La Soeur Ana Maria Igeño Reina est décédée le mercredi 11 octobre 2017 à l'âge de 69 ans! La defunte était religieuse missionnaire de Notre Dame d'Afrique, de nationalité espagnole. La soeur Ana Maria est arrivée au Mali il y a quelques années. Elle s'occupait d'un centre de Réflexothérapie dont elle était spécialiste.

La religieuse espagnole a été admise à l'hopital Mère-enfant du Luxembourg à Hamdallaye Bamako le jeudi . Selon les medecins elle souffrait d'une hemorragie cerebrale. les obsèques sont prevus le lundi 16 octobre 2017 à la cathedrale de Bamako. que son âme repose en paix.

 

 

 

 

 

 

Le lundi 09 OCtobre 2017, l'institut de formation islamo chretien a fait son entrée. Les ceremonies étaient presidées par le vicaire général Abbé Jean Marie TRAORE, en l'absence de l'archevêque  son éminence Jean Cardianl ZERBO actuellement à Rome.

A 09 h c'était la messe suivi d'une rencontre pour un premier contact dan sla salle de conferenc de l'IFIC. c'était en presence des anciens et nouveaux élèves, le staff de l'institut, quelques associations musulmanes invitées pour la circonstances, des pretres et des srelilgieuses de la ville de Bamako en soutient à l'institut.

L'établissement accueille cette année 12 étudiants des pays  d'afrique central et occidental. Voici le mot de bienvenue du directeur.

Excellence,

Révérends Pères,

Révérendes Sœurs,

Chers partenaires,

Chers invités,

Chers amis,

Chers étudiants,

Toute l’équipe d’administration de l’Institut de Formation Islamo-Chrétienne  (I.F.I.C.) et du Centre Foi et Rencontre (C.F.R.) de Bamako, par ma modeste voix, vous souhaite une chaleureuse bienvenue en ce lieu, à l’occasion de la cérémonie officielle marquant l’entrée de la 11ème promotion des étudiants de l’I.F.I.C.

 En cette heureuse  circonstance, je tiens à vous témoigner toute ma gratitude pour les efforts consentis, afin d’honorer de votre présence cette célébration qui lance l’année académique 2017-2018 de l’I.F.I.C.

« La Déclaration sur les relations de l’Eglise avec les religions non chrétiennes (Nostra Aetate), promulguée par Paul VI le 28 octobre 1965, a été une des surprises finales du Concile Vatican II, car nul n’y avait songé lors de sa préparation. »[1]

Le 9 décembre 1964, le pape Paul VI écrivait ceci : « Nous n’ignorons pas,..., que les vicissitudes de l’histoire ont, assez souvent dans le passé, opposé les peuples arabes aux peuples d’Occident…La culture occidentale doit beaucoup à la culture arabe ; la réciproque est vraie également…C’est là une loi profonde de la Providence divine qui nous a voulus différents, non pour nous opposer ou pour nous imposer les uns aux autres, mais bien plutôt pour nous compléter les uns les autres sur le plan de la culture et pour nous enrichir de nos diversités mêmes »[2]

Je vous partage ce passage du message du pape Paul VI à la lumière des vicissitudes actuelles des peuples de notre sous-région et du Mali qui nous accueille. Nous sommes au chœur de ce malaise dont parle le pape Paul VI ; il s’agit des évènements malheureux, politiques, économiques et sociaux qui opposent les peuples arabes aux peuples d’Occident. Je constate que nos peuples africains au sud du Sahara sont pris dans ce conflit à cause de leur appartenance religieuse au Christianisme, identifié de façon erroné au monde occidental, et, à l’Islam, identifié de façon erroné au monde arabe. Je suis Burkinabè et Chrétien ; je suis Malienne et musulmane ; nous ne sommes ni des occidentaux ni des arabes. Notre appartenance religieuse ne peut être identifiée qu’à ceci : Je suis Chrétien parce que j’ai rencontré le Christ Jésus ; c’est cette rencontre qui a fait de moi son disciple ; c’est bien cela le sens de « Chrétien » ; de même, je suis Musulman parce que le message coranique m’a éclairé ; de cette rencontre avec le message coranique est né mon adhésion de cœur à soumettre tout mon être à son Auteur Allah.

