de voir sur les campus universitaires des amphithéâtres de 1 000 à 2 000 places pleines d’étudiants qui suivent un même cours. Par ailleurs, la plupart des établissements d’enseignement supérieurs et secondaires notamment d’enseignement technique et professionnel notamment souffrent d’un sous-équipement. Les salles de TD/TP et les laboratoires sont en nombre insuffisant et disposent de peu d’équipements, pour la plupart obsolètes. Les bibliothèques sont pauvres en ouvrages de qualité et plusieurs universités demeurent sous-équipées en équipements informatiques et ne disposent pas d’une bonne connexion internet accessible à tous les étudiants.

 

  • Le niveau d’encadrement des élèves est peu satisfaisant à cause de l’insuffisance des enseignants.

 

Les pays d’Afrique subsaharienne manquent d’enseignants bien formés en nombre suffisant à tous les niveaux du système éducatif. Cette pénurie d’enseignants est liée à l’augmentation régulière du nombre d’élèves et au départ de plus en plus nombreux des professeurs. Le déficit de personnel enseignant relève aussi de l’insuffisance d’enseignants spécialisés, que ce soit dans des matières particulières ou dans la prise en charge d’élèves ayant des besoins spécifiques d’éducation (handicapés mentaux, aveugles, sourds-muets et malentendants, etc.). En plus du déficit du nombre d’enseignants, le problème de spécialisation des formateurs ou professeurs se pose davantage au secondaire et au supérieur avec un manque de ressources humaines très marqué dans les domaines scientifiques et techniques. Le déficit d’enseignants est également entretenu par la situation souvent peu enviable des enseignants notamment en termes de disponibilité des outils et matériel didactique, de conditions de travail, de traitement salarial… Le sous-continent compte en moyenne 43 élèves par enseignant au primaire contre 14 en Amérique du Nord et en Europe occidentale et 24 dans le monde. Au secondaire, ce ratio est en moyenne de 25 élèves par enseignant contre 12 en Amérique du Nord et en Europe occidentale et 17 dans le monde. Dans le supérieur, le ratio étudiants-enseignants en Afrique subsaharienne est en moyenne de près de 40% supérieur aux niveaux observés dans les pays de l’OCDE ou même dans les autres pays en développement. L’insuffisance du nombre d’enseignants dans le supérieur limite les capacités d’encadrement des étudiants de 3ème cycle et des projets de recherche. Les universités d’Afrique subsaharienne perdent progressivement leurs enseignants-chercheurs les plus éminents à travers la fuite des cerveaux et ont du mal à attirer des jeunes à fort potentiel pour renforcer le corps professoral et assurer la relève.

 

Dans la plupart des pays africains, les pénuries d’enseignants sont une source d’inquiétude, vu le besoin de plus en plus grandissant d’enseignants pour atteindre la scolarisation primaire universelle en 2015. Sur 29 pays ayant des pénuries aigües d’enseignants du primaire dans le monde en 2010, 25 sont situés en Afrique subsaharienne. Globalement, pour atteindre l’EPT en 2015, la majorité des pays de l’Afrique subsaharienne doivent augmenter leurs effectifs d’enseignants au primaire, excepté le Botswana, le Burundi, le Cap-Vert, Madagascar, Maurice, Sao Tomé et Principe, la Sierra Leone, le Swaziland et le Togo.

 

  • Les disparités genre persistent à tous les niveaux du système éducatif.

 

Dans la majorité des pays d’Afrique subsaharienne, le pourcentage de femmes est égal ou légèrement supérieur à celui des hommes, mais dans le système éducatif, cette tendance n’est pas respectée. Mis à part le cycle préprimaire où l’équilibre dans le genre est plus ou moins respecté, le pourcentage des inscrits masculins dépasse celui des inscrits féminins dans le primaire et davantage au secondaire et au supérieur. Cette disparité genre est beaucoup plus marquée dans les ménages à revenus modestes où la priorité de scolarisation est accordée aux garçons. L’inégalité entre filles et garçons s’explique également par les pratiques, us et coutumes locaux défavorables à la scolarisation des filles, plutôt que de la capacité ou non des filles à réussir leurs examens. Par ailleurs, les filles qui arrivent à entrer à l’école ont du mal à progresser à cause de la forte sollicitation dans les tâches ménagères et les activités génératrices des revenus. La disparité genre au secondaire et au supérieur est également une conséquence des mariages et des maternités précoces.

 

  • L’inadéquation de la formation qualifiante aux besoins du marché de l’emploi accroit le nombre de diplômés-chômeurs.

 

L’Afrique subsaharienne connait une situation paradoxale. Le taux de chômage est élevé alors que les entreprises se plaignent d’une pénurie de main-d’oeuvre qualifiée. Les jeunes représentent la moitié de la population de l'Afrique et trois (3) jeunes sur cinq (5) sont au chômage. Cette situation soulève le problème de la qualité et de la pertinence des programmes auquel la grande majorité des pays du sous-continent est confrontée. Le développement des compétences, que cela soit à travers les centres de formation pour jeunes déscolarisés, la formation technique et professionnelle au secondaire ou la formation universitaire, est en grande partie en inadéquation avec les besoins du marché de l’emploi et les diplômés rencontrent de sérieuses difficultés d’insertion professionnelle. Le système éducatif de la majeure partie des pays africains est dominé par un enseignement général qui se veut purement théorique. Ce système produit des diplômés à la culture générale variée, aptes aux tâches bureaucratiques, mais incompétents pour assumer les tâches techniques.

 

  1. Le développement de l’éducation en Afrique subsaharienne nécessite de relever six (6) défis majeurs.

 

  • Mobiliser davantage de financements pour développer de façon harmonieuse le système éducatif.

 

Le renforcement des ressources allouées à l’éducation est nécessaire en Afrique subsaharienne pour assurer une disponibilité de moyens suffisants (humains, techniques et matériels) à tous les niveaux. Le ralentissement économique dans les pays riches entraine une diminution de l’aide avec une accentuation du déficit de financement de l’éducation. Face à cela, il est urgent de trouver des solutions novatrices pour diversifier les sources de financement, mobiliser davantage de ressources et veiller à leur utilisation efficiente. Dans ce sens, les pays émergents et les organisations privées (fondations, ONG et entreprises) constituent des alternatives de financement de l’éducation. Les pays peuvent également compter sur les revenus des ressources naturelles dont ils regorgent pour financer davantage l’éducation à l’image du Botswana. Il est également nécessaire que les universités notamment publiques diversifient leurs ressources financières notamment par l’accroissement de leurs ressources propres. Cela passe notamment par :

 

- le développement d’une offre de formation supérieure professionnelle particulièrement attractive pour laquelle les étudiants participent significativement aux coûts de la formation ;

- la mise en place d’un système approprié de crédit aux étudiants pour leur permettre de supporter des frais de scolarités plus élevés ;

- le développement d’une offre de formation continue à la carte (diplômant ou pas) pour les professionnels ;

- la valorisation de l’expertise des chercheurs ou spécialistes universitaires à travers des prestations diverses pour le compte d’entreprises privées ;

- la valorisation financière des résultats de la recherche notamment des brevets ;

- le recours aux banques et fonds d’investissements pour lever les fonds nécessaires à leur développement (par exemple en valorisant le patrimoine bâti).

 

  • Atteindre les objectifs de l’EPT et les OMD en matière d’éducation.

 

L’Afrique connait actuellement la plus forte croissance de la population d’âge scolaire. En outre, de 2010 à 2020, elle comptera plus de 100 millions de nouveaux enfants d’âge scolaire soit un taux d’accroissement de près de 5%, accroissement qui sera de loin le plus élevé dans le monde. Cette hausse continue de la population d’âge scolaire complique encore l’atteinte des objectifs de l’EPT et des OMD malgré les progrès réalisés depuis 2000. L’Afrique subsaharienne représentait en 2010 plus de la moitié des enfants non scolarisés dans le monde et plus d’un cinquième des 775 millions d’adultes analphabètes de par le monde. Les données de suivi de l’atteinte des OMD et des objectifs de l’EPT montrent que d’ici 2015 de nombreux pays du sous-continent n’auront pas atteint les objectifs pris dans leur totalité. A cinq (5) ans de l’échéance de 2015, vingt-neuf (29) pays présentaient un taux net de scolarisation inférieur à 85% et donc peu de chances d’atteindre l’objectif de l’EPU. Seules les Seychelles ont totalement réalisé l'éducation pour tous, alors que 31 autres pays ne sont susceptibles d’y arriver qu'après 2020. L’exploit de la SPU est toujours possible pour des pays qui ont un Indicateur de Développement de l’EPT (IDE) moyen. Il s’agit de l’Ile Maurice, du Botswana, de la Namibie, de Sao Tomé et Principe, du Cap-Vert, du Lesotho, du Cameroun, du Malawi et du Ghana. Des pays comme le Gabon, le Kenya, l’Afrique du Sud, le Swaziland, la Tanzanie et la Zambie pour lesquels les données 2010 ne sont pas disponibles semblent être également de ce groupe.

 

Par ailleurs, le développement quantitatif de la scolarisation ne doit pas s’effectuer au détriment de l’aspect qualitatif. Au-delà de la SPU, les pays d’Afrique subsaharienne doivent œuvrer à scolariser les enfants à l’âge normal et à faire en sorte qu’ils progressent au sein du système scolaire et achèvent au moins le primaire. Une attention particulière doit être accordée aux enfants ayant des besoins spéciaux (handicapés physiques et mentaux) et ceux vivant dans les zones rurales. Les pays devront parallèlement, développer le système éducatif au-delà du primaire tout en respectant l'égalité en matière de genre. Il leur faudra également améliorer la qualité et l’efficacité interne du pré-primaire, du primaire et du secondaire. Pour assurer un enseignement de qualité, il est également impératif de revoir le problème d’enseignants tant du point de vue de la formation que dans toutes ses autres dimensions.

 

  • Introduire davantage les langues nationales dans le système éducatif.

 

La faible qualité de l’enseignement de base en Afrique est en partie due à l’utilisation des langues étrangères comme langue d’enseignement. Dans toutes les régions du monde, la langue de l'apprenant est la langue d'apprentissage tandis qu’en Afrique, les pays adoptent dès la base la langue du pays colonisateur. Or, il est démontré que l’éducation basée sur la langue maternelle des élèves révèle des performances d’apprentissage plus élevées que dans les modèles utilisant exclusivement une langue étrangère2. La langue première de l’élève exerçant une influence déterminante sur son développement cognitif et affectif, le recours aux langues maternelles dès leurs premières années de scolarisation permet de réduire l’échec scolaire. Ainsi, au cours des deux dernières décennies, plusieurs pays d’Afrique subsaharienne ont engagé des réformes nationales visant l’introduction d’une (ou des) langue(s) nationale(s) dans l’enseignement de base. Actuellement, environ 200 langues africaines sont utilisées dans les écoles africaines, principalement dans les petites classes du primaire. Cependant, peu de langues africaines sont enseignées aux niveaux secondaire et universitaire.

 

Plusieurs obstacles restent à lever pour dissiper les doutes concernant la pertinence du recours aux langues nationales en Afrique subsaharienne. Plusieurs acteurs pensent que les langues africaines ne pourraient pas être utilisées dans l’éducation au même titre que les langues internationales. Les langues africaines ne peuvent servir de support d’enseignement au supérieur ni de support des sciences et des technologies. En plus, l’utilisation dominante de la langue maternelle comporterait un risque d’isolement au détriment des langues internationales. Le bilinguisme comme étape intermédiaire est également considéré comme assez lourd à mettre en oeuvre. En outre, l’utilisation des langues locales dans l’éducation augmente fortement les coûts d’éducation, notamment pour concevoir les livres et outils pédagogiques. Le continent compte entre 1 200 et 1 500 langues dont moins de la moitié possède un système d’écriture. Par ailleurs, la multiplicité des langues parlées en Afrique subsaharienne demande une bonne gestion de cette pluralité pour ne pas engendrer des divisions ethniques.

 

  • Généraliser l’usage des TIC dans les pratiques d’enseignement à tous les niveaux du système éducatif.

 

Les technologies de l’information et de la communication (TIC), et particulièrement Internet, restent à la mode et bouleversent les habitudes des populations. Leur essor a opéré au cours de la dernière décennie une transformation radicale de l’éducation. Les TIC présentent un potentiel pour promouvoir de nouvelles pédagogies et manières d'apprendre, encourager l'ouverture et l'innovation, diversifier l'offre et tout en améliorant sa qualité. Elles offrent à toute personne une occasion unique d'acquérir des connaissances et des compétences et s’appliquent à tous les niveaux et systèmes d’éducation. Plus particulièrement dans l’enseignement supérieur, les initiatives se multiplient et les grandes universités des pays développés accroissent significativement leurs offres de formation en ligne. Les récentes initiatives notamment le développement de cours en ligne ouverts et massifs (en anglais Massive Open Online Course, MOOC) lancées par les universités américaines bouleversent progressivement le modèle de l’enseignement supérieur dans le monde. Les pays d’Afrique subsaharienne ont bien compris l’importance des TICE et durant la dernière décennie, plusieurs initiatives ont été développées tant individuellement que collectivement. Parmi les principales initiatives, on peut citer Scholnet Africa, NEPAD E-School, E-learning Africa, African Virtual University. Toutefois, les nombreuses opportunités que présentent les TIC pour l’éducation sont très peu exploitées en Afrique subsaharienne en raison de son retard technologique.

 

  • Faire de l’Enseignement et de la Formation Techniques et Professionnels (EFTP) un moyen efficace de lutte contre le chômage des jeunes.

 

L’Afrique compte près de 200 millions de jeunes âgées de 15 à 24 ans (soit 20% de la population du continent) et la moitié d’entre eux n’ont pas de travail. Par ailleurs, une étude réalisée en 2012 par l’UNESCO et l’ONG Education pour Tous a montré que 60% des jeunes en Afrique subsaharienne n’ont pas de compétence professionnelle leur permettant de gagner dignement leur vie. Dans ce contexte, la lutte contre le chômage des jeunes sur la base de politiques de création d'emplois ne sera pas efficace tant que ces derniers n’ont pas les qualifications requises. La promotion de l’EFTP (Enseignement et Formation Techniques et professionnels) apparait donc comme une réponse pertinente aux besoins en main-d’oeuvre intermédiaire des économies africaines.

 

Depuis quelques années des évolutions significatives en matière de développement de l’EFTP ont été réalisées en Afrique subsaharienne. Toutefois, un développement plus important de l’ETFP nécessite la prise en compte de plusieurs paramètres. Il y’a d’abord la forte implication du secteur privé à la gouvernance des systèmes d’ETFP afin de garantir la pertinence des programmes par rapport à des marchés du travail. En outre, il y a la nécessité de vulgariser l’EFTP à travers des moyens tels que les cours du soir et les cours à distance et le choix entre des régimes à plein temps et à temps partiel. Il est également important de proposer des passerelles flexibles entre l’ETFP formel et informel et entre l’EFTP et l’enseignement général, et faciliter la progression des apprenants vers des niveaux d’enseignement plus élevés à travers l’apprentissage tout au long de la vie. Par ailleurs, les programmes de formation devront intégrer les composantes transversales sur l’entrepreneuriat, le management et la résolution de problèmes … dans l’optique de susciter un esprit d’entreprise chez les diplômés. Ces programmes doivent aussi faciliter l’apprentissage en alternance et les visites d’entreprises pour créer les conditions d’interactions entre le savoir et le savoir-faire. Pour inciter à l’entreprenariat, il est nécessaire de mettre en place des dispositifs d’accompagnement adéquats tels que les incubateurs et les technopoles ainsi que des mécanismes de financement innovants pour l’accès au crédit.

 

  • Faire de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche un levier d’émergence économique.

 

L’émergence des économies dépend de leur intérêt pour l’éducation, notamment l’enseignement supérieur. Dans cette optique, les pays d’Afrique subsaharienne doivent travailler à bâtir une véritable économie du savoir basée sur des établissements d’enseignement supérieur et de recherche de qualité à travers notamment les axes présentés dans les paragraphes ci-après.

 

Le développement des centres d’excellence régionaux permettrait de remédier aux capacités extrêmement limitées du sous-continent en matière de science et de technologie. La création de centres d'excellence régionaux, notamment par la collaboration entre États, reste le meilleur moyen pour développer rapidement des établissements forts ayant une taille critique. Pour cela, il est possible de capitaliser sur les quelques exemples réussis à travers le sous-continent comme le Centre International de Physiologie et de l'Ecologie (ICIPE) créé en 1970 au Kenya, l'Institut Africain des Sciences Mathématiques (AIMS) créé en Afrique du Sud en 2003 et l’Institut international d’Ingénierie de l’Eau et de l’Environnement (2IE) crée au Burkina Faso en 2005 à partir de l’EIER/ETSHER. La création de centres régionaux d’excellence passe également par la mise en réseau d’institutions existantes. C’est le cas par exemple de l'Initiative régionale pour la science et l'éducation (RISE) et plus récemment du projet d’Université Panafricaine de l'Union Africaine basé sur un réseau de cinq centres dont trois (3) déjà opérationnels.

 

L’amélioration de la gouvernance des établissements d’enseignement supérieur nécessite de mettre en place des systèmes qui accordent plus d’autonomie aux universités et les mettent à l’abri de l’influence des choix politiciens. Cette autonomie de fonctionnement n’empêche pas que les universités reçoivent un financement substantiel de l’Etat mais exige plutôt une intervention très minime de ce dernier. L’amélioration de la gouvernance peut par exemple consister à faire en sorte que des représentants du monde académique, les étudiants, les autorités politiques, le secteur privé, la société civile et les anciens diplômés (alumnis) soient équitablement représentés au sein des instances de décision notamment dans les conseils d’administration. C’est à ces instances élargies qu’il doit revenir la charge de nommer les différents responsables en complément d’un système de désignation par les pairs pour certains postes et de prendre les décisions stratégiques pour le développement des universités. Dans ce sens, la création des fondations permettrait de doter les universités, à l’image de ce qui se fait dans le monde et notamment en France, d’une forme juridique propice à une ouverture des universités à un large spectre d’acteurs pour plus d’efficacité.

 

La revalorisation du statut des enseignants et des chercheurs est nécessaire pour inverser la tendance actuelle d’exode des enseignements-chercheurs et de manque d’engouement des jeunes pour une carrière universitaire. Cela passe notamment par la valorisation du statut de l’enseignant-chercheur avec en premier lieu l’adoption d’une grille salariale et indemnitaire attrayante et motivante pour l’ensemble du corps et plus spécifiquement pour les professeurs titulaires et agrégés. Des mesures fortes dans ce sens comme, comme l’ont déjà fait certains pays, sont nécessaires pour freiner l’hémorragie de la fuite des cerveaux dont les pays d’Afrique subsaharienne souffrent depuis leur indépendance

 

L’harmonisation de la structure des formations et des diplômes à travers la réforme LMD est nécessaire pour soutenir la mobilité des étudiants. L’harmonisation de l’enseignement supérieur a d’abord été traduite, sur initiative de l’Union Africaine, par la convention d’Arusha (adoptée en 1981 puis révisée en 2007) qui porte sur la reconnaissance des diplômes universitaires dans les États africains. Par la suite, il y’a eu l’évènement du système LMD qui s’est aujourd'hui développé dans toute l’Afrique subsaharienne. Les pays de l’UEMOA ont décidé en 2007 de faire du système LMD le cadre de référence des diplômes délivrés par leurs établissements universitaires. Ce système a également été adopté par les pays de la zone CEMAC en 2006 et se généralise peu à peu dans les universités d'Afrique du Sud et de Madagascar. En outre, le CAMES a engagé en 2006 les établissements de son espace dans le système LMD et travaille à mettre en place un système CAMES de crédits capitalisables et transférables. Ces différentes initiatives pour l’adoption du système LMD permettent de constater l’ampleur du travail nécessaire à l’instauration effective dudit système en Afrique subsaharienne. Au regard des difficultés rencontrées, d’importants efforts restent à fournir pour la mise en place d’un système africain de crédit transférable ainsi qu’une réelle appropriation du système LMD.

 

La promotion de l’assurance qualité dans l’enseignement supérieur devient un impératif pour rehausser le niveau des établissements. En Afrique subsaharienne, les systèmes régionaux et nationaux d’assurance qualité ne sont pas bien établis, bien que des progrès significatifs aient été accomplis au cours de ces dernières années. Aux échelles nationales, il y a près d’une vingtaine de pays qui disposent d’agences nationales d’assurance qualité. Au plan régional, il y a le CAMES, le plus large cadre de partenariat africain en matière d’assurance qualité regroupant 19 pays francophones et lusophones, et le Conseil Interuniversitaire de l’Afrique de l’Est (IUCEA). En outre, il existe d’autres initiatives comme l’Association des Universités Africaines (AUA) basée à Accra (Ghana) dont une des missions est de promouvoir l’assurance qualité et la bonne gouvernance dans les universités membres. Au-delà de ces incitatives, il est impératif de mettre en place un cadre partenarial approprié à l'échelle continentale en matière d'assurance qualité. Par ailleurs, les Etats doivent veiller à la qualité des établissements d’enseignement supérieur privé en mettant en place des dispositifs efficaces pour surveiller leur création, s’assurer de leur viabilité institutionnelle et financière et renforcer le contrôle de leur gestion.

