Paroisse Notre Dame de Fatima - Bougouni

Paroisse Notre Dame de Fatima

Dès la création du poste de Goualala, en 1934, les Pères viennent à Bougouni tous les mois, pour célébrer une messe dominicale à l’intention des quelques chrétiens européens ou libanais qui y résident. Pour faciliter ces visites mensuelles, le P. du Réau comptait utiliser une voiture, mais l’achat du véhicule n’eut pas de suite, celui-ci tombe en panne à Faragouaran, et y restera dans l’attente d’un autre acquéreur. C’est donc en vélo que, le samedi matin, un prêtre par de Goualala pour arriver vers midi à Bougouni : déjeuner chez le commandant, circulaire pour avertir les chrétiens, et messe du dimanche à la résidence où se rendent quelques fidèles. Le retour avait lieu le dimanche soir, à moins que la tournée continue dans le Banimonotié, le Nafaldougou, le kouroumamini ou le Bolou…

 


Fondation de la Paroisse

C’est en 1952 qu’on commence à envisager l’établissement d’une mission à Bougouni, chef-lieu de cercle dont l’aspect d’est rapidement modifié depuis cinq ans, avec le goudronnage de l’axe Bamako-Sikasso. A cette époque, le cercle comptait 200.083 habitants répartis dans 796 villages. Bougouni-centre comprend déjà quelque 2.000 personnes, au nombre desquelles une trentaine d’européens, c’est un centre urbain en puissance, avec les services administratifs du cercle (administration générale, santé, juge de paix, enseignants), quelques magasins tenus par des européens ou des Syriens, un gîte d’étape militaire, un restaurant et tout récemment venu un cinéma.

De l’avis unanime, fonder un poste à Bougouni s’impose, et pour répondre au désir des quelques chrétiens présents, et pour faire le trait d’union avec les missions de Sikasso, Sinzana, Béléko, Ouéléssébougou, Goualala.

Autorisés à occuper le « gîte d’étape », les PP Noël et Delisse viennent s’installer à Bougouni le 27 octobre 1953. Voici la description de leur habitat :

« Un vaste terrain, limité au nord par la route Bamako-Sikasso, à l’ouest par la route de Bamako- Kankan. Les autres côtés sont bornés par des terrains vagues. Plusieurs bâtiments en banco, pas mal délabrés, sont dispersés sur ce terrain. L’ancien bâtiment des officiers (trois chambres, deux appentis, véranda circulaire, sol cimenté) est destiné à servir de maison de communauté. Près de là, une espèce de tonnelle, mess des officiers, qui sera probablement utilisée comme chapelle. Pas une porte au bâtiment. Il faut monter la garde, car une bande de jeunes gangsters fait des siennes depuis quelques temps. « Francis Sangaré, menuisier établi au quartier Mecker, catéchiste des temps héroïque, va mettre des portes à la maison quand, le 31 octobre, une magnifique tornade montre que le toit de paille ne vaut rien, et qu’il faut aussi s’en occuper.

Moyennant quoi, l’inauguration officielle de la chapelle est fêtée le 14 février 1954. Sont présents : le P. Michel et l’abbé Gaston Traoré ( de la mission-mère de Goualala) ainsi que d’autres proches : PP Fontané, Cavrois, Journeux, Kermasson, Brayer, Mlle Lanier. Deux catéchistes, Michel Coulibaly de Ouéléssébougou et Mathias Toé de Kolongotomo, servent la messe du P. Noêl. A la fin du mois suivant, le P. Bevand, de Ouéléssébougou, introduit à bougouni le catéchiste Gratien Samaké aves sa famille.

Il faut bâtir….

En mai et juin 1954, le Fr Goedfried couvre d’un toit de tôles la maison de communauté. Quatre ans plus tard, le Fr Martin Schuller vient construire une salle de réunion avec deux bureaux et une église paroissiale. En 1959

La fête de Pâques fut un petit triomphe pour la mission de Bougouni : sa nouvelle église qui élève fièrement sa croix vers le ciel est archicomble par la seule présence de nos kalandenw et des chrétiens : ceux-ci ont vu leur nombre s’accroitre de 17 adultes, et le soir de Pâques, Monseigneur Leclerc accompagné du Vicaire Général, le P. Léridon, venu pour la bénédiction de la nouvelle église, donne la confirmation à 51 chrétiens.

Le 15 octobre 1962, M. Edouard Traoré, ouvre une école dans la salle de réunion de la paroisse, qui accueille 60 élèves dont 25 filles. Au fur et à mesure des besoins, plusieurs bâtiments scolaires seront construits sur le terrain paroissial, en particulier un internat pour les enfants des villages.