Comme le dit si bien Paul VI, c’est là une loi profonde de la Providence divine qui nous a voulus différents, non pour nous opposer ou pour nous imposer les uns aux autres, mais bien plutôt pour nous compléter les uns les autres et je dirai sur le plan religieux.

Et voilà l’Esprit prophétique qui a donné naissance à l’I.F.I.C. (Institut de Formation Islamo-Chrétienne)

Un Institut de la Société des Missionnaires d’Afrique (Pères Blancs) ; créé en 2007 dans l’archidiocèse de  Bamako il a  pour mission de « Former des Formateurs à la Rencontre entre Chrétiens et Musulmans » ; c’est pour cela que le Mali, où cette rencontre se vit déjà, est un choix judicieux.

Cette mission de l’I.F.I.C. est au service des églises d’Afrique francophone ; c’est pourquoi l’Institut est une structure d’église où prêtres, pasteurs, religieux-religieuses et laïcs engagés viennent, mandatés et envoyés par leurs autorités et communautés ecclésiales, acquérir une formation théologique et pastorale pour pouvoir guider d’autres dans l’aventure multiforme de la Rencontre Islamo-Chrétienne.

Depuis deux ans, nous recevons des demandes de nos frères sœurs de musulmans qui désirent suivre des cours de l’I.F.I.C. Nous espérons qu’avec nos partenariat qui se nouent avec nos frères et sœurs musulmans, en particulier l’association Djamaaloula notre premier partenaire dans la formation et l’action, nos frères et sœurs « Témoins du Livre » avec qui nous nous acheminons vers un partenariat, nos frères et sœurs de la communauté Ahmaddiyya, l’examen de ces demandent provenant de nos frères et sœurs musulmans pour être judicieusement fait au profit de la rencontre dans la vérité pour une vie de communion enrichie de la diversité d’expériences religieuses.

C’est pourquoi, à travers une année d’études, l’I.F.I.C. offre, dans un premier temps, une connaissance, la plus objective et la plus détaillée possible, des réalités musulmanes, notamment celles vécues par les musulmans africains ; et dans un second temps, une approche positive de ces réalités et un cadre de réflexion chrétienne sur elles.

L’I.F.I.C., comme le disait Mgr. Zerbo, est une école de formation de personnes ressources, dont la mission sera d’allumer et de maintenir vivante autour d’elle le flambeau du dialogue interreligieux, un dialogue au service de la paix entre les peuples.

Cette année, l’I.F.I.C. accueille 13 étudiants grâce au soutien de nos partenaires financiers dont Missio München, la Fondation pour les Autres et l’engagement pastoral de pasteurs d’églises dont le Cardinal Zerbo, l’évêque de San, de Koudougou et de Niamey, le pasteur Gomis au Sénégal, le pasteur Enoch et Yaya Paul du Mali.

Je m’en vais vous présenter les étudiants très brièvement :

Vous avez remarqué qu’il y a des étudiants venus de l’extérieur du Mali ; leur présence à l’I.F.I.C. est rendue possible cette année grâce à l’hospitalité de la paroisse Ste Monique de Badalabougou, merci à mon frère Ab. Moïse curé de la dite paroisse ainsi qu’à toute sa communauté presbytérale et ecclésiale ; cette 11ème promotion a la grâce d’accueillir deux dames venues de l’extérieur ; elles aussi peuvent vivre l’expérience singulière de l’I.F.I.C. grâce à l’hospitalité de la congrégation des Filles du Cœur Immaculé de Marie (FCIM) ; bien chère mère Théra veuillez recevoir ici, notre gratitude pour votre fidèle hospitalité ; et transmettez nos remerciements à la communauté de Lafiabugu et de Nthomikorobugu. Merci pour votre hospitalité profondément africaine et malienne.

Alea jak ta es

Les dés sont jetés : la 11ème promotion est constituée ; comme d’habitude elle pose, de par sa diversité culturelle, d’expériences sociales… un grand défi au staff enseignant qui est lui aussi heureusement riche de diversité culturelle, d’expériences pastorales et de vie. Il a été renforcé d’un nouveau membre. Nous disons merci au Conseil général des Missionnaires d’Afrique pour ce renfort envoyé à l’I.F.I.C.

Très brièvement le staff administratif et enseignant :

Staff administratif : P. Adrien Mamadou Sawadogo, directeur, Ab. Lucas Sanou, directeur des études, P. Adrien Uwiringira, gestionnaire ; ce staff est étroitement soutenu par le P. Ha-Jo Lohre et renforcé par le P. Pascal Kapilimba qui vient juste de joindre la communauté missionnaire d’Afrique qui a la charge de l’I.F.I.C..