 

La Formation ouverte et à distance (FOAD) apparait comme une véritable alternative pour le développement de l’enseignement supérieur en Afrique. En effet, plusieurs pays (Afrique du Sud, Nigeria, Tanzanie, Zimbabwe) ont déjà créé des universités ouvertes à distance et d'autres (Kenya, Maurice) prévoient de le faire. Plusieurs universités dans d’autres pays proposent également des programmes à distance. Une majorité d’entre elles fait partie du réseau de l’Université Virtuelle Africaine, le plus vaste en matière de FOAD en Afrique. Par ailleurs, le développement à l’échelle mondiale de Ressources de l’Education Ouverte (REO) ou Ressources Educatives Libres (REL) gratuitement accessible constitue une opportunité pour l’Afrique. Par exemple, l’OER (Open Educational Ressources) Africa, basé à Nairobi (Kenya), a développé des projets et des partenariats à travers le continent et peut devenir un élément central dans la promotion de la FOAD en Afrique. Toutefois, le développement de la FOAD en Afrique subsaharienne nécessite de relever plusieurs obstacles relatifs notamment aux importants investissements et à l’exigence d’un personnel bien formé pour l’utilisation optimale des outils.

 

Le développement de la recherche et la valorisation des résultats est nécessaire pour apporter des réponses adéquates aux problèmes socio-économiques du sous-continent et contribuer dans la production du savoir à l’échelle mondiale. La promotion de la recherche passe par l’identification de nouveaux mécanismes pour accroitre le financement de la recherche et permettre aux États de donner à leurs structures de recherche les moyens, les équipements et l’organisation qui permettent aux chercheurs de produire plus de résultats utiles et utilisés. Par ailleurs, la recherche doit être soutenue à travers la valorisation des trouvailles. Au-delà des publications, il importe de mettre en place des mécanismes qui permettent d’aller vers des brevets et des solutions vulgarisés auprès des populations selon une nouvelle approche qui prend en compte l’adéquation des résultats de la recherche avec la demande socio-économique, la protection juridique des résultats et de la propriété intellectuelle, le marketing et la diffusion des résultats (publication et transfert) et l’adoption et l’utilisation des résultats.

 

Le développement de partenariats avec des institutions de référence constitue aussi un moyen efficace de développement de l’enseignement supérieur en Afrique subsaharienne. Dans cette optique, la mondialisation de l’enseignement constitue une opportunité. Les pays peuvent développer une multitude de partenariats pour rattraper plus rapidement leur retard notamment à travers l’échange de professeurs et d’étudiant, la double diplomation et la co-diplomation et la délocalisation. Cette dernière se développe avec l’arrivée de plusieurs institutions de renom sur le continent : Henley Business School (Royaume-Uni) et Duke University’s Fuqua School of Business (États-Unis) en Afrique du Sud, Ecole de finance et de management de Francfort (Allemagne) en RDC, China Europe International Business School (CEIBS/Shanghai) au Ghana, Bordeaux Ecole de Management (BEM/France) au Sénégal, Université Carnegie Mellon (États-Unis) au Rwanda.

 

L’Afrique subsaharienne doit exploiter davantage son importante diaspora pour soutenir le développement de l’enseignement supérieur et de la recherche. D’après l’Organisation Internationale des Migrations (OIM), plus de 300 000 spécialistes africains habitent à l’extérieur et d’autres Africains hautement qualifiés quittent le continent chaque année sans la garantie de revenir. Ces dernières années, l’image de l’Afrique s’est améliorée avec l’intérêt croissant pour le continent considéré comme la dernière frontière de la croissance mondiale. Dans la ruée vers l’Afrique, on note de plus en plus d’expatriés africains qui retournent s’établir sur le continent ou œuvrent davantage au développement du continent tout en restant à l’étranger. Ce contexte constitue une opportunité pour l’Afrique de tirer plus d’avantages de la fuite de ses cerveaux. Cela passe notamment par l’exploitation de son vivier de cadres expatriés hautement qualifiés pour soutenir le développement de l’enseignement supérieur et de la recherche. En effet, les meilleures sommités africaines de la diaspora dans les différents champs de l’enseignement supérieur et de la recherche sont aujourd’hui demandeuses d’initiatives pour se rendre plus utiles au progrès du continent.

 

 

II.Evolution du système éducatif malien

  1. L’héritage colonial :

L’histoire de l’école soudanaise remonte jusqu’au début de la période coloniale. C’est en 1886 que Gallieni ouvre l’école des otages à Kayes (les otages sont les enfants pris de force aux chefs de territoires).

Plus tard, cet établissement prendra le nom d’Ecole des Fils de chefs et d’Interprètes en 1910. Il s’agissait d’instruire les enfants de l’aristocratie autochtone, de leur apprendre la langue et la culture françaises afin de s’assurer de leur totale soumission et celle de leurs parents. Petit à petit, l’école coloniale pénètre l’intérieur du pays.

      En 1916, une école professionnelle est ouverte à Bamako et s’installe en 1924 dans les locaux du Lycée Askia Mohamed sous le nom d’Ecole Primaire Supérieur (E.P.S.). En 1931, cet établissement devient l’E.P.S.Terrasson de Fougères puis en 1950 le Lycée Terrasson de Fougères qui demeura longtemps le sommet de l’enseignement au Soudan (actuel Mali).

      En 1959, le Soudan ne disposait que de 351 écoles au premier cycle pour 54 136 élèves pour un taux de scolarisation de 9,5%, quelques établissements d’Enseignement Secondaire Général, d’Enseignement Normal, d’Enseignement Technique et Professionnel et trois grandes écoles : l’Ecole Normale Rurale de Katibougou, l’école des Travaux Publics (E.T.P), l’Ecole d’Administration qui accueillaient les étudiants de l’Afrique Occidentale Française.

  1. A partir de l’indépendance.

2.1. Période de l’US-RDA.

La loi n°62-74/AN-RM du 17 septembre 1962, portant organisation de l’enseignement est le premier texte législatif du système éducatif du Mali, la référence de tous les ordres d’enseignement, la base de la Réforme de 1962. Elle stipule que l’enseignement est laïc, gratuit et obligatoire.

De cette période, nous retiendrons principalement la section qui concerne la formation des enseignants, pour savoir un peu d’où nous sommes venus. Les législateurs de la Reforme de 1962 ont trouvé qu’il est vain d’entreprendre une reforme de l’enseignement, d’en déterminer les buts et même les moyens si l’on n’assure pas au personnel chargé de la réaliser une formation adéquate. Ainsi :

  • Pour le premier cycle fondamental : une seule catégorie d’enseignants en remplacement des moniteurs de toutes catégories et des instituteurs adjoints. Ces maîtres seront désignés sous le nom de maîtres du 1er cycle. Ils seront recrutés parmi les élèves qui ont terminé les classes de 8 ème année de formation professionnelle dans un centre Pédagogique Régional (C.P.R.). A échéance, les C.P.R. ne recruteront que les titulaires du DEF.
  • Pour le second cycle de l’école fondamentale : les maîtres du second cycle seront formés pendant 23 mois à l’Ecole Normale après obtention du DEF. L’école Normale peut également selon les circonstances, recruter des élèves ayant fait une, deux ou trois années d’enseignement secondaire et auxquels elle assure la formation pédagogique.
  • Pour l’enseignement secondaire général : les professeurs de l’enseignement secondaire général seront formés à l’Ecole Normale Supérieure.
  • Pour l’enseignement Supérieur : les professeurs de l’enseignement supérieur viendront de l’Université qui prépare au Diplôme d’Etudes Supérieures (équivalent du doctorat de 3è cycle), puis au professorat après que le postulant eût exercé auprès d’un professeur titulaire comme assistant.

Le  personnel de contrôle :

La multiplication des écoles devant conduire à la scolarisation primaire universelle s’accompagne forcément de celle des inspections d’enseignement à tous les niveaux.

      Les inspecteurs de l’enseignement fondamental seront formés dans une section de l’Ecole Normale Supérieure.

      Les inspecteurs généraux de l’enseignement secondaire seront choisis parmi les professeurs hautement qualifiés présentant toutes les garanties intellectuelles, techniques et morales requises.

      Les enseignants de l’enseignement technique et professionnel élémentaire et moyen seront, soit des ingénieurs expérimentés en ce qui concerne les études techniques et pratiques, soit des inspecteurs de l’enseignement secondaire général.

      Au niveau de l’enseignement supérieur, le contrôle est assuré par le directeur de chaque établissement, le directeur général de l’enseignement supérieur prenant à sa charge le contrôle administratif.

      Les conditions socio – économiques et politique de l’époque ont été favorables : enthousiasme national grâce à l’indépendance fraîchement acquise, option politique idéale à l’époque, relations non rompues avec l’ancienne puissance coloniale.

Les grandes options et les principaux objectifs contenues dans la reforme de 1962 constituaient les réponses à donner à la situation arriérée dans laquelle se trouvait l’école.

      La scolarisation a fait un bond de géant en triplant pratiquement les effectifs. L’enseignement supérieur national est né. Le financement de l’éducation a doublé de 1960 à 1968 (de 6,71 milliards de F CFA à 23,54 milliards de FM). Les problèmes scolaires n’ont jamais dégénéré en crises. Les Ministres ont été relativement stables.

2.2. Période du Comité Militaire de Libération Nationale.

      Cette période de rupture est caractérisée par une révision ou un changement de certaines options à travers l’adoption des textes organiques. L’enseignement a été réorganisé, l’éducation politique a été éliminée. Les Centres d’Orientation Pratique (C.O.P.), dont la ruralisation ont été introduits dans le système éducatif. L’ECICA est créée en 1969 pour étendre les filières de l’enseignement technique et professionnel.

      De nouvelles méthodes d’enseignement du français se succèdent : les  méthodes BELC (Bureau pour l’Enseignement de la Langue et de la Civilisation) en 1969, CLAD (Centre le Linguistique Appliquée de Dakar) en 1969, G.P.R (Groupe de Rénovation Pédagogique) en 1970, MALI en 1972, Télévision Scolaire Malienne en 1972.

      A l’enseignement Supérieur, de nouvelles créations ou réorganisations élargissent les missions et les options : I.P.R de Katibougou en 1969, Institut de Productivité et de Gestion Prévisionnelle (I.P.G.P.). en 1971, ENI en  1973, INAFLA en 1973. Pendant la période, l’éducation a bénéficié de l’accompagnement de la Banque Mondiale.

2.3 Période de la deuxième République de l’union démocratique du Peuple Malien (UDPM) : 1979 – 1991.

 Cette période est surtout marquée par des grandes crises scolaires :

16 novembre 1979 : grève scolaire réprimée et fermeture des établissements 15 – 19 janvier 1980 : Dissolution de l’Union Nationale des élèves et Etudiants du Mali (UNEM)

Mars 1980 : Reprise des grèves des élèves et étudiants  et arrestation de leur leader Abdoul Karim CAMARA dit Cabral

17 mai 1981 : Mort de Cabral pendant sa détention

1er octobre 1981 : Réouverture des classes

8 – 9 janvier 1991 : grève générale de l’UNTM.

      Cette période a fait beaucoup de mécontents dans le milieu enseignants sur les point tels que : la Primauté du parti sur toutes les institutions, le favoritisme  dans les promotions, le harcèlement des enseignants non militants de l’UDPM, la violation des droits des travailleurs, la politisation de l’école, etc. C’est une période de grande déliquescence de l’école.

2.4. La période du Comité de Transition pour le Salut du Peuple (CTSP) et de la troisième République : 1991 à aujourd’hui.

      Le débat national de 1991, après la chute du pouvoir ancien, a opté dans ses résolutions et recommandations, pour la démocratisation de l’éducation et l’élargissement de sa base. La loi d’orientation portant sur l’éducation réorganise le système éducatif en 4 ordres et types d’enseignement.

      Cette période a connu  des soubresauts, dans l’espace scolaire mais elle a fortement bénéficié du soutien des partenaires techniques et financier. Elle a ouvert un certain nombre de chantiers qui ont fait progresser l’éducation :

  • La réduction des disparités au sein du système scolaire : la couverture scolaire s’est beaucoup améliorée aux cours des dix dernières années. Le taux brut de scolarisation au 1er cycle du fondamental est passé de 61% en 2000/2001 à 87,4% en 2010/2011. Toutefois cette progression cache de fortes disparités entre filles et garçons, entre les enfants des zones rurales et ceux des zones urbaines, entre les différentes régions du pays. L’atteinte de l’EPT passe nécessairement par la mise en place d’un système éducatif qui garantit l’équité dans l’accès à l’éducation.
  • L’amélioration de la qualité des apprentissages en mettant l’accent sur la révision du curriculum du 1er cycle de l’enseignement fondamental.
  • La diversification des séries et filières de l’enseignement secondaire général et de l’enseignement secondaire technique et professionnel afin d’améliorer l’accès à l’enseignement supérieur et l’employabilité des sortants des établissements de l’enseignement technique et professionnel.
  • La sauvegarde et le maintien de la paix et de la discipline à l’école. Le nouveau dispositif de prévention de la violence à l’école (commission pour une école apaisée et performante, nouveaux règlements intérieurs) participe de la volonté d’affirmer l’autorité des enseignants et des administrateurs. Il s’agit de protéger l’administrateur scolaire lorsqu’il doit infliger des sanctions d’aider les enseignants à recentrer leur métier sur sa mission  première : la transmission des savoirs ; faire du règlement intérieur l’outil principal d’organisation de la vie scolaire en offrant aux élèves l’opportunité, entre autres de développer des qualités morales et d’acquérir le sens  des responsabilités, en privilégiant 3 axes : la prévention, la sanction et le dialogue.
  • La promotion de la santé et de l’hygiène à l’école. Les effectifs scolaires ont considérablement augmenté, passant de 946 143 en 2001 à 2 179 124 en 2011. Il devient par conséquent impératif de préparer nos écoles à accueillir ces enfants dans les meilleures conditions sanitaires et de sécurité.
  •  L’amélioration de la prise en charge de l’éducation préscolaire et spéciale : il s’agit de multiplier les établissements préscolaires pour le plus grand nombre. Les communautés de base seront  encouragées et soutenues dans cette voie. La même politique sera appliquée à l’éducation des enfants vivant avec des handicaps.
  • La politique nationale de l’alimentation scolaire est d’assurer la prise en charge de l’alimentation scolaire de façon pérenne afin que la faim ne soit pas un obstacle à l’accès, au maintien à l’école et au développement de l’élève.
  • L’amélioration de la formation initiale et continue des enseignants. Il est indispensable d’assurer aux enseignants la meilleure formation initiale et continue possible.

 

  • L’éthique et la déontologie de l’enseignement : les obligations professionnelles des enseignants découlent des obligations qui leur sont faites de donner une instruction à tous les enfants et d’assurer leur réussite. Mais face à la complexité des défis et enjeux de notre système éducatif, la définition d’un code de déontologie, d’une orthodoxie professionnelle, d’un ensemble de règles et d’obligations professionnelles qui s’imposent à la profession enseignante, s’avère aujourd’hui indispensable.

 

Evolution des Effectifs, Taux Brut de Scolarisation et d'Admission au 1er Cycle du fondamental

 

 
                     

Année Scolaire

Effectif du premier cycle

Taux Brut d'admission

Taux Brut de scolarisation

 

 

 

 

Garçons

Filles

Total

Garçons

Filles

Total

Garçons

Filles

Total

 

 

2002/03

      742 087  

     552 585  

           1 294 672  

67,4%

53,8%

60,5%

77,9%

56,4%

67,0%

 

 

2003/04

      794 535  

     602 256  

           1 396 791  

71,1%

56,6%

63,7%

81,3%

59,9%

70,5%

 

 

2004/05

      852 163  

     653 740  

           1 505 903  

72,7%

57,5%

65,0%

85,0%

63,4%

74,0%

 

 

2005/06

      901 386  

     708 593  

           1 609 979  

81,5%

67,0%

74,2%

85,1%

65,1%

75,0%

 

 

2006/07

      954 407  

     762 549  

           1 716 956  

82,9%

68,9%

75,8%

87,5%

68,0%

77,6%

 

 

2007/08

    1 005 673  

     817 364  

           1 823 037  

86,8%

72,3%

79,4%

89,5%

70,7%

80,0%

 

 

2008/09

    1 056 833  

     859 409  

           1 916 242  

85,2%

70,4%

77,7%

91,2%

73,0%

82,0%

 

 

2009/10

    1 100 388  

     918 225  

           2 018 613  

80,3%

69,1%

74,7%

87,4%

71,8%

79,5%

 

 

2010/11

    1 159 343  

     978 759  

           2 138 102  

80,1%

69,2%

74,6%

89,1%

74,0%

81,5%

 

 

2011/12

    1 219 192  

  1 044 075  

           2 263 267  

79,8%

69,6%

74,8%

89,9%

75,5%

82,9%

 

 
                                 

 

 

 

Evolution des Effectifs, Taux Brut de Scolarisation et d'Admission au 2nd Cycle du fondamental

 

                   

Année Scolaire

Effectifs 2nd Cycle

Taux Brut d'admission

Taux Brut Scolarisation

 

Garçons

Filles

Total

Garçons

Filles

Total

Garçons

Filles

Total

 

2002/03

      150 448  

       86 850  

              237 298  

40,2%

22,7%

31,3%

38,5%

21,7%

30,0%

 

2003/04

      175 134  

     104 690  

              279 824  

46,2%

27,0%

36,5%

43,7%

25,4%

34,4%

 

2004/05

      196 526  

     120 483  

              317 009  

45,7%

27,0%

36,2%

47,7%

28,5%

38,0%

 

2005/06

      218 717  

     134 029  

              352 746  

45,8%

27,8%

36,6%

52,1%

31,1%

41,5%

 

2006/07

      237 222  

     151 064  

              388 286  

51,1%

32,3%

41,6%

54,9%

34,1%

44,3%

 

2007/08

      255 038  

     167 087  

              422 125  

55,3%

35,6%

45,4%

57,3%

36,6%

46,8%

 

2008/09

      274 952  

     186 387  

              461 339  

57,0%

39,0%

47,9%

59,9%

39,6%

49,6%

 

2009/10

      298 868  

     211 804  

              510 672  

55,5%

40,3%

47,8%

60,0%

41,8%

50,8%

 

2010/11

      329 313  

     240 834  

              570 147  

53,5%

39,2%

46,3%

63,9%

46,0%

54,8%

 

2011/12

      357 400  

     270 783  

              628 183  

55,2%

42,0%

48,5%

66,5%

49,7%

57,9%

 

                                   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

NB : Pour tous les taux nous remarquons une chute à partir de 2009/2010. Cette régression est du aux données population du recensement RGPH 2009 qui a donné un taux d’accroissement de la population de 3.6% largement supérieur à celui du RGPH 1998 (3.06%)

 

 

  1. Grandes ORIENTATIONS du système éducatif malien

 

Les orientations de la politique éducative malienne s’inscrivent dans le cadre de la mise en œuvre de la Loi d’orientation Loi 99-046 AN RM portant loi d'orientation sur l'éducation (1999) modifiée (en 2008), du Programme Décennal de Développement de l’Education et ses instruments d’opérationnalisation que sont les trois PISE, des recommandations du Forum National sur l’Education, du Cadre Stratégique pour la Croissance et la Réduction de la Pauvreté (CSCRP) dans le secteur de l’éducation et du plan d’actions de la transition.

Le système éducatif du Mali a fait des progrès très substantiels en termes de couverture de la population d’âge scolaire dus à une meilleure gestion de l’école en mode décentralisé. Le taux brut de scolarisation au premier cycle de l’enseignement fondamental est passé de 74 % en 2004 à 82,5% en 2010.

La poursuite des efforts d’amélioration des rendements  interne et externe du système, du pilotage du secteur, de l’équité en faveur des plus pauvres et de la lutte contre le paludisme et le VIH/SIDA s’opère dans le cadre de la mise en œuvre de la politique de décentralisation.

Les priorités du Gouvernement de la République du Mali sont traduites dans la série d’engagements pris dans la lettre de politique éducative adressée par le département aux différentes parties prenantes à l’occasion du lancement du PISE III. Dans ladite lettre, le Gouvernement du Mali :  

  • Réaffirme la priorité accordée à l’Education de Base, particulièrement à l’Enseignement Fondamental, en mettant un focus particulier sur la Scolarisation des Filles (SCOFI),  l’alimentation scolaire (cantines), et la formation des femmes, la Formation Initiale et Continue des Enseignants (FICE), le Développement de la Petite Enfance (DPE), l’éducation des Enfants à Besoins Educatifs Spéciaux (EBES) et l’Education Non Formelle (ENF) ;
  • S’engage à diversifier l’offre de la formation professionnelle et de la formation technique professionnelle en fonction des besoins du marché du travail en mettant à la disposition des collectivités territoriales des outils  d’élaboration  d’une carte d’intervention éducative pour faire face aux disparités régionales et de genre afin de  permettre une meilleure allocation des ressources (humaines, matérielles et financières) ;
  • S’engage à améliorer la gestion des flux par la diversification de l’offre éducative ;
  • S’engage à promouvoir la Recherche Scientifique et Technologique (RST) et à la mettre au service du développement ;
  • S’engage à mettre en œuvre une gestion déconcentrée, décentralisée et une planification transparente de l’éducation en concertation avec l’ensemble des partenaires de l’école ; Partenaires au Développement (Partenaires Techniques et Financiers), Partenaires Sociaux (au premier rang desquels les syndicats d’enseignants, les associations d’élèves et de Parents d’Elèves -APE-), Comités de Gestion Scolaires (CGS), Communautés, Familles, Organisations Non Gouvernementales.
  • S’engage à allouer aux secteurs de l’éducation et de la formation professionnelle des ressources accrues et soutenues lui permettant de réaliser ses objectifs de développement.

