Rencontre Transfrontaliere Des Commissions Justice Et Paix Des Dioceses De San (Mali) Et Nouna (Burkina Faso)

Le Centre de Parana du diocèse de San a accueilli les 04 et 05 février dernier, la rencontre transfrontalière des commissions Justice et Paix des diocèses de San (Mali) et Nouna (Burkina Faso). La rencontre, placée sous la présidence de son Excellence Monseigneur Jean Gabriel DIARRA, Président de la Commission Justice et Paix du diocèse de San, avait pour thème central : « Culture transfrontalière de Paix et de Non Violence entre les Diocèses de San (Mali) et Nouna (Burkina Faso)» : Réflexion sur le processus de mise en place des para-juristes dans le diocèse de San.

L’objectif de la rencontre était de contribuer au développement d’une culture de Paix et de Non violence entre les communautés des diocèses transfrontaliers en favorisant une synergie entre les commissions justice et paix à travers le renforcement du para juridisme pour promouvoir la culture de paix, de justice et de réconciliation.

Ont participé à l’atelier, une vingtaine de personnes venant de Nouna (Burkina Faso) de Bamako et du diocèse de San. Le secrétariat National y a été représenté par Monsieur Antoine SAGARA, Chargé de programme.

Pour comprendre l’enjeu de cette rencontre, il faudrait remonter l’histoire. Il faut rappeler que les diocèses de Nouna et de San qui sont géographiquement voisins ont fait partie du même territoire ecclésiastique. Les populations habitant sur les deux diocèses partagent des points communs comme : les langues, les coutumes, les usages, etc. En outre, les deux diocèses participent aux évènements tant heureux que malheureux les uns des autres (ordinations presbytérales, jubilés, grands évènements religieux, décès, etc.). Les relations entre les deux diocèses se sont intensifiées suite au conflit transfrontalier de gestion des ressources naturelles entre les villages de Wanian (Mali) et de Warokuy (Burkina) qui a fait plusieurs morts. Les responsables des deux diocèses ont, alors, entrepris différentes activités en vue de contribuer à la gestion des conflits dans leur domaine de compétence. Ainsi les curés des paroisses de Mandiakuy, Touba au Mali et Djibasso au Burkina Faso, sur exhortations des évêques des deux diocèses, ont entrepris des démarches pour pouvoir rassembler les populations des deux villages pour des activités religieuses allant dans le sens de la recherche de la cohésion sociale à travers la réconciliation (processus en cours). Dans cette même entreprise de réconciliation, l’Association pour l’Education et la Formation au Développement (ASEFOD) a organisé un voyage d’étude au Centre Songhaï (Bénin) avec des délégués paysans des 2 villages de Wanian et de Warokuy dans le cadre de l’appui à l’entreprenariat agricole avec l’appui financier de l’ONG ORFED, les Caritas de San et Sikasso et le PACT/GTZ. Cette approche a donné des résultats très appréciables en termes de rétablissement de la communication entre les membres des villages en conflit.

C’est au regard de tous ces éléments qui militent en faveur d’une collaboration et d’un partenariat pour l’édification d’une paix durable transfrontalière, que les deux commissions diocésaines Justice et Paix décident d’engager un processus de culture de Paix, de non violence et de réconciliation qui démarre par cette rencontre de réflexion stratégique autour des para-juristes.

Pendant deux jours, les participants ont planché sur des questions relatives à :

-          la compréhension du contexte paix/conflit ;

-          l’analyse du contexte paix/conflit transfrontalier ;

-          la découverte d’engagements pour la justice et la paix ;

-          la définition des stratégies de mise en œuvre du partenariat transfrontalier ;

-          aux stratégies de mise en œuvre du plan d’action ;

-          aux échanges sur les opportunités d’appui et de recherche de partenaires et financiers.

Il n’est donc pas étonnant que la création des Commissions Justice et Paix tant du coté malien que burkinabé ait été motivé par un contexte marqué par des situations d’injustice structurelle, individuelle ou communautaire ne favorisant pas la justice et qui menacent donc la paix individuelle, collective et communautaire.


Signalons enfin que cet atelier s’est tenu grâce au partenariat avec la Dynamique Régionale « Religion et Paix » et l’appui technique financier du projet GENOVICO (Gestion Non Violente de Conflits) / (EIRENE/ORFED).


Gaston GORO
Chargé de la Communication
Secrétariat National Caritas Mali
Tel: +223 20 23 30 88
Cell: +223 79 08 28 19
Email : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. / Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. / Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Site web : www.caritasmali.org