Staff  enseignant :

P. Jupp Stamer, pionnier de l’I.F.I.C., un vrai ; Ab. Lucas Sanou, pilule traumatisante de certains étudiants à cause de son cours d’arabe, Sœur Paolo Barbierato, merci pour ton engagement et merci à ta congrégation (SMIRP), P. Pascal Kapilimba, Ab. Kizito Togo, qui malgré son programme chargé au Séminaire de Samaya parvenait à aider l’I.F.I.C. et cette année malgré la distance, il accepte de nous aider, merci mon frère ; ces enseignants sont soutenus par deux enseignants invités : P. Bonvaventure Benjamin Mwenda, directeur de l’IBLA (Institut des Belles Lettres Arabes) et le P. Anselme Kassoum Tarpaga, provincial du Maghreb.

A l’exception de M. l’Ab. Kizito Togo qui donne le cours d’introduction aux religions traditionnelles africaines, tous les enseignants de l’I.F.I.C. sont formés à l’Institut Pontifical pour les Etudes Arabe et Islamique (PISAI) basé à Rome et sous la responsabilité de la Société des Missionnaires d’Afrique (pères blancs).

Biens chers étudiants, vous avez pris connaissance de l’Institut qui vous accueille et de sa mission ; donc de ce que sera votre quête durant toute cette année académique. Puisse cette année académique faire de chacun et chacune, un vecteur et ouvrier du dialogue entre les chrétiens et nos frères et sœurs musulmans pour une diversité religieuse dans la communion de vie afin que naissent un monde de paix riche de sa diversité et fortifié par elle.

Merci à vous, chers amis et invités d’être venus soutenir l’I.F.I.C. dans sa mission au service de la connaissance mutuelle pour la paix d’une société plurielle.

Et que l’Esprit du Dieu Unique anime et accompagne toute l’année académique.

Merci de votre attention.



[1] Maurice Borrmans, « Dialogue islamo-chrétien à temps et contretemps », Ed. Saint Paul, Versailles, 2002, pg. 147.

[2] Maurice Borrmans, pg. 157.

 

 

 

 

Le dimanche 17 septembre 2017, le nouveau cardinal son éminence Jean ZERBO a célébré sa messe d'action de grâce au Palais des sports de Bamako. c'etait en presence du nonce apostolique venu de la Guinée pour la circonstance, de l'archeveque de Ouagadougou le cardinal Philppe Ouédraogo, de l'archeveque émerite de Dakar le cardinal Adrien Sarr, de l'archev^que de Conakry, Monseigneur Vincent Coulibaly, l'archeveque de Koupela, Mgr Seraphin Roamba, de l'évêque auxiliaire de Kankan, des évêques du Mali, d'une centaine de prêtres venus des diocèses du Mali et d'ailleurs et une foule nombreuse de fidèles catholiques, de sympathisants.  On notait la presence du representant du president de la republique, du ministre du culte et des dgnitaires musulmans, politiques et administratifs.

La messe a commencé à 9h pour prendre fin à 13H!

Voici l'homélie prononcée par le cardinal Jean ZERBO

 

      

MOTS DE REMERCIEMENTS & HOMELIE

DE SON EMINENCE JEAN CARDINAL ZERBO

A L’OCCASION DE LA MESSE D’ACTION DE GRACE

BAMAKO LE 17 SEPTEMBRE 2017

PALAIS DES SPORTS

 

Éminences mes frères :

  • Théodore Adrien Cardinal SARR, Archevêque Émérite de Dakar (Sénégal), Président Émérite de la Conférence Épiscopale Régionale de l'Afrique de l'Ouest (CERAO),
  • Philipe Cardinal OUEDRAGO, Archevêque métropolitain de Ouagadougou (Burkina Faso) ;

Excellence Monseigneur Santo GANGEMI, Nonce apostolique au Mali et en Guinée Conakry, représentant le Saint Père ;

Excellences mes Seigneurs Archevêques et Évêques d’Afrique et du Mali,

Monsieur le Ministre des Affaires Religieuses et du Culte ;

Mesdames et Messieurs les Représentants des Institutions de la République ;

Honorables Représentants des familles fondatrices de Bamako ;

Mesdames et Messieurs les Représentants de la Délégation Panafricaine de Dialogue Interreligieux ;

Monsieur le Représentant du Haut Conseil Islamique ;

Monsieur le Représentant de l’Association des Groupements d’Églises et Missions Protestantes Évangéliques au Mali ; 

Bien chers frères et sœurs en Christ et en humanité.