La vision du Mali pour mettre en place un système éducatif performant capable de s'adapter aux changements est de faire de l'école le point de départ du développement.

L’opérationnalisation de cette vision passe par la mise en œuvre de mesures spécifiques :

  1. DEFIS A LA SCOLARISATION

La pression démographique reste un défi énorme pour le système éducatif malien. En 2009, le Mali compte 14 517 176 habitants répartis dans 2 369 866 ménages. La population malienne a été multipliée par près de 1,5 depuis 1998, ce qui représente un taux de croissance annuel moyen de 3,6%. Selon les projections de population, la population scolarisable (les 7-15 ans) atteindra 4,7 millions en 2020.

Quelque 800 000 enfants en âge scolaire affectés par la crise du Nord n’ont pas accès à l’éducation ou ont besoin d’une approche pédagogique adaptée ; près 1 200 000 enfants âgés de 8 à 15 ans  non scolarisés, ont besoin de programme passerelle pour intégrer et compléter l’éducation de base ; 2 486 écoles doivent être réhabilitées (construction de nouvelles salles de classe, mise en place de cantines scolaires, fournitures d’équipements et de matériel pédagogique) ; 2 486 directeurs d’écoles et 12 578 enseignants ont besoin d’être formées à l’éducation en situation d’urgence ; 2 486 directeurs d’écoles et 12 578 enseignants ont besoin d’être formées à l’éducation en situation d’urgence et à la promotion de  la paix , à la citoyenneté et à la protection des enfants, particulièrement les filles  contre les abus et les violences

  1. SCOLARISATIONS

Mesure 1: le développement de la petite enfance

Le Gouvernement, conscient de l'importance des soins dispensés dès les premiers âges dans le développement futur du citoyen initie des actions tendant à promouvoir le développement du sous secteur. Le programme cible la population d’âge compris entre 3 et 5 ans pour porter le taux de préscolarisation de 4,2 % en 2008 à 7% en 2012.

Mesure 2 : le développement des enfants à besoins spécifiques

 La prise en charge des enfants à besoins éducatifs spéciaux (EBES) est assurée dans les écoles ordinaires pour les enfants à handicap « léger » et dans des institutions d’éducation spéciale pour les enfants à handicap « lourd ».  Elle porte sur 7% des effectifs à tous les niveaux.

Mesure 3 : l’appui à la scolarisation des filles

Le gouvernement du mali poursuit son action de sensibilisation des communautés en faveur de la scolarisation des filles. En vue de réduire la disparité filles garçons (environ 15 points de pourcentage) des mesures incitatives ont été mises en place : i) la transformation de la section de la scolarisation des filles en une division de la nouvelle Direction Nationale de l’Enseignement Fondamental (recommandation du forum) ; ii) le renforcement des capacités des organes communautaires de base y compris les membres des Comités de Gestions Scolaire (CGS) en charge de la scolarisation des filles et des Associations de Mères d’élèves (AME) ; iii) la prise en compte et l’application effective des questions du genre dans le curriculum de formation des IFM et dans la formation continue des maîtres

D’autres mesures incitatives sont envisagées dans le cadre de la réduction des inégalités de genre. Il s’agit de :

  1. mener des activités de promotion : sensibilisation et dotation de matériels,
  2. faire l’évaluation de l’impact des activités génératrices de revenus en vue de leur extension,
  3. Réaliser des études d’identification de nouveaux  besoins  relativement aux réticences des familles et à la violence faites aux filles et aux femmes à travers des études

Mesure 4 : des mesures incitatives pour l’accès et le maintien des élèves

Les cantines scolaires supervisées par les comités de gestion sont développés notamment dans les écoles situées à plus de 3 km du village.

La généralisation des subventions ADARS à toutes les écoles publiques et communautaires pour tendre vers la gratuité effective de l’école. La gestion de ces subventions sera améliorée en faisant recours à tous les moyens possibles de portage financier permettant une plus grande traçabilité.

Mesure 5 : l’augmentation des capacités d’accueil

La réalisation de cette mesure passe entre autre, par l’élaboration de cartes scolaires au niveau de chaque commune et la construction de salle de classe afin de favoriser le développement des écoles de 1er cycle complet avec les six années d’étude et, dans la mesure du possible, l’amélioration de l’accès au second cycle. Les dispositions sont prises à plusieurs niveaux :

Au plan pédagogique, la pratique des classes multigrades et des écoles à classe unique sera développée pour : (a) résorber les cycles incomplets (y compris les écoles nomades), (b) faire disparaitre les pratiques de recrutement alterné en première année (recrutement biennal).

Au plan de la réalisation des constructions scolaires, il est était prévu, avant le coup d’Etat, une augmentation massive des capacités d’accueil (construction de 2 700 salles de classes par ans) grâce à la mise en place d’un appui technique (déploiement de 120 ingénieurs et techniciens en bâtiment) aux maîtrises d'ouvrages exercées par les collectivités locales avec comme résultat attendu l'accélération du cheminement des appels d'offres, la conformité entre les DAO et les normes nationales, et l'exercice rigoureux du contrôle des travaux, en avancement et en qualité, par les maîtrises d'ouvrage. A ce jour, des techniciens et des ingénieurs ont été affectés dans les structures déconcentrées de l’éducation pour appuyer et encadrer la maitrise d’ouvrage  des CT dans les constructions scolaires. Le conflit survenu au Nord du pays augmente de façon significative les besoins en constructions nouvelles et réhabilitation.

  1. QUALITE DES ENSEIGNEMENTS
  1. Mesure 6 : Développement des curricula

La réforme curriculaire est l’axe majeur du PRODEC. Son aboutissement est la mise en œuvre du bloc unique de neuf (9) ans. Elle vise à donner un minimum éducatif de qualité à tous les enfants.

Les examens du CFEPCEF et du DEF ont été reformés en supprimant le CFEPCEF et en intégrant à l’examen du DEF toutes disciplines, y compris les arts et le sport. Par ailleurs, l’allégement et la simplification des documents de référence sont en cours.

Une refonte des programmes scolaires a été également opérée ainsi que la mise en place d’un programme nationale de rattrape scolaire de qualité pour les enfants non scolarisés et d’un système de protection sociale afin d’assurer que les enfants issus de familles vulnérables puissent poursuivre et finir leurs scolarisations même en cas de choc ou et de crise comme ceux que nous avons vécus. La mise en place du programme de scolarisation accélérée (rattrapage/passerelle) pour les déscolarisés précoces et non scolarisés âgés de 8 à 12 ans s’inscrit dans ce cadre.

Il reste la détermination du nombre de langues concernées par la généralisation du curriculum ; la définition d’un nouveau chronogramme de la réforme curriculaire, de même que son harmonisation avec celui de la production des nouveaux manuels.

Le gouvernement va continuer à assurer un approvisionnement continu et durable en manuels scolaires de base, en matériels de lecture et autres matériels didactiques, et ce, sans frais pour tous les élèves de l’enseignement normal, l’enseignement fondamental (écoles publiques, communautaires et medersas), l’enseignement secondaire (général et technique) ainsi que les établissements préscolaires à travers tout le pays.

Afin d’améliorer la qualité des apprentissages, il est développé une culture de la lecture, de l’écriture et des sciences à travers la mise en place d’indicateurs mesurables à court et long terme pour suivre les évolutions des performances des élèves via le développement d’un environnement lettré et le développement de mesure incitative (concours, etc.). Les standards nationaux de lecture pour le niveau 1 (1ère et 2ème années) de l’enseignement fondamental ont été élaborés dans ce cadre.

Mesure 7:  Formation des enseignants

  1. Formation Initiale

La politique de la formation initiale sera mise en œuvre  par (i) les instituts de formation des maitres et (ii) la continuité de la Stratégie Alternative de Recrutement de Personnel Enseignant SARPE.

  • La formation dans les instituts prévoit l’application du nouveau curriculum de l’enseignement normal par la prise en compte du/de la : i) renforcement de la législation et de la morale professionnelle, de l’éducation civique et morale, ii) renforcement de l’éducation physique et sportive, les innovations pédagogiques, iii) gestion pédagogique des classes multigrades, écoles mobiles et des enfants à besoins éducatifs spéciaux ; iv) mise en œuvre d’actions favorisant le relèvement à au moins  40% la proportion d’élèves maîtresses à l’entrée dans les IFM ; v) recrutement prioritaire des futurs enseignants au niveau du Baccalauréat.
  • La continuité de la Stratégie Alternative de Recrutement de Personnel Enseignant SARPE le temps de la formation dans les IFM d’un vivier nécessaire à la couverture des besoins, tout en augmentant le recrutement des femmes.
  1. Formation Continue

La formation continue a pour vocation de palier l’insuffisance de formation des sortants des IFM en attendant la mise en œuvre du nouveau curriculum de l’Enseignement normal et le recyclage des enseignants conformément au plan stratégique selon les trois modalités que sont : (i) la formation en communauté d’apprentissage, (ii) la formation par voies de radio, (iii) la formation présentielle en regroupement au sein d’un même CAP et au cours des vacances scolaires.

Mesure 8 : Amélioration de l’achèvement de chaque cycle de l’enseignement fondamental

  1. la réduction des redoublements

La réduction des redoublements et l’amélioration de la qualité de l’enseignement passent par l’implication et la responsabilisation des comités de gestion scolaire, des familles, des associations des mères, des associations des parents d’élèves.

Un travail sur le respect du temps scolaire, la réduction du REM, la mise à disposition dans chaque commune d’un conseiller pédagogique référent, le placement de maitres chevronnés dans les classes d’initiation du 1er cycle et l’encadrement par les pairs (élève-élève, notamment entre fille) est effectué dans le cadre de l’amélioration de la qualité des enseignements.

  1. L’augmentation du temps d’apprentissage

La suppression de la double vacation du système éducative a été instruite aux structures éducatives déconcentrées et de façon générale, le temps d’apprentissage qui est de 122 sera porté à 172 jours théoriques.

Mesure 9 : développement de l’éducation non formelle

Un Programme Vigoureux d’Alphabétisation et de Promotion des Langues Nationales est mis en œuvre afin de toucher 6,7% d’enfants non scolarisés, déscolarisés de 9 à 15 ans pour les CED en 2012 et 100% des adultes analphabètes initialement identifiés en 2008 dans les CAF et CAFé d’ici 2020. 454 centres alpha seront ouverts ainsi que deux autres centres d’éducation pour l’intégration aux frontières avec la Mauritanie et le Niger. On assistera également à la réouverture du Centre d’Alphabétisation Féminin de Bourem.

L’éducation non formelle est dotée d’un nouveau mécanisme de financement, de formation appropriée permettant d’assurer l’amélioration de la qualité, l’appui à la prise en charge des éducateurs et animateurs.

  1. ORGANISATION ET MANAGEMENT DU SYSTEME

Mesure 10 : La décentralisation et le partage des rôles et responsabilités

Le schéma suivant est appliqué dans la mise en œuvre de la décentralisation/déconcentration : (i) la conception, le contrôle et le suivi des politiques des services centraux, (ii) la supervision et l’exécution des politiques par les services déconcentrés et (iii) la gestion de l’école par les collectivités territoriales (l’équipement des infrastructures, le suivi des activités aux seins des écoles, la gestion des carrières des enseignants).

La plus grande part des ressources publiques d'éducation sont transférées aux collectivités territoriales (plus de 51% dès 2011) tandis que le MEALN s’installe dans le triple rôle de définition des politiques, de ventilation des ressources et d’appui technique à la mise en œuvre des politiques au niveau des CT.

L’accompagnement à la décentralisation  par  (a) le pilotage local de la politique sectorielle  avec la mise en place de contrats d’objectifs pour paiement des salaires et la gestion des fonds pour l’Appui Direct à l’amélioration des Rendements Scolaires (ADARS) et des cantines, (b) la clarification des rôles et des procédures  des administrations déconcentrés et décentralisées, (e) la formation et l’accompagnement des CT dans leurs nouvelles fonctions.

Mesure 11 : la planification et gestion financière

Cette mesure vise : (i) à rendre effectif la mise en cohérence des outils de programmation à moyen terme (CDMT, budget programme, plans d’action) et (ii) à fonder la préparation des budgets sur les besoins des services de façon à assurer la cohérence avec la décentralisation, la déconcentration et la gestion par sous secteur de l’éducation, à répartir les ressources depuis le niveau central sur la base des critères simples et d’objectifs pour garantir l'équité et le rattrapage des disparités géographiques.

La mise à niveau du système  d’information statistiques à travers le renforcement de capacité  et la réforme du système de collecte, de saisie et de transmission des données permettant de disposer des données rapidement après la rentrée scolaire et d'éditer sans délai des annuaires synthétiques nécessaires pour les activités de gestion. Pour se faire, un système VPN a été mis en place et un annuaire des statistiques scolaire simplifié a été conçu.

Les pratiques de passation, de suivi et de gestion des marchés sont améliorées à travers l’application du nouveau manuel de procédures élaboré et du guide d'éthique, la mise à jour régulière et l’utilisation systématique du système informatique de gestion des marchés mis en place (édition automatique des calendriers et des relances, suivi en temps réel des marchés).

Pour améliorer la performance du système à travers le renforcement du contrôle interne, un bureau d’audit interne a été recruté. Il s’agit pour ce bureau mettre en place un système contrôle et de rapportage permettant d’assurer le respect des normes et procédures de mise en œuvre des activités du département, incluant tout ce qui concerne la passation des marchés et en cohérence avec le système nation de contrôle interne.

 

Mesure 12 : Le pilotage et le suivi

Le dispositif de Pilotage et de suivi comprend : (a) le comité de pilotage, missions conjointes entre les ministères, (b) le Secrétariat technique permanent, (c) le suivi des commissions Thématiques, (d) le suivi en cadre partenarial et (e) les missions conjointes de suivi.

Mesure 13 : La gestion du personnel enseignant

La gestion des Ressources Humaines  porte sur :

  • le respect du calendrier de mise à temps du personnel et la  (b) la définition de critères publics et objectifs pour les mouvements de personnel ;
  • l’intégration des contractuels des collectivités dans la fonction publique des collectivités ;
  • le recrutement des fonctionnaires des collectivités territoriales dans l’enseignement fondamental de manière à réduire de manière significative la part de la masse salariale qui doit être supportée par les communautés qui ont créé des écoles communautaires à travers l’affectation d’enseignants dans ces écoles ;
  • le paiement de la prime pour le retour des enseignants dans les zones du Nord.

Le déploiement des enseignants dans les zones rurales à travers la mise en place d’une prime d’incitation dont le principe était acquis déjà en 2012 reste toujours à réaliser.

Mesure 14 : Amélioration du fonctionnement et de la performance des écoles

Dans le cadre de la mise en œuvre de cette mesure, une structure unique de contrôle de tout le système éducatif malien appelée Inspection Générale de l’Education Nationale (IGEN) a été crée. Cette inspection de qualité et de proximité avec une compétence étendue à l’ensemble du système éducatif devra permettre de garantir la qualité des apprentissages.

La mise en place d’un système pertinent d’évaluation des performances des élèves conforme au curriculum, notamment des apprentissages fondamentaux (maîtrise de la lecture- écriture et des mathématiques) a été réalisée avec l’accompagnement financier de la COFEMEN et d’autres PTF.

Il est également prévu : (i) une utilisation plus systématique d’outils de gestion au niveau écoles et aux niveaux déconcentrés de l’administration scolaire  par le renforcement des responsabilités des communautés, des parents d’élèves, des enseignants et des directeurs d’écoles pour la gestion et la supervision des pratiques au seins des écoles et des salles de classes, (ii) le renforcement de la gestion des carrières et la formation certifiant pour les enseignants.

 

Défis du système éducatif malien

Le défi de la qualité : Au plan quantitatif, le système éducatif malien a fait des progrès, en termes d’accès.

La qualité n’a pas suivi cet effort. Le taux d’achèvement à l’école fondamentale atteint difficilement 46% ; cela veut dire que sur 100 enfants scolarisés, 54 ne finiront pas la 6ème  année  fondamentale. Il est illusoire de croire donc qu’on peut atteindre de la scolarisation Primaire Universelle à brève échéance. La situation est pareille dans tous les ordres d’enseignement.

  • Le défi du financement de l’éducation : Les communautés financent beaucoup l’éducation de leurs enfants. L’Etat fait ce qu’il peut mais les efforts financiers énormes consentis sont gommés par les forts taux de redoublements d’abandons et d’échecs scolaires retentissants.
  • Le défi de la citoyenneté : Aujourd’hui, plus que jamais, l’espace scolaire a besoin d’une vraie implantation citoyenne. Il n’est pas imaginable que des élèves refusent d’étudier, que des enseignants refusent d’enseigner, pendant de longues semaines, de longs mois, voire des années. Il existe des enseignants fantômes qu’on ne voit jamais mais dont les salaires sont payés régulièrement, laissant des salles de classe vides d’enseignants.
  • Le défi de stratégies éducatives régionales : Notre école doit être l’école de nos besoins. C’est pourquoi les programmes d’enseignement doivent être  modulés en fonction des spécificités régionales et des attentes des communautés.
  • le défi de la décentralisation et déconcentration de l’éducation : D’aucuns diront que la décentralisation et déconcentration de l’éducation est un pari risqué tant il est vrai que les pouvoirs politiques ne s’y engagent pas totalement, tant il est vrai qu’il n’existe pas de véritable administration des collectivités pour gérer le personnel, les finances, le matériel, etc.
  • Le défi de la pauvreté des communautés : Rares sont les communautés, en particulier rurales qui prennent deux repas par jour, ont accès à l’eau potable et vivent dans un environnement assaini. L’enfant qui va à l’école sans prendre le petit déjeuner dormira en classe à 10 heures, celui qui est malade ratera des jours, voire des semaines de cours qu’il ne pourra plus rattraper.
  • Le défi de la marchandisation de l’école : Il se dit que la promotion d’école privée est l’activité la plus lucrative au Mali. Aujourd’hui, l’Etat dépense chaque année pour l’écolage de ses élèves dans le secteur privé. Le secteur d’éducation privé est indispensable pour accompagner l’Etat et les communautés mais il doit s’inscrire dans un partenariat public-privé bien établi et conforme à des cahiers de charge réfléchis et produits de commun accord.
  • Le défi de la formation professionnelle : Le Mali est l’un des rares pays au monde où on fait des études linéaires, de la 1ère année au doctorat, sans s’arrêter. Pour avoir suivi cette trajectoire, on sort de l’Université sans savoir rien faire, donc inutilisable sur le marché de l’emploi. Tous les enfants qui le désirent doivent pouvoir s’arrêter en 6ème année, en 9ème année, en terminales, après la licence, pour être versé dans la formation  professionnelle et compétir sur le marché du travail.
  • Le défi de l’éducation des parents : On ne  fait rien dans ce pays pour l’éducation des parents qui doivent éduquer leurs enfants d’abord en famille. La famille est le rempart contre toutes tentations et dérives : vol, paresse, malhonnêteté, immoralité, drogue, alcoolisme, manque du sens de l’appartenance à une communauté, etc.
  • Le défi de la laïcité : La République du Mali est une, indivisible et laïque. Mais la laïcité ne  s’oppose pas à la religion, à la négation de la religion. Rien ne devrait s’opposer à ce qu’on enseigne les rudiments de la religion à l’école pour assoir durablement les vertus de la morale dans toutes ses dimensions.
  • Le défi de la gouvernance : L’école a pris tous les mauvais exemples de la société, elle qui devrait être un rempart : laisser –aller, corruption, complaisance, absentéisme, affairisme, etc.
  • Le défi du contrôle pédagogique : L'inspection de l’enseignement Secondaire, les Directeurs d’académie et de CAP, les conseillers pédagogiques, les Directeurs d’école ne font pas correctement le contrôle pédagogique des  enseignants, ce qui ne permet pas l’amélioration de leurs compétences professionnelles et le suivi de leurs trajectoires professionnelles.

La liste des défis n’est pas exhaustive. Il appartient au forum de dégager des priorités, qui mises en œuvre, pourraient être une boussole pour notre système éducatif.  


 

Conférence Épiscopale du Mali                             RÉPUBLIQUE DU MALI

Église Communion Fraternelle                         un Peuple – un But – une Foi

Au Service de l’Évangile

ENSEIGNEMENT CATHOLIQUE                                                 

Direction nationale                                             

BP. 298. Tel. (+223)20-22-33-56                                                    

Célé. 76 39 96 33 – 66 88 21 73

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          Bamako

 

 

 

Forum national sur l’Enseignement Catholique:

 

Enseignement catholique : origines, identité, spécificité et perspectives.