La population de Bougouni attendait l’ouverture d’un jardin d’enfants par les Sœurs pour octobre 1965. Mais le projet tarde : en 1971, on achète un terrain jouxtant la mission, et la construction du bâtiment prévu s’achève qu’en 1982. Quant aux Sœurs, elles sont toujours attendues…

La vie de la Mission

Au moment où se fonde la mission, la région de Bougouni passait pour un pays bambara païen. On s’aperçoit alors qu’en réalité l’islamisation de certaines zones se poursuit depuis un quart de siècle, surtout en provenance de la Côte d’Ivoire et de Kankan. Dans l’un des cantons du cercle, la moitié des villages possède sa mosquée ; dans un autre, ce sont les deux tiers.

La première communauté chrétienne de la paroisse est surtout composée de fonctionnaires et de quelques commerçants libanais. Plusieurs chrétiens sont originaires du lieu : les Sangaré, (Ignace et Moïse) venus de Dissan, les Doumbia (Camille et Léon) de Nienegela. D’emblée, l’action paroissiale porte ses efforts à la fois sur Bougouni centre et dans les aires rurales environnantes.

Parlons d’abord de qu’est devenue l’activité urbaine.

La ville de Bougouni compte aujourd’hui, près de 200 baptisés sur une population d’environ 18.000. A part quelques familles issues de Ouéléssébougou, la majorité de ces chrétiens viennent d’ailleurs, et ne sont là que provisoirement en raison de leur travail : fonctionnaires, enseignants, employés de la CMDT (une grand usine d’égrenage et d’emballage du coton est implantée à Bougouni). La communauté paroissiale compte un certain nombre de Bobo et quelques dogon. Une société de forages d’origine suisse (Helvetas) est établie à Bougouni depuis dix ans, de même qu’un relais sectoriel du programme de lutte contre l’Onchocercose en Afrique de l’Ouest (OMS). La ville possède son hôpital, qui date du temps de la colonisation, et depuis peu son lycée.

La paroisse, avec ses activités, est de plus en plus l’affaire des laïcs : un prêtre n’est même pas toujours là le dimanche pour présider l’Eucharistie. La catéchèse des enfants est assurée par les enseignants, jusque dans un village situé à une douzaine de km du centre où l’un d’entre eux maintient le contact et a commencé la formation de quelques catéchumènes.

Une équipe liturgique prend en charge les célébrations dominicales, une chorale contribue à la célébration des fêtes. Une équipe SECAMA, pouvoir aux problèmes d’entraide et de secours d’urgence. Les femmes chrétiennes ont constitué un groupement très actif pour la préparation des fêtes et une certaine animation de quartier : année mariale, mois du rosaire.

Il y aurait largement place, si c’était possible, pour un aumônier qui consacrerait tout son temps à l’éducation des jeunes dans la foi : en plus de l’école fondamentale de la paroisse. Bougouni compte quatre écoles fondamenta les dans les quartiers, et un lycée de 300 élèves, ce qui signifie une importante population scolaire.

Quant aux chrétiens des villages : voici quelques éléments de la situation.


Le groupe le plus important, environ 300, réside à quelque 80 km de Bougouni, dans une région dite « Banan », à peu près coextensive, à l’arrondissement de Dogo. La première évangélisation du Banan s’est effectuée à partir de Uuéléssébougou dès l’année 1938, notamment avec le P. François Diallo. Après la fondation de Bougouni, le Banan a été rattaché à la nouvelle paroisse, car l’arrondissement de Dogo dépend du cercle de Bougouni. En 1970, l’Archevêque est venu bénir une nouvelle implantation à Siratoumou, près de kola, où le P. Noël , curé de la paroisse, avait obtenu l’autorisation de construire chapelle et résidence.

D’une manière générale, les chrétiens ne sont pas groupés dans quelques localités préférentielles, mais dispersés dans de nombreux villages, éloignés les uns des autres. La paroisse a réparti l’ensemble de ces villages en quatre secteurs, pour favoriser et susciter des rencontres entre chrétiens et une certaine prise en charge de leur propre existence communautaire. En effet, à l’exception de l’arrondissement de Dogo, la présence chrétienne dans les autres arrondissements (Kolondiéba, Faragouaran, une partie de Keleya) se réduits à quelques familles de fonctionnaires disséminées ici et là.

Rappelons enfin que la paroisse de Bougouni voisine avec celles de Sikasso, et de Diou, qui sont distantes de plus de 200 km, c’est dire qu’il reste au Mali de grands espaces disponibles pour l’annonce de l’Evangile.