Qu’il me soit permis de m’acquitter de l’agréable devoir de remercier mes frères Cardinaux pour l’insigne honneur qu’ils ont bien voulu nous faire , en venant témoigner , en ce jour, de leur fraternité et de leur solidarité.

Votre présence, Éminences, et celle de nos frères Archevêques et Évêques en cette terre africaine du Mali est le témoignage de notre volonté de devenir une Église famille de Dieu, communion fraternelle au service de l’Évangile.

Si nous sommes rassemblés,  ce dimanche 17 septembre 2017, en ce lieu, c’est pour rendre grâce au Dieu Tout Puissant, Clément et Miséricordieux, plein d’Amour.

La raison, c’est la bonne nouvelle du 21 mai 2017, celle de la nomination par sa sainteté le Pape François de cinq (5) nouveaux cardinaux dont votre humble serviteur.

Mais voilà que le Seigneur nous réserve une très grosse surprise, l’épreuve de la Maladie,  qui a transformé notre action de grâce en prières de supplication fervente et cela depuis le 09 juin 2017.

Dugaw jabira !

Ni ko jon ni kunandi sababu nyuman !

En ce jour, je voudrais exprimer ma reconnaissance à toutes les personnes dont le Seigneur s’est servi pour me remettre debout, pour me soigner et me permettre d’être avec vous aujourd’hui pour lui  rendre grâce.

C’est aussi l’occasion pour moi de renouveler ma profonde gratitude au personnel de l’hôpital du Mali et de l’hôpital Américain de Paris  pour les soins qu’ils m’ont prodigués avec beaucoup de professionnalisme sous la responsabilité du Ministre de la santé.

Je saisis cette occasion pour redire mes sentiments personnels de reconnaissance au Président de la République pour son soutien et la sollicitude fraternelle dont j’ai bénéficiée de sa part pendant mon hospitalisation ;sa volonté personnelle de donner une dimension nationale au cardinalat s’est traduite par trois faits marquants : l’envoi d’une forte délégation représentative de notre vivre ensemble et de notre diversité  à Rome pour le Consistoire ;  l’accueil qu’il a bien voulu me réserver à mon retour au Mali ; et l’organisation de cette cérémonie.

J’associe à cette gratitude, les Missionnaires d’Afrique à Rome et les  Sœurs Servantes du Sacré Cœur de Jésus à Versailles en France qui m’ont offert l’hospitalité  à Rome et à Versailles.

En ce jour, j’ai une pensée pieuse à tous les  Serviteurs de Dieu, Missionnaires d’Afrique et pasteurs de notre Église qui ont consacré leur vie à l’annonce de la Bonne Nouvelle au Mali  en particulier notre vénéré le Cardinal Charles Lavigerie, Mgr  Pierre Louis  Leclerc, Mgr Luc Auguste Sangaré, Mgr Julien Sidibé, Mgr Jean Marie Cissé, Mgr Joseph Dao, Mgr Georges Fonghoro et tous les religieux qui nous ont précédés auprès du Père Céleste.

Puisse le Seigneur leur accorder le repos éternel !

En ce jour de communion et de prière, j’ai  aussi une pensée pour la Sœur Cecilia Gloria Narvaez Argoti, membre de la Congrégation des Sœurs franciscaines de Marie immaculée, enlevée depuis le 07 février à Karangasso dans le diocèse de Sikasso.

Nous continuons à prier pour  elle et  tous les otages au Mali, en Afrique et dans le monde.  Puisse le Seigneur toucher le cœur de leurs ravisseurs afin qu’ils  retrouvent, au plus vite,  leurs familles.

Je voudrais exprimer ma vive reconnaissance aux Ambassadeurs du Mali en  France et  en Italie pour leur hospitalité fraternelle.

J’adresse  mes  remerciements sincères aux Représentants des familles fondatrices de Bamako qui ont accepté d’offrir l’hospitalité aux différentes confessions religieuses, en recommandant le respect mutuel, la solidarité et la fraternité. La cérémonie de ce jour est une récompense divine de cette hospitalité. Puisse le Seigneur continuer,  à bénir ces familles,  qu’Il fasse régner la paix dans cette ville et dans notre pays.