Présenté par :                       

Monseigneur Jean Gabriel DIARRA

Évêque du Diocèse de San

 

Bamako, le 03 septembre 2013

Sommaire…………………………………………………………………..……………………2

Introduction …………………………………………………………..……………………...3

Les origines de l’Enseignement Catholique……………….…………………..…5

Quelques étapes historiques « significatives)………………………………5

L’antiquité chrétienne………………………………………………………………..….5

Le Moyen Âge………………………………………………………………..……………..6

Les Temps Modernes………………………………………………………………..….7

L’Époque Contemporaine……………………………………………….……………8

L’identité de l’Enseignement Catholique…………………………………….…11

La spécificité de l’Enseignement Catholique………………………………....13

Les perspectives de l’Enseignement Catholique……………………………15

Conclusion………………………………………………………………………..………..17

Éléments de bibliographie………………………………………………………….18

 

 


 

0. INTRODUCTION 

0.1 : « pari wuro ba zun bε ya » - « Sigi ka kuma ye daamu ye »

            Pour envisager au mieux son Avenir, il faut interroger son passé et si possible s’abreuver aux Sources de ses Origines.

            L’Enseignement Catholique est un Être Vivant. Il éprouve régulièrement le besoin de muer pour se renouveler et coller aux réalités du MOMENT.

            Il s’agit pour Lui de se « découvrir » et de se « redire » sa Nature propre conforme à sa Mission spécifique et cela en veillant à répondre aux besoins contemporains de la Société dans la quelle Il se trouve.

Le 1er Conseil National de l’Enseignement Privé Catholique a eu lieu du 3 au 6 septembre 1973.

            Après l’exposé du Professeur DOUGNON qui nous a plongés au cœur des besoins Éducationnels du Mali d’Aujourd’hui, la présente étape voudrait nous aider à mieux connaître l’Enseignement Catholique dans son identité universelle originale propre, ses spécificités propres et ce à partir de ses inspirations « originelles » en vue de dégager des perspectives visant à « régénérer » sa santé et sa vigueur.

0.2 : Un problème de « dénomination » et de « terminologie »

Sans y prêter attention, dans le langage ordinaire on  passe facilement d’un vocable à l’autre en pensant parler de la même chose.

« Enseignement » Catholique, « École » Catholique, « Éducation » Catholique ? Que recouvre chacun de ces termes ? Et qu’est-ce qui justifie le choix de « Enseignement » pour s’identifier ?

Dans le dictionnaire Larousse 2011 nous lisons :

 ÉCOLE :

  1. Établissement où on dispense un Enseignement collectif de connaissances générales ou particulières nécessaires à l’exercice d’un métier ;
  2. Ce qui est propre à instruire,  à former. Exemple : École de la Vie
  3. Ensemble des adeptes d’un même Maître d’une même doctrine. Exemple : École de Platon, d’Aristote, de Marx, de Sartre, d’Hegel etc.…

École Catholique : établissement appartenant à l’Église Catholique où on dispense un enseignement collectif

ÉDUCATION :

  1. Action de développer les facultés morales, physiques et intellectuelles ;
  2. Connaissance et Pratique des usages de la Société (politesse, bonnes manières)
  3. Action de Développer une faculté particulière de l’Être humain (exemple : le goût)

Éducation Catholique : Action de développer les facultés morales, physiques et intellectuelles en s’inspirant de la doctrine catholique

 

ENSEIGNEMENT :

  1. Action, manière d’enseigner ;
  2. Organisation de l’instruction. Exemple : Enseignement « public » - Enseignement « privé »
  3. Profession des enseignants : (faire carrière dans l’Enseignement)
  4. Leçon donnée par l’Exemple, l’Expérience. (cela doit servir d’enseignement)

Enseignement Catholique : Organisation propre à l’Église Catholique à travers laquelle elle dispense l’instruction et l’éducation et qui comporte :

  • Des lieux (Écoles, Établissements)
  • Un projet éducatif  qui dit sa « vision » et son « un esprit »
  • Des personnes (administration, enseignants, élèves et parents d’élèves)

 

  1. Les origines de l’Enseignement Catholique

 L’Église  n’a  « inventé » ni l’École  ni l’Enseignement !

Les grandes civilisations préchrétiennes ont connu leurs écoles et leurs Maîtres : Bouddha (Bouddhisme) ; Confucius (Confucianisme) ; Platon (platonisme) ; Aristote (Aristotélisme) ; Socrate (Socratisme).

L’Enseignement Catholique est une structure civile et une Institution chrétienne. Cette Institution a un Fondateur : Jésus Christ et s’inscrit dans une histoire, celle de l’Église et celle des relations entre l’Église, la société  et l’État ; en somme, disons qu’elle s’inscrit dans l’Histoire des Peuples.

Jésus est venu, a vécu en « faisant le bien partout où il passait » (Actes)

À la suite de Jésus, le Maître par excellence, l’Église a pris en main l’enseignement et l’éducation, réalisant ainsi une des principales œuvres de bienfaisance. Non seulement elle a obéi à l’ordre du Christ d’aller enseigner et baptiser toutes les nations mais avec le passage de la tradition orale à l’écrit, elle a pris conscience de la nécessité pour les chrétiens  d’apprendre à lire la Bible, s’ils voulaient s’en imprégner et conformer leur vie à celle du Christ.

  1. Quelques étapes historiques « significatives » 

En tant qu’Organisation comment a-t-elle pu prendre forme-corps à travers l’Histoire ?

Par rapport à l’Antiquité grecque et romaine, le christianisme a marqué le premier grand tournant de la  civilisation.

En effet, dans les écoles païennes, on enseignait la grammaire, la rhétorique, la musique, la gymnastique etc. Il s’agissait d’enseigner toutes les disciplines qui faisaient de l’Homme un être digne de ce nom. À cet Humanisme on pouvait donner un caractère religieux. puisque, à travers l’étude des auteurs classiques, on apprenait les différentes divinités.

  1. L’Antiquité chrétienne (0 – 476)

c’est sous la plume du Pape Clément de Rome, vers 96 de l’ère chrétienne, qu’est apparue l’expression « éducation chrétienne »

Les premières institutions didactiques chrétiennes ont été les écoles catéchuménales. On y enseignait exclusivement la doctrine chrétienne de base aux candidats au christianisme. C’est sur elles que se sont articulées plus tard les écoles catéchétiques, qui exposeront cette même doctrine de façon organisée et complète pour ceux qui étaient déjà chrétiens.

Il est à noter qu’à cette époque, il y eut des actions isolées de certains chrétiens visant à « catholiciser » l’enseignement profane dispensé dans les écoles publiques de l’empire romain. Parmi ces pionniers de l’enseignement catholique antique, il y a Justin (qui enseignait à Rome en 143), Patène (vers 180 à Alexandrie), Origène (IIe siècle), Clément d’Alexandrie (IIIe siècle). À partir du IIe siècle, il y avait, dans les principales Églises, des écoles de catéchistes, qui servaient indirectement pour l’instruction du clergé comme par exemple à Alexandrie, Césarée, Édesse et Nisibis. Dans ces mêmes villes surgirent des écoles supérieures, nettement chrétiennes, qui utilisaient la méthode philosophique grecque pour structurer la donnée chrétienne révélée.

 

Tout ce qui précède se déroule dans le milieu d’expression grecque.

Dans le milieu d’expression latine, ce sont les figures éminentes de Tertullien, de Cyprien, de Novatien et d’Hyppolite qui se distinguent à Rome et à Carthage (l’actuelle Tunis). Cela rend possible, aux IVe et Ve siècles, la magnifique synthèse culturelle réalisée par ceux que nous appelons les Pères de l’Église. Autour de chacun des Pères surgissent des Cercles d’Études formés par leurs disciples.

2- Le Moyen Âge

Au Moyen Âge on assiste à la décadence de la culture gréco-latine, qui était une culture urbaine, et à la réapparition de la culture rurale.

 C’est ainsi qu’à  la suite des conciles de Vaison (en France) en 529 et de Tolède (en Espagne) en 527 puis en 531, on assiste à la naissance des premières écoles ecclésiastiques rurales et épiscopales. Ces écoles rurales et épiscopales sont destinées presque exclusivement aux candidats aux ordres sacrés et au ministère pastoral.

Il y a au Moyen Âge trois types d’éducation :

  • L’éducation épiscopale pour le clergé et pour le peuple
  • L’éducation aristocratique pour la noblesse
  • L’éducation corporative pour les professionnels autour de Maîtres de métiers travaillant sur les cathédrales dans les monastères, les maisons des nobles, les châteaux et les palais.

Suivant ceux qui promeuvent et soutiennent ces différentes sections de l’éducation médiévale, il s’est développé au Moyen Âge cinq types d’écoles : les écoles municipales, les écoles des cathédrales, les écoles monastiques, les écoles palatines et les écoles corporatives.

 

3. Les Temps Modernes

On appelle « Temps Modernes » la période historique qui débute avec la découverte du continent américain par Christophe Colomb en 1492 et se termine avec la révolution française en 1789.

Cette époque moderne est caractérisée, entre autre, par les nouvelles découvertes techniques (la poudre, l’imprimerie, etc.), par la naissance de nouvelles nations, par les découvertes géographiques.

Elle est aussi caractérisée par la rupture de l’unité religieuse en Occident. C’est ainsi que face à cette rupture de l’unité religieuse, le catholicisme  crée tout un réseau de Collèges et d’Universités pour la défense et la connaissance de la doctrine catholique.

Les maîtres d’œuvre dans ce domaine sont les Jésuites (alors récemment créés). De nombreux catéchismes sont publiés et sont appris par cœur dans les paroisses et dans les écoles. Des universités sont créées pour l’étude de la religion catholique.

Dans les missions d’Amérique et d’Asie, l’activité évangélisatrice est très importante. De fait, la mission était au centre de tout. Ceci peut être encore constaté dans les ruines des anciennes missions. À côté de chaque couvent se trouvait une école. Dans chaque école, il y avait différents missionnaires qui s’occupaient de l’instruction élémentaire des enfants. Chaque mission était une école et chaque prêtre un instrument de diffusion culturelle parmi la population indigène.

            En Europe le Concile de Trente (1547-1563) élabora le programme pour l’éducation du clergé dans les Séminaires et pour l’éducation de l’enfance et de la jeunesse. Il décida que les prêtres s’occupent de l’enseignement élémentaire et supérieur. Chaque école devait avoir un maître qui enseigne le catéchisme et les rudiments des sciences. C’est avec ces orientations ecclésiastiques que naquirent plusieurs Congrégations religieuses. Pour l’éducation des prêtres, saint Jean-Eudes et Juan Jacobo Olier fondèrent des Congrégations qui instituèrent des Séminaires.

 L’éducation des classes aisées fut confiée aux Barnabites de saint Antoine Marie Zaccaria, aux Oblates de saint Charles Borromée, et aux Ursulines de sainte Angela da Foligno. À l’éducation des classes pauvres se consacrèrent les Oratoriens de saint Philippe Néri, les Écoles Pieuses de saint Joseph de Calasanz, les Écoles Chrétiennes de saint Jean Baptiste de la Salle.

Parmi les réalisations singulières, citons la surprenante création de la première école universelle pour les sourds-muets à Oña (Burgos, Espagne) par Pedro Ponce de Léon (1520 – 1584), moine bénédictin. C’est d’ailleurs lui qui a découvert le premier une méthode pour apprendre à parler aux sourds-muets.

Les Jésuites eurent beaucoup d’initiatives dans le domaine de l’enseignement. Outre la création de collèges et universités, ils « élaborèrent le premier système éducatif du monde ». C’est la célèbre « Ratio Studiorum » de 1599. Parmi ses principes de base, citons : la dignité de toute personne humaine, son droit à l’éducation, la nécessité d’une préparation constante des enseignants.

Saint Joseph de Calasanz (1556-1648) fonda à Rome en 1597, la première école gratuite du monde. Il a été le premier organisateur de l’enseignement primaire populaire. Un de ses principes fondamentaux est : la vérité éduque et libère l’homme ; l’éducateur est un collaborateur de la vérité.

Saint Jean-Baptiste de la Salle (1651-1719) établit à Reims et à Paris un séminaire pour la formation des maîtres, de véritables Écoles Normales laïques, avec une école annexe pour la pratique des aspirants maîtres.

4. L’époque contemporaine (de 1789 à nos jours)

Le XVIIIe siècle se caractérise par une critique démolissant toutes les institutions. La révélation chrétienne est attaquée de différentes parties. Les schémas de l’éducation catholique sont mis à mal. Les réformistes veulent étendre l’éducation à tous. La révolution française se fait le porte drapeau de ces aspirations. Tout citoyen a droit à l’éducation.

 L’État doit donc créer des écoles pour le peuple. L’éducation élémentaire doit être universelle, gratuite et laïque, dispensée par des maîtres séculiers.

La révolution proclame la liberté d’enseignement, la prédominance des matières scientifiques sur celles littéraires ou humanistes.

 Au XIXe siècle apparaissent des systèmes éducatifs non catholiques. Les gouvernements libéraux nient à l’Église le droit d’enseigner. L’Église hiérarchique défend avec véhémence son droit à enseigner. Quand la Belgique accède à  l’indépendance (1830), elle reconnait ce droit à l’Église ; à partir de 1842, l’enseignement de la religion est obligatoire dans les écoles publiques. Dans le Concordat avec l’Autriche (1855), il est affirmé que l’Église peut ouvrir des écoles.

Dans cette lutte acharnée pour le monopole de l’école par l’État, la réponse catholique n’est pas uniforme.

En France, le libéralisme catholique de Félicité de Lamennais défend la liberté d’enseignement dans la théorie et dans la pratique. En Italie, le prêtre Jean Bosco (1815-1888) ouvre à Turin des écoles diurnes et nocturnes avec des programmes qui coïncident avec ceux des écoles d’État, des écoles professionnelles pour cordonniers, mécaniciens, relieurs et typographes, des écoles agricoles dans les milieux ruraux.

En résumé, le XIXe siècle a vu une lutte sans merci entre l’Église et le libéralisme. La hiérarchie de l’Église (le Pape et les évêques) ont vécu sur la défensive. La réaction était habituellement la condamnation globale des nouveaux mouvements culturels, politiques et sociaux. L’encyclique Mirari Vos (1832) de Grégoire XVI et le Syllabus (1864) de Pie IX sont les deux expressions plus significatives de cette condamnation.

La lutte pour la liberté de l’école se poursuit au XXe siècle. La France est le prototype de cette lutte. En 1886, une loi fut approuvée qui proclamait l’école obligatoire, gratuite et laïque. Entre 1903 et 1904, plus de dix mille centres d’enseignement catholiques sont fermés. En 1905, le Parlement français déclara la séparation entre l’Église et l’État. L’Église réagit en organisant des écoles et des universités privées. Cette lutte voulait obtenir la reconnaissance juridique de l’école catholique, l’équivalence de droits entre les écoles catholiques et les écoles d’État, l’enseignement de la religion dans les écoles d’État, la subvention de l’école catholique de la part de l’État, l’égalité de conditions.

Tout au long du XXe siècle, de nouvelles Congrégations consacrées à l’enseignement sont fondées.

En 1929, Pie XI publie l’encyclique Divini illius Magistri, dans laquelle il affirme que l’éducation est de la compétence de la famille, de l’Église et de l’État, dans cet ordre.

 En 1965, le Concile Vatican II promulgue la Déclaration Gravissimum Educationis Momentum, sur l’éducation chrétienne.

En 1992, Jean-Paul II publia le « Catéchisme de l’Église Catholique » dont nombre d’articles concernent l’Éducation.

 

L’Église a centralisé l’organisation de toutes les Écoles catholiques par la création, au sein de la Curie romaine, de la Congrégation pour l’Éducation Catholique, qui a produit d’importants documents théoriques et des directives pratiques sur l’Éducation Catholique

Avec ce bagage doctrinal, cohérent et actualisé, l’Église poursuit sa Mission d’Éducation et d’Enseignement avec le souci d’être au service des Sociétés au milieu desquelles elle EST.

Elle crée » des Écoles spécialisées : journalisme, Écoles Normales pour la formation des Maîtres, Universités de tous types et toutes disciplines. Les derniers moyens technologiques sont également utilisés.

 

Conclusion sur ce point des origines de l’Enseignement Catholique

Que retenir de cette Genèse de l’Enseignement Catholique dans l’Histoire des Peuples ?

Ce parcours des origines de l’Enseignement Catholique fait apparaitre un certain nombre constances :

  1. L’Église offre un lieu, un corps d’enseignants, dès l’expérience d’Alexandrie, puis autour des cathédrales, des monastères et des paroisses pour l’éducation intégrale de ses fils.
  2. Le souci permanent de l’Église pour une éducation qui part des convictions de sa foi.
  3. L’initiative vient aussi bien de la hiérarchie que du laïcat ; d’individu, de religieux ou de congrégations ; elle est parfois sollicitée par l’État
  4. Il s’agit d’un appui ou une réponse à la quête des familles chrétiennes ou des sociétés locales ;
  5. L’enseignement prend en compte les programmes et méthodes du temps.
  6. Il cohabite avec d’autres Enseignements (Le pluralisme et la diversité sont reconnus).
  7. L’institution demeure ouverte à toute confession.

 

  1. L’identité de l’Enseignement Catholique

La congrégation pour l’Éducation Catholique précise que : « La mission de l’Église est d’évangéliser, c’est-à-dire d’annoncer à tous la Bonne Nouvelle du salut, d’engendrer par le baptême de nouvelles créatures dans le Christ et de les éduquer à vivre en fils de Dieu ». (École Catholique n°7)

1 - C’est pour remplir cette mission que l’Église établit des écoles catholiques, parce qu’elle voit dans l’institution scolaire un moyen privilégié de formation intégrale, en ce qu’elle est un lieu où se développe et se transmet une conception du monde, de l’Homme et de l’histoire. L’école catholique s’insère donc dans la ligne de la mission de l’Église, en particulier dans sa tâche d’éduquer à la foi.

2 - Le canon 803 §1 du code de droit canonique dit : « On entend par école catholique celle que dirige l’autorité ecclésiastique compétente ou une personne juridique ecclésiastique publique, ou que l’autorité ecclésiastique reconnait comme telle par un document écrit ».

3 - Le même canon dans son §3 précise qu’aucune école, même si elle est réellement catholique, ne portera le nom d’école catholique si ce n’est du consentement de l’autorité compétente. Car, en effet, l’École Catholique reçoit, en quelque sorte, de la part de la Hiérarchie un « mandat » comme institution apostolique.

Ce qui caractérise donc l’école catholique ; ce qui la définit dans ce sens, c’est sa référence,

- sous l’autorité hiérarchique,

à la conception chrétienne de la réalité. C’est  Jésus Christ qui est le centre de cette conception. C’est le Christ qui est aussi, par conséquent, le fondement du projet éducatif de l’école catholique : il révèle le sens nouveau de l’existence et transforme cette existence en rendant l’homme capable de vivre d’une manière divine, c’est-à-dire de penser, vouloir et agir selon l’Évangile, faisant des béatitudes la loi de sa vie.

 

C’est proprement dans cette référence explicite à la vision chrétienne partagée – bien qu’à des degrés divers- par tous les membres de la communauté scolaire que l’école est catholique, car ainsi les principes évangéliques inspirent son projet aussi bien comme motivations que comme finalités.

L’école catholique se « structure » donc comme sujet ecclésial, comme lieu d’une authentique action pastorale spécifique. Elle partage la mission évangélisatrice de l’Église et est un lieu privilégié où se réalise l’éducation chrétienne. Le caractère ecclésial de l’école est donc inscrit au cœur même de son identité d’institution scolaire. Elle est vraiment sujet ecclésial en raison de son action scolaire où fusionnent harmonieusement la foi, la culture, la vie.


 

  1. La spécificité de l’Enseignement Catholique

 

Le Concile Vatican II, dit : « La présence de l’Église dans le domaine scolaire se manifeste à un titre particulier par l’école catholique. Tout autant que les autres écoles, celle-ci poursuit des fins culturelles et la formation humaine des jeunes. Ce qui lui appartient en propre c’est de créer dans la communauté scolaire une atmosphère animée d’un esprit évangélique de liberté et de charité, d’aider  les adolescents à développer leur personnalité en faisant en même temps croitre en humanité cette créature nouvelle qu’ils sont devenus par le baptême et finalement d’ordonner toute la culture humaine à l’annonce du Salut, de telle sorte que l’enseignement transmis par les éducateurs et acquis par les élèves, soit illuminé par la foi ». (Gravissimum Educationis n°8)

L’Église voit donc dans l’École Catholique un moyen privilégié qui permet la formation intégrale de ses membres et un service de grande importance en faveur de tous les hommes. En cette direction, les écoles catholiques sont à la fois lieux d’évangélisation, d’éducation intégrale, d’inculturation et d’apprentissage du dialogue de vie entre jeunes de religions et de milieux sociaux différents.

Selon le canon 803 §3, l’Enseignement et l’Éducation dans une école catholique doivent être fondés sur les principes de la doctrine catholique et les maîtres se distingueront par la rectitude de la doctrine et la probité de leur vie.

 Ainsi l’École catholique s’engage consciemment à promouvoir l’homme intégral, parce que dans le Christ, l’Homme parfait, toutes les valeurs humaines trouvent leur pleine réalisation et leur unité harmonieuse. C’est en cela que consiste son caractère spécifique. C’est en cela qu’est fondé son devoir de cultiver toutes les valeurs humaines dans le respect de leur légitime autonomie, fidèle en cela à sa mission de se mettre au service de tous les hommes.

En effet Jésus Christ ennoblit l’homme et donne à son existence une nouvelle valeur. Il est le modèle et l’exemple de vie que l’École propose aux jeunes.

Si donc l’École Catholique, comme toutes les écoles, est orientée vers la transmission systématique et critique de la culture en vue de la formation intégrale de la personne, elle tend à cette fin dans la ligne d’une vision chrétienne de la réalité par laquelle la culture acquiert sa place éminente dans la vocation intégrale de l’homme.

 

  1. Les perspectives de l’Enseignement Catholique

 

  • Émanant de la conscience Missionnaire Évangélisatrice de l’Église pour le Monde,
  • Ayant le souci de former l’Homme dans toutes ses dimensions,
  • Tenant compte des Réalités Actuelles ;

Quelle devrait être la vision de l’Enseignement catholique, particulièrement au Mali ?

 

En face des graves problèmes que l’éducation chrétienne rencontre dans la société pluraliste contemporaine, il est nécessaire de centrer l’attention sur la nature et les caractères distinctifs de l’école qui se définit et se présente comme catholique. Étant donné que l’École Catholique se trouve dans des situations très diverses suivant les différents pays de tradition chrétienne ou non chrétienne, notamment par rapport à la législation scolaire, les problèmes qui la concernent doivent sans doute être étudiés et résolus par les Églises locales dans le cadre des diverses contextes socioculturels.

En tout état de cause,

Il serait hautement opportun :

1-De mettre en lumière la valeur éducative de l’École Catholique, valeur qui constitue sa raison d’être principale et fondamentale et qui est la base de son apostolat.

2-D’élaborer des projets éducatifs qui répondent aux exigences de l’éducation intégrale des élèves des sociétés concernées ;

3-D’engager la Responsabilité de tous les protagonistes (parents, enseignants, élèves, autorités scolaires) pour qu’ils assurent tous les moyens et toutes les ressources  qui permettent à l’École Catholique de remplir sa mission sociale et apostolique.

4-Que tous les acteurs de l’Enseignement Catholique aient le souci de l’efficacité de l’Activité Éducative. De la sorte les jeunes sortant des Écoles Catholiques seront culturellement armés (avec le savoir requis) et spirituellement dotés pour être des personnalités autonomes et responsables.

5-D’inviter les enseignants catholiques à entreprendre un vigoureux effort d’adaptation aux exigences de leur mission dans le monde contemporain.

6-D’avoir constamment à l’esprit que l’école instruit pour éduquer, c’est-à-dire pour permettre à l’Homme de s’épanouir, pour le libérer des conditionnements qui pourraient l’empêcher de vivre en homme autonome et responsable. C’est pour cela qu’elle doit explicitement se fonder sur un projet éducatif qui tende à la promotion totale de la personne.

7-De défendre le droit à l’éducation pour tous certes, mais aussi le droit à une éducation personnalisée

8-De prôner et mettre en œuvre l’éducation aux valeurs en renforçant la collaboration avec tous les partenaires (parents, enseignants, élèves, autorités scolaires) et surtout avec l’État qui doit développer une politique d’insertion respectueuse de l’identité et de la spécificité de l’Enseignement Catholique.

9-De prendre à cœur la formation permanente des enseignants. Il s’agit concrètement de profiter de la présence de l’Unité Universitaire de Bamako (U.U.Ba.) pour former les enseignants en Sciences de l’Éducation.

10-De créer un Centre de Formation spirituelle et morale pour les enseignants (recommandation de  la SESSION NATIONALE de 1988).

11-D’établir un partenariat constructif avec les Syndicats, notamment le Syndicat des Travailleurs de l’Enseignement Catholique (SynTEC) : dont les tâches sont me semble-t-il à la fois la défense des intérêts des Travailleurs et ceux de l’Enseignement Catholique.

12-A défaut d’une Banque africaine ou régionale d’Enseignants Catholiques pourquoi ne pas rêver d’un Corps de Coopérants de l’Enseignement Catholique généré par la CEREC ou l’OIEC promoteurs d’une École Normale Régionale de Formation des Maîtres de l’Enseignement Catholique ?

 

L’Enseignement scolaire dans les écoles catholiques maliennes doit tendre à faire acquérir à l’élève des techniques, des connaissances, des structures mentales et des méthodes intellectuelles, des attitudes morales et sociales qui lui permettent de s’épanouir dans sa personnalité et de s’insérer dans la communauté humaine comme un membre utile.


 

Conclusion

Pour conclure ?

Je voudrais conclure par une QUESTION et un RÊVE

  1. LA QUESTION : Elle est posée à l’Église et à la Société :

               Pourquoi l’Enseignement Catholique ?

-De la part de l’Église :

+ Elle existe pour Évangéliser. Une des formes d’Évangélisation qu’elle privilégie est l’Enseignement. L’Enseignement de sa Doctrine en tout temps et en tout lieu.

+Évangéliser c’est ouvrir toutes les dimensions de l’Homme à la lumière de l’Évangile. Il est donc du devoir de l’Église de permettre à l’Homme de développer toutes ses facultés

+

-De la part de la Société :

+Elle a besoin de la complémentarité qu’apporte l’Enseignement Catholique – qui donne ainsi aux parents et à leurs enfants la liberté de choisir

+Elle a besoin de ce « supplément d’âme » qu’offre l’Enseignement Catholique, à condition que celui-ci ne se contente pas d’enseigner ce que tout le monde doit enseigner –à condition qu’il ne se contente pas de le faire « mieux » avec de meilleurs résultats ; mais qu’au-delà de la transmission de savoirs ou de connaissances, il Éduque  et ouvre les intelligences et les cœurs au monde de l’invisible : celui des valeurs, de Dieu et de la Relation à Dieu (religion)

  1. LE RÊVE ? en 3 tableaux :

-Un Enseignement Catholique au Mali où chaque membre du Corps tripartite est fortement impliqué dans l’activité d’enseignement: laïc, religieux – prêtre

-Un Enseignement Catholique au Mali où l’Association des Parents d’Élèves, les Syndicats –surtout celui qui porte le qualificatif « Catholique », les Délégués du Personnel Enseignant soient co-propriétaires, même si c’est à un degré différent de l’Institution Enseignement Catholique.

-Un Enseignement Catholique au Mali reconnu d’utilité publique et délivré de l’ostracisme et de la discrimination dont il est parfois l’objet de la part de certains cercles laïcistes.

 

 Qu’est-ce que l’École Catholique offre de spécifique ?

 Elle défend une éducation pour tous, mais personnalisée, permanente, familiale, surnaturelle. Un centre n’est pas une école catholique parce qu’on y enseigne la religion. Il le sera dans la mesure où on y enseigne toutes les disciplines avec une interprétation qui permette l’ouverture de la personne au monde surnaturel ou au mystère.

Je vous remercie !


 

Éléments de bibliographie

 

La Bible TOB (Traduction Œcuménique de la Bible), Société biblique française & Cerf, Paris, 1988.

UNION PONTIFICALE MISSIONNAIRE, L’école catholique dans l’histoire des peuples, Rome, 2002

Code de Droit Canonique promulgué sous l’autorité de sa sainteté le Pape Jean-Paul II, Vatican 25 janvier 1983

Conférence de Son Excellence Monseigneur Anselme SANON, « Historique, Rôle et Vocation de l’Enseignement Catholique au Burkina Faso », Ouagadougou 16 décembre 1996

Catéchisme de l’Église Catholique, Centurion/Cerf/Fleurus-Mame/Librairie éditrice vaticane, Paris, 1998.

CONGREGATION POUR L’ECOLE CATHOLIQUE,

Revue «  L’école catholique » : n° 7 ; 8 ; 9 ; 33

Gravissimum Educationis Momentum (Déclaration sur l’Éducation Chrétienne)

            Concile Vatican II, Rome 28 octobre 1965


 

NOTRE PROJET EDUCATIF

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PLAN

Introduction

 

1 – Historique du Projet éducatif

2 – Le contenu du Projet éducatif

2.1 L’école catholique et sa spécificité

2. Sa spécificité organisationnelle

2.3 Les principes de base de sa spécificité

2.4 Interpellation

2.5 Prière de Conclusion

 

Annexe


 

INTRODUCTION

Eduquer ou périr : Ainsi le Professeur Ky Zerbo exprimait à sa manière cette pensée du Prophète Osée 4,6 : Mon peuple périt faute de connaissance.

  • Salutations et remerciements pour l’invitation à la session ;
  • Sommes tous enseignants et surtout éducateurs ;
  • Cela suppose que nous sommes habités par une vision de l’homme et de l’humanité, des repères qui servent de références, des valeurs à vivre et à partager ;
  • Ces repères, références, valeurs qui font la personne humaine se trouvent dans toutes les sociétés, religions ;
  • Elles sont inaliénables, inaltérables, et de portée universelle ;
  • La vie et la pérennité de la société dépendent de l’usage que les générations en font ;
  • Elles sont portées par toute la société et transmises par le canal de l’éducation (formelle ou non) en vue de la formation de l’Homme, homme et femme.
  • Elles définissent et déterminent le type d’Homme à former et pour quelle fin.

En cela elles constituent un projet social et anthropologique de portée holistique globale.

  • La famille, la communauté villageoise, les sociétés d’initiation constituent des lieux de cette éducation. L’école aussi.
  • L’Eglise est aussi une société. Elle a sa vision de l’Homme, image de Dieu qui est référée à l’humanité de Jésus Christ dont Jésus est la plus parfaite image de Dieu Invisible.
  • Cette vision est consignée et applicable : c’est son Projet pour éduquer à une humanité parfaite à l’image de celle du Christ, d’une personne : Jésus.
  • Ce projet est une proposition au monde, mais elle est mise en œuvre dans les structures éducatives de l’Eglise.
  • Si le monde fait confiance à l’Eglise, à ses institutions d’éducation c’est parce qu’elle a une vision intégrale de l’Homme qui a fait ses preuves.
  • Mais ce sont les hommes et les femmes qui animent ses institutions qui les font. Ils les font parce qu’ils ont été eux aussi convaincus et façonnés par cette vision, par ce Projet éducatif.
  • Ils sont le maillon le plus important dans la mise en œuvre du projet. Il s’agit des enseignants et les responsables de nos institutions scolaires.
  • Je suis donc heureux de partager avec vous le contenu de ce projet de l’Eglise dans le domaine précis de la formation de l’Homme.
  • Mon propos portera sur deux points :
  1. Historique du Projet éducatif ;
  2. Le contenu du Projet éducatif ;

2.1 L’école catholique et sa spécificité ;

2.2 Sa spécificité organisationnelle ;

2.3 Les principes de base de sa spécificité ;

2.4 Les interpellations ;

2.5 La prière de conclusion.

1. HISTORIQUE DU PROJET EDUCATIF :

Les premiers enseignants de nos écoles catholiques furent les premiers missionnaires, hommes et femmes.

Ils avaient une pleine connaissance de leur mission, et à travers leurs écoles ils savaient quels types d’hommes et femmes il fallait former.

Et dès les premières heures de la mission l’école était directement liée à la mission à Ségou. Jusqu’en 1974 l’école était directement dirigée par les pères et sœurs. Sœur Anita, Sr Guenaël, Père Jaouen, Père Didier, Père Jansens, Père Plenier sœur Yves Louis etc…

Ils se feront aider plus tard par des auxiliaires répétiteurs ou moniteur qui travailleront dans leur esprit et dans leur sillage. Dans le diocèse de Ségou il reste seulement deux de cette génération, sinon trois : c’est Mr Etienne Konsébo à Niono, Mr Siméon Ouédraogo à Kolongo et Mr Rémi Coulibaly à Fana.

L’application des lois laïques à partir de 1905 au Soudan verra la diminution et la suppression des subventions qu’accordait l’état français et certains organismes comme l’Alliance française.

Il fallait des diplômés pour enseigner et à l’époque (1940) une seule religieuse avait un bac classique.

C’est avec le remplacement progressif de ces pionniers par des diplômés tout venant que l’école va commencer à perdre progressivement ses repères pour apparaître aux yeux de certains comme une école ordinaire.

Mais il faut rappeler ici que les évêques avaient pensé à la relève de ces prêtres et religieuses enseignants en créant les cours normaux de Toussiana (1942), de Sikasso (1958).

Malgré cela une alerte est donnée par les enseignants sortis de ces écoles au 1er conseil national de l’Enseignement Catholique en 1973. Déjà à cette date on commençait à signaler dans nos rangs des enseignants dont le comportement et l’action pédagogique ne correspondaient plus avec l’éthique de l’école catholique.

Les ainés vont demander l’élaboration d’un projet éducatif. Mr l’abbé Jean Zerbo au nom des prêtres maliens va abonder dans le même sens.

L’Assemblée générale de l’EPC tenu à l’ENTEF de Banankoro sous la houlette de l’abbé Paul Somboro va également demander l’élaboration d’un projet éducatif pour compléter la formation de jeunes maîtres.

Il faut rappeler que le foyer de badalabugu avait été ouvert justement pour créer et maintenir l’esprit de l’école catholique chez les postulants enseigants de nos écoles.

Mais c’est surtout la session nationale de réflexion pastorale de juillet 1988 qui insistera en faveur d’un projet éducatif qui définirait l’identité et la spécificité de l’EPC.

« Le projet éducatif de l’Enseignement Catholique » est publié en avril 1993 sous forme de lettre pastorale.

D’autres documents référentiels vont êtres publiés pour cadrer et orienter l’action pastorale au Mali : il s’agit de :

+  « Une Eglise communion fraternelle au service de l’Evangile » 28 septembre 1990 (pastorale d’ensemble)

+ « Des chemins pour un monde nouveau » octobre 1993 (pastorale sociale)

+ « Le projet éducatif de l’Enseignement catholique » avril 1993

+ « Jette tes béquilles et marche » 25 mars 1994 (pastorale financière)

2/LE CONTENU DU PROJET EDUCATIF

Nous venons de voir l’historique du Projet Educatif.

La leçon historique qu’elle nous donne c’est que son absence et sa méconnaissance ont failli porter préjudice à l’identité de l’EPC et partant à son existence.

Que contient ce document, cette charte de l’enseignement Catholique dans le domaine de l’éducation ? Seulement deux choses :

  • L’école catholique une école spécifique parce que au service de la mission de l’Eglise,
  • Et les principes de base de cette spécificité.

2.1  L’école catholique et sa spécificité

L’Ecole catholique est spécifique parce qu’elle est une école confessionnelle. Elle est au service de la mission de l’Eglise universelle et locale ou vice versa. Cette mission est de porter l’Evangile jusqu’aux extrémités de la terre. Cette mission consiste à l’émergence d’une race nouvelle d’homme rempli d’amour et servant Dieu et l’humanité à l’instar du CHRIST.

L’enseignement catholique est au service de l’éducation de l’homme chrétien, afin qu’il imprègne toutes les réalités de son environnement de l’esprit de l’Evangile. Elle est aussi au service de la communauté humaine à qui elle propose des valeurs de l’Evangile qui sont des valeurs universelles. Elle est ouverte donc à tous.

En plus de l’enseignement religieux direct il faut ajouter les œuvres de promotion humaine.

L’école catholique ne se comprend et ne se reçoit que par rapport à la mission de l’Eglise.

Mgr Toulotte et Mgr Hacquart croyaient à l’école comme un moyen d’apostolat mais aussi comme un moyen de servir leur pays et leur civilisation.

Mgr Bazin dit que l’école est avant tout un moyen d’apostolat. Elle n’a de place que dans la mesure où elle sert cet objectif.

C’est pourquoi elle est spécifique et cela doit apparaître à tous les niveaux.

2.2.1 La spécificité organisationnelle

L’Enseignement catholique est conforme à l’organisation et à la mission de l’Eglise. Elle a un enracinement diocésain. L’évêque comme pasteur propre du diocèse en est le premier responsable ; de même le curé au niveau paroissial.

Le directeur diocésain est l’animateur principal de la pastorale scolaire. Au nom de l’évêque, il est l’administrateur des écoles, et animateur pédagogique, puis gestionnaire des ressources (humaines surtout).

L’école est également paroissiale. Elle relève du curé en tant que lieutenant de l’évêque dans la paroisse. Le directeur de l’école est nommé par le directeur diocésain avec l’avis du curé et de l’aumônier. L’évêque a droit de veto.

Au niveau national, c’est une coordination dans la collaboration avec les directeurs diocésains et les pouvoirs publics. Un secrétariat sous la direction d’un évêque responsable auprès des évêques.

2.2.2 Les principes de base de sa spécificité

La pastorale scolaire repose sur trois principes de base :

La non neutralité, l’intégralité, l’adaptation.

Il est important de savoir que ces principes conjugués ensemble participent à la réalisation de la finalité de l’école catholique. Cette finalité le Pape Pie IX le définit dans son encyclique intitulée : « InDivini illius magistri » en ces termes : « puisque l’éduction consiste essentiellement dans la formation de l’homme, lui enseignant ce qu’il doit être et comment il doit se comporter dans cette vie pour atteindre la fin sublime en vue de laquelle il a été créée, il est clair qu’il ne peut avoir de véritable éducation qui ne soit tout entière vers cette fin dernière ».

Les principes basiques de la spécificité de l’enseignement catholique nous permettent justement d’atteindre cette finalité. Ils donnent à créer chez l’apprenant un savoir être pour ETRE à jamais.

Maintenant comme chacun de ces principes conduit à la réalisation de cette finalité ultime ?

LE PRINCIPE DE LA NON NEUTRALITE

Le projet éducatif véhicule une sagesse. Or aucune sagesse n’est neutre. Il y a de la philosophie sans sagesse. Ici sagesse en question est celle de Dieu révélée en Jésus Christ.

L’enseignement catholique est une école, chrétienne : « c’est Jésus qui est le fondement du projet éducatif de l’école catholique ».

Plus qu’une idéologie, une philosophie, un parti, le principe de la non neutralité dit que l’école catholique trouve dans la personne du Christ son fondement et sa finalité en ce sens que Jésus est l’homme parfait, pleinement accompli en qui toutes les valeurs humaines trouvent leur réalisation.

C’est l’humanité parfaite que l’école catholique veut promouvoir en l’homme et dans les générations pour que l’humanité réalise et accomplisse sa vocation.

En voulant faire de l’école catholique une école laïque on la dénature.

Et lorsque l’enseignement que nous donnons ne se réfère pas aux valeurs évangéliques nous dénaturons l’enseignement catholique. D’où les exigences à savoir : la prise en compte des questions existentielles, du sens et de la vocation de l’homme dans la perspective chrétienne. Ces valeurs évangéliques sont aussi universelles.

LE PRINCIPE DE L’INTEGRALITE

Si le principe de la non neutralité est strictement spirituel, religieux, le second est purement anthropologique. Mais les deux ne s’excluent pas.

Le second principe est le principe de l’intégralité. Il prend en compte le développement de tous les aspects de la vie de l’Homme dans la perspective chrétienne de l’Homme. Et qu’elle est cette perspective ?

1Théssaloniciens 5,23. Dans ce passage nous trouvons la formule définitive de l’anthropologie biblique et chrétienne : « Que le Dieu de paix vous sanctifie lui-même entièrement et qu’Il garde dans l’intégrité votre esprit, votre âme et votre corps sans reproche  à la parousie de notre Seigneur Jésus Christ ».

Ici, c’est l’homme pris dans son unité comme dira le Pape Paul VI et dans se totalité : corps et âme, cœur et conscience, pensée et volonté.

Ici on vise à éduquer à un épanouissement total de la personne humaine ; donc la formation intellectuelle, morale, religieuse et spirituelle.

La formation intellectuelle : savoir pour servir l’humanité et Dieu et dans l’amour. Elle est fondée sur la conception que l’esprit est l’imago dei in homo, et recherche la Vérité avec un sens critique comme méthode. Beaucoup de nos enseignants sont et demeurent dans l’aspect communication du savoir. Ils travaillent à remplir la tête des élèves qu’à les aider à savoir pour discerner et servir avec une volonté libérée. La finalité, une tête bien faite, un cœur ouvert à Dieu et au monde.

La formation morale : porte sur l’éducation des profondeurs humaines. Elle intègre le développement des facultés physique comme support des profondeurs car ce qui touche le corps touche l’esprit et l’âme.

Le développement des facultés physiques insinue l’esprit d’équipe, d’auto dépassement, la réalité de l’endurance et du dépassement, etc.

Une âme saine dans un corps sain en est la clé de lecture. Elle intègre également le développement des qualités morales. Le mal du siècle, le nôtre est celui de la moralité, de la perte du sens morale. Ici il s’agit de développer chez les enfants le sens du devoir, de la responsabilité vis-à-vis des autres et de Dieu. Il s’agit également de faire valoir chez les jeunes l’éminence de la vérité, du vrai, du noble, du juste, l’honorable. Les vertus en somme MAYA. Ici, il faudra faire une ouverture sur les valeurs culturelle, le décalogue et les béatitudes. Il faut noter qu’ici l’enseignant devient témoin car c’est sa propre vie qui passe en film devant les élèves lorsqu’il parle de qualités morales.

« L’homme contemporain écoute plus volontiers les témoins que les maîtres, ou s’il écoute les maîtres, il le fait parce que ce sont des témoins, disait Paul VI. » Kami bè a nyè ma ton flè.

La formation morale intègre aussi la question de la maturité affective et la liberté :

  1. Education sexuelle positive et prudente, sens de l’amitié et du véritable amour qui est don de soi et respect de l’autre ;
  2. Ici c’est la fine pointe de l’éducation dit le PE. La liberté selon le PE est la capacité de porter un jugement personnel sur les réalités et agir avec responsabilité.