Je salue très fraternellement les représentants des différentes Confessions Religieuses, ceux du Mali et ceux du Benin notamment la délégation Panafricaine  de Dialogue interreligieux présidée par le Professeur Albert TEVOEDJRE. Que le Seigneur bénisse nos efforts pour accomplir la double mission qu’il nous confie.

Il s’agit d’être des sentinelles et des veilleurs pour prévenir les conflits et éduquer à la fraternité et à la paix. Il s’agit aussi d’être des intercesseurs : intercesseurs entre les humains lors des conflits et intercesseurs entre les hommes et Dieu.

J’adresse mes salutations fraternelles et cordiales à toutes les délégations ici présentes en souhaitant que le Seigneur ouvre nos cœurs aux grâces, aux paroles qu’il veut y déposer en ce jour, faire de nous ses enfants au cœur miséricordieux.

Je demande à vous tous, ici présents,  de continuer à me porter dans vos prières. Priez pour moi  afin qu’il me soit donné de rester votre humble serviteur,  le serviteur du Père, l’intendant de ses  mystères.

 

Excellence, Monseigneur Santo Gangemi,

Je vous adresse mes salutations bienveillantes, pour votre présence pastorale au Mali. Merci, Excellence, de partager avec nous, les joies et les peines, les soucis et les espoirs de l’Église du  Mali. Nous vous prions de transmettre, au Pape François,  notre profonde gratitude, celle des évêques des prêtres, des religieux, des catéchistes, des laïcs dont la foi et l’Amour pour la Bonne Nouvelle ont permis de bâtir, au Mali, une Église famille de Dieu Communion Fraternelle qui se prépare à fêter,  le 20 novembre 2018,  son 130e anniversaire.

Merci, Excellence, de traduire, auprès du Saint Père, ma généreuse gratitude pour m’avoir associé à son ministère pontifical en me confiant l’Église paroissiale de Sant'Antonio da Padova in Via Tuscolana. Quelle providentielle coïncidence, mon père a pour Saint patron Antoine de Padou.

En recevant  cette  charge, j’ai eu une pensée filiale pour lui, ma mère Bernadette et mon parrain Fulgence Coulibaly. Puissent-ils continuer auprès du Père céleste à m’assister dans ce nouveau ministère.

Nous  demandons, humblement,  au très Saint Père de continuer à porter dans ses prières, le peuple malien fragilisé par la crise multidimensionnelle, le terrorisme et les conflits inter et intracommunautaires  qui continuent  à  marquer profondément les cœurs et les esprits.

Dans son homélie  lors du  Consistoire du 28 juin 2017 à Rome, le Saint Père,  a donné l’essence de notre mission qui est de « servir », un service et non une dignité ou un honneur, un service qui va jusqu’au don de la vie, un service dont le contenu est tracé par la vie et le message de Jésus.

J’ai accueilli ce message avec beaucoup d’humilité et souhaite qu’il soit profondément dans mon cœur pour que je devienne de plus en plus serviteur selon la volonté de Dieu, serviteur du Dieu au cœur miséricordieux.

Merci au Pape François de nous avoir rappelé la valeur de la Miséricorde, lors du consistoire, à travers deux gestes chargés de signification notamment pour nous Africains.

Le premier geste est l’attention aux malades. Dès qu’il m’a vu avant la procession pour le consistoire , il s’est empressé de venir vers moi en me demandant si j’allais mieux et en me souhaitant prompt rétablissement.

Le second geste est l’attention aux personnes âgées. Après la cérémonie du consistoire, il nous a réservé la surprise de rendre une visite au Pape Émérite Benoit XVI.

Éminences ;

Excellences ;

Bien chers Frères et Sœurs en Christ et en humanité.

En ce 24e dimanche du temps ordinaire,  les lectures nous révèlent que le Seigneur est Tendresse et Pitié. Ni la Colère, ni la vengeance ne conviennent à celui qui garde l’Alliance du Très Haut, précise la lecture du livre de Ben Sira le Sage. Ainsi, dans notre vie comme dans notre mort, nous appartenons au Seigneur.

La page de l’Évangile selon Saint Mathieu que nous avons  écoutée abonde dans le même sens : la miséricorde de Dieu n’a ni de limite ni de mesure.