La formation morale intègre enfin la formation de la conscience et l’ouverture à l’Absolu.

  1. La conscience étant le centre le plus secret de l’homme, le sanctuaire où il est seul avec Dieu. La formation de la conscience se fait à la lumière de la Vérité du Christ qui refuse tout conformisme.
  2. La formation à la réalité de l’Absolu est de la compétence de l’Eglise. C’est l’accueil de Jésus Christ et devenir disciple grâce à une atmosphère chrétienne créée à cet effet. Puis aider également les jeunes à réaliser cette synthèse entre foi et culture, entre foi et vie.

LE PRINCIPE DE L’ADAPTATION

L’Eglise est dans le monde de ce temps. Elle est solidaire des joies et espérances des hommes et femmes de tous les temps. C’est pourquoi elle est capable de communiquer le message révolutionnaire de l’Evangile à tous les hommes de tous les temps. Jésus lui-même qui est le fondement de ce principe a su adapter son enseignement à ses disciples.

L’école catholique lie l’école à la vie et ne perd pas de vue la vocation ultime de l’homme dans ce processus qui est d’aimer et de servir.

L’enseignement catholique est dans cette ligne depuis les premières heures de l’évangélisation de notre pays.

 

INTERPELLATIONS AUX PARTENAIRES DE L’ENSEIGNEMENT CATHOLIQUE

  1. Un projet attrayant et exigeant ;
  2. La réussite dépend de son acceptation par tous les partenaires :
  1. L’Etat
  2. Le personnel
  3. Les parents d’élèves
  4. Les élèves
  5. Les agents pastoraux
  6. Dieu Lui-même.

I – L’Etat :

La nécessité de maintenir la bonne tradition des concertations régulières et franches entre l’Etat et l’Eglise.

La nécessité de préserver les acquis tout en cherchant à les adapter à les améliorer.

Ils sont expression de la volonté de l’Etat de reconnaître le droit à la liberté d’enseignement et d’adoption des mesures d’application concrètes de ce droit.

II – Le personnel

Premiers collaborateurs des parents dans l’œuvre d’éducation de leurs enfants.

Nécessité de consentir et d’adhérer au projet éducatif. Faire de la communauté scolaire un lieu où il fait bon vivre en frères et sœurs, animés d’un même esprit : AIMER – SERVIR. Chercher à défendre et à sauvegarder les intérêts matériels légitimes des jeunes qui nous sont confiés : développer le sens du don de soi et du sacrifice, cela incite à la reconnaissance. Savoir imiter la pédagogie de la mère poule :

  • Elle sait couver ses œufs, veiller sur les poussins ;
  • S’investit pour leur livrer des proies inoffensives ;
  • A temps voulu, leur apprendre à se libérer à se prendre en charge ;
  • Patience, amour, fermeté comme Dieu le fait avec chacun d’entre nous ;
  • S’inspirer de la patience et de la pédagogie de Dieu, avoir une attention pour les moins doués, les plus faibles.

III – Aux parents

Premiers responsables de l’éducation des enfants que Dieu leur a confiés. Fondement : Karissa wolola, ani karissa tla la o tè kelen yé !

L’éducation est le devoir des parents. Ils s’en acquittent avec l’aide des autres.  « a yé dèmin den kola, den tè mogo kelen ta èé. » Ils doivent se soucier de tous les aspects de cette éducation selon les principes ainsi énoncés : so don, jiri don, yèrè don de nyogon tè, wa Alla don de nyogon tè.

Ainsi se trouve formulée l’éducation dans sa double dimension, celle horizontale qui l’ouvre à l’univers des réalités créées et celle verticale qui l’ouvre à Dieu, aux valeurs morales et spirituelles. C’est ainsi que la famille doit devenir le lieu où l’enfant apprendra la hiérarchie des valeurs. La supériorité de l’Ethique sur la Technique, celle de la personne sur les choses, de l’être sur l’avoir. La prière sera pour les parents un remède efficace qui les aidera à réussir une telle mission. Nous pensons aux prières de Sainte Monique pour son fils Augustin.

IV – Interpellations des élèves

L’enseignement catholique veut vous intéresser à tout ce qui constitue les dimensions d’une vie achevée selon le plan de Dieu :

  • Ouverture au monde ;
  • Ouverture aux autres ;
  • Ouverture à Dieu.

Vous avez les éléments pour réussir votre vie ; ce qui est plus que réussir dans la vie !

V – Les agents pastoraux

Ne pas décevoir les parents. Ils nous font confiance en nous confiant leurs enfants 9 mois de l’année, malgré les difficultés de tous ordres. Croire à l’enjeu de l’éducation Eduquer ou Périr, c’est ainsi que l’a exprimé le très regretté professeur Ky Zerbo. Il s’agit pour l’Eglise de participer à cette mission majeure, semer dans les cœurs de ceux qui nous sont confiés, la bonne graine de l’Amour et du Service.

Amour et service des humains, expression de l’Amour service de Dieu. Sans se substituer aux enseignants, les agents pastoraux doivent revoir leur attitude par rapport aux écoles et aux enseignants, au monde scolaire.

Il s’agit de renouer avec :

  • Les enseignants ;
  • Les parents d’élèves ;
  • Les élèves eux-mêmes.

L’école est un lieu providentiel de rencontre et de témoignage. Un espace ou la rencontre vraie permet de prévenir sinon d’effacer les préjugés dangereux pour notre vivre ensemble dans le respect de nos différences.

Aujourd’hui, plus que jamais, eu égard à l’épreuve qui s’est abattue sur le Mali de 2012 à nos jours, il nous faut redonner à l’éducation scolaire, toute sa place. Une manière pour notre église d’être un espace où la Bonne Nouvelle de la réconciliation et de la paix, de l’Amour et de service, est enseignée et vécue.

Pour réussir une telle mission, il y a une conviction qui ne cesse de grandir en moi, je la partage avec vous. Il s’agit de l’ouverture  d’une école de formation des formateurs de l’enseignement catholique dont la vocation est justement l’éducation scolaire. L’avenir de l’enseignement catholique est à ce prix.

Saurions-nous nous en donner les moyens ? Il s’agit d’éduquer ou de périr !

Faisons le bon choix, celui de l’éducation. Puisse Dieu entendre la prière que nous lui adressons pour que notre rêve devienne réalité pour un Mali nouveau !

VI – Prière de Conclusion

Notre sixième et dernière interpellation sera une prière.

Dieu notre Père,

Toi qui aimes et éduques tes enfants,

Conscients de l’enjeu de l’Education à travers l’institution scolaire,

A savoir : Eduquer ou Périr,

Nous nous tournons ver Toi.

Au milieu de la deuxième décennie

Du second centenaire de notre Eglise,

Nous voulons Te louer, Te bénir

Pour les nombreuses tâches apostoliques,

Précieux héritage de notre Eglise,

Engagés à bâtir ensemble

Une Eglise Communion Fraternelle

Au service de l’Evangile.

 

Nous voulons aujourd’hui Te confier

L’une de ces tâches :

L’Enseignement Catholique avec son projet éducatif spécifique.

 

Pour nos doutes par rapport à ce projet, pardonner

Pour les succès connus de Toi seul, merci

 

Pour nos échecs en ce domaine, pardonner

Pour les victoires connues de Toi seul, merci

 

Pour nos démissions en ce domaine, pardonner

Pour l’amour manifesté, merci

 

Nous te supplions humblement,

Fait vibrer nos cœurs

Aux appels angoissés de la jeunesse,

De toute la jeunesse de ce pays,

De tous les jeunes du monde entier.

Remplis-nous de Ta Sagesse

Afin que nous puissions les guider vers Toi.

 

Guide-nous dans la recherche

Des ressources humaines,

Matérielles et spirituelles,

Indispensables à leur formation.

 

A la prière de Marie, Mère Educatrice,

A la prière des Saints et des Saintes

Qui se sont consacrés à l’Education

A travers l’institution scolaire

Apprends-nous à faire

Du chemin de l’Ecole Malienne,

Un chemin de l’Ecole Catholique,

Un chemin parmi tant d’autres,

La voie d’accès des enfants

A celui qui nous redit aujourd’hui

« Laissez les enfants venir à moi,

Ne les empêchez pas… » Mc 10,14

Nous contribuerons ainsi à relever le défi

« Eduquer ou Périr »   pour leur salut,

Pour Ta Gloire, Dieu,

Père, Fils et Esprit Saint.

Amen.

 

           


Forum national de l’E.C.

Samaya : 02 au 06 septembre 2013

L’Enseignement Catholique au Mali,

Hier,  aujourd’hui et demain

 

Introduction

 

Je ne suis pas un spécialiste des questions pédagogiques ni un spécialiste de l’Enseignement Catholique, Je ne sais donc pas pourquoi je me retrouve là devant vous à parler d’Enseignement catholique. Il est vrai que je suis un pur produit de l’Enseignement catholique de la première année du fondamental jusqu’à la maîtrise en Sciences Sociales à l’Institut Catholique de Paris, mais tout cela ne légitime pas ma présence à ce praesidium. Je ne suis pas sûr d’avoir aussi compris ce qui m’était demandé à travers le thème proposé : « l’Enseignement Catholique, hier, aujourd’hui et demain ». Me demandait-on de faire l’historique de l’Enseignement Catholique des origines à aujourd’hui ? Je ne sais pas ! Me demandait-on d’évaluer l’Enseignement Catholique des origines à aujourd’hui ? Je ne sais pas. En tous les cas, voici la raison principale pour laquelle ma contribution est sobre et je m’excuse déjà d’être obligé de vous proposer des interrogations peu argumentées

Lors du premier Conseil National de l’Enseignement Catholique du 03 au 06 septembre 1973, Mgr Sangaré a tenu à le rappeler : Enseignement catholique, oui, mais surtout, Education catholique, pour dire avec le Concile Vatican II que «  le but que poursuit la véritable éducation est de former la personne humaine dans la perspective de sa fin la plus haute et du bien des groupes dont l’homme est membre et au service desquels s’exercera son activité d’adulte. » (Gravissimum Educationis/Déclaration sur l’Education chrétienne).  L’Enseignement catholique au Mali, Hier, Aujourd’hui et Demain, vaste sujet-bateau sur lequel on me demande de vous entretenir ! En effet, quand commence « hier » et quand finit-il ? Quand commence « aujourd’hui » et quand prend-il fin ? Et « demain » jusqu’où peut-on le penser ? La naissance de l’E.C. se confond avec les vicissitudes de la colonisation et de la mission ce qui marque des débuts difficiles. Au cours des premières décennies, l’Enseignement Catholique pèse encore très lourd face au public. Aujourd’hui, l’Enseignement Catholique semble être un privé comme un autre, mais, comme le disait M. Cyriaque Mounkoro, Directeur diocésain de San en 1974, « L’E.C. en République du Mali ne se veut pas de rayonner par ses effectifs numériques par rapport à son homologue du public, mais par la qualité de l’éducation et de l’instruction qu’on y dispense. »

« L’Enseignement Catholique, Hier, Aujourd’hui et Demain », je ne me suis pas foulé la rate pour trouver un plan, il était tout indiqué dans l’intitulé du thème. Dans un premier temps, nous allons apprécier l’Enseignement Catholique hier, dans un second temps, nous apprécierons l’Enseignement Catholique aujourd’hui et dans un troisième temps nous poserons des interrogations que les décideurs de l’Enseignement catholique devraient résoudre s’ils veulent qu’il joue encore son rôle demain.

1 – L’Enseignement Catholique Hier ?

Dans nos représentations traditionnelles « le meilleur est à chercher dans Hier, à l’origine » et « aujourd’hui est toujours une pâle image de Hier ». Et c’est peut-être aussi là notre vision de l’Enseignement Catholique lorsque nous le séquençons en « Hier – Aujourd’hui – et Demain ». Ce que nous disons, c’est que l’Enseignement Catholique Hier est la fille de l’Enseignement national au Mali Hier.   L’école malienne (qu’elle soit privée ou publique) est fille de l’école coloniale et cette école coloniale avait pour objectif de former des auxiliaires de la colonisation. Quant à l’école catholique naissante sous la colonisation, elle se donnait pour objectif de former des « bons chrétiens ».

Au sortir de la colonisation, l’Enseignement au niveau national s’émancipe de l’école coloniale en se hissant au niveau de l’école de la métropole par les programmes et la qualité de la formation qui doit pourvoir la jeune république en cadres de qualité. C’est donc petit à petit que l’Enseignement Catholique se met au diapason du public. Cela ne va pas sans heurts : retrait des clercs, africanisation progressive des cadres administratifs, etc. Ces premières décennies de l’enseignement, en général, ont été toutes à l’honneur des formateurs (instituteurs) et des formés ! L’Enseignement Privé Catholique est dans cette mouvance générale : bons résultats académiques, bonne presse auprès des partenaires, bonne presse à l’interne malgré déjà l’émergence des problèmes récurrents : difficile collaboration écoles/paroisses, dysfonctionnements institutionnels, difficile gestion financière, déficit de confiance entre employé et employeur, etc.

Ce « Hier-là », Il n’est  pas pire qu’aujourd’hui et il n’est pas moins bien que demain, il est simplement « l’enseignement catholique de son temps, des années d’implantation, de maturation. »

Ce « Hier-là » s’étale des origines (entre 1892 et 1904) aux années quatre-vingt (1980). Malgré les difficultés des débuts, c’est la République naissante du Mali, avec l’exaltation qui l’accompagne : tous les espoirs sont permis et toutes les ambitions nobles sont convoquées pour justifier un enseignement rigoureux copié sur le système français, mais semble-t-il adapté aux réalités maliennes du moment. Le jeune Etat malien a l’ambition de doter le pays de cadres compétents et bien formés à tous les points de vue – Les enseignants sont alors triés sur le volet – Etre enseignant est une vocation et enseigner effectivement est un vrai sacerdoce ! C’est dans cette ambiance générale que l’Enseignement Catholique fait son « trou » : il bénéficie alors, du même a priori favorable (l’enseignement est passé doucement des mains des clercs expatriés aux mains des clercs nationaux, puis des laïcs), une école de formation des enseignants catholiques fonctionne et assure le roulement des ressources humaines, l’enseignement est encore bien intégré à la pastorale générale dans les diocèses, la modestie de l’enseignement catholique conjuguée à ses résultats académiques toujours exceptionnels assure sa publicité auprès du public.

C’est l’époque où les enfants formés au Mali, en général, n’ont aucun complexe face aux autres enfants de leur âge venant des autres pays’ en Afrique ici ou ailleurs dans le monde. C’est l’époque où l’enseignement catholique s’est taillé une solide réputation et caracole en tête lorsque les résultats nationaux sont classés et comparés.

Qu’est-ce qui a rendu cela possible ? (Les enseignants sont triés sur le volet, ils ont une formation conséquente, les effectifs sont en encore humains, l’argent est encore un serviteur et non un maître, les méthodes pédagogiques au niveau national font encore l’unanimité et elles sont efficaces, etc.). Malgré les « ratés » inhérents à toute œuvre humaine, il semblerait « qu’hier, l’enseignement catholique ait tiré son épingle du jeu ! » Cf Sixième Assemblée générale, Banankoro-Ségou, 6-8 août 1984.

 

2 – L’Enseignement Catholique aujourd’hui ?

Quand on regarde et « écoute » l’enseignement catholique aujourd’hui, il n’a rien de singulier, sinon qu’il est à l’image du Mali d’aujourd’hui : une  Nation, longtemps, rongée par le laxisme, la corruption sous toutes ses formes, la négation du bien commun et le meurtre de l’avenir. Quand  on fait le tour de toutes les pratiques qui ont cours à l’école au Mali aujourd’hui, on les retrouve d’une façon ou d’une autre dans l’Enseignement Catholique, tout simplement parce que l’Enseignement Catholique est un segment de l’Enseignement National au Mali.

Des années 1980 à aujourd’hui, malgré les échecs, les dérives et parfois la peur de l’inconnu, l’Enseignement Catholique a formé une bonne partie des cadres du Mali, des cadres compétents et consciencieux, respectueux du Bien public, citoyens du Mali de l’Afrique et du monde. Des hommes et des femmes, des clercs, mais aussi des laïcs se sont investis (beaucoup sont partis, certains sont encore vivants parmi nous) pour que cet Enseignement Catholique ne perde jamais son lustre des origines. Cependant, dans sa pratique au jour le jour l’Enseignement Catholique qui est pourtant un instrument non négligeable du témoignage chrétien a perdu petit à petit désinvesti par rapport à son intuition première : des valeurs évangéliques à transmettre à travers l’école

Alors que dire et penser de l’Enseignement Catholique aujourd’hui, quelles interrogations ?

  1. Qu’il a encore la côte malgré un environnement des plus défavorables ! L’adage populaire dit que « dans le royaume des aveugles, le borgne est roi. » Dans une situation de baisse drastique du niveau et de perte des valeurs éducatives de base, l’Enseignement Catholique semble encore apporter un plus par rapport aux régimes public et « privé »-« privé ». Les parents avertis savent bien que malgré la morosité ambiante l’Enseignement Catholique enseigne et éduque encore mieux qu’ailleurs !
  2. L’Enseignement Catholique semble avoir oublié de s’adapter à son environnement d’aujourd’hui : né avec la mission évangélisatrice, dans un monde non globalisé, ses objectifs pastoraux n’ont pas su évoluer (entre charité et efficacité l’Enseignement catholique peine à se maintenir dans les provinces rurales du Mali par exemple ; avec la baisse des subsides, les soins apportés aux ressources humaines pour l’animation de cet Enseignement ont baissé en qualité, etc.). Quels mécanismes inventer pour que l’Eglise du Mali ait encore les moyens de sa charité à travers l’école apportée aux plus pauvres des maliens ?
  3. Avec la laïcisation, l’Enseignement Catholique s’est quelque peu « déchristianisé », conséquence de la séparation de l’Eglise et de l’Etat intervenue en France en 1905. Petit à petit l’Enseignement Catholique s’est positionné comme une école performante sans référence parfois à Celui qui est son fondement : Jésus-Christ ; la peur de vivre notre spécificité et certains recrutements y sont pour quelque chose. Nulle part, en effet, la formation des personnels ecclésiastiques diocésains n’a intégré le souci de l’Enseignement Catholique (On forme des prêtres pour la pastorale directe, rarement pour l’enseignement). « Laissez venir à moi les petits enfants » dit Jésus : Comment vivre la laïcité sans « déchristianiser » l’Enseignement Catholique et sans faire de prosélytisme intempestif ?
  4. En 1972, l’Eglise Catholique arrivait à signer une Convention avec l’Etat malien en matière d’éducation. De plus en plus de cadres formés ailleurs arrivent aux affaires et ne savent rien de la spécificité de l’Enseignement Privé Catholique au milieu d’un enseignement privé qui s’est développé au cours des deux dernières décennies. Comment anticiper dès aujourd’hui les remises en cause et/ou les grignotages qui pourraient être demandés par des entrepreneurs ou des cadres ignorant de l’histoire de l’Enseignement catholique ?
  5. La liste n’est pas exhaustive…

L’Enseignement Catholique aujourd’hui ? Nous en savons tous quelque chose ; nous savons ce qu’il a été hier et nous savons tous ce qu’il est devenu aujourd’hui. D’une certaine façon, c’est nous qui lui avons donné la configuration qu’il a aujourd’hui. Ce qu’il faut retenir c’est que hier comme aujourd’hui, l’Enseignement Catholique occupe un espace privilégié au sein de l’enseignement privé en général au Mali, et ce, parce que l’Enseignement Catholique ne relève pas de la marchandisation (comme le disait hier le professeur Denis Dougnon), l’Enseignement Catholique s’est installé partout où il pouvait aider l’éducation nationale, sans distinction entre les maliens et sans chercher à s’enrichir, mais plutôt en se faisant proche des populations les plus pauvres.

Toute action humaine, nait, grandit, atteint son apogée un jour, puis décline et parfois, meurt. L’Enseignement Catholique a-t-il atteint son apogée ? Quand ? Est-il sur le déclin ? Serait-il en train de mourir ? Je ne saurais répondre à ces questions. Ce qui est sûr, l’éducation dans notre pays est entrée dans une certaine tourmente depuis maintenant au moins trois décennies, sinon, plus. Et parce que l’Enseignement Catholique est un segment de cette éducation nationale, il est aussi tourmenté, ce qui justifie les assises présentes. Ce forum saura-t-il être visionnaire ou prophète pour notre Enseignement Catholique ?

3 – L’Enseignement Catholique demain ?

Parler de l’Enseignement Catholique demain relève de la « prophétie », or, n’est pas « prophète » qui veut ! Alors, je ne vais pas prophétiser, je vais enfoncer des portes que d’autres avaient peut-être déjà ouvertes avant moi.

Quand l’Eglise catholique s’engage dans une activité déjà menée par le monde, elle s’assure toujours d’y apporter un plus, sinon, elle arrête les frais, ceci est valable aussi bien pour la santé, l’éducation que pour les autres domaines du social où elle intervient.

Par rapport à l’Enseignement Catholique demain au Mali, l’Eglise Catholique du Mali va se retrouver face à des choix cornéliens à faire et des réponses prophétiques à apporter à des interrogations d’aujourd’hui et de demain.  

L’Enseignement Catholique demain au Mali, sera ce que nous en feront :

  1. Il faut peut-être revenir aux fondamentaux, il faut « rechristianiser » l’Enseignement Catholique au Mali. Comment ? Il faudra sans doute une « re-cléricalisation » de certaines directions et responsabilités d’orientation. Certains pourront penser que c’est un retour en arrière, mais, il n’en est rien, ce n’est pas pour rien que la tradition ecclésiale avait inventé les Congrégations spécialisées dans l’éducation ! « Re-christianiser » l’Enseignement Catholique veut dire aussi ramener la catéchèse et l’éducation aux valeurs (morale) à l’école sans peur et sans complexe, nous sommes témoins aujourd’hui que c’est le déficit moral ambiant qui a précipité notre pays dans le trou que nous savons !
  2. Faudra-t-il que l’Enseignement Catholique fasse le choix entre « charité » et « efficacité » ? Un certain nombre d’écoles dans le monde rural seront peut-être rendues au Gouvernement parce que ces écoles coûtent trop cher par rapport aux moyens dont nous disposons, or l’Eglise du Mali n’a plus les moyens d’une certaine charité à l’éducation. Pendant le Forum National de 1988, on avait parlé d’une solidarité entre diocèses quasi ruraux et diocèses urbains au niveau de l’Enseignement Catholique, cette recommandation est tombée dans l’oubli. Or cette solidarité nationale pourrait aider les Eglises plus rurales à avoir des écoles dans les diocèses plus urbains, sans compter le parrainage possible d’écoles rurales par des écoles nanties en ville, etc.
  3. L’Enseignement Catholique demain doit prendre à bras le corps l’épineux problème des ressources humaines. Beaucoup d’anciens savent que la fermeture de l’Ecole Normale de Sikasso a aussi sonné le glas du renouvellement des ressources humaines formées spécifiquement pour l’Enseignement Catholique. Il faut une réflexion très sérieuse et très poussée sur la question, sinon nous serons obligés à un moment d’arrêter les frais. Nous ne pouvons pas négliger la formation des formateurs et espérer un Enseignement Catholique de qualité, même dans un pays où la qualité dans l’éducation est la denrée la plus rare !
  4. Le problème des ressources financières est aujourd’hui grave pour nos diocèses malgré les subventions, c’est dire qu’il est impérieux dès aujourd’hui de réfléchir la viabilité financière de l’Enseignement Catholique avec des professionnels des questions financières, pédagogiques et de gestion. Comment nos diocèses pourront-ils financer les infrastructures, l’administration et préfinancer les salaires dans un espace de plus en plus disputé par des privés sans scrupules ?
  5. La nécessaire « réintégration » de l’école catholique à la pastorale d’ensemble de l’Eglise diocésaine est indispensable pour une viabilité de l’Enseignement Catholique qui respectera son cahier de charges. Dès les débuts, l’école catholique était intégrée à la pastorale paroissiale, mais aujourd’hui, il est pratiquement impossible d’avoir parfois un aumônier paroissial pour l’école ou les écoles sur la paroisse. La décentralisation et la déconcentration de certains services de l’Etat devrait nous donner des idées.
  6. La liste n’est pas exhaustive…

L’Enseignement Catholique demain au Mali ? On peut rêver ! On peut rêver qu’à partir de ce forum national, l’Enseignement Catholique fasse son « agiornamento » et entre dans une ère de refondation pour s’adapter aux réalités du Mali d’aujourd’hui, aux réalités d’un monde globalisé. Ce travail ne se fera pas sans souffrances, mais c’est une Pâques à laquelle tout baptisé peut rêver dans l’Eglise Famille de Dieu qui est au Mali.

 

Conclusions Générales :

L’Enseignement Catholique hier, et aujourd’hui, il n’y a pas eu de grande différence. Notre Eglise s’est parfois contentée de gérer l’existant en l’augmentant, mais toujours avec les mêmes méthodes de management, les mêmes organigrammes et les mêmes procédés parfois rétrogrades et inefficaces. Si les premières générations nous ont laissé l’héritage, nous, la génération intermédiaire n’avons pas eu ou pris les moyens de le mettre à jour !

Pour réfléchir l’Enseignement Catholique au Mali aujourd’hui, il faut avoir le courage d’aller voir ailleurs ; il faut accepter de nous ouvrir aux appels de l’Esprit. Comment l’Enseignement catholique a-t-il évolué en Occident, chez ceux qui nous ont évangélisés ? Comment l’Enseignement Catholique a-t-il évolué au Burkina, au Sénégal, au Togo ? Etc. C’est évident que les réalités ne sont pas les mêmes, mais bien souvent, les problèmes sont les mêmes, quelles solutions les autres ont-ils apportées aux problèmes qui se posaient ?

Enfin, en 1987, dans un poème intitulé « Eglise, ma mère », j’accusais l’Eglise du Mali d’être trop fermée sur elle-même, incapable d’être attentive aux appels de l’ailleurs. Aujourd’hui, à bientôt trente (30) ans de ministère dans cette Eglise, je suis simplement conscient que rien n’est simple, et que cette Mère-là (l’Eglise donc), on ne la bouscule pas trop, elle va à son rythme. Je souhaite donc aux gestionnaires de l’Enseignement Catholique la patience et de la ténacité pour constamment remettre sur le métier les interrogations en lame de fond qui travaillent le département.

Je vous remercie.

                                                                                              Père Joseph Tanden Diarra

                                                                                              UCAO-UUBa

 


CẺRẺMONIE DE CLÔTURE

Le mot du maitre de cérémonie

Il y a trois jours, nous nous retrouvions ici tout enthousiastes pour débuter les travaux de ce Forum.

Aujourd’hui, nous en arrivons à son terme. Comme on le dit chez moi, la journée s’achève, le chasseur est fatigué, le chien est haletant et le gibier n’en peut plus. Mais le chasseur sait qu’il abattra sa proie avant la tombée de la nuit.

Avons-nous abattu notre gibier ? Avons-nous su exposer nos produits ? Savons-nous désormais ce que nous voulons acheter ?

Il y a trois jours, en plus de nous poser des questions du genre, Pourquoi un forum de l’enseignement catholique, nous formulions des vœux pour la bonne réussite de nos travaux.

Eh bien ! il ne nous reste plus que quelques instants pour écouter les résultats auxquels nous sommes parvenus pour en être édifiés.

D’ores et déjà, pour ma part je reste convaincu que cette cérémonie ne devrait durer que le temps  juste de sa symbolique. A moins que clôturer ne signifie point enfermer mais, pour paraphraser l’un de nos devanciers ici présent avec nous «  n’enfermons pas nos conclusions en même temps que nous fermerons les portes de cette salle, bien au contraire, enfouissons les, ensemençons les dans la terre comme le paysan afin qu’elles germent et portent des fruits. Car rien de ce qui touche à l’enseignement ne devrait être fermé. Ni les classes, ni les élèves, ni les maîtres, ni les parents et encore moins les manuels » fin de citation.

Nous allons alors écouter d’abord un Communiqué final, puis la lecture des recommandations selon les thèmes des ateliers et des motions.

Après seulement interviendront les mots de remerciement des  responsables en commençant par ceux du Directeur national, ensuite ceux de l’Evêque en charge de l’enseignement et il reviendra au Ministre de l’Education de nous renvoyer à nos  tâches au lendemain de l’investiture d’un nouveau Président pour un nouveau Mali et à la veille de la rentrée d’une année scolaire que chacune et chacun de nous voudra pleine.

Emmanuel SAGARA

Maître de cérémonie

 

COMMUNIQUẺ FINAL

Du Mardi 03 au jeudi 05 septembre 2013, s’est tenu au Grand St Augustin de Samaya près de Bamako, le Forum National de l’Enseignement  Catholique du Mali. La dernière rencontre du genre et d’une telle importance remonte à Juillet 1973.

Le but global du forum était  de définir de nouvelles orientations stratégiques et opérationnelles pour l’enseignement catholique du Mali.

Les conclusions du forum doivent permettre aux Ẻvêques :

         De redéfinir l’orientation de l’école catholique à tous les partenaires au Mali ;

        De renforcer le structure organisationnelle de l’enseignement catholique face aux réalités administratives et politiques du Mali ;

        D’engager des stratégies d’auto-prise en charge des écoles : aux plans humain, spirituel, matériel et financier.

Le Forum a regroupé 150 participants composés de tous les acteurs internes et externes, anciens et actuels de l’Enseignement Catholique, les autorités nationales en charge de l’Ẻducation au Mali, les responsables traditionnels et politiques de la localité ainsi que les partenaires techniques et financiers. La liste complète des participants se trouve en annexe au Rapport général du Forum.

De la Cérémonie d’ouverture.

 Cette cérémonie a enregistré la présence de tous les Ẻvêques du Mali à savoir :

  • Mgr Jean Baptiste Tiama, Ẻvêque de Sikasso, Président de la Conférence Episcopale du Mali ;
  • Mgr Augustin Traoré, Ẻvêque de Ségou, Président de la Commission Enseignement au sein de la Conférence épiscopale ;
  • Mgr Jean Zerbo, Archevêque de Bamako ;
  • Mgr Jean Gabriel Diarra, Ẻvêque de San ;
  • Mgr Jonas Dembélé, Ẻvêque de Kayes.

Empêché, Mgr Georges Fonghoro, Ẻvêque de Mopti, en voyage pour des raisons de santé.

Cette présence au grand complet de l’ensemble des Ẻvêques atteste de l’importance qu’ils tiennent à accorder à ce Forum.

Les autorités administratives du pays n’étaient pas en reste. Le Forum a également enregistré la présence effective de Monsieur Boubacar Moussa Diarra, Ministre de l’Ẻducation, de l’alphabétisation et de la promotion des langues nationales, qui a prononcé le discours d’ouverture. Il  était accompagné non seulement des chefs de services de son département mais et surtout de son collègue Monsieur le Ministre David Sagara, Ministre du Logement, de l’Urbanisme et des Affaires foncières et du représentant du Ministre de l’Enseignement Supérieur.

Outre le Discours d’ouverture de  Monsieur le  Ministre de l’Ẻducation, de l’alphabétisation et de la promotion des langues nationales, trois autres interventions ont marqué cette cérémonie : l’allocution d’accueil de l’Ordinaire du lieu, Mgr Jean Zerbo, le Discours du Directeur National de l’Enseignement Catholique, M. Koundya Joseph Guindo, et l’intervention du Président de la Conférence Ẻpiscopale, Mgr Jean Baptiste Tiama.

Le Présidium du Forum était ainsi composé :

Président : Mgr Augustin Traoré

Vice-Présidents : M. Emmanuel Sagara et M. Koundya Joseph Guindo

Rapporteur Général : M. Yassinthe Koné

Rapporteurs Adjoints : MM Bèzo Honoré Dembélé, Aloys Diawara, Patoma Jérôme Koné, Pierre Dara, Henri Dakouo

Des Communications.

Le Forum a bénéficié de quatre communications de haut niveau. Il s’agit de celle donnée par le Professeur Denis Dougnon, Ancien Secrétaire Général du Ministère de l’Ẻducation et qui a piloté le Forum National de l’Ẻducation du Mali en 2008. Il a donné une Conférence sur les Grandes orientations du Système éducatif malien.

Cette première Conférence a été suivie de celle de Mgr Jean Gabriel Diarra, sur le thème de l’Enseignement Catholique universel depuis ses origines.

Ensuite est intervenu l’exposé de Mgr Jean Zerbo sur le  Projet Ẻducatif de l’Enseignement privé catholique.

Il est revenu au Père Joseph Tanden Diarra, Premier président de l’Université Catholique, Unité de Bamako et actuel Président de l’Unité de Bobo Dioulasso au Burkina Faso de donner un éclairage sur le thème : Enseignement catholique au Mali, hier aujourd’hui et demain.

Auparavant, une synthèse des résultats des questionnaires envoyés dans les différents Diocèses a été (brillamment) présentée par M. Yassinthe Koné, Ancien Directeur Diocésain de San.

Des Ateliers

Cinq (05) ateliers ont été constitués pour les réflexions autour des thèmes suivants :

1-   Gestion administrative et pédagogique – Ẻthique et déontologie ;

2-   Ressources financières et matérielles ;

3-   Ressources humaines : recrutement, gestion, genre, promotion et plan de carrière ;

4-   Partenaires sociaux, rapports avec l’Ẻtat et l’Ẻglise ;

5-   Projet de l’enseignement : valeurs propres de l’ẺPC ;

De ces ateliers sont issues des analyses et des recommandations fortes, pertinentes, consignées dans le Rapport Général qui seront traduites en plan d’actions opérationnelles pour les années à venir.

 

                                                                       Samaya, le 05 septembre 2013

                                                                                       Le Forum

 

RECOMMANDATIONS

Du Mardi 03 au jeudi 05 septembre 2013, s’est tenu au Grand Séminaire Saint Augustin de Samaya près de Bamako, le deuxième Forum National de l’Enseignement Privé Catholique au Mali.

Les participants au Forum de l’Enseignement Privé Catholique saluent la tenue de cette grande assemblée.

Il ressort de leurs travaux que :

S’agissant de la Gestion administrative et pédagogique – Ethique et Déontologie

L’Enseignement catholique est bien organisé (structuré) aux niveaux national, diocésain et paroissial en harmonie avec les structures éducatives de l’Etat malien,

  • Un enseignement catholique  où les rôles et les responsabilités des différents administrateurs scolaires sont reconnues et respectés en gestion  administrative, pédagogique et financière des projets d’établissement dont ils ont la charge
  • Un enseignement catholique où la communication (les échanges et l’écoute réciproques) entre les différents acteurs instaure et renforce le climat de confiance  à tous les niveaux et qui dynamise la coopération autour des actions d’éducation. Cependant tout ce qui est reconnu ici doit être amélioré

 

S’agissant des ressources financières et matérielles,

De façon générale les Diocèses font un effort  pour que les salaires soient payés à temps et le peu de ressources dont certains Diocèses disposent sont utilisées à bon escient. Les participants au Forum sont conscients que les recettes ne couvrent pas les dépenses

Cependant, force est de déplorer une certaine insuffisance de rigueur dans la gestion  des ressources. Et l’Eglise a du mal à appliquer son Option préférentielle pour les pauvres.

S’agissant des Ressources humaines : recrutement, gestion, genre, promotion et plan de carrière

Il est reconnu l’existence de procédures de recrutement et la formation des candidats retenus après le test sur l’éthique et la politique de l’enseignement catholique. Cependant ces procédures présentent souvent des lacunes. Et il n’existe pas de plan de carrière.

 

Des Partenaires sociaux, rapports avec l’Etat et l’Eglise.

Les partenaires de l’Enseignement Catholique sont identifiés. Mais ils se méconnaissent les uns les autres, pour la plupart.

S’agissant du Projet éducatif de l’Enseignement Catholique : valeurs propres,

  • Le Forum affirme que le Projet éducatif de l’Enseignement Catholique élaboré par la Conférence Episcopale du Mali et la Déclaration de Vatican II sur l’éducation chrétienne sont des outils indispensables pour comprendre la vision de l’Eglise en matière d’éducation. L’école catholique est une partie intégrante de la mission de l’Eglise. De ce fait, les enseignants de l’enseignement catholique sont d’abord et avant tout des missionnaires de l’Eglise au sens fondamental du terme. Dès lors, toutes leurs actions éducatives doivent être en parfaite harmonie avec celles du Christ qui est leur modèle.

 

Sur le plan de la gestion administrative et pédagogique, de l’éthique et de la déontologie, le Forum estime que le projet éducatif de l’Enseignement catholique, la Déclaration de Vatican II sur l’Education Catholique sont et demeurent des documents référentiels d’actualité. Cependant leur méconnaissance par les principaux acteurs et les partenaires est un facteur handicapant ;

Compte tenu de tout ce qui est dit plus haut, il plaît aux participants au Forum de formuler les Recommandations suivantes :

Par rapport à la Gestion administrative et pédagogique – Ethique et Déontologie :

  • la relecture des conventions régissant les rapports entre l’Eglise et l’Etat d’une part et d’autre part entre Et les personnels de l’Enseignement catholique
  • l’élaboration d’un règlement intérieur national conformément à la Convention collective du 23 septembre 2008, son élargissement au niveau des Directions diocésaines  et son application effective;
  • l’élaboration et la mise en application d’un code d’éthique et de déontologie de l’Enseignement catholique ;
  • l’élaboration d’un plan de carrière du personnel enseignant de l’Enseignement catholique et son application effective ;
  • la relecture des statuts du Directeur national et des Directeurs diocésains, des Chefs d’établissements scolaires et universitaires et des Conseillers pédagogiques de l’Enseignement catholique en vue de leur harmonisation avec ceux de leurs homologues de l’Enseignement public ;
  • l’élaboration par chaque établissement scolaire ou universitaire d’un projet d’établissement et sa mise en œuvre effective ainsi que son suivi - évaluation systématique au niveau national, diocésain et paroissial.
  • une réflexion approfondie en vue de l’élaboration et de la mise en œuvre d’une politique nationale de formation (initiale et continue) de tous les acteurs impliqués dans la gestion politique, administrative, pédagogique et financière ainsi que dans l’accompagnement spirituel de l’Enseignement catholique.

 

S’agissant des Ressources financières et matérielles :

  • Le Forum invite la CEM à prendre en compte les nouvelles technologies dans le projet éducatif et
  • à étudier la possibilité de négocier le financement du projet éducatif auprès des partenaires financiers et techniques bilatéraux et multilatéraux du Mali
  • élaborer et mettre en œuvre une politique de mobilisation de ressources

S’agissant des Ressources humaines : recrutement, gestion, genre, promotion et plan de carrière

Pour le recrutement :

  • Mettre en place une commission nationale de recrutement du personnel de l’enseignement catholique;
  • Respecter toutes les normes de procédures de recrutement, à savoir :
  • Lancement de l’avis de recrutement comportant le profil et la qualification  recherchés,
  • Organisation du test de recrutement (écrit et oral) sur la base des dossiers retenus,
  • Formation des candidats retenus après le test sur l’éthique et la politique de l’enseignement catholique ;
  • Signature des contrats par les candidats retenus après l’acceptation de l’éthique et la politique de l’enseignement catholique ;
  • Création d’un institut de formation des enseignants de l’école catholique.

Pour la gestion du personnel :

  • Revisiter la fiche actuelle d’évaluation ;
  • Mettre en place un système d’évaluation participative ;
  • Lier les formations, les motivations, les promotions, le mérite voire les mutations aux résultats de l’évaluation ;
  • Former les enseignants et leurs directeurs sur la nouvelle méthode ;
  • Mettre en place un système de suivi pédagogique des enseignants ;
  • Rendre opérationnelles les commissions de mutation et en créer là où elle n’existe pas ;
  • Améliorer la gestion du personnel en créant un poste de gestionnaire des ressources humaines, avec un cahier de charge bien précis, au niveau diocésain ;
  • Prévoir une ligne budgétaire conséquente pour les formations ;
  • Eviter la surcharge des enseignants ou de leurs directeurs (cumul de postes) ;
  • Eviter de maintenir longtemps au même poste et/ou dans la même localité un agent ;

 

Pour le genre :

  • Inciter les femmes à postuler pour les postes vacants ;
  • A capacité égale entre un homme et une femme au moment du recrutement ou des promotions, donner la priorité à la femme.

 

Pour la promotion et le plan de carrière :

  • Etablir le plan de carrière de chaque agent depuis son recrutement ;
  • Se baser sur les résultats des évaluations annuelles pour donner les promotions ;
  • Encourager la formation académique du personnel pour leur qualification.

S’agissant des Partenaires sociaux : Rapports avec l’Etat et l’Eglise

 Le Forum recommande

  • La création d’un bulletin d’information des partenaires sur l’Enseignement catholique
  • L’organisation d’un forum tous les dix ans
  • La création et l’animation d’un site Web pour l’Enseignement catholique
  • La mise en place et le renforcement des Comités de Gestion scolaires (CGS) dans toutes les écoles de l’Enseignement Privé Catholique

 

S’agissant du Projet éducatif

 

Le Forum recommande

 

  • la création d’un fonds pour la formation au niveau de chaque école catholique, chaque diocèse et au niveau national car assurer une éducation performante exige un personnel bien formé et compétent et la formation à un coût ;
  • la création d’une école de formation des enseignants de l’Enseignement Privé Catholique (EPC), et des écoles secondaires dans les capitales régionales ;
  • le suivi rigoureux des demandes d’orientation
  • la mise à jour et la mise en œuvre du projet éducatif ;
  • une meilleure organisation administrative et pédagogique de l’EPC en insistant sur la nomination de conseillers pédagogiques suffisants au niveau national et diocésain.

Le Forum

 


MOTION DE REMECIEMENTS

 

Le forum de l’Enseignement Catholique du Mali convoqué par la Direction Nationale de l’Enseignement Catholique du Mali sur vœu de la Conférence Episcopale du Mali les 3 – 4 – 5 septembre 2013 au Grand Séminaire Saint Augustin de Samaya remercie chaleureusement :

 

  • L’Etat malien à travers les différents ministères en charge de l’éducation pour leur soutien et la présence effective de son excellence Monsieur le Ministre de l’Education, de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues Nationales ;

 

  • La Conférence Episcopale pour avoir eu l’heureuse initiative de la tenue de ce forum ;

 

  • Le Recteur et le personnel du Grand Séminaire Saint Augustin de Samaya pour l’accueil ;

 

  • Les conférenciers pour la qualité de leur production.