Dieu nous remet nos dettes, nos fautes sans compter ; à notre tour, nous devons aussi, pardonner à notre prochain. Nous devons nous aussi faire preuve de la même largesse envers notre frère.

Le Seigneur nous invite à vivre de miséricorde parce qu’il nous a d’abord été fait miséricorde. Le pardon des offenses devient l’expression la plus manifeste de l’Amour miséricordieux et pour nous Chrétiens, un impératif.

Parce qu’il nous pardonne, le Seigneur  nous donne gracieusement les bénéfices de sa miséricorde.

Dieu auquel nous croyons est un Dieu de miséricorde ; un Dieu qui   refuse de nous abandonner. C’est pourquoi, il a parlé par les prophètes et nous a envoyé son fils, Jésus christ, qui est mort et ressuscité pour nous.

Notre condition de pécheur nous exige de pardonner notre prochain le tort qu’il nous a fait, alors notre prière sera exaucée et nos péchés seront remis.

Le Pardon est la clé de toutes les œuvres de miséricorde.

Rappelons-nous les différentes occasions  de demande de pardon dans nos traditions. Elles sont tellement fréquentes que nous risquons de banaliser, de perdre la mémoire, la grandeur du pardon. Les fêtes religieuses, les baptêmes, les mariages, les séparations plus ou moins longues et notamment les funérailles, sont des occasions où l’on demande pardon de manière spontanée.

Cette belle tradition se heurte, cependant, à des attitudes, des paroles qui marquent le refus de pardonner, le refus d’adresser la Parole, de cesser de se fréquenter, refus dont la gravité des expressions endurcit les cœurs pour se venger ou se réjouir du malheur de l’autre, à lui souhaiter un malheur.

Alors, sur le chemin difficile du pardon, nous devons penser aux témoins d’hier et d’aujourd’hui : Joseph qui a pardonné ses frères qui l’ont vendus, le Christ qui a pardonné à ceux qui l’ont crucifié, le Pape Jean Paul II qui a pardonné à celui qui a voulu l’assassiner.

Le pardon des offenses est l’expression la plus parfaite de l’amour miséricorde. Il l’est ainsi parce qu’il permet de se défaire de la rancune, de la colère, de la vengeance, condition nécessaire pour avoir la paix du cœur. Facile à dire, mais très difficile, sinon impossible à mettre en pratique.

Ainsi, sur le chemin difficile du pardon nous devons nous tourner vers les  Cœurs Sacrés de Jésus et de Marie, sources intarissables de pardon et de miséricorde, afin que chacun de nous fasse davantage preuve d’humanité envers son prochain en l’acceptant malgré la différence, en acceptant d’être avec lui dans la diversité pour que nous retrouvions ensemble  la paix , l’unité,  la réconciliation des cœurs et des esprits.

Puisse, Dieu notre Père et Jésus christ notre Seigneur,  nous donner la force, le courage de savoir reconnaitre en nous et à  tout homme l’image de Dieu qui nous pardonne infiniment. Alors nous pourrons apprendre à lui pardonner, à l’aimer comme Dieu nous pardonne et nous aime sans mesure.

Puisse nos familles, nos communautés, nos lieux de travail et de loisir devenir de plus en plus des espaces où se reçoivent et se donnent le pardon et la miséricorde.  Le vrai pardon, celui du Père Miséricordieux.

Soyons miséricordieux comme le Père est miséricordieux ! (Luc, 6, 36)

Bamako, le 17 septembre 2017

 

 

+ Jean Cardinal Zerbo

 

 

Depuis le mois d'Avril les chretiens catholiques, au centre du Mali, ne dorment plus, ou sont obligés de deserter les villages pour se refugier en brousse. Ils sont la cible des djihadistes qui les menacent constamment à ne plus prier dans les chapelles du village.

Le vendredi dernier 6 octobre, l'église de Douna, sur la paroisse de Barapireli à 800 kms de la capitale, a été saccagée et brulée. Ce fait survient après l'attaque de Dobara dans la même localité.

L'église au Mali n'avait jamais été aussi inquiétée que ces temps ci. Jusqu'à ce vendredi 6 octobre aucune mesure de securité n'avait encore été prise pour protéger les chretiens.

La soeur Gloria Cecilia, enlevée le 07 février 2017, est encore entre les mains de ses ravisseurs!