 

 

  • L’ensemble des participants pour leur présence et la qualité de leur participation.

 

   

Samaya, le 5 septembre 2013

 

Le Forum.

 

Allocution du Directeur National de l’Enseignement Catholique du Mali lors de la cérémonie de clôture du forum national de l’enseignement catholique tenu les 3, 4 et 5 septembre 2013 au grand Séminaire Saint Augustin de Samaya (Bamako).

  • Monsieur Le Ministre de l’Education, de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues Nationales;
  • Excellence Monseigneur Jean-Baptiste TIAMA Président de la Conférence Episcopale du Mali, Evêque de Sikasso ;
  • Excellence Monseigneur Jean ZERBO Archevêque de Bamako ;
  • Excellence Monseigneur Augustin TRAORE Président de la Commission Enseignement catholique au sein de la Conférence Episcopale du mali,  Evêque de Ségou ;
  • Excellence Monseigneur Jean-Gabriel DIARRA  Evêque de San ;
  • Excellence Monseigneur Jonas DEMBELE  Evêque de Kayes ;
  • Révérends Pères, Religieux et Religieuses ;
  • Monsieur le Président de l’Unité Universitaire catholique de Bamako ;
  • Monsieur le Président de l’Unité Universitaire catholique de Bobo Dioulasso ;
  • Messieurs les Directeurs Nationaux des Différents Ordres d’enseignement au Mali ;
  • Monsieur le Directeur de l’Académie d’enseignement de Kati;
  • Monsieur le Directeur du Centre d’Animation Pédagogique de Kalabancoro ;
  • Messieurs les anciens directeurs nationaux et diocésains de l’enseignement catholique du Mali ;
  • Messieurs les Directeurs diocésains de l’enseignement catholique du Mali ;
  • Monsieur le Recteur du Grand Séminaire Saint Augustin de Samaya ;
  • Messieurs les représentants des écoles privées au Mali ;
  • Monsieur le Représentant Résidant de Catholic Relief Services (CRS).– BAMAKO – (Mali) ; 
  • Monsieur le représentant du Fonds d’Appui à la Formation Professionnelle et à l’Apprentissage ;
  • Monsieur le représentant de Save the Children ;
  • Monsieur le Maire de la Commune du Mandé,
  • Monsieur le chef de village de Samaya ;
  • Mesdames et Messieurs les Délégués du forum ;
  • chers invités ;

Les mots nous manquent pour exprimer la satisfaction sincère et profonde qui nous habite en ce moment où nous égrenons les dernières minutes de nos travaux.

Durant tout le temps où l’idée de convoquer le forum de l’enseignement catholique faisait son chemin de maturation et de concrétisation, nous n’avons de cesse de veiller au grain afin que les activités se déroulent dans des conditions optimales.

 La disponibilité des uns et des autres, le dynamisme de tous ont rendu effective la bonne tenue de toutes les activités à tous les niveaux.

 

Il est alors naturel qu’au terme des travaux de notre forum, nous nous tournons d’abord vers Dieu, Maître du temps et de l’histoire, pour le magnifier et le glorifier. Car tout est de lui et par lui et pour lui ; à lui soient rendus honneur et gloire pour les siècles sans fin.

La tenue et la qualité des interventions de ce forum qui s’est déroulé dans une ambiance fraternelle, conviviale, sereine et responsable sont des preuves palpables de la présence de Dieu et de la signature de son implication à nos côtés pour la réussite de ces Assises et pour que resplendisse aux yeux de la nation malienne la spécificité de l’Enseignement Catholique.    

 

Après Dieu, nous nous tournons vers les Institutions et les personnes ressources qui,  de par leur présence et leur participation aux travaux, ont rehaussé la qualité des débats et des propositions en vue des orientations futures pour l’Enseignement Catholique.

 

Par leur présence, les ministres en charge de l’Education et de l’enseignement supérieur ont montré l’intérêt qu’ils accordent à ces travaux et leur reconnaissance du rôle que joue l’Eglise dans le système éducatif malien. Qu’ils trouvent ici l’expression de nos sincères remerciements.

 

Notre profonde et affectueuse gratitude va à l’endroit de tous les participants à ce forum, à tous les niveaux de prestations : les institutions, les centraux des ministères  en charge de l’éducation, les conférenciers, le comité de pilotage, la cellule de coordination technique, la commission de modération, la commission de secrétariat général, la commission d’intendance, la commission de rédaction scientifique, le personnel de soutien, l’équipe de la cuisine, les agents des mass médias, les personnes ressources, les autorités du Grand Séminaire Saint Augustin de Samaya.

Nous tenons à remercier les organismes et personnes qui nous ont apporté leur appui matériels et/ou financiers pour la réalisation de notre projet. La Conférence Episcopale Américaine, la Conférence Episcopale Italienne, Le catholic Relief Service (CRS), Le Fonds d’Appui à la formation Professionnelle et à l’Apprentissage (FAFPA), CARITAS- Mali, La Pharmacie Zanga Coulibaly du Docteur Maria Cécile Dembélé, le Docteur Pierre Marcel Keita et tout le personnel de l’hôpital Mali – Gavardo de Sébénikoro, l’abbé Oscar Théra, Monsieur Antoine Sagara, L’informaticien Monsieur Magloire et son équipe.

 

Par la même occasion nous voudrions dire notre sincère et filiale reconnaissance à nos Chers Pères Evêques qui au sein de la Conférence Episcopale du Mali ont cru au projet et en ont pris  l’initiative.

Par leur présence et par le fait d’avoir accepté de faire des communications sur deux des quatre  thèmes, Son Excellence Monseigneur Jean ZERBO et Monseigneur Jean-Gabriel DIARRA ont donné un cachet singulier à nos travaux et nous les en remercions filialement.  Comptant sur leur sens pastoral avéré et leur intérêt pour cet apostolat de l’Eglise au bénéfice de la Nation, nous espérons que les recommandations issues des divers ateliers seront étudiées et appréciées à leur juste valeur par la Conférence Episcopale et que des décisions seront prises pour revaloriser le monde éducatif.

 

Chers participants, vous avez été d’une assiduité hors pair. Votre contribution dynamique tant lors des travaux en atelier et des débats révèle la qualité et la profondeur de ces assises.

 

Nous n’en finirons pas de vous remercier, nous voulons simplement vous dire que nous sommes comblé, heureux de cet heureux aboutissement pour une nouvelle ère de l’école dans les années à venir.

 

Puisse le Seigneur, le Dieu de justice, d’amour et de paix accorder à chacun et à chacune les grâces dont nous avons besoin pour la réalisation de notre salut et que la Vierge Marie guide nos pas vers son fils Jésus.

 

A vous toutes et à vous tous, nous souhaitons un bon retour chez vous et une bonne et heureuse année scolaire 2013- 2014.

 

Nous vous remercions  de votre aimable attention.     

 

                                            Monsieur Koundya Joseph GUINDO, 

Directeur National de l’Enseignement Catholique au Mali

 


Discours du Président de la Commission de l’Enseignement

A la cérémonie de clôture du Forum sur l’Enseignement Catholique

                                                                       Bamako, le 5 septembre 2013

 

  • Monsieur le Ministre de l’Education, de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues Nationales,
  • Monsieur le Ministre du Logement, de l’Urbanisme et des Affaires Foncières,
  • Monsieur le Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique,
  • Excellences, chers Pères Evêques,
  • Monsieur le Président de l’Université catholique de Bamako,
  • Révérends Pères, Religieux et Religieuses,
  • Messieurs les Directeurs Nationaux des différents ordres d’enseignement au Mali,
  • Monsieur le Directeur de l’Académie d’enseignement de Kati,
  • Monsieur le Directeur du Centre d’Animation Pédagogique de Kalabancoro,
  • Messieurs les Directeurs Diocésains de l’Enseignement Catholique au Mali,
  • Monsieur le Recteur du Grand Séminaire Saint Augustin de Samaya,
  • Monsieur le représentant du Fonds d’Appui à la Formation Professionnelle et à l’Apprentissage,
  • Monsieur le représentant de Save the Children,
  • Mesdames et Messieurs les représentants des Ambassadeurs de la France, des Etats Unis, d’Allemagne, du Canada, des Pays Bas et d’Espagne,
  • Messieurs les représentants des coopérations Belge et Suisse,
  • Monsieur le Chef de village de Samaya,
  • Mesdames et Messieurs les délégués du forum,
  • Chers Invités,

 

 

Nous parvenons au terme de nos trois jours de travaux.

Rendons grâce à Dieu qui nous a accordé la santé et la sagesse pour traiter les différents thèmes qui étaient inscrits à l’ordre du jour du forum national sur l’Enseignement Catholique au Mali. Ces thèmes ont été développés par d’éminentes personnalités de l’éducation et certains hauts responsables de l’Eglise catholique du Mali.

Des questions posées par bon nombre de participants ont permis une meilleure compréhension de ces exposés. Les contributions de certains participants sont de taille. J’espère que ces débats ne vous ont pas déçus et que vous en avez tiré profit.

Lors des ateliers, vous avez mené des réflexions approfondies sur les questions   qui vous étaient posées et donné des réponses claires et précises.

Durant trois jours, vous avez passé en revue les maux qui minent le système éducatif du Mali en général et ceux de l’Enseignement Catholique en particulier. Ces maux sont entre autres : la corruption, la fraude, l’absentéisme des enseignants, les sorties intempestives des élèves, la politisation de l’école, la fuite de responsabilité des parents, la mauvaise formation des formateurs, l’inadéquation formation-emploi, le manque de civisme, l’insuffisance des formateurs, des infrastructures, du matériel didactique, la faible implication des agents pastoraux, de l’Association des parents d’élèves et des Comités de Gestion Scolaires, les difficultés financières de tous ordres. Tout cela a entraîné la baisse drastique du niveau des élèves. L’Enseignement Catholique, bien entendu, ne fait pas exception à la règle.

C’est pour enrayer toutes ces difficultés que vous avez proposé des solutions concrètes et formulé des recommandations. Pour que ces solutions préconisées et ces recommandations ne soient pas lettre morte, la conjugaison des efforts de tous les acteurs et partenaires de l’Enseignement Catholique s’avère nécessaire. Comme l’a affirmé Monseigneur Jean Gabriel DIARRA dans son exposé, nous sommes tous copropriétaires de l’Enseignement Catholique. En tant que tel, nous ne pouvons en aucun cas rester indifférents à sa cause.

Mesdames et Messieurs, l’Enseignement Catholique sera ce que nous en ferons. Enseignons à nos frères et sœurs, à nos enfants les valeurs universelles.

C’est ainsi que nous relèverons tous les défis auxquels nous faisons face aujourd’hui et ceux qui sont à venir.

L’adage dit qu’on ne peut pas avoir des omelettes sans casser des œufs. C’est dire que ce n’est pas dans le laxisme, la mollesse, le laisser aller, l’affairisme, la recherche du gain facile – la liste n’est pas exhaustive – que  nous gagnerons le pari du changement, de la réussite dans nos écoles. Il faut donc que chacun accepte de consentir des sacrifices.

Nous mettons un accent particulier sur la formation des formateurs, un meilleur engagement des parents dans l’éducation de leurs enfants.

En somme, la société malienne et l’école catholique ont besoin d’un véritable changement de mentalité pour changer de pratiques en famille et à l’école pour réussir.

Je voudrais, au nom de la Conférence Episcopale du Mali, au nom de l’Eglise Catholique du Mali, exprimer ma profonde gratitude à tous les intervenants à ce forum qui ont éclairé nos lanternes sur les questions de l’école malienne et de l’Enseignement Catholique.

Je remercie les ministres pour leur disponibilité et leur soutien.

Je remercie tous les participants qui ont accepté de suspendre leurs occupations quotidiennes pour prendre part à ce rendez-vous du donner et du recevoir.

Mes remerciements vont à tous les partenaires qui ont appuyé l’Eglise ou promis de le faire pour la tenue de ce Forum.

Je remercie sincèrement le Directeur National de l’Enseignement Catholique, les Directeurs Diocésains, les membres des différentes commissions, les organisatrices et organisateurs.

J’exprime toute ma gratitude à l’endroit du Recteur du Grand Séminaire Saint Augustin de Samaya et à tous ses collaborateurs.

Que le Seigneur dans sa bonté, nous assiste dans la mise en œuvre des résolutions du présent Forum. Qu’il nous aide à relever tous les défis auxquels fait face l’Enseignement Catholique du Mali.

Que Dieu bénisse le Mali, l’école malienne et l’Enseignement Catholique du Mali. Amen !

 

                                                     + Monseigneur Augustin TRAORE,

                                                     Président de la Commission Enseignement

                                                     Catholique.

 


 DISCOURS DE MONSIEUR LE MINISTRE DE L’EDUCATION,

DE L’ALPHABETISATION ET DE LA PROMOTION DES LANGUES NATIONALES

A LA CEREMONIE DE CLOTURE DU FORUM SUR L’ENSEIGNEMENT

CATHOLIQUE AU MALI

Grand Séminaire Saint Augustin de SAMAYA

5 septembre 2013

  • Monseigneur Jean Baptiste TIAMA, Président de la Conférence Episcopale ;
  • Monseigneur Jean ZERBO, Archevêque de Bamako ;
  • Monseigneur Augustin TRAORE, Président de la Commission de l’Enseignement Catholique au Mali ;
  • Excellences les autres membres du collège épiscopale du Mali ici présents ;
  • Mesdames et Messieurs les représentants des missions diplomatiques au Mali ;
  • Mesdames et Messieurs les représentants des Partenaires Techniques et Financiers ;
  • Chers collaborateurs des départements en charge de l’Education, de la formation et de la recherche scientifique ;
  • Monsieur le représentant du Conseil de cercle de Kati ;
  • Monsieur le chef du village de Samaya ;
  • Mesdames et Messieurs les Partenaires sociaux de l’Education ;
  • Monsieur le Directeur National de l’Enseignement Catholique du Mali ;
  • Monsieur le Directeur de l’Académie d’Enseignement de Kati ;
  • Monsieur  le représentant du Centre d’Animation Pédagogique de Kalabancoro ;
  • Messieurs les Animateurs ;
  • Chers Participants au Forum ;
  • Honorables Invités ;
  • Mesdames et Messieurs,

 Nous voilà parvenus à la fin des travaux de ce forum national de l’Enseignement Catholique au Mali. Permettez-moi de féliciter très sincèrement, au nom des départements en charge de l’éducation et de la formation professionnelle, et de la Recherche Scientifique, les participants à ce forum pour l’assiduité dont ils ont fait preuve pendant ces trois jours à travers des réflexions approfondies et débats profonds sur les préoccupations actuelle de l’Enseignement Catholique.

Mesdames et Messieurs les participants,

Au regard des recommandations et motions qui viennent d’être présentées, je tiens à saluer la qualité des débats qui les ont accouchés et il ne pouvait en être autrement. Tant de praticiens et d’intelligences réunies ne pouvaient pas ne pas aboutir à ce résultat. J’ai noté avec intérêt les conclusions issues de vos travaux, et c’est avec une grande attention que nous les examinerons en tant qu’autorités nationales garantes de l’Education afin de les capitaliser pour le développement de notre système éducatif aujourd’hui confronté à de rudes épreuves.

Monsieur le Président de la Conférence Episcopale ;

Monsieur le Président de la Commission de l’Enseignement Catholique du Mali ;

Je ne dirai jamais assez que votre rôle de l’Enseignement Catholique est capital pour que les enfants maliens puissent jouir de leur droit à l’éducation. En effet, les 17 établissements d’éducation préscolaires, 84 établissements d’enseignement fondamental, 12 établissements d’enseignement secondaire et 3 établissements d’enseignement supérieur que compte l’Enseignement Catholique sont d’un apport inestimable dans l’offre d’éducation, la gestion des flux et dans l’amélioration de qualité de l’éducation et de la formation. Je voudrais donc profiter de cette occasion pour exprimer, au nom du gouvernement et au mien propre, notre reconnaissance à l’endroit de l’Eglise Catholique pour cette précieuse et salutaire contribution.

Excellences les membres du collège épiscopale du Mali,

Mesdames et Messieurs les Participants,

 

L’école, l’Education, l’enseignement sont non seulement Institution mais aussi Action. L’action s’étend dans l’espace et le temps. Aussi, l’histoire de la pensée nous apprend que le déploiement de l’histoire, et de l’action en particulier, qui s’opère dans l’espace et le temps, n’est pas linéaire mais dialectique, c’est-à-dire à travers des séquences d’harmonie et des séquences de contradictions, de négation. Et l’essentiel dans ce mouvement de l’histoire, c’est que les contradictions constituent le moteur qui mène aux bonds qualitatifs. On pourrait ainsi paraphraser en disant que ce sont les épreuves qui conduisent aux succès. Or l’enseignement catholique, en tant qu’institution et action, ne peut se soustraire à cette dynamique. Son évolution se fait à travers des « hauts » et des « bas ».

 

Mesdames et Messieurs,

 

C’est dire donc que ce qui arrive et est arrivé à notre école relève de la dynamique de l’histoire. Cependant même si on peut concevoir que c’est normal de s’alarmer, de s’inquiéter de la situation de notre école aujourd’hui, nous n’avons pas le droit de tomber et de demeurer dans le pessimisme. Nous devons considérer ces moments difficiles de notre institution qu’est l’école, qui remporte aussi beaucoup de victoires, comme des occasions de prise de conscience en vue d’un élan nouveau, d’un nouveau saut qualitatif.

 

Excellences les membres du collège épiscopale du Mali,

Mesdames et Messieurs les participants,

 

Je pense sans nul doute, que c’est dans cette perspective que vous avez placé le forum national que vous venez de tenir. En effet, acteurs et actrices de l’école, vous vous êtes réunis pendant 3 jours pour faire cet examen, cette prise de conscience. Les exposés d’éminents spécialistes, éducateurs et enseignants rompus à la tâche que vous avez suivis avec grand intérêt vous ont certainement permis d’avoir un regard rétrospectif sur l’ensemble de l’action éducative au Mali et de constater les victoires remportées ainsi que les balbutiements, les échecs subis et les défis. Ce regard rétrospectif vous a permis de savoir quels sont les ingrédients nécessaires qu’il faut envisager pour un élan nouveau de l’action éducative de l’Eglise du Mali.

Mesdames et Messieurs,

A travers les différents ateliers, vous avez mené des débats riches et fructueux sur des thématiques couvrant l’ensemble des sous-secteurs de la pastorale scolaire de l’Eglise au Mali :

  • Ethique, déontologie et administration ;
  • Ressources financières ;
  • Ressources humaines ;
  • Partenariat ;
  • Projet éducatif.

Ce sont ces débats fructueux qui ont pu accoucher des recommandations pertinentes. Et je lance un vibrant appel à tous les acteurs à s’engager résolument dans la mise en œuvre de ces recommandations pour le bonheur de nos enfants, de nos familles et de notre nation. Car l’éducation, c’est le socle non seulement de la famille mais aussi de la société.

Mesdames et Messieurs,

Au cours de vos travaux, vous avez revisité le système éducatif malien dans son ensemble ainsi que la source et les fondamentaux de l’Enseignement Catholique. Vous avec parcouru le chemin sinueux, les labyrinthes par lesquelles l’Etat malien et l’Eglise sont passés dans la réalisation de leur mission d’Education. Vous vous êtes rendu compte que l’Enseignement Catholique, en dépit des succès engrangés, est confronté à beaucoup de défis qu’il lui faudra relever :

  • Le défi de la mobilisation du financement ;
  • Le défi de l’adéquation de la formation de l’enseignement aux besoins de notre société actuelle,
  • Le défi de la qualité ;
  • Le défi de la gouvernance ;
  • Le défi de la valorisation des ressources humaines ;
  • Le défi du respect de l’éthique et de la déontologie (adéquation avec les valeurs évangéliques).

Il ne s’agira plus donc pour vous de ruminer sans fin les défis, les contraintes ; il vous faudra prendre résolument le chemin d’une voie critique pour un élan nouveau, cela en prenant en compte les dimensions endogènes mais aussi exogènes de l’Enseignement Catholique.

Monsieur le Président de la Conférence Episcopale ;

Monsieur le Président de la Commission de l’Enseignement Catholique de Bamako ;

Je ne pourrai terminer mon propos sans vous assurer ici de la disponibilité du Gouvernement, à travers les départements en charge de l’éducation, à consolider le partenariat fécond que l’Etat et l’Eglise ont toujours entretenu en matière d’éducation.

Excellence les membres du collège épiscopale du Mali,

Mesdames et Messieurs les participants,

En vous rassurant que vos contributions seront mises à profit pour le bonheur et succès de l’école malienne, et en vous souhaitant un bon retour dans vos foyers respectifs, je déclare clos les travaux du Forum National de l’Enseignement Catholique du Mali.

Vive l’Ecole Malienne !

Vive le Partenariat fécond autour de l’école !

Je vous remercie pour votre aimable attention.

 



[1] La parité du pouvoir d’achat (PPA) est un taux de conversion monétaire qui présente l’avantage d’éliminer les différences de niveaux de prix entre les pays. En d’autres termes, une fois converti en dollars PPA, un montant donné permettra de se procurer le même panier de biens et de services, partout dans le monde.